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Brèves

L’actualité en bref

Aux États-Unis, où la chasse à l’immigré continue, de plus en plus de voix s’élèvent contre la politique de Trump. Les langues se libèrent… et elles le font aussi en espagnol. Lors du dernier Super Bowl, la finale du championnat de football américain, dimanche 8 février, le rapeur Bad Bunny a assuré le mythique show de la mi-temps. Cet artiste portoricain hispanophone et pro-LGBT, ouvertement contre sa politique, a mis Trump hors de lui. Il a qualifié sa prestation « d’affreuse » et « d’affront à la grandeur de l’Amérique », ajoutant « personne ne comprend un mot de ce que dit ce type et les danses sont dégoûtantes ». Un message de fierté pour les peuples d’Amérique latine qui subissent la répression de l’ICE et de l’impérialisme américain.

Des chercheurs alertent : au large de La Martinique, 78 % des coraux sont morts entre 2023 et 2025. Dans la mer des Caraïbes, la moitié des coraux a disparu depuis 1980. En cause, une température trop élevée de l’eau, la multiplication des ouragans, mais aussi l’augmentation de la pollution chimique et plastique due à l’expansion du transport de marchandises et des croisières touristiques. Les coraux protègent les littoraux et permettent le développement d’un écosystème riche et diversifié. Leur disparition serait une catastrophe pour des centaines de millions de personnes. Le capitalisme nous mène à la catastrophe. Il faut y mettre fin !

Dix syndicalistes de l’hôpital pédiatrique Garrahan à Buenos Aires sont menacés de licenciement et trente autres de sanctions disciplinaires. Et pour cause, ils ont animé en 2025 une grève qui a fait plier le gouvernement d’extrême droite de Milei. Leur lutte avait débouché sur 61 % d’augmentation des salaires, dans un contexte d’inflation extrême et d’attaques violentes contre des militants et les services publics. Alors que Milei prépare une loi visant à limiter les droits syndicaux, s’en prendre aux grévistes de Garrahan est un message à tous les travailleurs d’Argentine. Mais les grévistes de Garrahan ont montré qu’il est possible de lutter mais aussi de gagner face à l’extrême-droite. Un exemple à populariser, ici comme là-bas !

Le 8 février 1962, la police réprimait violemment une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris. Cette manifestation avait pour but de protester contre un attentat de l’OAS (Organisation armée secrète – extrême droite) qui avait rendu aveugle une petite fille de 4 ans, Delphine Renard. Elle revendiquait aussi l’arrêt de la guerre d’Algérie, qui ne prendra fin qu’avec le cessez-le-feu du 19 mars 1962. La police et les CRS, dont beaucoup sympathisaient avec l’OAS, se sont déchaînés contre les manifestants : neuf personnes trouvèrent la mort en tentant de trouver refuge dans la station de métro Charonne, certaines écrasées dans les escaliers de la station par les lourdes grilles d’arbres lancées sur elles. Tous et toutes étaient des militants communistes dont le plus jeune avait 14 ans. Les principaux responsables de ce massacre étaient le préfet de police Maurice Papon, qui avait déjà dirigé celui des Algériens le 17 octobre 1961, le ministre de l’Intérieur Roger Frey et surtout de Gaulle lui-même, dont le but était de montrer à la droite et aux militaires jusqu’au-boutistes qui l’accusaient de « brader l’Algérie » qu’il ne faisait pas de cadeau aux communistes. Les CRS meurtriers de Charonne n’ont jamais été inquiétés par la justice. L’anniversaire de cette tuerie rappelle de quoi sont capables les politiciens et les policiers au service de la bourgeoisie.

Le vice-président américain, JD Vance, et son épouse ont été copieusement sifflés lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Milan-Cortina lorsqu’ils sont apparus sur l’écran géant du stade San Siro. Les organisateurs ont tenté de couvrir les huées en mettant à fond la musique que diffusaient les haut-parleurs. Quelques heures auparavant, plusieurs centaines d’étudiants et de lycéens s’étaient rassemblés devant l’École polytechnique de la ville pour protester contre la présence de membres de l’ICE, la sinistre police de l’immigration de Trump, dans le stade. De son côté, le maire, Giuseppe Sala, avait clairement indiqué que les agents de l’ICE « n’étaient absolument pas les bienvenus à Milan ». À l’opposé, avant d’assister à la cérémonie d’ouverture, Vance avait rencontré la cheffe d’extrême droite du gouvernement italien Giorgia Meloni et ils avaient glorifié ensemble leurs « valeurs communes ». Qui à l’évidence ne sont pas partagées par une bonne partie de la population, en Italie, aux États-Unis et ailleurs.

