Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’Observatoire européen de la fiscalité vient de publier son rapport sur l’évasion fiscale mondiale en 2022. La centaine de chercheurs qui y a travaillé estime à 1 000 milliards de dollars (soit près de 950 milliards d’euros) la somme que les entreprises transfèrent dans les paradis fiscaux sur leurs bénéfices. Quant aux milliardaires, ils ne paient que 0 à 0,5 % d’impôt sur leur fortune alors qu’une taxe à 2 % rapporterait 250 milliards de dollars chaque année. Selon l’économiste Gabriel Zucman, qui a participé à la rédaction de ce rapport, « cette grande évasion se passe avant tout en Europe : Microsoft et Apple enregistrent des dizaines de milliards d’euros de bénéfices en Irlande ». Sur les 2 800 milliards de dollars de bénéfices réalisés à l’étranger par les entreprises, 1 000 milliards ont été transférés dans des paradis fiscaux, soit 35 %. Destinations favorites de ces transferts dont les multinationales américaines sont les championnes (avec près de la moitié de leurs profits réalisés à l’étranger concernés) : l’Irlande, les Pays-Bas, les îles Vierges ou encore les îles Caïman. Et les timides mesures prises pour taxer les bénéfices sont été incapables d’enrayer le mouvement. Les milliardaires peuvent dormir tranquilles.

Depuis le 17 octobre, 650 travailleurs sans papiers, principalement de Paris et de Seine-Saint-Denis, étaient en grève pour demander leur régularisation. Avec le soutien de la CGT, ils avaient bloqué trente-trois entreprises qui les emploient, en général des sous-traitants de grands groupes. Finalement 600 d’entre eux ont reçu de la part de leur employeur un Cerfa, formulaire administratif qui leur permet de prouver qu’ils travaillent bien au sein de l’entreprise et qui leur facilite l’accès à un dossier de régularisation. Selon Jean-Albert Guidou, secrétaire général de l’union locale CGT de Bobigny, trois entreprises sont toujours bloquées dont deux sont des agences de travail d’intérim qui font leur beurre sur le dos des sans-papiers.

À l’appel de neuf syndicats et associations de retraités (UCR CGT, UCR FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-F, LSR, E & S-UNRPA) des manifestations sont organisées aujourd’hui dans tout le pays pour exiger une augmentation de 10 % des pensions de retraite. Fin septembre, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, avait annoncé une hausse de toutes les pensions de 5,2 % au 1er janvier 2024. Le compte n’y est pas. Car, en application de la loi, les pensions devraient augmenter mécaniquement de 5,35 % auxquels il faudrait ajouter l’inflation des mois de septembre à décembre 2023. Depuis l’arrivée de Macron au pouvoir en 2017 les retraités ont perdu près de 9,6 % de pouvoir d’achat, soir l’équivalent de 2,4 mois de pension. Aujourd’hui, pour vivre décemment, il faudrait qu’aucune pension ne soit inférieure à 2 000 euros avec une augmentation automatique en phase avec l’inflation.

Depuis le 1er juillet 2021, le gouvernement a baissé les indemnités de dizaines de milliers de demandeurs d’emploi, surtout des cadres. L’Unédic vient d’en tirer un premier bilan : la moitié des allocataires ont dû accepter un emploi qui ne leur convenait pas et un salaire en dessous de ce qu’ils attendaient. Une réforme contre les travailleurs à double détente : le gouvernement a fait 320 millions d’économies sur le dos des chômeurs et les patrons ont pu baisser les salaires.

Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre, le parti d’extrême droite soutient la riposte sanglante de Netanyahou, participant même à la « marche de solidarité » avec Israël le 9 octobre… autorisée par le gouvernement ! Pas de « barrage républicain » quand il s’agit des intérêts des impérialistes au Moyen-Orient. Côté RN, il s’agit plus pour Bardella et Le Pen de lisser l’image du parti, repaire d’antisémites notoires, et d’apparaître comme « responsables », prêts à gouverner sans rupture avec la politique étrangère de l’État français.

Selon une enquête du quotidien Sud-Ouest, 90 % des étudiants vivraient sous le seuil de pauvreté, le coût des loyers ne leur laissant souvent qu’une certaine d’euros mensuels maximum pour se vêtir, se nourrir et se divertir. Pour juguler cette précarité, le syndicat Unef demande un revenu universel pour tous les étudiants. Une revendication appuyée dans le journal Le Monde par une tribune signée de 14 présidents d’université… mais rejetée par Macron. Ce dernier préconise, sans rire, de développer des études dans les villes moins chères, de faire baisser les prix des logements étudiants et… de créer des jobs étudiants adaptés aux études. Y’a plus qu’à. En attendant les étudiants et étudiantes continueront de s’enfoncer dans la misère.

Les opposants à la future autoroute A69 – qui doit relier Castres à Toulouse – avaient occupé en signe de protestation un groupe de maisons expropriées et inhabitées qui se trouvent sur le parcours. Pour les en déloger, le ministre de l’Intérieur a fait donner plusieurs centaines de gendarmes mobiles, en tenue anti-émeute et appuyés par deux véhicules blindés. Ils sont intervenus en utilisant grenades, gaz lacrymogènes, matraques, etc. Ce qui n’a pas empêché Darmanin de dénoncer les « violences inouïes et inacceptables »… de ceux qui ne faisaient que se défendre contre les pandores. Plus le mensonge est gros…

La 26e conférence internationale pour le climat qui s’était tenue à Glasgow, en Écosse, en 2021, avait vu 145 États s’engager à mettre fin à la déforestation et à la dégradation des terres d’ici à 2030. Eh bien c’est mal barré. Une vaste coalition d’ONG et d’organismes de recherche vient tout juste de publier un bilan qui montre que loin de régresser, la déforestation mondiale se poursuit. Elle a augmenté de 4 % en 2022 par rapport à 2021. Près de 6,6 millions d’hectares ont disparu, dont 4,1 millions d’hectares de forêts primaires tropicales, extrêmement précieuses pour le climat, la biodiversité et la régulation de différents cycles, tel celui de l’eau. Le capitalisme continue de saccager la planète.

La plateforme Mediflash est soupçonnée de travail dissimulé. En effet, elle a le même fonctionnement que des sociétés comme Uber ou Deliveroo, elle met en relation des soignants au statut d’auto-entrepreneur avec des structures qui ont besoin de renforts, en particulier dans les Ehpad. Largement subventionnée par l’État, cette entreprise fait par ailleurs miroiter des sommes d’argent bien supérieures à celles réellement versées (une différence de 50 % tout de même). Pour répondre aux besoins des structures de santé, rien ne sert de courir après le mirage de l’auto-entreprenariat, il n’y a qu’une seule solution : des augmentations de salaire d’au moins 400 euros et l’embauche massive de soignants.