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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, a réuni l’ensemble des recteurs d’académie au sujet du harcèlement scolaire. Cette réunion se tenait quelques jours après la publication de la lettre du rectorat de Versailles aux parents de Nicolas, 15 ans, victime de harcèlement et qui s’était finalement suicidé. Cette lettre, rédigée et envoyée quelques mois avant la mort du lycéen, mettait la famille en accusation et la menaçait des foudres de la justice pour dénonciation calomnieuse. Elle a été qualifiée de « honte » par le ministre. Il a promis un électrochoc à tous les niveaux en prévenant : « Je veux 100 % de prévention, 100 % de détection, 100 de réaction. » Sauf qu’il ne s’est pas attardé sur les moyens matériels et humains qu’il compte mobiliser pour mener à bien son plan anti-harcèlement. C’est là que le bât blesse. Car, depuis 2010, pratiquement chaque ministre de l’Éducation a promis de lutter contre le harcèlement scolaire, un fléau qui, selon une étude du Sénat, toucherait entre 800 000 et 1 million d’enfants chaque année. Mais depuis une décennie rien n’a changé. Et Attal nous a trop habitués aux effets d’annonce sans lendemain pour qu’on lui fasse confiance sur parole.

Selon un rapport de l’Unicef, de multiples obstacles administratifs contrarient le parcours scolaire des 25 000 mineurs isolés sur le territoire français. Ces obstacles favorisent leur retard d’apprentissage, ces jeunes migrants perdant jusqu’à trois ans de scolarité. Dans ce pays, les enfants sans représentation légale ne bénéficient pas d’une protection et d’un accompagnement scolaire satisfaisant au regard de la Convention internationale des droits de l’enfant. L’Unicef épingle notamment un trop faible investissement des conseils départementaux, responsables de la protection des mineurs isolés, dans la prise en charge scolaire de ces jeunes. Le rapport estime que « les départements ne scolarisent que très rarement les mineurs non accompagnés durant la phase d’accueil et d’évaluation » et regrette également que « les délais importants de l’orientation nationale, de l’évaluation de leur niveau scolaire et d’affectation dans un établissement retardent souvent leur accès à l’école ». La lenteur des procédures reviendrait à la perte de 500 à 3 000 heures de cours, l’équivalent de six mois à trois ans sans scolarisation. Ce qui fait dire à Adeline Hazan, présidente de l’Unicef France : « Nous sommes en train de pénaliser toute une génération d’enfants dont la santé mentale et l’avenir sont en jeu. » Ce qui ne semble pas perturber beaucoup les pouvoirs publics.

Début août, la secrétaire d’État en charge la jeunesse, Prisca Thévenot, estimait qu’il n’y aurait « rien de pire que de forcer un jeune à faire le Service national universel (SNU) » et évoquait un engagement sur la base du volontariat. Elle parle maintenant d’une possible obligation. Interrogée par le média en ligne Brut, elle se dit convaincue que le SNU « puisse être un passage républicain pour toute une génération. Il n’y a pas de tabou. Aujourd’hui, la réalité est de mettre en place toutes les modalités d’exécution pour qu’au niveau national et territorial, le SNU soit prêt à être généralisé ». Elle défend « une obligation, qui sera une généralisation ». Un clin d’œil à la droite et à l’extrême droite qui ont toujours été en faveur de la caporalisation de jeunesse. Mais, le mois dernier, elle avait dû reculer, du moins en paroles, face à la bronca soulevée par le SNU à gauche mais aussi parmi les syndicats d’enseignants et les organisations de jeunesse. Elle retâte le terrain. À nous de lui montrer que ce mini-service militaire ne passe toujours pas et de faire ravaler par l’exécutif un projet au programme de Macron dès l’élection de 2017 et lancé en 2019 avec un succès plus que mitigé.

Dans une publication sur Facebook la députée insoumise de Paris, Sophia Chikirou, approuvée par Jean-Luc Mélenchon, compare le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel à… Jacques Doriot. Ce dernier, ancien député-maire communiste de Saint-Denis, était passé, sans coup férir, en 1934, du PCF à l’extrême droite en créant une organisation se réclamant du fascisme, le Parti du peuple français, qui soutint à fond Vichy et le Troisième Reich. Il mourut en Allemagne à la fin de la guerre sous l’uniforme allemand. La comparaison avec Roussel est hors-sol et n’a guère de sens. Les déclarations franchouillardes, nationalistes et populistes de Roussel, que nous avons toujours condamnées avec force, n’en font pas pour autant un fasciste. Mais peut-être l’outrance de Chikirou est-elle là pour faire oublier les positionnements franchouillards, nationalistes et tout aussi populistes des dirigeants de la France insoumise ?

La rentrée s’est effectuée il y a deux semaines, pourtant 13 500 élèves attendent toujours d’être affectés à un établissement scolaire. Pour les deux tiers d’entre eux il s’agit d’une affectation en lycée professionnel. La Défenseure des droits s’inquiète d’un phénomène « en constante augmentation » qui lèse le droit des enfants et des familles. Pourtant, du côté de l’Éducation nationale, on veut minimiser les choses en soulignant qu’il ne s’agit « que » de 0,3 % des élèves. Réduit à une simple statistique ces jeunes deviennent presque invisibles. Macron et Attal avaient promis de mettre un professeur devant chaque classe – ce qu’ils ont été incapables de faire. On voit maintenant qu’ils ne sont pas plus capables d’assurer que chaque élève puisse trouver une place en classe.