Le scandale des laits infantiles contaminés, mis sur le marché par de grands groupes alimentaires, a suscité des réactions indignées des ONG de défense des consommateurs, mais beaucoup moins des associations de pédiatres. Par exemple, le professeur Patrick Tounian, vice-président de la Société française de pédiatrie (SFP), s’est réjoui du fait « que les industriels se montrent extrêmement vigilants ». On a connu critiques plus acerbes. Mais Le Canard enchaîné a révélé que la SFP, ainsi que l’Association pour le développement de la recherche pédiatrique nutritionnelle, dont Tounian est président, sont toutes deux en partie financées par… l’industrie alimentaire en particulier Danone, Nestlé, Materna, Lactalis, Vitagermine, etc. Tounian lui-même conseille ces marques contre rémunération, mais aussi les surgelés Picard ou les menus pour enfants de la chaîne de restauration rapide KFC. Un mélange des genres qui soulève quelques doutes sur son objectivité et celle de son organisation.

Aucune mesure n’est prise par les pouvoirs publics pour totalement interdire les coupures d’électricité ou de gaz pour les personnes qui ont des difficultés à payer leurs factures d’énergie. Or ces coupures ne cessent d’augmenter. Selon le rapport 2026 sur le mal-logement, 1,2 million de coupures ou réductions de puissance d’électricité ou de gaz ont été effectuées en 2024, un chiffre en hausse pour la quatrième année consécutive. Si la loi interdit aux fournisseurs d’énergie de couper l’alimentation entre le 1ᵉʳ novembre et le 31 mars de l’année suivante, en dehors de cette trêve hivernale le nombre de familles touchées ne cesse d’augmenter. C’est pourquoi les associations et le médiateur national de l’énergie continuent de réclamer une interdiction totale de ces coupures et un service minimum d’énergie pour les personnes en difficulté financière. Jusqu’à présent en vain. Le gouvernement n’est pas pressé d’appliquer la directive européenne de 2024 qui impose aux États membres de garantir aux clients vulnérables une protection totale contre les interruptions et les diminutions de fourniture d’énergie. Les familles modestes attendront.

Remous dans le petit monde des formations centristes et du camp présidentiel. Le candidat investi par Renaissance et le Modem pour les élections municipales, Pierre-Édouard Cardinal, a annoncé son ralliement à l’ancien maire de la ville, Alain Carignon, qui tente à nouveau sa chance. Or, l’ancien premier édile collectionne les casseroles. Condamné à plusieurs reprises pour des faits de corruption (abus de biens sociaux, subornation de témoins, faux et usage de faux…) à partir du milieu des années 1990, il est le responsable politique de premier plan à avoir purgé la plus longue peine de prison, à savoir, 29 mois, entre sa détention provisoire en 1994 et sa libération anticipée en 1998. Alors qu’il était ministre de la Communication du gouvernement d’Édouard Balladur, il avait été reconnu coupable d’avoir échangé l’attribution du service de l’eau de la ville iséroise à une filiale de la Lyonnaise des eaux contre une série de bénéfices personnels, équivalents à 4,7 millions d’euros, dont un appartement à Paris. Le ralliement de Cardinal fait donc fortement tousser dans son propre camp, d’autant que Renaissance avait été créée en 2016 en promettant « une République exemplaire ». À Grenoble, c’est mal barré !

Gérard Larcher, le président du Sénat, a annoncé le dépôt d’une plainte visant l’euro-députée insoumise Rima Hassan. En cause : la réaction outrée de cette dernière à la nouvelle proposition de loi du sénateur Les Républicains Laurent Duplomb visant à réintroduire deux pesticides, le flupyradifurone et l’acétamipride, dangereux autant pour l’environnement que pour la santé humaine. Il faut dire qu’Hassan n’y est pas allé de main morte, traitant Duplomb « d’ordure » et se demandant s’il était financé par l’agrobusiness. Bonne question. Rappelons que Duplomb, propriétaire d’un élevage laitier industriel, a été responsable des Jeunes agriculteurs et président d’une chambre d’agriculture, toutes fonctions qui lui ont permis de côtoyer la crème des grands groupes alimentaires avec lesquels il est resté en contact étroit. Et Hassan de conclure : « Dans une démocratie qui va bien, sa place est en prison. » N’exagérons rien. Si on emprisonnait tous les parlementaires qui font du lobbying pour le « big-business », beaucoup des bancs de l’Assemblée et du Sénat seraient désespérément vides.