Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Quatorze pays (la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, l’Irlande, l’Islande, Malte et le Danemark) ont condamné la décision du gouvernement israélien d’autoriser la création de 19 nouvelles colonies juives dans le territoire palestinien occupé. De son côté, Israël a fait savoir qu’il continuerait dans cette voie et a qualifié de « moralement répréhensible » cette condamnation. Il faut dire que le gouvernement sioniste se soucie d’autant moins de cette déclaration qu’elle n’est accompagnée d’aucun acte concret : pas d’arrêt de livraison d’armes, pas de sanctions économiques, pas de conséquences diplomatiques… En résumé, une proclamation sans lendemain qui laisse les mains libres à Netanyahou pour continuer sa politique criminelle.

Depuis deux ans, Benjamin Netanyahou est sous pression pour créer un organe chargé de faire la lumière sur l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et les responsabilités du gouvernement israélien dont il était déjà Premier ministre. Après avoir longtemps tergiversé, il a finalement annoncé un projet de loi qui vise à la création d’une commission d’enquête spéciale, un « comité équilibré chargé d’enquêter sur les événements ». Sauf que, contrairement à la législation israélienne, ce n’est pas la Cour suprême qui désignera les membres de cette commission mais… principalement Netanyahou lui-même et ses amis. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Le lendemain de cette décision, un groupe de familles de victimes a appelé la population à rejoindre sa lutte contre ce qu’un père de soldat tué a qualifié de « honteuse fraude politique ». Un genre de fraude dont le génocidaire de Jérusalem est un habitué.

Plus de 1 000 personnes sont décédées entre juillet 2024 et la fin du mois dernier dans la bande de Gaza alors qu’elles attendaient leur évacuation médicale, a annoncé l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 1 092 patients sont précisément mentionnés sur le réseau social X par le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui estime cependant que ce chiffre est sans doute sous-estimé. Aujourd’hui, plus de 15 600 personnes nécessitent encore une évacuation sanitaire d’urgence, souvent bloquée par l’occupant israélien. Cela s’ajoute aux 70 000 Gazaouis assassinés, aux 170 000 blessés, et aux 377 00 disparus, dont la moitié sont des enfants. Tout à la fois un crime de guerre, un crime contre l’humanité et un génocide.

Une enquête de L’Humanité pointe le fait que depuis presque deux ans des organismes financiers de l’Hexagone multiplient les mesures restrictives contre les soutiens du peuple palestinien. C’est dans ce cadre que des associations, des collectifs et des particuliers engagés dans la solidarité avec la Palestine dénoncent une série de blocages bancaires. Le phénomène touche des structures militantes, mais aussi des ONG et des citoyens agissant dans le cadre du droit humanitaire. De plus, plusieurs banques, comme la Caisse d’épargne et la Banque postale, sont accusées de bloquer les transferts d’argent vers la Cisjordanie et Gaza. En guise de défense, les banquiers opposent à chaque fois à leurs clients l’application des règles de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Terrorisme qui, une fois encore, a bon dos. Dans le même temps, les banques continuent d’alimenter, sans vergogne, la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés.