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Brèves

L’actualité en bref

La Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire se déroule aujourd’hui 6 novembre. À cette occasion, les ministères de la Justice et de l’Éducation nationale ont dévoilé que 10 130 signalements de cas de harcèlement scolaire ont été enregistrés entre 2022 et 2024. Quelques jours plus tôt, l’association e-Enfance révélait dans une étude que 37 % des jeunes interrogés déclarent avoir été victimes de harcèlement ou de cyber-harcèlement. Les victimes invoquent différents motifs : la jalousie ou l’envie (24 %), les différences physiques (20 %), les différences de tenues vestimentaires (16 %). Si 530 signalements ont été décomptés en 2022, ces derniers ont explosé les années suivantes, avec 3 500 cas en 2023, puis 6 100 en 2024. Les différences de classe – donc de moyens financiers – de couleur de peau, de religion, de genre et d’origine sociale amènent à des discriminations. L’école tend également à reproduire les rapports d’oppression et de mépris, insidieux ou violents, que les forts imposent aux faibles dans cette société. La situation a été aggravée en milieu scolaire ces dernières années par la suppression de plus de 1 000 postes d’assistants d’éducation par mesure d’économie. Car en dépit des déclarations officielles, la lutte contre le harcèlement scolaire n’est pas une priorité pour nos gouvernants.

Des étudiants de l’université de Hambourg (UHH) ont révélé le 23 octobre qu’un projet de recherche pour des capteurs thermiques de drones était financé par Thales. Alors que, depuis 1945, la plupart des universités allemandes interdisent par une « clause civile » le financement de projets de recherche par l’armée et des entreprises d’armement, pas besoin d’avoir le nez très fin pour se douter que Thalès ne se reconvertit pas dans la météorologie mais cherche à peu de frais à améliorer ses drones de combat… Du côté des institutions allemandes, ce n’est pas la première rupture de cette clause civile puisque, dans le sillage des budgets spéciaux pour l’armée, le géant ThyssenKrupp finançait un projet de recherche de l’université de Rostock et de l’université technique de Berlin pour le développement de sous-marins. La course au militarisme gagne du terrain et la séparation entre recherche « civile » et « militaire » devient de plus en plus poreuse, même en Allemagne.

L’ancien vice-président américain, Dick Cheney, est décédé le 3 novembre. Celui que ses collègues appelaient « Dark Vador » avait commencé sa carrière à Washington en 1968. Cet anti-communiste était un farouche représentant de l’impérialisme américain : c’est lui qui a supervisé la guerre du Golfe, puis la « guerre contre la terreur » après le 11 septembre, au nom de laquelle il déclencha la guerre d’Irak en 2003. Près d’un million d’Irakiens y ont trouvé la mort : eux, la presse américaine ne les pleure pas. Ici, certains, comme le journal Libération, expliquent qu’il aurait fait basculer les États-Unis du « côté obscur » et aurait lancé la machine qui mène à Trump. Mais l’impérialisme américain pille la planète et soumet les peuples depuis bien avant Cheney ou Trump. Dick Cheney n’a jamais rien renié ou regretté de ses actions. Dark Vador, le « vrai », lui au moins, s’était racheté à la fin de Star Wars.

