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Brèves

L’actualité en bref

Parmi ses annonces de rentrée, le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, n’a pas dit grand-chose sur les problèmes que rencontre l’enseignement public – manque d’enseignants et de personnel scolaire, classes surchargées, locaux souvent vétustes, mauvaise intégration des enfants handicapés, etc. – mais par contre il a tartiné sur l’interdiction de l’abaya, cette longue robe traditionnelle portée par des jeunes filles de familles musulmanes. Il a reçu immédiatement le soutien de la droite et de l’extrême droite mais aussi du Parti communiste, du Parti socialiste et de… la CGT au nom de la défense de la laïcité. Or, selon les chiffres officiels de son ministère, le port de l’abaya concerne 150 établissements sur près de 60 000 sur tout le territoire, c’est-à-dire 0,25 % du total. Il y a sans doute des choses plus urgentes à régler. Mais monter un prétendu problème en épingle est une tactique de diversion islamophobe qui a parfaitement fonctionné. Du moins pour l’instant.

Emmanuel Macron a réuni à Saint-Denis, dans la banlieue de Paris, les chefs des partis politiques pour des discussions sur la situation internationale, les institutions et la « cohésion de la nation » après les émeutes du début de l’été. En résumé, un grand raout dont il a l’habitude, qui ne débouche sur pas grand-chose mais fait le buzz. Après douze heures de discussion, la gauche parlementaire a exprimé « sa déception ». Pour les écologistes, Marine Tondelier a regretté qu’il n’y ait « rien de nouveau sous le soleil », Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, a affirmé avoir eu « l’impression de vivre douze heures sur la planète Mars », face à un interlocuteur qui n’est pas « prêt à entendre » les propositions de la gauche et le patron des socialistes, Olivier Faure, lâchait sous forme de boutade « on est loin du grand soir ». Seul son de cloche un peu discordant, celui qu’a fait entendre Fabien Roussel, le leader du PCF, qui lui était plutôt satisfait et confiait « je ne peux pas dire maintenant que ça n’a servi à rien… On s’est parlé, et se parler c’est déjà une bonne chose ». Mais, contents ou pas, les leaders de la gauche ont tous accepté, selon l’Élysée, « de se revoir sur le même format, dans les mêmes conditions, pour une prochaine session de travail ». La gauche réformiste va donc se lancer à nouveau dans cette comédie qui ne débouchera sur rien de concret pour les travailleuses et les travailleurs. Mais c’est dans son ADN de préférer les discussions sans fin dans l’arène parlementaire plutôt que de tenter de mobiliser les masses populaires.

Dans le cadre de la « journée nationale de solidarité syndicale », appelée par l’ensemble des organisations professionnelles du petit et grand écran, des milliers de professionnels de l’industrie du cinéma et de la télévision ont manifesté dans le quartier de Manhattan devant les sièges des géants du divertissement, Amazon et Home Box Office, pour exiger de meilleures conditions de travail, la sécurité de l’emploi et l’encadrement de l’intelligence artificielle dans les productions. Pour être présents, certains étaient venus spécialement de Californie où une grève paralyse Hollywood depuis mai pour les scénaristes ; rejoints en juillet par les actrices et les acteurs. Le puissant syndicat SAG-AFTRA – qui représente 160 000 acteurs, cascadeurs, danseurs et autres professionnels de la télé et du cinéma – interdit à tous ses membres de tourner, mais aussi de promouvoir leurs productions, en personne ou sur les réseaux sociaux. Le dialogue entre le syndicat des scénaristes et les patrons de studios et plateformes de streaming – comme Prime, HBO, Amazon et Warner Bros. Discovery – a été quasiment inexistant, les patrons refusant pour le moment de lâcher quoi que ce soit.

Le ministre du Logement, des Infrastructures et des Collectivités du gouvernement Trudeau, Sean Fraser, est confronté à un problème qui n’est pas spécifiquement canadien : la crise du logement qui secoue le pays et touche durement les étudiants. Le ministre propose donc de plafonner le nombre d’étudiants étrangers. L’an dernier, ils étaient 807 000 à avoir obtenu un permis d’études au Canada. Daniel Jutras, le recteur de l’université de Montréal, a protesté contre cette proposition en écrivant au ministre : « Faire porter la responsabilité de cette crise sur les épaules des étudiants internationaux nous semble injuste et aller contre nos valeurs. » Plusieurs autres recteurs ont fait de même en estimant que la seule solution était de construire plus de logements étudiants. Une solution pleine de bon sens mais qui à l’inconvénient de coûter plus cher aux finances de l’État que l’expulsion du pays d’étudiants prétendument en surnombre.

