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Brèves

L’actualité en bref

Dans le cadre des négociations sur l’assurance-chômage l’État s’apprête à siphonner 11 milliards d’euros d’ici à 2026 dans les caisses de l’Unédic, l’association qui gère l’assurance chômage et qui est financée par les cotisations sociales et la CSG. Dès cette année 2 milliards seront pompés pour mettre sur pied une nouvelle structure, France Travail, qui devrait regrouper Pôle emploi, les missions locales et Cap emploi, censé accompagner les personnes handicapées. L’Unédic abonde déjà à hauteur de 80 % au budget de Pôle emploi mais sa contribution sera encore augmentée. Dans le même temps les Pouvoirs publics continueront « à faire des économies » en mettant en œuvre un mode de calcul de l’indemnisation chômage toujours plus défavorable aux demandeurs d’emploi et raccourciront, si besoin est, leur durée d’indemnisation qui a déjà été réduite de 25 % en février dernier. Quand l’État fait du social, c’est au détriment des plus pauvres.

La ministre des Solidarités et des Familles, Aurore Bergé a annoncé la mise en place d’un « pass colo » pour 2024. Dans un premier temps on avait cru comprendre qu’il serait ouvert à l’ensemble des enfants mais finalement seuls les 10/11 ans seront concernés. Autant dire que la majorité des jeunes et des très jeunes resteront sur le bord de la route. Quant à son montant il ira de 200 à 350 euros, ce qui en limitera l’accès aux seules colonies aux prix abordables, c’est à dire celles organisées par les communes ou les CSE des grandes entreprises dont le nombre n’a cessé de diminuer au cours des années faute de financement adéquat. Un pass misère qui se réduira sans doute largement à un effet d’annonce.

Dans une lettre ouverte publie sur les réseaux sociaux, quatorze des meilleures joueuses d’échecs (Anaëlle Afraoui, Mathilde Choisy ou Noémie Klipper) alertent sur la présence de comportements sexistes dans leur sport et évoquent le besoin de libérer la parole. « Nous, joueuses d’échecs, entraîneuses, arbitres et dirigeantes avons subi des violences sexistes ou sexuelles, qu’elles soient verbales, écrites ou physiques, perpétrées par des joueurs d’échecs, entraîneurs, arbitres ou dirigeants », écrivent en préambule les signataires de cette lettre partagée sur Twitter (devenu X). Cette déclaration, publiée sur un compte (« Nous, joueuses d’échecs ») spécialement créé pour l’occasion, est aussi un moyen de mettre la lumière sur ce qui est pour elles l’une des raisons principales de « l’arrêt du jeu d’échecs par des femmes, et jeunes filles, notamment à l’adolescence ». Une prise de position forte dans un milieu largement dominé par les hommes. Elles ont reçu le « soutien total » de la Fédération française d’échecs qui dit encourager cette « libération de la parole ».

Les autorités judiciaires iraniennes multiplient les condamnations à des « soins psychologiques » pour des femmes ayant refusé de respecter la loi sur le voile obligatoire. Ainsi une actrice, Zadeh Samadi, a été condamnée à suivre une thérapie une fois par semaine dans « un centre psychologique » pour avoir porté un chapeau – et non un voile – en public, lors d’un enterrement, ce qui a été qualifié de « troubles de la personnalité anti-sociale ». Dans un autre procès un tribunal de Téhéran a condamné une femme pour non-respect du port du voile à deux mois de prison et six mois de traitement pour ce que le juge a caractérisé cette fois de « trouble psychologique contagieux qui entraîne une promiscuité sexuelle ». Ce qui a conduit à l’envoi d’une lettre ouverte adressée au chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni, par les présidents de quatre associations de santé mentale qui accusent la justice « d’abuser de la psychiatrie » à d’autres fins en concluant : « Le diagnostic des troubles mentaux relève de la compétence d’un psychiatre, pas d’un juge ». Toutes ces affaires sont surtout symptomatiques du fait que, ces derniers mois, de plus en plus de femmes continuent d’apparaître tête nue dans les rues malgré la pression et la répression des autorités.

Alexeï Navalny, opposant historique à Vladimir Poutine, détenu depuis juin 2022 dans une colonie pénitentiaire après avoir écopé de neuf ans de prison pour « fraude », vient d’écoper de 19 années de prison supplémentaires en régime spécial à l’issue d’un procès cette fois pour « extrémisme ». Lors de l’audience, le mois dernier, il avait une nouvelle fois dénoncé l’opération russe en Ukraine, évoquant les « dizaines de milliers de morts dans la guerre la plus stupide et la plus insensée du XXIe siècle ». Il purge sa peine dans un camp à régime sévère à Melekhovo, à 250 kilomètres à l’est de Moscou. Mais de plus, depuis son emprisonnement, il a été envoyé 17 fois en cellule disciplinaire, ce que ses proches dénoncent comme du harcèlement carcéral.

En marge de son voyage officiel dans le Pacifique, fin juillet, Emmanuel Macron avait promis aux journalistes qui l’accompagnaient « une initiative politique d’ampleur » à la fin du mois d’août. Les services de l’Élysée viennent de préciser que l’initiative en question porterait sur des thèmes tels que l’écologie, les services publics, le travail, l’ordre, le progrès, l’immigration. N’en jetez plus ! On attend avec d’autant moins d’impatience cette initiative à objectifs multiples que, comme d’habitude avec le Président de la République, elle risque fort d’être un exercice d’autosatisfaction sans grand-chose de concret derrière.

Le policier soupçonné, avec trois collègues, d’avoir gravement blessé Hedi, 22 ans, en marge des émeutes à Marseille, reste en détention provisoire. Membre de la brigade anti-criminalité, il a reconnu un tir de lanceur de balles de défense qu’il contestait jusqu’ici. Le président de la chambre d’instruction a estimé qu’il fallait « prévenir toute concertation » avec ses trois autres collègues mis en cause. En outre, il a estimé que malgré ses aveux partiels sa « dénégation fallacieuse initiale a jeté le discrédit sur l’ensemble de ses propos ». Quant à Hedi, il a dû subir une amputation partielle du crâne après ce tir reçu dans la tête et avoir été tabassé une fois au sol. Va-t-on voir à nouveau les chefs des flics, soutenus par Darmanin, protester contre ce maintien en détention ?

L’Association des opérateurs ferroviaires allemands, Allianz pro Schiene, publie chaque année, pays par pays, le montant de l’investissement par habitant dans les infrastructures ferroviaires en Europe, chiffres repris par le site professionnel Mobilettre. En 2022, avec 46 euros par habitant, la France était bonne dernière devancée par l’Espagne (67 euros), par l’Allemagne et l’Italie (115 euros), par le Royaume Uni (187 euros) et, loin devant, par la Suisse (413 euros) et le Luxembourg (607 euros). Rien d’étonnant dans ces conditions que la SNCF ait battu l’an dernier tous les records en matière de retards et d’annulations de trains et de manque d’entretien des infrastructures.

Saïd Boukioud, 48 ans, a été condamné à cinq ans de prison pour « offense à la monarchie ». Son crime ? Avoir critiqué sur Facebook la normalisation diplomatique du royaume chérifien avec Israël. Or, aux termes de la Constitution marocaine, la politique extérieure du pays est une prérogative exclusive du monarque, en l’occurrence Mohammed VI. Toute critique de cette politique est donc un crime de lèse-majesté. Ce qui limite la liberté d’expression à pas grand-chose dans un contexte où la cause palestinienne est populaire chez nombre de Marocains qui n’ont pas vu d’un très bon œil l’établissement de relations diplomatiques avec l’État sioniste.