Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le mouvement « Jeune avec Cazeneuve » soutient les prétentions politiciennes de l’ancien Premier ministre sous François Hollande. Mais séduire la jeunesse avec Cazeneuve, ce n’est pas de la tarte. Les dirigeants viennent donc de repousser l’âge limite d’adhésion de 30 à 35 ans. Selon des sources bien informées, le mouvement « Vieux avec Cazeneuve » s’insurge contre cette nouvelle concurrence.

Bruno Le Maire et les éditorialistes bourgeois sont unanimes : à les écouter, on abuserait des arrêts de travail pour se prendre du bon temps ! Derrière une attaque contre les médecins jugés trop « complaisants », c’est bien sûr les travailleurs qui sont visés. Mais s’il y a de l’abus, c’est dans l’exploitation qu’on subit tous les jours au travail et qui nous casse la santé. Et les deux ans de plus à travailler avant la retraite ne vont rien arranger !

En plein mois des marches des fiertés, le groupe parlementaire du Hezbollah a condamné dans une déclaration solennelle la « perversité érotique », la qualifiant d’ « anormale » et d’ « occidentale ». Cette déclaration intervient après la réunion hebdomadaire des députés du parti chiite qui ont dénoncé les « concepts et manifestations de sexualité anormaux et choquants qui sont promus au Liban, sans distinction d’appartenance ou de religion ». Et d’ajouter : « Ces actions vont à l’encontre de la culture et des coutumes de notre peuple, de ses intérêts nationaux et de ses valeurs morales. » On pourrait bien sûr ignorer les délires rétrogrades d’un parti qui voit son idéal dans l’Iran des ayatollahs. Sauf que ses positions aberrantes sont largement partagées par les autorités libanaises, toutes religions confondues, qui, le 17 mai dernier, avaient annulé les événements prévus pour marquer la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie, et arrêté brièvement l’organisateur de la semaine de la marche des fiertés de Beyrouth, Hadi Damien. Ce dernier est d’ailleurs un habitué des geôles libanaises mais continue son combat pour la reconnaissance des droits LGBTQ+.

Amnesty International a dénoncé le « harcèlement » dont sont l’objet dans tout le pays les défenseurs des droits des LGBT+. Ils sont souvent poursuivis pour « offense au sentiment religieux ». De plus, les personnes LGBT+ ne sont pas protégées par la loi et ne bénéficient d’aucune protection juridique contre les discours de haine. Bien mieux, encouragées par le Parti droit et justice (PiS) au pouvoir, qui professe un catholicisme militant, une centaine de municipalités polonaises ont signé des résolutions « anti-idéologie LGBT+ » ou encore des chartes « des droits des familles » qui autorisent, par exemple, les magasins à refuser l’entrée à toute personne « exhibant » son homosexualité, ou qui permettent de couper les subventions aux associations pro-LGBT+. Ce qui n’a pas découragé des dizaines de milliers de personnes de défiler à Varsovie pour demander des droits égaux pour les personnes LGBT+.

Une conférence de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, prévue à Lyon jeudi soir et qui avait été interdite par arrêté municipal du maire écologiste, Grégory Doucet, pour « risques de troubles à l’ordre public », a été finalement autorisée par la justice. Elle s’est déroulée dans le calme. Il semble que Doucet se soit plié aux pressions de la préfecture et des organisations sionistes locales pour empêcher Hamouri de tenir une réunion à la Bourse du travail sur le thème « Palestine-Israël – colonisation/apartheid » en compagnie du président d’Amnesty International France, Jean-Claude Samouiller. Ce n’est pas la première fois que des groupes sionistes, avec la complicité des autorités locales, essaient de réduire au silence cet avocat qui a connu les prisons israéliennes. Et lorsqu’ils n’y parviennent pas, ils tentent de provoquer des incidents dans les salles, comme cela a été le cas à Paris, Marseille et Toulouse. Mais fort de son bon droit et des soutiens qu’il rencontre un peu partout, Hamouri continue sa tournée.

Une cinquantaine de chefs d’État et des représentants d’institutions internationales et de la société civile sont réunis à Paris à l’initiative d’Emmanuel Macron. Leur objectif : imaginer un nouveau système financier mondial pour mieux armer les États les plus vulnérables contre le dérèglement climatique et la pauvreté. Avant le début des travaux, des militants écologistes appartenant notamment à Extinction Rebellion, à Alternatiba et à Attac, ont repeint en vert la place de la Bourse. Une façon de dénoncer l’écoblanchiment que constitue cette grand-messe qui n’abordera pas les questions essentielles comme la fin du financement des énergies fossiles, la transition énergétique, ni la question de la taxation des entreprises pétrolières. À la place on aura des paroles lénifiantes sur la solidarité internationale et l’aide aux pays les plus pauvres. Comme d’habitude, Macron fait sa com. Quant au climat, il attendra.

On a appris qu’à l’époque où il était dirigé par le professeur Didier Raoult, l’Institut hospitalo-universitaire, dans le cadre de son essai sauvage de l’hydroxychloroquine, avait exposé des femmes enceintes à ce médicament, ce qu’on ignorait jusqu’alors. Et si l’hydroxychloroquine s’est avérée inutile, voire néfaste, dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19, il existait depuis 2019 des alertes sur la toxicité de cette molécule pour l’enfant à naître. Alertes que Raoult et son équipe ont superbement ignorées, couverts par Agence du médicament qui a fermé les yeux. Il faut dire que Raoult bénéficiait d’appuis haut placés… jusqu’à l’Élysée.

Selon le ministère de l’Intérieur britannique plus de 10 000 migrants ont traversé clandestinement la Manche depuis le début de l’année. Pour la seule journée de samedi dernier sept bateaux transportant 374 personnes ont atteint les côtes anglaises dans la seule journée de samedi. Et si le durcissement des législations anti-migrants, aussi bien à Londres qu’à Paris, rend toujours plus périlleuse ces traversées – entrainant un nombre croissant de décès et des détresses sans nom – il n’empêche qu’elle est incapable d’endiguer le flot. À quand une politique qui considérerait les migrants comme des êtres humains qu’il convient d’accueillir à bras ouverts et d’intégrer parmi nous ?

La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni s’est rendue à l’Élysée pour échanger avec Emmanuel Macron « sur les sujets d’intérêt commun ». Mais ils ont tenu à faire savoir leur convergence de vues sur les migrants. Utilisant, comme à son habitude la langue de bois, le chef de l’État a déclaré : « Nous continuons de connaître des drames en Méditerranée. La coordination et le bon travail entre nos deux pays doit se poursuivre » car « il nous faut être en mesure d’organiser plus efficacement l’asile et les migrations en Europe en étant fidèles à nos valeurs. » Comme si l’Union européenne n’était pas en dernière analyse responsable de nombre de naufrages de bateaux de migrants en Méditerranée en durcissant sans cesse leurs conditions d’accueil et en les obligeant de voyager dans des conditions toujours plus périlleuses. Macron et Meloni sont « fidèles à (ces) valeurs ». Pas nous.