Lors d’un discours prononcé à La Rochelle (Charente-Maritime), dans le cadre du vingtième anniversaire des Assises de l’économie de la mer, Macron n’a pu s’empêcher de s’en prendre à mots couverts aux quelques modestes amendements votés à l’Assemblée nationale qui prévoient une taxation ultra-minimale des bénéfices des entreprises étrangères et de ceux réalisés par les géants du numérique. Mais pour lui, c’est encore trop. Il a donc fustigé « ceux qui empêchent les champions d’aller conquérir les nouveaux marchés », les champions en question étant les grandes entreprises, notamment les multinationales. C’est la version macroniste de « touche pas à mon pote »… surtout si c’est un grand patron.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, en discussion à l’Assemblée nationale, va supprimer pour les familles sans enfant la prime de Noël, versée au moment des fêtes de fin d’année et destinée à 2,5 millions de personnes bénéficiaires du RSA, de l’allocation de solidarité spécifique (les chômeurs longue durée) ou de l’allocation équivalent retraite. Cette prime s’élève à 228 euros pour un couple sans enfant, et à 152 euros pour une personne seule. Pour justifier cette suppression, Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités, a évoqué l’état des comptes de la Sécurité sociale en ajoutant au micro de France Inter : « Si on n’a pas le courage de s’attaquer à bras-le-corps à son équilibre, ça va déraper. » Sauf que le pseudo « courage » manifesté dans ce domaine par le gouvernement est toujours à sens unique : il s’agit d’abord et avant tout de faire les poches aux pauvres.

Le procès de la multinationale française Lafarge et de huit de ses anciens responsables s’est ouvert devant le tribunal correctionnel. Ils sont soupçonnés d’avoir payé, jusqu’en 2014, plusieurs millions d’euros à des groupes jihadistes, dont l’organisation État islamique, pour leur permettre de poursuivre leurs activités en Syrie en pleine guerre civile. La direction du groupe, avalé depuis lors par le suisse Holcim, s’est désolidarisée après coup de ses anciens cadres, les accusant de « violations du code de conduite des affaires de Lafarge ». Une déontologie un peu tardive. Rappelons qu’en octobre 2022, Lafarge SA avait plaidé coupable aux États-Unis d’avoir versé à l’État islamique et au groupe djihadiste Jabhat al-Nosra près de 6 millions de dollars (5,2 millions d’euros) et accepté de payer une sanction financière colossale de 778 millions de dollars (675 millions d’euros). Moralité : guerre ou pas guerre, les affaires sont les affaires.

Alors que des avions de chasse israéliens bombardaient la région de de Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, le ministère de la Santé local a indiqué avoir enregistré les décès de quatre Palestiniens supplémentaires ces dernières 24 heures. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025, les attaques israéliennes ont fait au moins 240 morts et 607 blessés dans la population gazaouie. En fait l’occupant sioniste ignore le cessez-le-feu quand cela l’arrange et continue à tuer, majoritairement des civils. Le massacre se poursuit…

Neuf hommes (deux Irakiens, six Afghans et un Soudanais), soupçonnés de former un réseau de passeurs à l’origine d’un naufrage qui avait causé la mort de sept migrants en 2023 dans la Manche, sont jugés devant le tribunal correctionnel de la capitale pour homicide involontaire. Parmi les prévenus âgés de 23 à 45 ans, dont deux font l’objet d’un mandat d’arrêt, plusieurs sont également poursuivis pour mise en danger d’autrui, aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d’étrangers ainsi qu’association de malfaiteurs. D’après les auditions des rescapés, le passage vers l’Angleterre leur était facturé entre 500 et 1 300 euros par personne. Les membres des réseaux mafieux impliqués dans ce trafic sordide spéculent sur la détresse de leurs compatriotes pour s’enrichir. Mais ils ne peuvent le faire que parce que les États – dont la France et la Grande-Bretagne en première ligne – multiplient les mesures anti-migrants rendant toujours plus difficile, voire impossible, le passage légal des frontières, d’où le recours aux passeurs. De ce point de vue, quelques-uns de nos ministres devraient se trouver aussi sur le banc des accusés.

Sous prétexte de « lutter contre le crime organisé » et de se positionner en vue des élections, le gouvernement de l’État de Rio de Janeiro a lancé une offensive policière dans les favelas mardi 28 octobre. Au bilan, plus de 80 personnes arrêtées sans aucune preuve de crime et plus de 130 morts, faisant de Rio le troisième État du pays en termes de meurtres commis par la police. La soi-disant « guerre contre la drogue » est en réalité une guerre contre les pauvres, un instrument du racisme structurel qui assassine les populations noires, pauvres, qui vivent dans les favelas.