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Brèves

L’actualité en bref

Une centaine de manifestants juifs ont occupé un bâtiment du Congrès pour exiger des élus et de l’administration Biden qu’ils fassent pression pour un cessez-le-feu à Gaza. Vêtus de tee-shirts noirs barrés de l’inscription « Les Juifs disent : cessez-le-feu maintenant » et « Pas en notre nom », ils se sont assis en applaudissant et en chantant et ont déployé de grandes banderoles proclamant « Cessez-le-feu » et « Laissez Gaza vivre ». La manifestation avait été organisée à l’appel du mouvement Jewish Voice for Peace (Voix juive pour la paix). La police est intervenue pour disperser les manifestants et en interpeller plusieurs.

Si, après l’attaque surprise du Hamas,la population juive a succombé, dans sa grande majorité, à l’union sacrée derrière le gouvernement et l’armée, elle est soumise, depuis lors, à un feu roulant de propagande et de déclarations racistes émanant des hautes sphères du pouvoir. À tout seigneur, tout honneur. Le président israélien, Isaac Herzog, a déclaré : « C’est une nation entière, là-bas (à Gaza), qui est responsable. Ce n’est pas vrai, cette rhétorique sur les civils qui ne sont pas conscients, qui ne sont pas impliqués. C’est absolument faux. » Le ministre de la Défense, Yoav Galant, souligne : « Nous imposons un siège total contre la ville de Gaza. Il n’y a pas d’électricité, pas de nourriture, pas d’eau, pas de carburant. Tout est fermé. Nous combattons les animaux humains et nous agissons en conséquence », une déclaration que l’ONG Human Rights Watch considère comme « un appel à commettre des crimes de guerre ». De son côté, Daniel Hagari, porte-parole de l’armée israélienne, répond avec cynisme à ceux qui s’inquiètent du très lourd bilan de morts civils à Gaza : « L’accent est mis sur la destruction, pas sur la précision. » Quant à l’hebdomadaire britannique, The Observer, il cite un représentant du ministère de la Défense qui affirme qu’à terme « Gaza ne sera plus qu’une ville de tentes, sans aucun bâtiment ». Le député du Likoud, Ariel Kallner, surenchérit : « Pour l’heure un seul mot d’ordre : Nakba », une référence à l’expulsion des Palestiniens de leurs terres en 1948. Mais, dans ce domaine, la palme de l’horreur absolue revient à Tzipi Navon, qui dirige le bureau de Sara Netanyahou, l’épouse du Premier ministre. Le site Middleeasteye.net indique qu’elle s’est lâchée sur sa page Facebook en préconisant de capturer tous les habitants de Gaza, et de les torturer, « l’un après l’autre », en leur arrachant les ongles et en les écorchant vifs. Poursuivant sur sa lancée, elle propose d’émasculer les hommes, de faire frire leurs parties génitales, et de forcer les prisonniers à les manger. « Ne leur coupez la langue qu’à la fin, afin qu’on puisse entendre leurs cris, et qu’ils voient notre sourire. » Des dirigeants à l’image de leur politique.

La Cour des comptes vient de publier un rapport sur l’état du secteur de la santé. Elle dénonce à cette occasion le secteur privé qu’il faut selon elle inciter, « voire contraindre », à jouer le jeu de la permanence des soins, notamment le week-end et lors des vacances d’été et de fin d’année. Ce que, à l’évidence, il ne fait pas, malgré le fait qu’il est largement financé par l’argent public, notamment via la Sécurité sociale. Les « sages » préconisent de conditionner les autorisations d’exercer délivrées par les Agences régionales de santé à cette participation du privé aux soins pour tous. Et de conclure : « Tout établissement de santé autorisé et financé par la solidarité nationale doit participer à la mise en place effective d’un service public hospitalier performant. » Un vœu pieux, car ce qui motive le secteur privé hospitalier c’est d’abord et avant tout la recherche du profit, pas le service aux malades.

Des milliers de Palestiniens manifestent depuis plusieurs jours en soutien à Gaza, notamment à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, à Naplouse et à Hébron. Parmi les slogans entendus « Libérez la Palestine » mais aussi « À bas Abbas », « Dégage », « Le peuple veut la chute du président », en référence à Mahmoud Abbas, le président l’Autorité palestinienne auquel ils reprochent sa « coopération sécuritaire » avec Israël. Les forces de sécurité palestiniennes ont tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants alors qu’ils quittaient le centre-ville de Ramallah et des heurts se sont produits dans d’autres villes. Abbas, qui a aujourd’hui 88 ans, s’accroche à son poste depuis 2005 sans jamais avoir été réélu depuis lors mais bénéficie du soutien d’Israël et des régimes arabes.

