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Brèves

L’actualité en bref

Le naufrage d’une embarcation transportant 45 personnes, dont trois enfants, a fait 41 morts au large de l’île de Lampedusa, a rapporté l’agence de presse italienne Ansa, s’appuyant sur les récits des quatre survivants. Le bateau en métal, parti de Sfax, en Tunisie, a coulé quelques heures plus tard dans le canal de Sicile, dans des conditions météo qui rendaient très dangereuse toute traversée. Les agences des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l’enfance (Unicef) et les migrations (OIM) ont dénoncé à juste titre dans un communiqué, « le manque absolu de scrupules des trafiquants qui exposent les migrants et les réfugiés à des risques très élevés de mort en mer ». Mais pas un mot sur la responsabilité de l’Union européenne qui, en fermant ses frontières, permet aux passeurs et trafiquants de toutes sortes de faire prospérer un business mortifère sur le dos des migrants.

Les électeurs de cet État du Midwest ont rejeté à plus de 57 % un projet de loi présenté par les Républicains qui visait à rendre plus difficile le droit à l’avortement en exigeant une majorité de 60 % pour l’inscrire dans la Constitution. Pourtant dominé par la droite trumpiste, cet État a montré, après plusieurs autres, que même parmi les électeurs républicains beaucoup étaient hostiles à restreindre le droit à l’IVG. Alexis McGill Johnson, présidente de l’organisation de planning familial Planned Parenthood, a salué une « excellente nouvelle » après l’annonce des résultats.

Le Comité de soutien aux journalistes arrêtés fait état de l’interpellation ou de la convocation de plus de 90 journalistes dans différentes villes d’Iran depuis septembre dernier et la mort de Mahsa Amini. Formé en septembre dernier par un groupe de professionnels du métier pour suivre de près la situation des journalistes détenus dans le cadre de la contestation, le Comité a publié ce bilan à l’occasion de la Journée nationale du journaliste, célébrée le 8 août dans le pays. Parmi les détenus, le Comité cite notamment Niloufar Hamedi et Elaheh Mohammadi, deux femmes journalistes ayant couvert l’affaire Mahsa Amini. Détenues depuis septembre, elles sont jugées notamment pour conspiration contre la sécurité nationale. D’autres journalistes ont été libérés sous caution au cours des derniers mois et un petit nombre amnistiés.

Crimes de guerre, crimes contre l’humanité. Le Mécanisme d’enquête indépendant des Nations unies pour le Myanmar (Birmanie), créé en 2018, a annoncé dans un rapport disposer de solides preuves d’une « augmentation spectaculaire » de ces crimes dans le pays, avec notamment des attaques généralisées et systématiques contre des civils, des témoignages sur des actes de torture commis en prison, des agressions sexuelles contre des hommes et des femmes dans les établissements pénitentiaires, des preuves de soldats birmans qui se sont emparés d’un village, ont embarqué les habitants, civils et combattants et les ont exécutés. Le rapport souligne également un phénomène qui s’amplifie, en particulier ces derniers mois : celui des bombardements des populations civiles, des frappes menées contre des villages qui se soldent par la mort de nombreuses personnes, dont des enfants. De son côté l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo avait estimé en juin dernier que plus de 6 000 civils avaient été tués en Birmanie dans les vingt mois qui ont suivi le coup d’État militaire du 1er février 2021.

Le prix du carburant est reparti à la hausse en ce mois d’août. En moyenne, l’essence a augmenté de 11 centimes par litre depuis juillet. Une des causes de cette augmentation vient du fait que l’Arabie saoudite a décidé de réduire sa production de pétrole, alors que dans le même temps la demande mondiale a largement augmenté. Mais, de plus, les compagnies pétrolières occidentales profitent de l’opportunité pour augmenter leurs bénéfices, déjà faramineux, aux dépens des consommateurs. Et cela va continuer.

