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Brèves

L’actualité en bref

Plus de la moitié des députés au Parlement accusent le pouvoir judiciaire de laxisme pour ne pas faire respecter la loi sur le voile obligatoire, alors que nombre d’Iraniennes refusent de le porter. « Le pouvoir judiciaire ne peut rester passif », écrivent dans une lettre adressée à son chef, Gholamhossein Mohseni Ejeï, 155 députés sur les 290 que compte la Chambre. En vertu des règles imposées après la révolution islamique de 1979, toutes les femmes ont l’obligation de se couvrir totalement les cheveux en public avec un voile (hijab) et de porter des vêtements sobres et amples. Mais dans les grandes villes, en particulier Téhéran, nombre d’entre elles sortent désormais sans voile, les cheveux colorés et vêtues de jeans et baskets. Certaines choisissent même des décolletés ou des vêtements légers laissant apparaître leur nombril, des tenues inimaginables dans le pays il y a encore quelques années. Les députés peuvent bien agiter leur acharnement misogyne et sexiste, il s’agit d’un mouvement de fond qui a suivi en 2022 la mort en détention de Mahsa Amini pour un voile mal porté. Si les grandes manifestations que l’on avait connues à l’époque ont cessé, il n’empêche qu’elles ont provoqué une prise de conscience de millions de femmes qui n’acceptent plus d’être discriminées par le régime des ayatollahs.

L’État a été condamné à payer un euro symbolique pour avoir tardé d’organiser les séances d’éducation sexuelle à l’école, pourtant prévues par une loi de… 2001. L’État était supposé dispenser une éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle dans les écoles, les collèges et les lycées à raison d’au moins trois séances par an. Résultat : aujourd’hui moins de 15 % des jeunes scolarisés bénéficient de telles sessions. Le tribunal a donc reconnu les manquements de l’État, ainsi que le préjudice moral des associations (Planning familial, le Sidaction et SOS Homophobie) qui avaient porté l’affaire devant la justice. Il estime en revanche que cette situation de carence est désormais révolue, depuis le mois de janvier 2025. C’est du moins ce qu’affirment les représentants de l’administration. Ce qui laisse sceptiques les associations impliquées qui soulignent qu’« après 24 années de promesses non tenues, rien ne garantit que l’État appliquera la loi sans contrainte ». Un raisonnement de bon sens.

Jean-Luc Mélenchon a refusé de répondre à la convocation d’une commission de l’Assemblée nationale. Ladite commission, mise en place par Les Républicains, est uniquement composée de députés de droite et d’extrême droite, ceux de la gauche ayant été écartés. Son postulat de départ est que La France insoumise aurait des liens (officieux ou officiels) avec des réseaux islamistes et qu’il s’agirait de le prouver. Le rapporteur UDR Matthieu Bloch, proche d’Éric Ciotti, a d’ailleurs déclaré : « La commission d’enquête va permettre de faire un état des lieux précis sur le phénomène d’entrisme (islamiste) dans notre pays. » À l’évidence, une commission d’enquête complètement instrumentalisée et bidonnée pour poursuivre la campagne anti-islamisme et anti-musulmane qui fait fureur à droite, à l’extrême droite et aussi au centre.

David Rachline, maire de Fréjus (Var) et ancienne étoile montante du Rassemblement national, a annoncé démissionner de son poste de vice-président du parti d’extrême droite. Plus prosaïquement, il a été poussé vers la sortie par Marine Le Pen elle-même, inquiète que le nombre de casseroles qu’il trimballe viennent ternir un peu plus l’image du RN, déjà secoué par les scandales des assistants parlementaires européens. Rachline est impliqué dans des affaires de marchés publics truqués, des arrangements douteux avec un puissant entrepreneur local de BTP, et des prises illégales d’intérêts. De plus, il fait l’objet d’une autre enquête pour corruption. Cela commence à faire beaucoup. Encore un dirigeant du RN pris les doigts dans le pot de confiture.

La direction de l’association Aides, dédiée à la lutte contre le VIH et les hépatites virales, aux actions de prévention et d’information et de soutien aux personnes concernées, a annoncé en octobre à ses salariés, la suppression de 61 postes. Pourtant l’épidémie de Sida est loin d’être terminée : en 2023, on comptait 181 000 personnes atteintes, et 5 100 nouveaux cas en 2024. Les régions les plus touchées, Île-de-France et départements d’outre-mer, auront les coupes les plus graves. En plus d’être consternés par les coupes dans cette politique de santé publique, les salariés dénoncent des conditions de licenciement indignes, qui concernent tous les postes, sauf ceux de la direction ! La lutte est engagée depuis octobre avec des assemblées générales et des piquets de grève.

