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Brèves

L’actualité en bref

Dès leur prise de pouvoir, en août 2021, les talibans avaient interdit de jouer de la musique en public. Mais cette interdiction ne touchait pas la sphère privée, notamment les fêtes familiales. Ce n’est plus le cas. À Herat, dans l’ouest du pays, les responsables locaux du ministère pour la Promotion de la vertu et la Prévention du vice, en fait la police des mœurs, ont organisé un bûcher d’instruments et de matériel de musique confisqués dans les salles de mariage de la ville. On a ainsi pu voir partir en fumée une guitare, un clavier, deux autres instruments à cordes, un tambour, des enceintes et des hauts parleurs. Raison invoquée : « La promotion de la musique entraîne une corruption morale et le fait de jouer de la musique égare les jeunes. » La seule musique qui trouve grâce aux oreilles des talibans est sans doute celle produite par les rafales de leurs kalachnikovs.

La France a exporté l’an dernier pour 27 milliards d’euros d’armement contre « seulement » 11,7 milliards l’année précédente. Une progression spectaculaire de plus de 130 % qui devrait se poursuivre cette année. Selon le ministère de la Défense, « il s’agit de contribuer à la paix internationale ». Sauf que 64 % de ces armes sont expédiées en priorité au Proche et Moyen-Orient, des régions où les conflits font chaque année des centaines de milliers de morts, sans même parler de celles envoyées en Ukraine.

Dans le cadre des 11 à 12 milliards d’économies budgétaires que le gouvernement veut réaliser l’an prochain, la Première ministre a expliqué, lors d’une réunion à Matignon, aux ministres de la Santé et des Comptes publics qu’il fallait taper en priorité « dans la sphère sociale en général qui représente 50 % de nos dépenses ». C’est ainsi que le montant de la franchise, qui est de 0,5 euro par boîte de médicaments, devrait passer à 1 euro en 2024. Doublement également de la franchise pour les actes paramédicaux (aujourd’hui à 0,5 euro par acte) ainsi que celle des transports sanitaires (actuellement 2 euros par trajet). Encore une fois ce sont les plus modestes qui seront touchés au portefeuille.

Geneviève de Fontenay vient de mourir à l’âge de 90 ans. Si son nom ne dit pas grand chose aux jeunes générations, il fut associé pendant des décennies au concours de « Miss France » qu’elle présida avant de claquer la porte pour divergences de vue avec le groupe de télé-réalité Endemol qui avait racheté sa société. Ancien mannequin chez Balenciaga, élue « Miss Élégance » en 1957, Geneviève de Fontenay défendait une conception ultra-conservatrice de la femme qui l’amenait à considérer que sa tâche première était de plaire à l’homme. Une misogynie « bon chic, bon genre » qui à l’époque avait fait florès. Mais les temps changent et ses conceptions réactionnaires l’avaient peu à peu isolée, y compris de son propre milieu. Avec elle disparait un symbole de celles et ceux qui ont toujours glorifié la femme-objet comme critère essentiel, sinon unique, de la féminité.

Neuf Baloutches iraniens et deux Baloutches ressortissants de l’Afghanistan voisin ont été pendus entre dimanche matin et mardi matin, a indiqué l’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, qui s’alarme que cette communauté soit ciblée de manière disproportionnée par la vague actuelle d’exécutions dans la république islamique. Si les membres de la minorité baloutche – qui adhèrent à la branche sunnite de l’islam, et non au chiisme prédominant en Iran – ne représentent que 2 à 6 % de la population, ils ont compté pour un tiers de toutes les exécutions en 2022. Ils sont, avec la minorité kurde, parmi les cibles favorites du pouvoir des ayatollahs. Depuis le début de l’année, 423 personnes ont été exécutées dans le pays, dont 61 pour le seul mois de juillet.

Le 4 août 2020 une énorme explosion dévastait une grande partie du port de Beyrouth et des quartiers environnants, tuant plus de 220 personnes et en blessant plus de 6 500 autres. La déflagration avait été déclenchée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d’ammonium. Et, depuis lors, aucun des responsables de ce drame n’a été traduit en justice. Un premier juge d’instruction, qui avait inculpé quatre anciens ministres, avait été récusé. Quant au second, Tarek Bitar, il avait dû suspendre ses auditions à de nombreuses reprises et faire face à une quarantaine de poursuites à son encontre et à des pressions de la part d’une grande partie de la classe politique. En outre il était poursuivi par le procureur général pour « insubordination ». Pour demander sa démission, les deux mouvements chiites, Amal et Hezbollah, dont certains responsables étaient impliqués dans la catastrophe, avaient même organisé une manifestation de rue dans la capitale, qui s’était soldée par sept morts. Et aujourd’hui, dans un pays qui a sombré dans une grave crise économique et politique, les coupables courent toujours.

L’ex-dirigeante Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d’État militaire de 2021, a bénéficié d’une grâce partielle dans le cadre d’une amnistie concernant plus de 7 000 prisonniers, à l’occasion d’une fête religieuse bouddhiste. Devenue la bête noire des militaires, l’ex-Première ministre avait été condamnée à 19 reprises, accusée pêle-mêle de corruption, possession de talkies-walkies, voire non-respect des restrictions liées au Covid-19. Ces accusations lui avaient valu des peines cumulées de 33 ans de prison. Cinq d’entre elles ont été amnistiées et sa peine a été réduite de 6 ans. Il ne lui en reste que 27 à tirer. Mais les autorités ont été claires. Elle ne sera pas libérée et restera en détention. Comme des milliers d’autres prisonniers politiques.

Le mercredi 2 août, l’humanité avait consommé la totalité des ressources que peut fournir la planète sur une année entière, alors qu’il restait encore 151 jours avant la fin de l’année 2023. Nommée « jour du dépassement », cette date, qui sert surtout d’outil pédagogique, a été établie selon les calculs d’un institut américain, le Global Footprint Network (Réseau de l’empreinte globale). À en croire ses estimations, il faudrait 1,7 planète pour être capable de régénérer notre consommation de ressources. L’ONG rappelle surtout que ce « dépassement persistant entraîne des symptômes de plus en plus importants, notamment des vagues de chaleur inhabituelles, des incendies de forêt, des sécheresses et des inondations, avec le risque de compromettre la production alimentaire ». En deux mots, la planète va droit dans le mur et continue joyeusement dans la même direction. Ce n’est pas seulement le modèle de consommation qu’il s’agit de changer, mais bien le système capitaliste qui le met en œuvre.

Plusieurs médias sont revenus sur la mort de l’actrice Marie Trintignant, décédée le 1er août 2003 sous les coups de son compagnon d’alors, Bertrand Cantat, le chanteur du groupe Noir Désir. Condamné à huit ans de prison, ce dernier en sortit au bout de quatre. Mais depuis lors, le regard de la société a changé sur ce type de crime qu’on qualifiait alors de « passionnel », une façon de dédouaner en partie ceux qui les commettaient. On parle désormais de féminicides pour qualifier ces actes barbares. Le vocabulaire a heureusement changé mais le machisme lui n’est pas mort et entraine en moyenne le décès d’une femme tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon.