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Brèves

L’actualité en bref

Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) plus de 2 500 migrants sont morts ou ont été portés disparus depuis le début de l’année 2023, en tentant de traverser la mer Méditerranée pour rejoindre l’Europe, soit 50 % de victimes en plus par rapport à l’année dernière (1 680 personnes en 2022 à la même période). Une réalité à laquelle reste sourde l’Union européenne, dont neuf dirigeants, réunis à Malte, finalisent un pacte migratoire plus répressif à l’égard des exilés. Il prévoit notamment une intensification des contrôles européens en mer, mais aussi un régime dérogatoire moins favorable aux demandeurs d’asile que les procédures habituelles et prolonge par ailleurs la durée possible de détention d’un migrant aux frontières extérieures de l’UE.

La rédaction du quotidien Les Échos, une référence du patronat en matière d’information économique, a voté à 67 % contre la nomination à sa tête de François Vidal, candidat proposé par la direction et par son actionnaire, le groupe de luxe LVMH. Vidal occupe le poste par intérim depuis six mois. Son prédécesseur, Nicolas Barré, en poste depuis dix ans, avait été subitement démis de ses fonctions en mars dernier après la parution d’articles qui avaient déplu à Bernard Arnault, le PDG de LVMH et propriétaire du groupe Les Échos-Le Parisien. Les journalistes des Échos demandent que Vidal s’engage sur l’indépendance du titre par rapport à son propriétaire et plus précisément sur le fait qu’ils pourront traiter librement l’actualité économique du groupe et de ses innombrables filiales. Ce que ce dernier refuse de faire, sans surprise. Car, dans notre société, la presse est libre tant qu’elle ne gêne pas les intérêts de ses propriétaires capitalistes.

Le recours à l’article 49.3, qui permet de faire adopter un texte sans vote, sauf à déposer une motion de censure, vient d’être utilisé pour la 17e fois par Élisabeth Borne. Et ce n’est pas fini. Le gouvernement devrait avoir recours au 49.3 une dizaine d’autres fois au cours de l’automne pour faire adopter les budgets de l’État et de la Sécurité sociale. À la longue cela devient un peu fastidieux et explique en partie pourquoi de moins en moins de gens s’intéressent à une vie parlementaire où les dés sont pipés d’avance. Ce qui montre, une fois encore, que le véritable combat pour contrer les plans anti-sociaux de ce gouvernement se mène dans la rue, pas sur les bancs du palais Bourbon.

Alors que le retour des punaises de lit fait la une de l’actualité, l’animateur d’extrême droite de CNews, Pascal Praud, dans son émission L’heure des pros, a désigné ceux qui, selon lui, sont responsables de ce fléau : les migrants. Et de s’interroger faussement : « Est-ce qu’on sait pourquoi il y a plus de punaises de lit aujourd’hui ? Est-ce lié à l’hygiène ? Je vais poser toutes les questions : il y a beaucoup d’immigration en ce moment. Est-ce que ce sont les personnes qui n’ont pas les mêmes conditions d’hygiène que ceux qui sont sur le sol de France […]. Est-ce que c’est lié à cela ? » Et, bien entendu, il se moque des réponses apportées à ces pseudo-questions. L’important est de perpétuer la haine anti-migrants. Déjà en son temps le journaliste et homme politique d’extrême droite, Charles Maurras, dénonçait : « L’effroyable vermine des Juifs d’Orient apporte les poux, la peste, le typhus. » On voit d’où Praud tire son écœurante inspiration.

Dernière trouvaille du président des Républicains, Éric Ciotti : moins d’argent pour les personnes sans emploi au profit des automobilistes. Il prône une baisse de 15 centimes des taxes sur le litre qui serait notamment compensée par la réduction de la durée et du montant des allocations-chômage. Après le consensus trouvé cette semaine à l’Assemblée nationale entre Les Républicains et le camp présidentiel pour imposer 15 heures hebdomadaires d’activité obligatoires pour les bénéficiaires du RSA, Éric Ciotti et son parti ont désormais dans le viseur les indemnités pour les chômeurs. Deux mesures distinctes pour une seule philosophie : faire payer les pauvres !

