
Finistère, d’Anne Berest
Albin Michel, 2025, 432 p., 23,90 €
Dans ce roman, l’autrice revient à la fois sur l’histoire de sa famille et sur sa région d’origine. On découvre trois générations, trois hommes et trois engagements politiques. Son arrière-grand-père milite au début du XXe siècle dans des coopératives paysannes bretonnes pour défendre ses conditions de vie. Son grand-père, qui monte à Paris comme étudiant en classe préparatoire, est frappé de plein fouet par la Seconde Guerre mondiale et s’engage dans la Résistance.
C’est l’histoire de son père qui est la plus intéressante : jeune révolté, il a milité à la Ligue communiste dès le lycée et a traversé Mai 68 avec un grand enthousiasme. Hyperactif, persuadé de l’imminence de la révolution, il a contribué à la construction de la Ligue communiste à Brest, dans un contexte d’afflux vers l’extrême gauche. Mais son implication militante tenait davantage du feu de paille que de l’engagement d’une vie, et il a cessé dans les années 1970 son activité politique et s’est consacré à sa carrière scientifique. Il a cependant gardé une profonde empreinte de ce passé et transmis à sa fille une sensibilité aux injustices – et l’on sent par ailleurs une certaine sympathie pour les idées révolutionnaires, même si elle les considère comme un peu poussiéreuses et trop extrêmes.
Malgré quelques longueurs et un aspect un peu inégal (les passages consacrés à la romance entre ses parents ou à l’échec de plusieurs membres de la famille aux concours de l’ENS sont moins intéressants), ce roman au style clair et simple est particulièrement touchant.
Robin Klimt