Après plusieurs reports, le gouvernement a finalement présenté son plan dédié à la pauvreté, baptisé « pacte des solidarités ». Des mesures jugées insuffisantes par le Collectif Alerte, qui regroupe 34 associations de lutte contre la pauvreté, qui souligne surtout l’absence de coup de pouce aux minimas sociaux et qui ne voit pas « comment cette stratégie va parvenir à réduire la pauvreté ». À cette occasion FranceInfo a détaillé quatre des indicateurs de la pauvreté qui sont loin de s’améliorer. Le nombre de personnes qui possède un revenu inférieur à 60 % du revenu médian (1 102 euros mensuels pour une personne seule et 2 314 euros pour un couple avec deux enfants) oscille toujours depuis des années entre 14 et 15 % de la population (plus de neuf millions de personnes), plus d’une personne sur dix se prive de produits de première nécessité (par exemple10,2 % des ménages déclarent ne pas pouvoir chauffer suffisamment leur logement, contre 6,1 % en 2021 et 5 % en 2018), le nombre de bénéficiaires des Restos du Cœur explose (près de 170 millions de repas distribués en 2023 contre 140 millions en 2022) et enfin plus de quatre millions de personnes sont mal logées ou sans abri alors que, selon la fondation Abbé-Pierre, au total, près de quinze millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement. Et ce ne sont pas les mesurettes annoncées par le gouvernement (prime de reprise d’activité, passe « colo », cantine à un euro, places de crèche, etc.) qui y changeront grand-chose. Mais il n’y a sans doute pas urgence puisque le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, vient de déclarer qu’il « récuse cette idée qu’il y a un appauvrissement de la société française ». Ce ne sont pas ses amis Arnault, Bolloré, Dassault ou Pouyanné qui le démentiront.

Élisabeth Borne a dégainé son arme fatale. Au lieu d’octroyer une nouvelle ristourne à la pompe aux automobilistes, pour lutter contre la hausse de prix du carburant, elle va demander aux pétroliers et à la grande distribution de vendre « à perte » à partir du 1er janvier prochain, et ce pour une période de six mois. Pour la majorité des 11 000 stations services que compte le pays, cela ne va pas changer grand-chose. TotalEnergies, qui contrôle 3 400 points de vente sous contrat, avait déjà annoncé auparavant qu’il plafonnait le prix des différents carburants à 1,99 euro. Sans que cela écorne ses bénéfices. Les grandes surfaces (Carrefour, Leclerc, Intermarché, Casino, etc.) utiliseront l’essence comme produit d’appel dans leurs 5 200 stations pour inciter les clients à venir faire leurs courses chez eux… en compensant les baisses sur les carburants par une hausse des prix des autres produits. Les seules qui risquent vraiment d’être coincées sont les 2 400 stations indépendantes, surtout implantées en milieu rural, et dont les ventes d’essence représentent de 60 à 70 % du chiffre d’affaires. Pas sûr qu’elles ne puissent vendre longtemps à perte sans couler. Pourtant il y aurait une solution beaucoup plus simple et plus rapide : supprimer les taxes sur l’essence. Aujourd’hui, sur un litre de sans-plomb 95, vendu 1,961 euro à la pompe, les taxes représentent près de 52 % du total (1,018 euros), le carburant lui-même 36,10 % (0,708 euros€) et le coût de distribution 12,30 % (0,235 euros). En résumé, à chaque fois que l’on passe à la pompe, l’État s’en met plein les poches. Et ça va continuer…

Les forces de sécurité ont expulsé quelque 500 migrants subsahariens d’une place dans le centre de Sfax, deuxième ville du pays, après les avoir chassés de leur logement début juillet. Cette expulsion fait partie d’une vaste campagne sécuritaire menée par les autorités contre les migrants. Elles ont annoncé l’arrestation de près de 200 d’entre eux « qui s’apprêtaient à effectuer une traversée clandestine » vers les côtes européennes. Leurs droits sont systématiquement niés et violés par le régime du président Kaïs Saïed, qui en février dernier a prononcé un discours incendiaire et raciste contre eux. Ce qui n’empêche pas ce dernier de bénéficier d’une aide européenne considérable pour les empêcher de gagner le Vieux Continent. Car derrière Saïed c’est bel et bien l’Union européenne qui est à la manœuvre.

À l’appel de 700 organisations et associations diverses, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de New York, réclamant plus d’actions contre le réchauffement climatique à l’occasion de l’ouverture officielle, mardi, de l’Assemblée générale des Nations unies. Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire « Biden, mets fin aux énergies fossiles », « Les énergies fossiles nous tuent » ou encore « Je n’ai pas voté pour les incendies et les inondations ». Une partie croissante de l’opinion publique, aux États-Unis comme ailleurs, a parfaitement consciente des effets catastrophiques du réchauffement climatique sur l’état de la planète. Mais d’assemblées générales de l’ONU en réunions régulières des COP sur le climat (la 28e édition aura lieu à Dubaï à la fin de l’année), les dirigeants des différents pays du monde blablatent sans fin en ne prenant qu’un minimum de mesures concrètes. Car renverser cette société qui permet le saccage de la planète n’est pas vraiment dans leur agenda.