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Brèves

L’actualité en bref

Guillaume Meurice, humoriste connu pour son franc parler, avait été brutalement licencié de France Inter en juin 2024 pour avoir répété une blague comparant Benyamin Netanyahou à « un nazi, mais sans prépuce ». On peut trouver cette plaisanterie de plus ou moins bon goût, mais de là à hurler à l’antisémitisme il y a un gouffre qu’avaient allègrement franchi deux organisations sionisantes, l’Organisation juive européenne et Avocats sans frontières, qui réclamaient la tête de l’humoriste à France Inter et avaient porté plainte contre lui. Si elles ont été déboutées en justice et leur plainte classée sans suite, elles ont cependant obtenu son licenciement. Un exemple parmi d’autres des attaques répétées contre celles et ceux qui s’en prennent ouvertement au gouvernement génocidaire israélien. Aujourd’hui, Meurice attaque France Inter aux prud’hommes pour demander le retrait de l’avertissement dont il avait écopé et l’annulation de son licenciement qu’il juge abusif.

On a célébré le 9 décembre le 120e anniversaire de la loi sur la laïcité de 1905 qui visait à séparer l’État des Églises et qui mettait fin notamment à la mainmise du religieux sur l’enseignement et l’état civil. Mais aujourd’hui la droite et l’extrême droite – dont les liens avec la mouvance catholique ultra ne sont plus à démontrer – utilisent ladite loi pour combattre bec et ongles… les musulmans mais pas les autres religions. Plusieurs propositions législatives récentes vont dans ce sens et contreviennent à la loi sur la laïcité qui garantit à chacun et chacune la liberté de croyance, tout comme la liberté d’expression de cette croyance. Laurent Wauquiez a déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale visant à interdire le port du voile aux mineures, les sénateurs Les Républicains proposent nombre de mesures pour combattre un pseudo « entrisme islamisme », notamment de proscrire le port du voile pour les accompagnatrices de sorties scolaires et dans les compétitions sportives, et veulent interdire le jeûne du ramadan et le port du voile pour les moins de 16 ans. Ils se moquent de la laïcité, l’important pour eux est juste de diviser les classes laborieuses en désignant un bouc émissaire facile – la population musulmane – à la colère populaire en épargnant soigneusement les patrons et leurs complices du pouvoir.

En 2025, 67 journalistes ont été tués dans le monde en raison de leur métier. Près de la moitié l’ont été dans la bande de Gaza a dénoncé Reporters sans frontières (RSF). Au moins 29 collaborateurs de médias ont été abattus ces douze derniers mois dans le territoire palestinien pendant qu’ils exerçaient leur métier. « L’armée israélienne est le pire ennemi des journalistes », a expliqué le porte-parole de l’ONG. Alors que les journalistes doivent être protégés comme des civils sur les zones de conflit, l’armée israélienne a été accusée à plusieurs reprises de les viser délibérément et a fait l’objet de plaintes pour crimes de guerre à ce sujet. La directrice éditoriale de RSF dénonce la tendance à dénigrer des journalistes pour justifier les crimes. « Il ne s’agit pas de balles perdues. C’est véritablement du ciblage de journalistes parce qu’ils informent le monde de ce qui se passe sur ces terrains-là », a-t-elle expliqué. Par ailleurs, RSF fait aussi état de 503 journalistes détenus à ce jour dans 47 pays du monde (121 en Chine, 48 en Russie, 47 en Birmanie). L’organisation compte aussi 135 journalistes disparus, dont certains depuis plus de trente ans, et 20 journalistes otages, principalement en Syrie et au Yémen.

Le chef des opérations humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, a dénoncé l’époque « de brutalité, d’impunité et d’indifférence » dans laquelle s’enfonce la communauté internationale. Amputée par des financements en chute libre, l’ONU en est réduite à frapper à la porte des États membres et à se reposer sur un possible appel aux dons vers la société civile pour financer l’humanitaire. Alors que quelque 240 millions de personnes, victimes de guerres, d’épidémies, de séismes ou de l’impact du dérèglement climatique, ont besoin d’aide urgente, l’ONU a réduit d’emblée ses propres ambitions, en présentant un plan resserré demandant 23 milliards de dollars pour sauver au moins 87 millions des personnes les plus en danger, notamment à Gaza, au Soudan, en Haïti, en Birmanie, en République démocratique du Congo ou en Ukraine. En 2025, l’appel humanitaire de plus de 45 milliards de dollars n’a été financé qu’à hauteur d’un peu plus de 12 milliards, le niveau le plus bas en une décennie, permettant d’aider seulement 98 millions de personnes, soit 25 millions de moins que l’année précédente. Fletcher a conclu on appel par ces mots : « Nous ne demandons qu’à peine un peu plus de 1 % de ce que le monde dépense en armes et en programmes de défense… Je demande au monde de dépenser moins en défense et plus en humanitaire. » On peut toujours rêver car pour le capitalisme la guerre et la misère sont les deux faces de la même logique.