Après l’annonce du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, de ne plus contribuer au financement des villes dites « arabes » d’Israël, c’est au tour de la ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, d’annoncer le gel d’un programme de maîtrise de l’hébreu pour les étudiants palestiniens de l’intérieur, c’est-à-dire arabes de nationalité israélienne. Suite à la décision du ministère, qui invoque un manque d’argent, l’emploi du personnel du programme a été suspendu, et les enseignants devraient être convoqués à une audience préalable au licenciement. « Ce programme a aidé des lycéens de la société arabe israélienne à pratiquer l’hébreu grâce à des entretiens en ligne avec des tuteurs parlant hébreu et à des moyens interactifs pour les examens du bac en hébreu », a rapporté le quotidien Haaretz. L’année dernière, environ 3 500 collégiens l’ont suivi. Le manque de maîtrise de l’hébreu rend difficile pour les diplômés arabes de s’intégrer dans la société israélienne et de trouver un emploi. Une autre forme de discrimination pour une minorité qui représente 21 % de la population du pays.

Evgueni Prigojine, le patron du groupe paramilitaire Wagner, ainsi que son adjoint, Dmitri Outkine, et huit autres personnes, ont trouvé la mort, dans la région de Tver, dans le crash d’un avion privé qui assurait la liaison entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Prigojine avait été à l’origine fin juin d’une rébellion dirigée contre l’état-major russe et le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, qui avait brièvement investi des sites militaires dans le sud de la Russie avant de se diriger vers Moscou, puis de renoncer. Poutine l’avait alors officiellement qualifié de « traitre » avant de lui « pardonner ». Dans le passé, la plupart des gens qui se sont opposés à Poutine ont soit trouvé la mort, soit été condamnés à de lourdes peines de prison. On peut alors se demander s’il s’agit d’un simple accident aérien dû à une cause technique ou d’un attentat en bonne et due forme programmé par le maître du Kremlin qui, dans ce domaine, n’en est pas à son coup d’essai. Quoi qu’il en soit, c’est le plus puissant des deux parrains mafieux qui a gagné pour le moment. Il n’y a ni à le regretter ni évidemment à s’en réjouir. Car c’est des travailleurs, et d’eux seulement, que pourrait venir la fin de la guerre et une amélioration du sort des classes populaires, voire une autre société, socialiste.

Il y a quelques jours, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, droit dans ses bottes et sans complexe, affirmait que les hôpitaux sauraient faire face à la canicule. Mais à quel coût pour les patients et les soignants ? Cela il ne le précisait pas. Un bon exemple de la situation sur le terrain est celui du CHU de Bordeaux auquel s’est intéressé le journal Sud Ouest. Là on constate l’absence totale de climatisation dans certains bâtiments vétustes qui abritent notamment la pédiatrie et la maternité. Interviewée par le quotidien régional une auxiliaire en puériculture raconte : « On travaille avec des pains de glace dans les blouses pour se rafraîchir. Depuis des années on dénonce cette situation l’été. Nous n’avons pas de volets roulants aux fenêtres, pas d’occultants. On en réclame, ça n’a jamais venu. Lundi, plusieurs enfants ont fait des malaises en raison de la chaleur. Les conditions d’accueil sont intenables pour les enfants malades, et nos conditions de travail sont très difficiles. » Dans certaines salles d’accouchement et de travail, qui accueillent les femmes enceintes, on tend des draps mouillés aux fenêtres pour tenter de faire baisser la température qui à certains endroits atteint les 44 degrés. Mais à part ça, comme dirait Rousseau, tout baigne !

Une vague de pillages de grands magasins s’est déclenchée le mardi 22 août en Argentine, aussi bien dans la capitale Buenos Aires et sa périphérie que dans les grandes villes de province. Ces émeutes sont une réaction populaire aux dernières mesures d’austérité de Sergio Massa, ministre de l’Économie péroniste, qui a en particulier dévalué le peso de 22 %. L’inflation qui s’élevait à 94,8 % en 2022 a encore monté à 108 % pour les neuf premiers mois de 2023.

Bien entendu, les augmentations des salaires et pensions ne suivent pas et cette perte de pouvoir d’achat plonge toute une partie de la population dans la misère et même la famine. Aujourd’hui, 20 millions d’Argentins sur 47 millions sont en dessous du seuil de pauvreté et une dizaine de millions d’enfants souffrent de sous-nutrition.

Face à cette révolte, le gouvernement a répondu par la répression qui a fait déjà plusieurs morts et de nombreuses arrestations. Le pouvoir cherche à criminaliser ces actions en présentant les pillards comme des délinquants récidivistes. Ce discours est repris par les grands médias. Espérons que les révoltés ne resteront pas isolés et que l’ensemble de la classe ouvrière, non seulement leur apportera sa solidarité, mais entrera dans l’action.

Au moins 743 détenus, principalement des prisonniers politiques, sont en grève de la faim dans le centre pénitentiaire de Jau, un des plus grands de cet émirat pétrolier. Certains ont débuté leur mouvement le 7 août dernier et d’autres les ont rejoints depuis. Ils dénoncent des conditions de détention misérables dans un pays où le taux d’incarcération est parmi les plus élevés de la région. Cette protestation jette la lumière sur un système carcéral impitoyable sous la houlette de la famille royale Al Khalifa. Malgré une répression massive, des manifestants sont descendus dans les rues de la capitale pour exprimer leur solidarité avec les détenus et appelant à leur libération immédiate.