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Brèves

L’actualité en bref

Plusieurs organisations féministes ont publié des chiffres concernant les féminicides commis l’an dernier. S’ils diffèrent d’une organisation à l’autre, ils ont en commun d’indiquer une hausse des meurtres de femmes. Le collectif Féminicides par compagnons ou ex a recensé 96 cas lors de l’année écoulée, contre 94 en 2024. De son côté, l’organisation #NousToutes avance un total de 163 féminicides au 29 décembre, là encore, en augmentation par rapport aux bilans des années précédentes : 136 en 2023 et 141 en 2024. Un fléau qui donc progresse d’une année sur l’autre et que les pouvoirs publics ne font pas grand-chose pour endiguer. Fin novembre, Aurore Bergé, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, parlait d’un « échec collectif » sur les féminicides et annonçait qu’une loi-cadre sur les violences faites aux femmes, comportant pas moins de 53 mesures, était prête. Sauf que le texte n’est toujours pas inscrit à l’ordre du jour du Parlement. Combien d’autres femmes mourront avant qu’il soit adopté ?

C’est le quotidien économique Les Échos qui l’indique : entre le printemps 2023 et celui de 2025 le nombre de personnes en recherche d’emploi arrivant en fin de droit est passé de 43 000 à 71 000, soit une hausse de plus de 65 %. En cause : la réforme de l’assurance chômage de 2023 qui a fait diminuer la durée des droits aux allocations. Les personnes dans cette situation sont donc contraintes soit d’accepter n’importe quel travail au rabais, soit de survivre avec les 650 euros mensuels que touchent les bénéficiaires du RSA. Des économies sur le dos des chômeurs qui génèrent de grandes souffrances. Mais comme dirait Macron, tout va très bien.

Le gouvernement a décidé de prolonger la défiscalisation des pourboires versés par la clientèle des bars et restaurants aux serveurs et aux serveuses dont la rémunération n’excède pas 1,6 Smic. Instaurée en 2022, cette défiscalisation devait prendre fin au 1er janvier, mais cette échéance a finalement été repoussée jusqu’à ce que l’État se dote d’un budget pour l’année à venir. Au grand soulagement des patrons de la restauration qui rémunèrent souvent leur personnel avec des salaires de misère en mettant en avant le fait qu’ils peuvent se rattraper sur les pourboires. Ce sont d’ailleurs ces patrons qui sont derrière un amendement de Laurent Wauquiez, chef de file des députés Les Républicains, visant à prolonger cette mesure jusqu’en 2028. Dans la restauration comme ailleurs, les salariés doivent pouvoir vivre de salaires décents, et sans pourboire.

Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, ancienne ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie sous Sarkozy, est officiellement rémunérée 466 000 euros par an. Ce qui représente delà un joli pactole. Mais, et c’est le quotidien économique britannique The Financial Times qui l’affirme après enquête, cette rémunération doit être majorée de… 56 %. En effet, à ce salaire de base, s’ajoutent des avantages en nature et des revenus annexes qui avoisinent chaque année les 125 000 euros. Sa rémunération réelle totale est donc de 726 000 euros, de très loin supérieure à celle de Jerome Powell, pourtant un des hauts fonctionnaires les mieux payés aux États-Unis, qui préside la Réserve fédérale des États-Unis et qui ne touche « que » 173 000 euros. De plus, si elle prend sa retraite, elle se verra assurée d’une pension de 178 000 euros. Tout ça payé par les contribuables européens. Merci pour elle…

Alors que, selon Santé publique France, l’épidémie de grippe se poursuit et que les hôpitaux sont débordés dans tout le pays, notamment dans des régions comme la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine, Macron a tenu à saluer le travail exemplaire des soignantes et soignants dans ses vœux de fin d’année. Mais sans débourser un euro supplémentaire pour les structures hospitalières en crise dans lesquelles le personnel s’échine jusqu’à l’épuisement. Comprenons Macron : on ne peut pas dilapider des milliards dans l’armement et donner autre chose que des caresses aux soignants. À chacun ses priorités.

L’acteur américain George Clooney et de sa famille, qui résident depuis plusieurs années dans le Var, ont demandé et obtenu la nationalité française. Tant mieux pour eux. Mais certains font remarquer, à juste titre, que la star du grand écran a sans doute bénéficié d’un passe-droit. En effet lui et son épouse maîtrisent très mal notre langue. Or, selon la législation en vigueur, la connaissance du français est une compétence essentielle pour l’acquisition de la nationalité, mesure qui a même été durcie récemment par les Retailleau et autres Darmanin dans le but avoué de refuser cette même nationalité à un nombre croissant de personnes. On ne voit pas pourquoi un migrant africain ou autre serait traité différemment d’une star hollywoodienne. Mais c’est un domaine, comme dans bien d’autres, ou la fortune ou la couleur de la peau permettent de contourner la législation. Un « deux poids, deux mesures » qui fait mauvais genre.

Une larme émue pour les 17 anciens Premiers ministres toujours vivants qui, à partir du 1er janvier, ont perdu les avantages dont ils bénéficiaient, à savoir notamment véhicules avec chauffeurs et officiers de sécurité. C’était une promesse de Sébastien Lecornu qui y voyait parait-il « un moyen de faire des économies ». Mais Matignon a ajouté aussitôt que, dans certains cas, une protection policière leur sera maintenue, toujours aux frais du contribuable bien sûr. Retour donc à la case départ. Une mesure qui tient plus de l’esbroufe que de la rigueur budgétaire.

C’est l’hebdomadaire allemand Der Spiegel qui a levé le lièvre. Il a affirmé dans son dernier numéro, sans être démenti par le département d’État américain, que les magistrats parisiens ayant condamné Marine Le Pen en mars dernier à de la prison et à l’inéligibilité seraient dans le collimateur de l’administration Trump. La Maison-Blanche attendrait la décision de la cour d’appel avant d’éventuellement d’interdire de séjour aux États-Unis l’ensemble des juges impliqués, comme elle l’a fait avec l’ancien commissaire européen Thierry Breton, coupable d’avoir sanctionné d’une amende Elon Musk pour violation de la législation sur les réseaux sociaux. Mais pas sûr que l’ex-présidente du Rassemblement national, toujours à la recherche de « respectabilité », apprécie beaucoup le geste de son puissant mais encombrant ami Trump.

Au moins 1 500 condamnés à mort ont été exécutés dans le pays en 2025, selon un décompte de l’ONG Iran Human Rights (Droits humains en Iran), basée en Norvège, qui affirme qu’il s’agit du chiffre annuel d’exécutions le plus élevé recensé par l’organisation depuis 35 ans. Ce chiffre est sans doute sous-estimé car selon le porte-parole de l’ONG, Mahmoud Amiry-Moghaddam, « il reste encore quelques centaines d’exécutions non confirmées ». Une autre facette d’un régime barbare.