Sous pression de la droite et de l’extrême droite et sous l’impulsion du Danemark, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne, les 27 États membres ont approuvé un durcissement de leur politique migratoire et ont proposé de renvoyer les migrants dans des centres de rétention hors des frontières européennes. Il sera également question de sanctionner plus durement ceux qui refusent de quitter le territoire européen, via des périodes de détention plus longues, et de renvoyer des migrants vers des pays dont ils ne sont pas originaires mais que l’Europe considère comme « sûrs ». Bref la chasse aux migrants va se poursuivre et s’intensifier en rendant toujours plus difficile la vie de millions de personnes, les plongeant un peu plus dans la misère et l’insécurité juridique.

Tandis que le préfet du Gard, où est implantée l’usine Perrier, doit se prononcer dans les prochains jours sur la nouvelle demande d’autorisation d’exploitation de la source, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) pour l’Occitanie propose de suivre « l’avis favorable sous réserve » rendu le 24 novembre dernier par l’hydrogéologue qu’il a mandaté pour une expertise technique et scientifique. En 2024, le groupe suisse a admis avoir utilisé des traitements interdits, comme le charbon ou les ultra-violets pour traiter ses eaux, alors que celles-ci sont supposées être des « eaux minérales naturelles ». Au début de ce mois, plus d’un million de bouteilles de Perrier ont été bloquées sur le site de production gardois de Vergèze après la détection d’anomalies biologiques. Mais depuis des années les autorités, sanitaires et autres, minimisent les anomalies détectées chez Perrier pour ne pas froisser Nestlé Waters, un des principaux trusts mondiaux de l’alimentation. Et cela continue.

Afin de montrer qu’il était proche des jeunes et n’hésitait pas à mouiller la chemise sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron avait reçu en juillet dernier à l’Élysée l’influenceuse Miel Abitbol, une jeune femme de 18 ans qui compte plus de deux millions d’abonnés sur TikTok. Elle avait lancé il y a un an une fondation contre le harcèlement scolaire et pour défendre la santé mentale des adolescents et des jeunes dénommée « Faire Face ». Le président lui avait alors assuré « essayer d’apporter des réponses avec tous nos soignants pour donner plus de moyens » à cette cause. Mais six mois plus tard, elle fait un constat amer dans une interview à Franceinfo, partagée sur son compte Instagram : « Je suis sortie de ce rendez-vous avec Emmanuel Macron pleine d’espoir que les choses avancent enfin, mais finalement rien ne s’est passé. » Et de conclure : « Il y a beaucoup de discours, de fausses promesses, mais dans le concret il n’y a rien qui avance. » Preuve encore une fois que les promesses de Macron n’engagent que celles et ceux qui y croient.

Les salariés du Louvre sont appelés à une grève reconductible le 15 décembre pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et le manque de moyens. Voté à l’unanimité en assemblée générale, l’appel, qui émane d’une intersyndicale CGT-Sud-CFDT, a été déposé auprès du ministère de la Culture. Le musée, déjà dans la tourmente depuis le spectaculaire cambriolage des bijoux de la couronne le 19 octobre dernier, a dû également fermer une galerie en novembre en raison de la vétusté de l’édifice et subi il y a peu une fuite d’eau ayant endommagé plusieurs centaines d’ouvrages de la bibliothèque des antiquités égyptiennes. Le manque de moyens financiers met en péril non seulement les collections, mais aussi le personnel et les visiteurs. L’état de délabrement du musée le plus visité au monde s’aggrave chaque année un peu plus. La culture n’est pas, à l’évidence, une priorité du gouvernement.

Le manque de moyens alloués à l’hôpital public a des conséquences : à l’hôpital Tenon de Paris, l’IVG instrumentale n’est plus pratiquée. La baisse des salaires des infirmières intérimaires a provoqué leur départ : il n’y a donc plus de personnel pour assurer les six places au bloc réservées auparavant pour les IVG. Pas d’autre choix que de transférer les opérations vers d’autres hôpitaux, avec des délais d’un mois minimum… l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution ne change rien : il faut plus de moyens pour l’hôpital public et les centres IVG ! À Tenon, le personnel se mobilise en ce sens : pour les soutenir, rendez-vous mardi 09 décembre à midi devant l’hôpital !