Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

En visite mercredi 15 mars sur le site de Naval Group près de Nantes, Macron a annoncé le nom du nouveau porte-avions : « France Libre » ! 310 mètres, 78 000 tonnes, capacité d’embarquement de 30 avions de chasse, et tout ça pour la modique somme de 10 milliards. Ça ferait combien de salaires de soignants et d’enseignants ? Plutôt que de lui chercher un nom plus joli, il faudrait surtout qu’on arrête de produire ces engins de mort !

La guerre d’Iran fait flamber les prix et enrichit les groupes pétroliers. En quelques jours, le gazole a dépassé deux euros le litre, et certains points de vente affichent encore plus. Cette augmentation a débuté alors même que ces entreprises distribuaient encore le carburant raffiné avant le début du conflit. Elles utilisent le prétexte de guerre pour gonfler leurs profits, déjà faramineux, pendant que les travailleurs galèrent pour aller travailler. Assez qu’ils nous fassent les poches : exigeons le blocage des prix des carburants et des hausses de salaire immédiates !

En février 2025, la publication d’une vidéo sur la chaine de télévision israélienne Channel 12 montrant cinq soldats se livrant à des actes de torture sur un prisonnier palestinien, dans le centre de détention de Sde Teiman, avait fait grand bruit en Israël, et même au-delà. L’avocate générale militaire, accusée d’être à l’origine de cette fuite, avait été contrainte à la démission et a fait l’objet de poursuites pénales. Les sévices infligés au prisonnier lui avaient causé de graves blessures (dont plusieurs côtes cassées et une déchirure au rectum).

Il n’empêche que 12 mars dernier, le nouvel avocat général militaire, Itai Ofir, a ordonné l’annulation des poursuites contre les cinq tortionnaires, en invoquant « la complexité des preuves existantes » et le fait que le prisonnier n’était pas en mesure de témoigner… celui-ci ayant été opportunément expulsé vers Gaza suite à la divulgation de la vidéo. L’abandon des poursuites a été saluée par plusieurs ministres et par le cabinet de Netanyahou, parlant de « calomnies rituelles » ayant pour but de nuire à l’armée israélienne.

Cette décision ne peut que constituer un encouragement à la poursuite des mauvais traitements à l’encontre des milliers de prisonniers palestiniens qui croupissent dans les centres de détention, le plus souvent sans aucun jugement.

Dans un rapport publié cette semaine, la Cour des comptes se penche sur le financement public du soutien aux énergies renouvelables. Faisant appel aux investisseurs privés, l’État leur a garanti de confortables profits, notamment via un engagement d’achat de leur production à des prix garantis supérieurs aux prix du marché. Et quand les prix du marché diminuent, le contrat reste garanti, pendant parfois 20 ans… Même les tentatives de réviser les modalités permettant les effets d’aubaine les plus criants ont été bloquées sur le terrain juridique. Une belle illustration de la façon dont l’État sert les intérêts privés au nom du prétendu « intérêt général » !

Mort lors d’une rixe le mois dernier à Lyon, en marge d’une conférence sur la Palestine que son groupe d’extrême droite voulait perturber, Quentin Deranque avait eu droit à un hommage solennel à l’Assemblée nationale et au Sénat. Les culs-bénits en auraient presque fait un saint ! Une simple enquête journalistique a révélé un autre visage : celui d’un néo-nazi assumé, souhaitant faire lire Mein Kampf de Hitler à tous les lycéens ; d’un raciste et antisémite crasse, affirmant que « il faudra déterrer et fusiller » l’avocate Gisèle Halimi (juive, franco-tunisienne, et militante du droit des femmes), et prônant la défense de la « blanchité ». La pitoyable indignation affichée après ces révélations par certains, de la présidente macroniste de l’Assemblée au premier secrétaire du PS, prêterait à sourire… si toute leur politique ne contribuait pas à servir la soupe à l’extrême droite.

Mardi 10 mars 2026, les agents de l’agence France Travail de Luçon (Vendée) se sont massivement mobilisés. Face à une situation devenue intenable au fil des années, avec des postes supprimés qui n’ont jamais été remplacés, ils ont décidé de se mettre en grève afin d’obtenir des embauches supplémentaires. Une grève suivie par 81 % des agents ! La direction a cédé : trois postes obtenus ainsi que le renouvellement des CDD !

Si la presse a tartiné sur la visite de Macron dans l’île, après l’attaque de la base britannique Akrotiri par un drone iranien, elle n’a pratiquement pas couvert la manifestation qui s’est déroulée non loin de là lorsque des centaines de Chypriotes sont descendus dans la rue pour protester contre la présence de deux bases militaires britanniques dans l’île et contre le fait que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, ait autorisé l’US Air Force a les utiliser dans ses raids contre l’Iran. Ils ont dénoncé ces « bases de la mort » en demandant leur démantèlement et en soulignant que ces bases mettent plus en danger la population locale qu’elles ne la protègent. Un raisonnement plein de bon sens…

La Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur l’Ukraine a accusé Moscou d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » en déportant de force des milliers d’enfants ukrainiens vers la Russie et en entravant leur retour. Si elle a jusqu’à présent confirmé l’expulsion ou le transfert de 1 205 enfants, la commission indique que les autorités russes ont « déporté ou transféré des milliers d’enfants des zones qu’elles occupaient ». Selon Kiev, près de 20 000 enfants ukrainiens ont été emmenés de force depuis le début de l’invasion. Une horreur de plus dans cette guerre qui est une véritable boucherie et qui a fait déjà plus d’un million de morts.

Grâce aux votes de la droite et de l’extrême droite, les députés européens ont adopté en commission une nouvelle loi anti-migrants, la loi « Retour », un règlement visant à renforcer les mécanismes d’expulsion des migrants en situation irrégulière et à durcir les conditions de retour. De plus elle prévoit la création de centres d’accueil situés dans des pays hors Union européenne pour les migrants expulsés. En outre, les personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion peuvent être placées en détention jusqu’à 24 mois, voire plus si un juge l’estime nécessaire « pour des raisons de sécurité ». Une directive scélérate qui prive un peu plus les personnes migrantes de leurs droits.