Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Auditionnée par la commission d’enquête sur l’audiovisuel de l’Assemblée nationale, Rachida Dati, la ministre de la Culture, a accusé des journalistes de Complément d’enquête, le magazine d’investigation de France 2, d’avoir proposé de rémunérer un de ses proches pour obtenir un témoignage à charge. Il faut dire que Dati n’a jamais digéré d’avoir fait l’objet, mi-décembre, d’un numéro de ce magazine intitulé Rachida Dati, la conquête à tout prix, qui dévoilait au grand jour les magouilles, financières et autres, dans laquelle elle est impliquée et qui lui valent d’ailleurs plusieurs poursuites judiciaires. Pressée par les membres de la commission de dévoiler le ou les noms des journalistes impliqués et d’autres preuves, elle s’y est refusée mettant en avant le fait qu’il s’agissait « d’échanges privés ». Alors pourquoi en avoir parlé publiquement ? Comme l’écrit avec humour un journaliste du Huffpost, elle a voulu « jeter un pavé dans la mare, sans dévoiler la nature du caillou ». Et le tout a fait plouf !

La répression se poursuit et s’amplifie dans le pays. Selon l’ONG Human Rights Activists, au moins 50 235 interpellations ont eu lieu depuis le 8 décembre et le déclenchement du vaste mouvement de contestation du régime des mollahs par une bonne partie de la population, qui a culminé les 8 et 9 janvier. L’ONG indique que ces arrestations concernent un large spectre de la société, notamment des adolescents, des étudiants, des écrivains, des soignants, des avocats et des enseignants. Plus de 300 d’entre eux ont été contraints d’aveux forcés diffusés à la télévision. Quant au nombre de morts dus aux gardiens de la révolution, à la police ou à l’armée il oscille entre 30 000 et 40 000. Un véritable carnage.

Des bombardements israéliens ont fait 24 morts, dont au moins six enfants, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien. Une violation du cessez-le-feu, une de plus ! Samedi déjà des frappes israéliennes avaient tué plus de 30 Gazaouis. Au total au moins 523 personnes ont perdu la vie du fait de frappes israéliennes depuis le 10 octobre 2025. Mais pas un mot des gouvernements occidentaux, États-Unis en tête, pour dénoncer et condamner ces actions « terroristes ».

Quatorze migrants ont perdu la vie après la collision de leur embarcation avec un bateau des gardes-côtes grecs au large de l’île de Chios, en mer Égée, à proximité des côtes turques. Les autorités grecques n’ont fourni, dans un premier temps, aucune précision sur les causes du drame. Vingt-cinq migrants ont pu être secourus. Parmi les blessés transférés figurent sept enfants et une femme enceinte. Il semble que la collision se soit produite alors que l’embarcation qui transportait les migrants ait tenté d’échapper aux gardes-côtes qui voulaient l’arraisonner. Dans un passé récent, les brutalités des interventions des gardes-côtes, grecs mais aussi italiens, ont été signalées à plusieurs reprises. Selon l’Organisation internationale pour les migrations des Nations unies, des centaines de migrants ont disparu ou sont morts en Méditerranée lors de plusieurs naufrages durant le mois de janvier de cette année.

Il n’y a pas qu’outre-Atlantique que l’affaire Epstein fait des vagues. Le nom de Jack Lang, l’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand et actuel président de l’Institut du monde arabe, est cité plus de 600 fois par les documents rendus publics par la justice américaine qui montrent que les liens entre les deux hommes n’étaient pas seulement amicaux mais aussi financiers, via notamment une société offshore. Pour l’instant, Lang affirme qu’il ne savait rien des activités sexuelles délictueuses d’Epstein qu’il décrit comme « un homme passionné par l’art la culture, le cinéma… charmant et agréable ». Or au moment où il l’a rencontré pour la première fois, il y a une quinzaine d’années, celui-ci avait déjà été condamné à dix-huit mois de prison pour prostitution de mineurs. Chose que Lang pouvait difficilement ignorer. À noter qu’il n’a pas eu un mot de solidarité et de compassion pour les victimes de ce prédateur qui livrait des jeunes femmes, parfois très jeunes, à ses amis. Encore un exemple où politique et affairisme font bon ménage.

Elon Musk, le patron de X, a réagi violemment à la perquisition des locaux parisiens de son réseau social et à sa convocation devant la justice française en avril prochain. « C’est une attaque politique », a dénoncé le milliardaire d’extrême droite. Le réseau social américain est visé par une enquête préliminaire, partie de signalements début 2025 dénonçant un biais dans ses algorithmes, mais aussi le fonctionnement de Grok (l’agent IA du réseau social) ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes (remettant en question par exemple la finalité criminelle des chambres à gaz des nazis) et de contenus multimédia (vidéo, audio ou image) à caractère sexuel et pédopornographique. N’en jetez plus ! Une conception très trumpiste de la liberté d’expression…

Les nouvelles pièces du dossier Epstein continuent d’éclairer sur un aspect des réseaux de la grande bourgeoisie : financement, renseignement et trafic sexuel d’adolescentes victimes de viols. Une association qui dépasse largement les bords politiques : c’est une clique de très riches bourgeois et dirigeants du monde entier qui échangent par e-mail, non seulement sur leurs prochaines soirées de prédateurs pervers, mais aussi sur la manière de peser politiquement. Un aperçu de leurs méthodes pour diriger le monde : du crime en bande organisée.

La justice américaine a dévoilé plusieurs millions de documents de l’affaire Epstein, mettant une nouvelle fois la lumière sur l’étendue de la concupiscence sordide, des turpitudes et l’entre-soi des riches et des puissants, chez qui l’immunité fait loi. Mais il y a une question que personne ne pose. 3,5 millions de documents révélés (et ce n’est qu’une partie) : à quel point les milliardaires n’ont-ils rien à faire de leur journée pour produire autant de mails pour organiser leurs soirées ?

Au moins 200 mineurs ont trouvé la mort dans un site d’extraction de coltan à Rubaya, à l’est du pays. Ces hommes travaillaient dans des conditions plus que précaires dans une mine à ciel ouvert pour extraire un minerai dont sont issus le tantale et le niobium, essentiels à la fabrication d’appareils électroniques comme les smartphones et les ordinateurs. La mine se trouve dans un secteur contrôlé par le mouvement rebelle M23 qui achemine le coltan vers le Rwanda voisin. Il est exporté ensuite vers l’Asie. Cette main-d’œuvre est privée de tout droit et travaille sous la menace constante d’hommes armés. Les accidents sont fréquents, mais l’activité minière rapporte plusieurs centaines de milliers d’euros chaque mois au M23 et à ses maîtres de Kigali. Et ce ne sont pas quelques centaines de morts qui freineront cette exploitation très lucrative dans un pays ravagé par la guerre.