Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Un séisme de magnitude 7,8 suivi de répliques a touché certaines régions de Turquie et de Syrie. Le bilan provisoire fait état de plus de 5 000 morts, des centaines de disparus, de dizaines de milliers de blessés. Selon l’Organisation mondiale de la santé, 23 millions de personnes seraient concernées, dont 5 millions considérées comme vulnérables. Ce tremblement de terre était, selon les spécialistes, d’une ampleur exceptionnelle pour cette zone. Ce qui explique en partie le très lourd bilan. Mais en partie seulement. Des centaines d’immeubles se sont écroulés comme des châteaux de cartes, les secours se sont organisés tant bien que mal mais on manque de tout, de matériel de levage, d’ambulances, d’hôpitaux de secours, de préfabriqués pour héberger les survivants, etc. Conséquence : des blessés sont laissés à l’agonie. Car ce sont des régions où les deux tiers de la population vivent sous le seuil de pauvreté, où les habitations, collectives et individuelles, sont faites de bric et de broc, où les routes sont coupées régulièrement par le mauvais temps, rendant difficile, voire impossible, l’accès à certaines villes et villages. Alors, aux morts dus au séisme s’ajoutent tous ceux qui auraient pu être sauvés si la misère n’avait pas fait son œuvre.

Après que le livre Les Fossoyeurs a mis sur le devant de la scène le traitement inhumain infligé aux personnes âgées dans ces établissements de retraite, les actionnaires du groupe Orpea ont pris la poudre d’escampette. Ceux-ci n’avaient qu’un seul but : faire le plus de profit possible au détriment des pensionnaires. Ils sont partis dès que la vache ne donnait plus de lait.
Orpea a donc 9,5 milliards d’euros de dette. L’État vient de voler à son secours et est sur le point d’éponger cette facture astronomique en devenant l’actionnaire majoritaire du groupe. Encore une fois, avec notre argent, on sauve des capitalistes sans morale.

Après leur mobilisation massive du 12 janvier, les travailleuses et travailleurs de ces associations iséroises ont obtenu une avancée dans l’application des revalorisations « Laforcade » dans plusieurs services qui en étaient exclus jusque-là !

Malheureusement, de nombreux salariés en sont toujours exclus de par leur profession (secrétariat, maintenance, services administratifs, conseillers emploi…), ces mêmes professions qui sont les plus précaires, mal considérées, qui ont été en première ligne lors de la crise du Covid et le sont toujours !

Correspondants

Lors d’un colloque organisé par le très réactionnaire magazine Le Point, Darmanin a fustigé l’adoption par la Martinique d’un drapeau rouge-vert-noir, en plus de celui de la France. Selon lui, les Antillais doivent aimer la France car « c’est la République française qui a aboli l’esclavage ». Ses propos ont suscité à juste titre l’indignation Outre-mer : ce sont les luttes des esclaves qui leur ont permis de conquérir leur liberté et c’est aujourd’hui la République française que vante Darmanin qui maintient ses anciennes possessions coloniales dans la pauvreté.
Il préférait sûrement le drapeau esclavagiste que les gendarmes arboraient en Martinique jusqu’à très récemment !

L’état de santé de Farhad Meysami, médecin iranien en grève de la faim depuis le 7 d’octobre, suscite une vive inquiétude. Des photos de son corps émacié sont devenues virales sur les réseaux sociaux. Militant des droits humains, emprisonné à la prison de Rajai Shahr à Karaj, il a perdu 52 kilos. Condamné à cinq ans de prison en 2018 pour avoir critiqué le régime en fabriquant notamment des badges : « Je suis contre le hijab obligatoire », il avait été reconnu coupable de « propagande et rassemblement contre l’État » et « collusion contre la sécurité nationale ». Il a entamé sa grève de la faim non pour demander sa libération mais pour protester contre les récentes condamnations à mort de manifestants.

Comme les autres géants pétroliers, Shell, qui est basé au Royaume-Uni mais opère dans plus de 70 pays, vient d’annoncer des résultats record pour 2022. Il a réalisé cette année-là un profit de 32,3 milliards de livres sterling (près de 36 milliards d’euros), le meilleur résultat en 115 ans d’existence. Ce qui n’a pas empêché le directeur général du groupe, Wael Sawan, de se plaindre avec un certain culot que « les temps étaient incroyablement difficiles ». Et d’affirmer dans la foulée que Shell – qui produit en moyenne 2,9 millions de barils par jour – allait investir dans les nouvelles technologies et les énergies renouvelables. On est prié de croire sur parole cet écoblanchiment de façade.

Une récente résolution du Parlement européen condamnait la détérioration de la liberté de la presse au Maroc. Une évidence pour tous les observateurs… sauf pour l’ambassadeur français dans le pays, Christophe Lecourtier. Il a déclaré que cette résolution « n’engageait pas la France ». Il faut dire que ce texte avait déclenché un coup de froid entre Rabat et Paris. Depuis, Lecourtier cherche à rattraper le coup en voulant faire passer l’idée que, pour l’impérialisme français, l’état des libertés démocratiques et des droits humains n’est pas un critère judicieux pour entretenir d’excellentes relations avec ses ex-colonies. On le croit sans peine.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, est visé par une enquête du parquet national financier qui a retenu contre lui l’infraction de « favoritisme ». En 2017, lorsqu’il était député-maire d’Annonay (Ardèche), il avait reçu en cadeau de Franck Meneroux, un des dirigeants du géant de la gestion de l’eau, la Saur, deux lithographies du peintre Gérard Garouste. Et quelques semaines plus tard la Saur remportait le contrat avec la ville. C’est dans ce cadre qu’en mai 2020, sa résidence avait été perquisitionnée par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales et une correspondance compromettante découverte. Dussopt, un des fleurons de « la gauche macroniste » (si, si, ça existe) et ex-membre du Parti socialiste, a dû faire sien le vieil adage : « Servir le peuple, d’accord, mais d’abord se servir. »

Le Vendée Globe est une course à la voile autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance qui oppose les meilleurs skippers du moment. La 10e édition de cette compétition s’élancera des Sables-d’Olonne le 10 novembre 2024. Elle se fera sans Clarisse Crémer dont le sponsor, la Banque populaire, a annoncé qu’il l’évinçait de la course. Raison avancée : la jeune femme de 33 ans a accouché en décembre 2022 et cette naissance la rendrait incapable de participer aux épreuves de qualification. Le directeur du Vendée Globe, Alain Lebœuf, a regretté cette décision et a demandé à l’établissement bancaire de revenir sur sa décision. Avec peu de chance d’être entendu. Cependant cette mesure misogyne ne fait pas vraiment tache dans un milieu largement dominé par les hommes. Par exemple, lors de la dernière édition en 2020-2021 sur 33 concurrents sur la ligne de départ seules 6 femmes étaient présentes. Alors une de plus, une de moins…