La militante palestinienne Mariam Abou Daqqa, qui se trouvait en France depuis fin septembre pour une série de 15 conférences sur la situation en Palestine, a été assignée à résidence après son arrestation par la police sur ordre de Darmanin. En conséquence elle a l’obligation de « se maintenir dans les locaux où elle réside à Marseille de 22 heures à 7 heures du matin » et de pointer tous les jours à 12 heures 30 au commissariat. À l’issue de son assignation à résidence elle sera probablement expulsée. En outre la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivert, a interdit sa venue dans l’Hémicycle le 9 novembre alors qu’elle devait s’entretenir avec des parlementaires. Museler les Palestiniens et leurs soutiens est devenu une pratique quotidienne du gouvernement.

Alors que Mayotte fait aujourd’hui face à une crise de l’eau sans précédent, plusieurs organisations demandent la suspension de l’opération Wuambushu (reprise en main), lancée par Darmanin au mois d’avril pour intensifier le programme de démolition des habitations en tôles pour raison d’insalubrité, au prétexte de régler, en même temps, les problèmes d’insécurité et de lutte contre l’immigration dite irrégulière. Depuis cette date, cinq quartiers ont été détruits pour un total de 400 logements selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur et la préfecture de Mayotte. L’objectif annoncé par le gouvernement étant d’aboutir à détruire 1 250 logements d’ici la fin de l’année. C’est pourquoi l’Association pour le droit des étrangers, le Secours catholique, le Groupe d’information et de soutien des immigrés, la Ligue des droits de l’homme et le Syndicat des avocats de France demandent au gouvernement de mobiliser, avec les moyens nécessaires, toute son énergie sur la résolution de la crise de l’eau qui menace à très court terme des besoins vitaux de la population et, en conséquence, de suspendre immédiatement le programme de démolition des quartiers de cases en tôles, de cesser le contrôle administratif des habitants sur la voie publique qui entrave leur mobilité et de tout mettre en œuvre pour favoriser les déplacements vers les centres de soins afin d’enrayer tout risque d’épidémie. Peu de chance qu’ils soient entendus.

« Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait » faisait dire dans le film Les Tontons flingueurs le dialoguiste Michel Audiard à un des personnages. Eh bien Darmanin vient d’illustrer avec brio la justesse du propos. Prenant la parole au palais des sports de Créteil, devant les participants au dîner républicain du conseil des communautés juives du Val-de-Marne, le ministre de l’Intérieur a déclaré : « La haine du Juif et la haine du flic se rejoignent », dans une allusion à peine voilée aux réactions de la France insoumise après l’affaire Nahel, ce jeune abattu par un policier à Nanterre et après l’attaque du Hamas. C’est affirmer en creux que ceux qui à gauche s’opposent à la fois aux violences policières et au colonialisme d’Israël ne sont mus que par l’antisémitisme. Plus c’est gros, plus ça passe…

David Lisnard, maire de Cannes et président Les Républicains de l’Association des maires de France, s’est dit favorable sur Franceinfo à l’utilisation de la reconnaissance faciale aux abords des établissements scolaires, cinq jours après l’attaque au couteau dans un lycée d’Arras qui a coûté la vie à un enseignant. « À un moment donné, ça suffit et il y en a assez des niaiseries et des mièvreries », a déclaré l’élu qui a félicité au passage le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, d’avoir effectué 179 saisines du procureur de la République visant des élèves ayant perturbé l’hommage national aux enseignants, Dominique Bernard et Samuel Paty, tués par de jeunes islamistes. Lisnard ne fait que reprendre au vol une idée déjà lancée par Dominique Wauquiez, le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dans une interview au Parisien. Proposer de fliquer chaque jour un peu plus les élèves ne fera en rien disparaitre l’islamisme radical, mais permet surtout aux élus de droite de capitaliser sur la peur.

Des centaines de travailleurs sans papiers ont enclenché un mouvement de grève dans une trentaine d’entreprises en Île-de-France pour réclamer leur régularisation à trois semaines de l’examen du projet de loi immigration qui doit aborder ce sujet, la mesure phare du texte concernant un projet de titre de séjour réservé aux « métiers sous tension ». Essentiellement originaires d’Afrique, ils ont pénétré dans les locaux de trente-trois entreprises du bâtiment, de la logistique, du nettoyage ou encore de la distribution où ils sont employés, principalement à Paris et en Seine-Saint-Denis. Nombre de ces entreprises travaillent sur les chantiers des futurs Jeux olympiques de Paris. À quelques pas du Stade de France, une trentaine d’entre eux se sont introduits au siège d’une entreprise d’intérim à Saint-Denis où certains scandaient « Pas de JO sans papiers ». Accompagnés par des militants syndicaux, ils ont promis d’occuper les locaux jusqu’à leur « régularisation ». La majorité des grévistes travaillent sous le statut d’intérimaires pour des sous-traitants, notamment au bénéfice de géants comme Veolia, Chronopost ou encore Carrefour, ce qui « permet de masquer leur sur-exploitation » a dénoncé dans un communiqué la CGT qui soutient leur action.