À Marseille, des policiers du Raid ont été placés en garde à vue à l’Inspection générale de la police nationale après la mort d’un livreur de 27 ans, Mohamed Benriss, lors des émeutes en juillet. Il avait été retrouvé en arrêt cardiaque dans le centre-ville. Ce père de famille de deux enfants circulait en scooter en marge des émeutes lorsqu’il a été touché au thorax par un tir de lanceur de balles de défense. Selon une source policière, les membres du Raid auraient confirmé le tir à leur hiérarchie. Plusieurs autres policiers ont également été convoqués mardi afin d’être entendus en qualité de témoins, a précisé le parquet de Marseille. Et si, pour l’instant, Darmanin n’a pas manifesté officiellement sa solidarité avec les flics tabasseurs, comme il avait fait il y a quelques semaines, il a tenu cependant à se rendre dans un commissariat marseillais, officiellement pour féliciter les fonctionnaires pour une saisie de cannabis, mais plus prosaïquement pour les assurer de sa compréhension « de manière informelle ».

Le Conseil d’État examine un recours déposé par le collectif écologiste « Les Soulèvements de la Terre » contre le décret de dissolution du gouvernement pris le 21 juin dernier à l’initiative de Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, qui reprochait au collectif d’« appeler » à des violences et d’y « participer ». Ce que nient Les Soulèvements de la Terre qui font valoir aussi qu’ils ne sont pas « un groupement de fait », comme le soutient le gouvernement, mais « un courant de pensée fondé sur un vaste mouvement, dépourvu de dirigeants comme de membres identifiés ». Et le mouvement estime, à juste raison, que sa dissolution est « liberticide car attentatoire à la liberté d’expression » et « à la liberté d’association ».

Une qui ne manque pas de culot est la secrétaire d’État chargée de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache. Elle a accordé une interview au Journal du dimanche nouvelle mouture qui ressort après six semaines de grève et la démission d’une bonne partie de la rédaction pour protester contre la nomination à la tête de l’hebdomadaire du journaliste d’extrême droite Geoffroy Lejeune, ancien de Valeurs actuelles et proche d’Éric Zemmour. Elle défend sa démarche en affirmant : « On ne peut pas avoir été Charlie, être allé manifester et mettre aujourd’hui en pièces la liberté d’expression… Je suis une fille de Cabu. » faisant référence au célèbre dessinateur humoristique de Charlie Hebdo assassiné le 7 janvier 2015 dans l’attentat contre la rédaction de l’hebdomadaire. Et, dans un billet qui parait dans l’édition de cette semaine de Charlie, son rédacteur en chef, Gérard Biard, dégomme la secrétaire d’État en affirmant : « Il aurait été judicieux qu’elle rappelle que Cabu a, tout au long de sa vie et de sa carrière, combattu sans concession aucune l’extrême droite. Cette extrême droite qui, désormais, préside aux destinées du JDD. » Cela va sans dire mais mieux encore en le disant.

C’est à Bélem, dans le Nord du Brésil, que se tient un sommet destiné à lutter contre la déforestation de l’Amazonie et qui réunit des représentants des huit pays membres de l’Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA), créée en 1995 pour protéger la forêt tropicale qui abrite environ 10 % de la biodiversité de la planète. Sont donc présents, à l’invitation du président Lula da Silva, ses homologues de la Bolivie, de la Colombie, du Guyana, du Pérou et du Venezuela, tandis que l’Équateur et le Suriname sont représentés par des ministres. On ne voit pas trop ce qui va sortir de ce sommet qui préfigure la COP30 qui aura lieu dans cette ville en 2025. La disparition progressive de la forêt amazonienne est bien réelle et ses causes sont connues : la déforestation massive pratiquée pour laisser place à l’élevage intensif du bétail et à des cultures industrielles souvent aux mains des trusts de l’agro-business qui expédient l’essentiel de leurs productions vers l’Europe. Et sans s’en prendre directement à ces trusts, la préservation de l’Amazonie est un vœu pieux.