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Brèves

L’actualité en bref

Deux policiers de banlieue parisienne ont été condamnés à sept et neuf mois de prison ferme pour s’être livrés à des interpellations hors du cadre légal, à Saint-Ouen en 2019, et, de plus, avoir passé à tabac les personnes arrêtées. Ils avaient ensuite rédigé de faux procès verbaux. Manque de chance pour eux : ils avaient commis leur méfait devant un épicerie qui disposait d’une caméra de vidéo-surveillance qui avait tout filmé. Mais attention : ces peines étant inférieures à un an de prison ferme, elles seront aménagées et les policiers ne seront pas incarcérés. Deux de leurs collègues qui avaient participé à l’affaire, ont été condamnés à six et dix mois d’emprisonnement avec sursis. Encore une fois la Justice est plutôt bonne pomme à l’égard des flics voyous qu’elle envoie rarement derrière les barreaux.

Une grande manifestation contre le chantier de ligne ferroviaire entre Lyon et Turin, prévue pour samedi et dimanche par des opposants au projet, a été interdite par le préfet de Savoie, François Ravier. Raison invoquée : les « risques de débordements ». Une dizaine d’organisations, dont Les Soulèvements de la Terre et l’italienne No TAV (Non au TGV), maintiennent la manifestation pour dénoncer les impacts écologiques du chantier. L’avocat Arié Alimi a déclaré avoir être saisi par EELV, Attac et l’association locale Vivre & Agir en Maurienne pour contester l’arrêté d’interdiction devant le tribunal d’administratif. Quant au préfet il a précisé que quelque 2 000 gendarmes et policiers vont être déployés dans cette vallée frontalière de l’Italie. À priori insuffisant pour ébranler la détermination de ceux et celles qui veulent manifester pacifiquement et en famille.

Coup sur coup, Hervé Gosselin, l’évêque d’Angoulême, et son confrère Georges Colomb, évêque de La Rochelle et Saintes, ont été forcés de démissionner de leurs postes suite à des accusations d’agressions sexuelles. Le premier a fermé les yeux pendant des années sur des méfaits à caractère sexuel au sein d’une communauté qu’il dirigeait en Bretagne. Il avait de plus fait pression sur les victimes pour qu’elles se taisent. Quant au second, il est visé directement par une enquête pour agression. Deux mitrés restés en place pendant des années et couverts par leur hiérarchie malgré les signalements effectués par leurs victimes.

Selon le dernier rapport annuel du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) de l’ONU, le monde comptait, en 2022, 110 millions de personnes qui ont été forcées de fuir leur foyer. Cela représente 19,1 millions de personnes supplémentaires par rapport à 2021. Une situation aggravée par les récents combats au Soudan, après, l’an dernier, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la crise humanitaire en Afghanistan. Sur le total de 2022, 35,3 millions de personnes étaient des réfugiés et 62,5 millions des déplacés. Il y avait aussi 5,4 millions de demandeurs d’asile et 5,2 millions d’autres personnes ayant besoin d’une protection internationale. Conclusion de Filippo Grandi le patron du HCR : « Nous avons 110 millions de personnes qui ont fui à cause des conflits, de la persécution, de la discrimination et de la violence, souvent mélangés à d’autres motifs – en particulier l’impact du changement climatique… C’est un réquisitoire sur l’état de notre monde ». Ce n’est pas seulement un réquisitoire sur l’état de notre monde mais aussi une illustration effrayante d’une planète dominée par le capitalisme.

À peine réélu le président Recep Tayyip Erdogan a repris sa chasse aux opposants. L’un des plus connus d’entre eux, Ekrem Imamoglu, le maire d’Istanbul, et dirigeant du Parti républicain du peuple, est cette fois poursuivi pour des soupçons de trucage dans un appel d’offre émis fin 2015 lorsqu’il était maire de Beylikdüzü, un district d’Istanbul. Ce qu’il nie. Mais, en réalité, Imamoglu est dans le viseur du pouvoir depuis qu’il a raflé Istanbul, lors des dernières élections municipales en 2019, infligeant son plus cinglant revers au président Erdogan et à son parti, qui contrôlaient la plus grande ville du pays depuis 25 ans. Son élection avait d’abord été annulée, avant qu’il ne soit réélu trois mois plus tard avec une plus confortable avance. Cette fois il s’agit de le faire condamner, peut-être de l’envoyer en prison, mais surtout de le rendre inéligible pour les prochaines élections.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, va atterrir vendredi dans la capitale pour une rencontre avec Emmanuel Macron. Le but de ce voyage est, parait-il, de renforcer la coopération entre les deux pays dans les domaines de la défense et de l’énergie. Rappelons que ben Salmane, qui est de fait le réel dirigeant du royaume, avait fait assassiner et découper en morceaux en 2018 le journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien à Istanbul. De plus, ces dernières années, il a multiplié les condamnations à mort par décapitation au sabre. Un temps mis à l’index par les dirigeants occidentaux il est revenu rapidement en grâce pour deux raisons : son pays est riche en gaz et en pétrole, et, de plus, c’est un excellent client des marchants d’armes français et américains. De quoi faire oublier que derrière ses airs de prince moderniste il est et reste un véritable boucher.

La secrétaire d’État à l’Économie sociale et solidaire, Marlène Schiappa, a été entendue, par une commission d’enquête du Sénat pour clarifier son rôle dans la gestion controversée du Fonds Marianne qu’elle a lancé en avril 2021 pour lutter contre le « séparatisme islamique » , six mois après l’assassinat de Samuel Paty. Mais en réalité les 2,5 millions du fond ont surtout servi à financer des « associations amies », supposées « défendre les valeurs de la République», mais qui les ont largement utilisés pour s’autofinancer quand elles ne s’en prenaient pas à des personnalités de gauche supposées « complaisantes » à l’égard de l’islamisme radical. Dans cette histoire le véritable scandale est d’utiliser les deniers publics pour mener une campagne anti-islam en tentant de concurrencer l’extrême droite sur son propre terrain et en séduisant ses électeurs.

Onze salariées de STMicroelectronics se battent depuis des années contre la discrimination sexuelle dont elles sont victimes de la part de leur patron avec, comme conséquence, des pertes que cela leur a fait subir dans l’évolution de leurs salaires et de leurs carrières. Leur affaire vient d’être examinée par la Cour d’appel. C’est un peu le combat de David contre Goliath puisqu’elles affrontent un leader mondial des semiconducteurs qui au premier trimestre de cette année a enregistré un chiffre d’affaires net de 4,25 milliards de dollars (3.9 milliards d’euros), une marge brute de 49,7 %, et une marge d’exploitation de 28,3 %. Mais, malgré les pressions, elles ne baissent pas les bras et continuent à se battre.

C’est un des pires bilans enregistré ces dernières années dans le naufrage d’un bateau de migrants. Au moins 78 d’entre eux se sont noyés au large de la péninsule du Péloponnèse et 104 ont été secourus. Plusieurs centaines de personnes se trouvaient sur ce bateau de fortune. Partis de Libye, elles espéraient rejoindre l’Italie lorsque l’embarcation a chaviré à 47 milles marins des côtes grecques, dans les eaux internationales. Et la fatalité n’a rien à voir là dedans. La moindre des choses serait que l’Union européenne offre aux migrants ds moyens sécurisés pour rejoindre le Vieux continent. Au lieu de cela on ferme les frontières, on les parque, on leur pourchasse et, dans les faits, on les livre à des réseaux de passeurs sans scrupule. On voit le résultat de cette politique criminelle.