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Brèves

L’actualité en bref

Pour tenter de freiner la flambée de colère qui s’est emparée, ces derniers jours, des jeunes des banlieues et des quartiers défavorisés, Macron a appelé « tous les parents à la responsabilité » pour « garder les jeunes à leurs domiciles ». De plus il a dit attendre un « esprit de responsabilité » des grandes plateformes des réseaux sociaux, citant notamment Snapchat et TikTok où s’organisent, selon lui, « des rassemblements violents » qui suscitent « aussi une forme de mimétisme de la violence, ce qui conduit chez les plus jeunes à une forme de sortie du réel ». Sauf que les jeunes en question touchent du doigt tous les jours un réel bien concret où aux conditions de vie insalubre, aux petits boulots et à l’absence de services publics s’ajoutent la violence et le racisme de la police. Autant de faits patents que le président de la République se garde bien de dénoncer.

Les Nations unies viennent de mettre en place un organisme pour tenter de faire la lumière sur le sort de 155 000 personnes disparues, enlevées et tuées, depuis le début de la guerre civile il y a douze ans. Mais il y a peu de chances que la démarche aboutisse. En effet, non seulement Damas a voté contre, mais le régime syrien a reçu le soutien de la Chine, de la Russie, de la Corée du Nord, de Cuba et de l’Iran, alors que les pays arabes s’abstenaient. Ce n’est pas encore demain que la lumière sera faite sur ces disparitions. Les familles des suppliciés attendront encore quelques décennies pour faire leur deuil.

La Cour suprême s’est attaquée à un des acquis de la lutte pour les droits civiques des années 1960 en mettant fin aux programmes de discrimination positive à l’université. Cette mesure consistait à introduire des critères raciaux et ethniques dans les procédures d’admission universitaire afin de tenter de corriger, à la marge, les inégalités issues du passé ségrégationniste du pays et d’augmenter la part des étudiants noirs, hispaniques et amérindiens dans les effectifs de l’enseignement supérieur. Ce nouveau pas en arrière, après celui annulant l’an dernier le droit fédéral à l’avortement, a été salué bruyamment par Donald Trump et tout ce que le pays compte de réactionnaires.

L’ancienne dirigeante et ministre du Parti socialiste, Ségolène Royal, qui, ralliée à Macron, devint un temps ambassadrice auprès des pingouins (plus exactement chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique), vient d’annoncer qu’à partir de septembre elle devenait « éditorialiste politique » dans l’émission Touche pas à mon poste, de l’ultra-droitier démagogue Cyril Hanouna sur la chaine C8 du milliardaire Vincent Bolloré. Une fois par semaine elle sera chargée de « donner un éclairage sur des concepts qui importent dans la vie politique et économique ». Elle expliquera sans doute avec une expertise certaine aux téléspectateurs ce que le concept « tourner sa veste » veut dire.

Alors que les mobilisations continuaient d’embraser les quartiers populaires depuis le meurtre par un policier d’un jeune homme de 17 ans à Nanterre, l’ancien Premier ministre et ministre de l’Intérieur « socialiste », Bernard Cazeneuve, a tenté de justifier la loi qu’il avait fait adopter en 2017 visant à faciliter aux policiers le droit d’utiliser leurs armes. Il a nié que cette loi « soit un permis de tuer ». Et pourtant. Depuis son adoption les « bavures policières » n’ont jamais été si nombreuses. Un haut fait d’armes à mettre au bilan de la gauche de gouvernement.

Dans la dernière édition de son indice des droits dans le monde, la Confédération syndicale internationale (CSI) a dénoncé les « arrestations aveugles » et des « brutalités policières » lors des manifestations contre le report à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite. La CSI indique que la France fait ainsi partie des 69 États, parmi les 149 étudiés, à avoir procédé à des arrestations et des détentions jugées « arbitraires » entre avril 2022 et mars 2023. Comme en 2022, Paris est accusé de violations « répétées » des droits des travailleurs. Au total, de par le monde, 87 % des États enfreignent, d’une façon ou d’une autre, le droit de grève.

Détenus depuis décembre dernier, quatre militant du groupe Palestine Action ont été condamnés à des peines allant de 23 à 27 mois de prison pour s’être introduits dans l’usine d’armement américaine Teledyne Labtech, au pays de Galles, qui fabrique des composants pour radars militaires, missiles, avions de chasse et drones, notamment pour l’armée israélienne. Quant aux salariés de Teledyne ils ont affirmé qu’ils ne savaient pas que les composants qu’ils fabriquaient étaient utilisés dans des armes. Dans un communiqué, Palestine Action écrit : « Leur incarcération montre que la Grande-Bretagne donne la priorité aux intérêts d’une industrie de l’armement qui facilite le génocide du peuple palestinien, plutôt qu’à la liberté de ses propres citoyens. » Le groupe de solidarité avec le peuple palestinien poursuit en outre son action pour exiger la fermeture de trois usines israéliennes d’armement Elbit qui fonctionnent en Grande-Bretagne.

Olivier Becht, ministre délégué des Affaires étrangères, a appelé les pays africains associés au groupe paramilitaire russe Wagner à s’en dissocier et s’est dit prêt à imposer des sanctions supplémentaires pour les crimes que ce groupe est accusé de commettre sur ses théâtres d’opération. En fait Paris n’est pas mécontent des difficultés que rencontre Wagner et espère que cela permettra à l’impérialisme français de rependre pied dans certains pays – comme le Mali et le Centrafrique – où ses troupes ont été mises sur la touche au profit des mercenaires de Prigojine. Devant le Sénat, Becht a qualifié Wagner de « véritable fléau dont le seul objectif est de piller les richesses au détriment des États et des populations ». Il aurait pu ajouter que, jusqu’à une date récente, c’est l’impérialisme français qui avait le monopole du pillage de ces richesses et de ces populations. Et qui rêve aujourd’hui de revenir au temps béni de la Françafrique.

« Il faut pouvoir exproprier beaucoup plus facilement et de manière plus punitive les marchands de sommeil », a estimé Emmanuel Macron en visite dans un quartier populaire de la cité phocéenne. Et de poursuivre : « La copropriété dégradée, l’habitat insalubre est une de nos priorités. » Avant de conclure : « C’est vraiment une cause nationale dont on se saisit. » Rappelons que le même s’était déjà saisi du mal-logement lors de son premier quinquennat en promettant qu’au bout de cinq ans plus personne ne dormirait à la rue. On a vu le résultat. Alors bien sûr on peut et on doit exproprier les marchands de sommeil. Mais cela sera notoirement insuffisant pour fournir un logement décent à tous. Pour cela il faudrait au moins doubler la construction des logements sociaux et réquisitionner tous les logements vides et inoccupés pour les attribuer ceux qui en ont besoin. Mais aucune chance que Macron s’engage là-dessus.