La sprinteuse afghane Kimia Yousofi a expliqué sa présence aux Jeux asiatiques d’Hangzhou, en Chine, par la volonté de « représenter les filles afghanes », interdites de sport dans leur pays par les talibans. Yousofi, qui s’est installée en Australie en août 2022, est l’une des 14 athlètes afghanes inscrites à ces compétitions. Toutes vivent à l’étranger et ont pu se rendre aux Jeux asiatiques avec l’aide de fédérations sportives étrangères. L’athlète de 27 ans portait le drapeau de la délégation afghane aux Jeux olympiques de Tokyo, à l’été 2021. Mais depuis le retour au pouvoir des talibans, une semaine après la fin des Jeux de Tokyo, la pratique féminine du sport est proscrite. La présence de la sprinteuse dépasse donc les seuls enjeux sportifs. « Je suis ici pour représenter les filles afghanes qui n’ont pas accès à l’éducation et au sport », a-t-elle expliqué, se disant résolue continuer son combat.

Le gouvernement est, on le sait, tout à fait favorable à prolonger encore pendant dix ans l’utilisation de l’herbicide glyphosate qualifié pourtant de « cancérogène probable » par le Centre international de recherche sur le cancer. Pour appuyer sa position, il reprend à son compte une vieille antienne des gros céréaliers de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles et des trusts de l’agrobusiness en affirmant « qu’il n’y a pas actuellement d’alternative ». À voir. On ignore généralement que jusqu’à l’an dernier le plus gros utilisateur de glyphosate du pays était la SNCF qui l’utilisait pour désherber des dizaines de milliers de kilomètres de voies ferrées. Mais, après des années de recherche, elle a mis au point un produit de substitution efficace, certes plus cher que le glyphosate, mais beaucoup moins dangereux. Cependant, ni le ministre des Transports, ni celui de la Transition écologique se sont précipités pour en faire la publicité. Sans doute par pudeur…

Le Conseil d’État, la plus haute juridiction de l’ordre administratif, examine une action de groupe menée par six ONG contre les contrôles d’identité discriminatoires, dits « au faciès », effectués par la police et la gendarmerie. Dans leur requête, les six associations soutiennent que cette pratique est « généralisée, inscrite profondément dans l’action policière au point que la discrimination qu’elle constitue est systémique ». Elles demandent au Conseil d’État « de constater le grave manquement de l’État consistant à laisser perdurer la pratique » et « d’enjoindre aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour y remédier ». Demandes qui ont bien peu de chances d’être jamais satisfaites sur le terrain ! Cette action de groupe s’appuie notamment sur les travaux menés par l’ancien Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui, dans une enquête qu’il avait réalisée en 2016, concluait que les jeunes hommes perçus comme noirs ou arabes avaient une probabilité vingt fois plus élevée que l’ensemble de la population d’être contrôlés par la police. Édifiant. Et rappelons que Toubon n’est pas un affreux gauchiste mangeur de flics mais l’ancien ministre de la Justice du très droitier gouvernement d’Alain Juppé (1995-1997).

Le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, vient de mettre à l’arrêt la grande campagne contre la bronchiolite lancée avec force publicité il y a quinze jours. Dans un premier temps elle devait être accessible en pharmacie à toutes les familles ayant un nourrisson. Puis le dosage de 50 mg du Beyfortus, le médicament préventif pour nourrissons de moins de cinq kilos, a été réservé aux seules maternités. Et aujourd’hui, la direction générale de la Santé annonce que la distribution du dosage de 100 mg du même médicament est « temporairement interrompue » en pharmacie et n’est donc plus accessible aux familles. Elles devront poireauter au moins jusqu’au début novembre. La « réussite exceptionnelle » de cette campagne, vantée par le ministre de la Santé à ses débuts, tourne à la Bérézina faute de stocks.