Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Alexis Corbière, député de Seine-Saint-Denis de La France insoumise, a demandé que les 45 000 volontaires qui participeront à l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 puissent être rémunérés. Il dénonce un « détournement » du bénévolat en expliquant : « C’est souvent des jeunes qui vont travailler huit à dix heures par jour, six jours sur sept, et ne pourront même pas participer à une des grandes compétitions sportives » et de poursuivre : « Quand on fait travailler les gens pendant 15 jours avec des cadences quand même assez soutenues, on les rémunère. » Il fait un distinguo entre le caractère « indispensable » du bénévolat pour les clubs et les associations sportives et l’organisation de grands événements comme les JO qui vont engendrer des milliards d’euros de chiffre d’affaires et de gros bénéfices pour les sponsors, en majorité des grandes entreprises. Les profits des uns reposeront en partie sur le bénévolat des autres…

Cinq migrants tunisiens sont morts et sept autres sont portés disparus après le naufrage d’une embarcation de fortune partie depuis Sidi Mansour dans le centre-est du pays. Le bateau sur lequel avaient embarqué 35 personnes, pour la plupart des Tunisiens, dont des femmes et des enfants, a chaviré peu de temps après son départ. 23 personnes ont été secourues. Un enfant et deux femmes figurent parmi les personnes décédées. Un autre naufrage s’était produit dans la nuit de vendredi près de la ville portuaire de Gabès. Un Tunisien de 20 ans a péri dans ce drame ainsi qu’un nourrisson dont les parents font partie des 13 personnes secourues, tous des Tunisiens. Cinq autres Tunisiens sont toujours portés disparus. Ces drames nous rappellent qu’il n’y a pas seulement des migrants d’Afrique subsaharienne qui tentent de quitter le pays au risque de leur vie pour gagner l’Europe mais aussi que des milliers de Tunisiens, confrontés à une crise financière et économique sans précédent, font de même.

En cette période de sécheresse, alors qu’il est difficile d’entretenir les pelouses, le gazon artificiel est largement utilisé, parfois chez les particuliers mais surtout sur les terrains de football ou d’autres sports. Or il est loin d’être inoffensif. Des chercheurs de l’université de Barcelone ont découvert que ce gazon synthétique pollue fortement les eaux en se décomposant. En faisant plusieurs centaines de prélèvements en mer, au large de la capitale catalane et dans le fleuve Guadalquivir, ils ont mis en évidence la présence de nombreuses fibres plastiques produites par la décomposition du gazon artificiel en microplastiques et nanoplastiques. De plus ce gazon synthétique est produit à partir de polyéthylène et de polypropylène, des microfibres de plastique. Or, selon l’agence européenne des produits chimiques, les granules de plastique utilisés dans le gazon artificiel « peuvent contenir des substances chimiques potentiellement nocives » dont certaines pourraient être responsables de cancers, notamment du sein.

À compter du 18 août, et cinq mois après les manifestations contre les méga-bassines de Sainte-Soline, un « convoi de l’eau » va traverser plusieurs départements, en partant des Deux-Sèvres, pour dénoncer les projets de retenues d’eau à des fins agricoles. À l’origine de cet événement se trouvent plusieurs mouvements de défense de l’environnement, parmi lesquels les Soulèvements de la Terre, le collectif Bassines non merci et la Confédération paysanne. Dans une vidéo, les organisateurs de l’opération appellent à « se mettre en route à vélos ou en tracteurs » depuis la commune de Lezay, située à moins de cinq kilomètres de Sainte-Soline. Ils disent attendre « entre 500 et 1 000 participants », dont « des centaines à vélo » et « une dizaine à une trentaine de tracteurs ».

Déclaration alarmante de Marc Noizet, président de Samu-Urgences de France et chef du service d’urgence du groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace. Il estime notamment que « la situation est plus grave que l’été dernier » car désormais tous les départements et tous les établissements sont touchés, des gros services aux petits services d’urgence. Face à la hausse des appels au 15, l’Association française des assistants de régulation médicale demande la création de « 800 postes supplémentaires pour travailler dans des conditions plus humaines ». Ces assistants de régulation médicale, premiers à décrocher les appels au Samu, sont en grève dans 69 des 100 centres départementaux. Marc Noizet indique également que l’on ferme parfois pour plusieurs jours des services mobiles d’urgence et de réanimation composés d’une équipe médicale, d’un véhicule et de matériel d’urgence qui interviennent hors de l’hôpital (dans la rue, à domicile, etc.) à la demande du Samu. Face à cette situation catastrophique, en visite au Samu de Toulouse, le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau, s’est contenté de dire que le mécontent du personnel soignant était légitime et qu’il comptait « y travailler dans les toutes prochaines semaines ». Ce qui n’engage à rien et ne risque pas d’améliorer les choses.

La Croix-Rouge américaine a annoncé adopter de nouvelles règles permettant de mettre fin à des restrictions en matière de don du sang qui visaient spécifiquement les hommes gays. Jusqu’ici, les homosexuels devaient s’abstenir d’avoir des relations sexuelles pendant trois mois s’ils voulaient donner leur sang, et ceci, y compris s’ils étaient en couple de façon exclusive. Désormais, « tous les donneurs devront répondre aux mêmes questions d’éligibilité, indépendamment de leur genre ou orientation sexuelle, et seront évalués pour le don du sang selon des facteurs de risque individuels », a déclaré l’institution. C’est dans les années 1980, alors que l’épidémie de sida faisait des ravages, que l’Agence américaine du médicament avait imposé une interdiction totale de don de sang aux hommes homosexuels. Les règles avaient peu à peu été assouplies, mais des restrictions visant spécifiquement les homosexuels étaient maintenues. Ce sont ces restrictions qui viennent d’être levées.

Une journaliste iranienne de 23 ans, Nazila Maroufian, avait été condamnée à deux ans de prison après avoir interviewé le père de Mahsa Amini dont la mort en garde à vue, en septembre 2022, avait déclenché un mouvement de contestation dans le pays. À peine libérée de la prison d’Evin, à Téhéran, elle a publié une photo d’elle sans foulard (ce qui est une violation de la loi) sur les réseaux sociaux, accompagnée d’un texte sur X (ex-Twitter) et Instagram adressé aux femmes et qui dit simplement : « N’acceptez pas l’esclavage. » Un geste de défi aux autorités de la république islamique mais aussi un message d’espoir et de combat.

Une famille palestinienne, Nora et Mustapha Sub Laban, a été expulsée de la maison qu’elle occupait depuis plus de 60 ans, pour laisser place à des colons juifs sur décision de justice. Cette expulsion forcée ayant été effectuée par la police, la justice a condamné le couple à payer plus de 12 000 dollars (11 000 euros) pour indemniser la police et l’entreprise privée qui a évacué la maison et s’acquitter des frais de justice. Pour humilier les Palestiniens, les tribunaux israéliens ne savent plus quoi inventer.

Dans un texte publié sur le site Figaro Vox, Jean-Louis Thiérot, député Les Républicains de Seine-et-Marne, exalte « la place de Maurice Barrès dans l’édification de notre imaginaire national ». Il tresse des louanges à cet écrivain, figure de proue du nationalisme d’extrême droite, en évacuant d’une phrase son antisémitisme notoire, lui qui écrivait lors de l’affaire Dreyfus : « Dreyfus est un traître, je le déduis de sa race. » Quant à la direction des Républicains, Éric Ciotti en tête, elle n’a pas commenté, et encore moins critiqué, cette interview. Qui ne dit mot, consent !