Prochain rendez-vous : jeudi 4 décembre à 9 heures devant le siège à Pantin !

C’est quotidien le Washington Post qui pose la question. Le secrétaire la Défense, Pete Hegseth, a-t-il commis un « crime de guerre » en ordonnant l’exécution de toutes les personnes présentes sur un bateau soupçonné de trafic de drogue ? Depuis septembre, les forces américaines ont ciblé plus de 20 navires soupçonnés de narcotrafic dans les Caraïbes et dans le Pacifique-Est, faisant au moins 83 morts, sans apporter la moindre preuve qu’il s’agissait bien de trafiquants. C’est dans ce cadre que le 2 septembre, une frappe américaine de missile avait détruit un bateau et laissé deux survivants accrochés à l’épave. Le chef du Commandement des opérations spéciales avait ensuite ordonné une seconde frappe pour tuer les deux survivants afin de se conformer aux ordres de Pete Hegseth. Que ce dernier soit un criminel, malgré ses dénégations, fait peu de doute. Mais ce crime fait pâle figure aux côtés des dizaines de milliers de morts dont les forces américaines, sous la houlette de Hegseth et de son patron, Trump, se rendent directement ou indirectement complices ou coupables à Gaza, en Ukraine, dans une bonne partie de l’Amérique latine, sans oublier les migrants abattus ou morts en détention sur le territoire même des États-Unis. Criminels et fiers de l’être.

Les ventes d’armes des 100 plus grandes entreprises mondiales du secteur ont augmenté de 5,9 % en 2024, selon le rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm. Ces ventes ont totalisé 679 milliards de dollars (586 milliards d’euros). Au cours de la dernière décennie, entre 2015 et 2024, les revenus de ces fournisseurs de mort ont augmenté de 26 %. Si toutes les régions du monde ont vu leurs dépenses militaires croître, c’est principalement en Europe qu’elles ont le plus augmenté, alimentées notamment du fait de la guerre en Ukraine. Cette évolution tient d’une part aux besoins de l’Ukraine elle-même et d’autre part à ceux des pays qui lui ont envoyé du matériel et doivent reconstituer leurs stocks. Malheureusement le rapport ne dit pas combien de victimes supplémentaires a causé cette croissance exponentielle de l’industrie d’armement. C’est la logique capitaliste dans ce domaine : aux uns les super-profits faramineux, aux autres la désolation, les destructions et souvent la mort.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a ouvert, à la tour Pleyel, à Saint-Denis, à côté de Paris, une réunion qui va durer cinq jours et qui réunit 568 experts du climat de l’ONU chargés de rédiger le prochain rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui devrait voir le jour vers 2028-2029. Mais les engagements pris par les États lors de l’accord de Paris en 2015 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre n’ont jamais été tenus et ne sont pas près de l’être. Car si Trump s’affiche ouvertement climato-sceptique, ses alter-ego des autres pays se moquent tout autant que lui du climat et ne font rien pour brider leurs propres pollueurs. Ils se contentent de parlottes qui, de COP en COP et de réunions d’experts en forums de discussions ne font pas grand-chose pour aider la planète.

À l’occasion de la grève du 2 décembre qui touche notamment les fonctionnaires à l’appel de CGT, la FSU et Solidaires, David Amiel, ministre délégué à la Fonction publique, a exclu, sur France info, une hausse générale des salaires « en raison de contraintes budgétaires ». Mais attention, le ministre prend soin malgré tout des fonctionnaires. Il a déclaré : « Je crois en revanche qu’il y a beaucoup de choses que l’on peut faire pour améliorer la vie quotidienne des agents publics, y compris sur des choses qui pèsent lourdement sur leur pouvoir d’achat comme le logement… Je souhaite que l’on puisse rapprocher les agents publics de leur lieu de travail. » À l’heure où la crise du logement sévit partout dans l’Hexagone, on ne voit pas trop comment le ministre va réaliser son souhait. Lui non plus sans doute, mais cela n’a aucune importance puisqu’il s’agit d’une déclaration sans lendemain uniquement destinée à faire le buzz.