Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Aux VFD, entreprise de transport routier de voyageurs en Isère, l’organisation du travail laisse bien peu de temps aux conducteurs pour prendre leur pause, et les prive parfois d’accès aux sanitaires. Un travailleur nous raconte :

C’est l’histoire de conducteurs et conductrices de car qui avaient juste envie de « pisser ». Mais pour qui la petite commission est devenue une grande galère au quotidien. Imaginez ! Vous conduisez votre car toute la journée et au moment où vous voulez vous soulager, eh bien c’est pratiquement impossible, car il faut, soit consommer quelque chose dont on n’a pas spécialement envie dans un bistrot ou un snack pour accéder aux toilettes, soit faire des centaines de mètres pour aller à des toilettes publiques, si celles-ci veulent bien fonctionner, alors que nous n’avons souvent que quelques minutes voire quelques secondes entre deux services avant de repartir.

L’employeur, après maintes et maintes réclamations de notre part, a quand même conclu une espèce d’accord avec un snack pour qu’on puisse satisfaire ces fameux besoins sans avoir à consommer. Mais le souci, c’est qu’il faut y aller pendant les heures d’ouverture, donc si tu bosses pendant les heures de fermeture, le problème est toujours le même. Pour les conductrices, c’est une galère encore pire que pour les hommes, car ceux-ci peuvent toujours se débrouiller dans un coin, certes à l’arrache malgré tout. Et là les amis, je ne parle que de la petite commission, alors imaginez la grosse !

Voilà la triste réalité du quotidien des conducteurs et conductrices de car.

Ils étaient 1500 manifestants à Feurs, au printemps. 6000 à Langres, fin septembre. Et samedi dernier, 30 septembre, ce sont près de 1000 personnes qui sont montées à la préfecture à Quimper pour s’opposer à la fermeture nocturne des urgences de Carhaix. Une politique d’austérité, menée partout en France, aux conséquences dramatiques. À Carhaix, une personne âgée et une petite fille de six mois sont décédées en septembre, faute d’avoir été prises en charge à temps. À la manifestation samedi, seule réponse du gouvernement : des gaz lacrymogènes. Contre cette casse de l’hôpital, la mobilisation des habitants et des hospitaliers doit s’amplifier. Leurs économies, nos morts !

Les universités devront puiser sur leur fonds de roulement pour permettre la maigre augmentation des salaires des fonctionnaires de 3,5 % de 2022, soit un manque de 130 millions d’euros pour 2023 et 400 pour 2024. Cela fait des années que les universités ont des budgets qui augmentent moins vite que le nombre d’étudiants. Toutes sont déjà en déficit, un certain nombre d’entre elles devant réduire, voire arrêter le chauffage en cours d’année faute de moyens… Macron pense en fait qu’il y a trop d’étudiants. Pour lui, il faut « avoir le courage de revoir nos formations [quitte à en] fermer »… Il faudrait surtout une bonne mobilisation pour lui fermer le clapet !

Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, on trouve la réforme de la « clause de sauvegarde ». Cette clause consiste à prélever une part des bénéfices des entreprises pharmaceutiques sur leurs ventes de médicaments en ville et en hôpitaux dès lors qu’ils dépassent un certain seuil fixé par rapport au chiffre d’affaires de l’année précédente. En dix ans, le gouvernement aura repoussé ce seuil de 100 millions à… plus d’un milliard d’euros avant son déclenchement ! Un beau cadeau en faveur des industriels des médicaments.

Sur le dépôt de bus Kéolis à Montesson (78) la grève se poursuit depuis trois semaines en réaction à la suppression des primes et des services de plus en plus tendus et impossibles à assurer dans les temps. Les grévistes réclament des hausses de salaire et une amélioration des conditions de travail. Mercredi dernier, ils ont rendu une petite visite à la direction pour imposer le paiement des journées de grève. L’accord de « fin de conflit » proposé n’est que du vent, et la direction a même eu le culot de vouloir payer les jours de grève… avec les RTT des salariés en grève. Elle ne veut rien lâcher et joue sur le temps afin que la grève s’essouffle. Une réelle convergence avec les autres dépôts de bus des alentours serait la solution pour la faire plier rapidement.

Le Tribunal supérieur électoral (TSE) du Brésil a prononcé l’inéligibilité durant huit ans de l’ex-président brésilien, Jair Bolsonaro, pour cause « d’abus de pouvoir politique ». Avant l’élection présidentielle de l’année dernière, il avait lancé une campagne de désinformation sur le vote électronique et avait même suggéré l’intervention de l’armée face à d’éventuelles défaillances. Quinze autres affaires concernant Bolsonaro sont encore en cours d’examen. De quoi mettre en garde contre l’autoritarisme et la violence de cette extrême droite nostalgique de la dictature des années 1964 à 1985, contre laquelle des institutions comme le TSE sont un bien maigre rempart.

Une coalition allant du gouverneur démocrate de Californie à des sénateurs conservateurs d’Arizona a demandé la remise en cause d’une décision de justice qui interdisait aux autorités de chasser les sans-abris lorsqu’aucune proposition de relogement ne leur était faite. Le pays le plus riche du monde est déjà incapable de proposer autre chose qu’un petit bout de bitume où planter sa tente aux pauvres, et pour certain c’est encore trop. Ils seraient 170 000 dans cette situation en Californie, l’État le plus riche où, donc, l’immobilier est le plus cher.

Après 146 jours de grève, les studios d’Hollywood ont concédé un accord satisfaisant l’essentiel des revendications des scénaristes, dimanche 24 septembre. Les grands studios assuraient qu’ils allaient « casser les reins » au syndicat des scénaristes. Devant les millions de dollars perdus à cause des déprogrammations, reports et engagements non satisfaits, ils ont dû reculer. Un encouragement pour les acteurs, qui, eux, restent en grève.

C’est ce qu’a écrit une des manifestantes mercredi 27 septembre contre la pénurie d’eau qui frappe l’île de l’océan Indien. Les Mahorais qui protestent à l’appel de « Mayotte a soif » sont conscients que le problème n’est pas seulement un déficit de précipitation. Leur manifestation s’est acheminée vers la Mahoraise des eaux qui relève du groupe Vinci. L’usine de dessalement qu’elle gère ne produit qu’un tiers des volumes promis lors de sa construction en 2018, et un tiers de l’eau du réseau d’eau théoriquement potable est perdu par les fuites.