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Brèves

L’actualité en bref

Une enquête réalisée par Le Monde et une dizaine d’experts indique que 15 % des écoliers
du pays, soit plus de 1,7 million d’élèves, sont soumis à une forte présence de pesticides. Ils sont scolarisés dans des établissements situés dans un rayon d’un kilomètre autour d’exploitations agricoles. Ceux qui se trouvent dans les bassins viticoles, les plaines céréalières et les secteurs d’arboriculture fruitière sont les plus concernés. L’exposition aux pesticides est potentiellement liée à des risques de cancers ou de troubles du développement neuropsychologique et les enfants de 3 à 6 ans sont particulièrement à risque. Cette situation est connue depuis des années mais les pouvoirs publics ne bougent pas, le ministère de la Santé se contentant d’encourager les maires et les préfets à mettre en place des chartes locales pour limiter cette exposition. Mais rien de bien contraignant dans tout ça. Pas question de heurter de front les trusts agrochimiques et les agriculteurs qui utilisent ces pesticides à tout-va.

C’est Mediapart qui le révèle. Une agente de sûreté de la RATP, Fatiha A., a été mutée d’office par son employeur après avoir dénoncé des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles. L’enquête interne s’est retournée contre elle et l’agent signalé a, lui, été mis hors de cause. Un fait qui n’a rien d’étonnant. L’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail alerte depuis plus de dix ans la RATP sur son traitement défectueux des violences sexistes et sexuelles et dénonce leur gestion calamiteuse par la direction. Les agentes ayant signalé des faits subissent souvent des représailles. Une ancienne employée a même fait condamner la RATP pour harcèlement et discrimination. Bien que la direction affirme mener une politique de « tolérance zéro », les actions concrètes sont notoirement inadéquates et l’inspection du travail a rappelé à l’ordre la RATP à plusieurs reprises, notamment l’an dernier, sans résultat apparent.

Macron vient d’annoncer la construction d’un second porte-avions – en réalité déjà commandé en 2018. Celle-ci devrait coûter 10 milliards, sans compter le coût de l’entretien : un milliard par an. Bien entendu, ces dépenses se feront au détriment des budgets de la santé et de l’éducation, comme des autres services publics. Tous les politiciens de la bourgeoisie, de droite et de gauche, le doigt sur la couture du pantalon, soutiennent sans honte ce projet, LFI, le PCF et EELV compris. Le RN fait, lui, de la surenchère et réclame trois porte-avions… À l’inverse de ceux qui se réjouissent de la fabrication d’armes au nom de l’emploi ou du nationalisme, le secrétaire de la CGT de Saint-Nazaire, dont les chantiers navals vont construire le navire, a clairement dénoncé le projet en précisant que ces fonds seraient mieux utilisés pour restaurer les hôpitaux délabrés. Il a amplement raison !

Une enquête menée par plusieurs médias européens – dont Mediapart, Voxeurop, IrpiMedia et El País – révèle que près de 50 milliards d’euros d’épargne durable, destinés en théorie à la défense de l’environnement, ont été détournés de leur fonction originelle pour financer 104 entreprises d’armement, dont la moitié pour 27 sociétés européennes. Cerise sur le gâteau, l’armée israélienne a bénéficié d’une partie de ce pactole. Plusieurs banques tricolores – dont BNP Paribas, Crédit agricole, BPCE-Banque populaire, Caisse d’épargne et le Crédit mutuel – sont impliquées dans ce détournement. Ce sont les mêmes qui financent également des projets écocides liés aux énergies fossiles à travers le monde. Lorsqu’il s’agit de rentabilité financière, les institutions bancaires s’assoient allègrement sur leurs « grands principes ».

Lors d’une rencontre « visant à éclairer les grands enjeux contemporains » organisée par l’université d’Aix-Marseille, Rodophe Saadé, le PDG de CMA CGM, troisième opérateur mondial de porte-containers et grand patron de presse (BFMTV, La Provence, La Tribune, M6, Brut), s’est vu poser des questions incisives et dérangeantes par des étudiantes et étudiants qui assistaient au débat. Ce qui ne lui a pas plu. Il s’en est plaint à qui de droit. Résultat : les codirectrices de la licence Droit et Science politique de l’établissement ont adressé un courrier aux étudiants pour leur rappeler le rôle financier joué par ce mécène de l’université qu’il convient donc de ménager. À l’évidence, le droit à la parole et à la liberté d’expression ne sont pas au programme de cette licence.

Le préfet du Gard a autorisé Nestlé à poursuivre l’exploitation de deux forages (Romaine VI et Romaine VII) sur le site de Vergèze des sources Perrier malgré des contaminations fréquentes des eaux. Le même processus d’autorisation est en cours dans les Vosges, pour les eaux Contrex et Hépar. Cette autorisation est accordée pour une durée de 24 mois, sous réserve de mesures de surveillance renforcées. Le groupe suisse peut également avoir recours à des traitements de désinfection officiellement autorisés sous conditions par le ministère de la Santé depuis le 22 mai. Cela fait des années que la multinationale Nestlé Waters trimballe les autorités au sujet de ses eaux dites « minérales naturelles » mais qui sont trafiquées. À chaque fois qu’elle se fait prendre la main dans le sac, elle obtient un nouveau sursis, une dérogation ou se voit infliger une amende symbolique mais les pouvoirs publics la laissent continuer son activité, car ils brossent dans le sens du poil un trust qui réalise 24 milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année.

Le possible rachat de La Repubblica et de La Stampa par un milliardaire grec proche de Donald Trump et lié au Qatar et à l’Arabie saoudite, provoque quelques remous dans le pays. Jusqu’à présent les deux titres étaient dans le giron de la richissime famille Agnelli, co-propriétaire de Stellantis. Mais cette dernière a décidé de les céder à Theodore Kyriakou, un ultra-conservateur qui ne cache pas son admiration pour Trump mais aussi pour la cheffe d’extrême droite du gouvernement italien, Giorgia Meloni. Les journalistes de deux titres, et une partie de l’opinion publique craignent, à juste raison, que le nouveau propriétaire fasse taire les critiques à l’égard du gouvernement. Mais ainsi va la liberté de la presse sous le capitalisme : ce sont les propriétaires qui dictent leur ligne aux médias qu’ils contrôlent.

Trois Afghans, qui tentaient de rejoindre l’Iran clandestinement, sont morts de froid dans la province de Hérat dans l’ouest du pays. Leur groupe avait été stoppé par les garde-frontières afghans et avait dû rebrousser chemin. Il s’agit d’un drame du quotidien. Depuis la prise du pouvoir par les talibans, des millions d’Afghans ont fui le pays pour se réfugier dans les pays voisins, notamment l’Iran et le Pakistan. Et le mouvement se poursuit. Ces deux pays tentent par tous les moyens de les renvoyer chez eux. Par exemple, selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés, qui évoque une majorité de « retours forcés », plus de 1,8 million d’Afghans ont été poussés à rentrer en Afghanistan par les autorités iraniennes entre janvier et fin novembre 2025. Le Pakistan mène aussi une campagne d’expulsion de migrants afghans et plus de 850 000 d’entre eux sont rentrés, souvent complètement démunis, depuis le début de cette année. Beaucoup ont de nouveau tenté de quitter le pays par des chemins montagneux et par un froid glacial. Nombre d’entre eux ont perdu la vie. Dans l’indifférence générale.

Mediapart a dévoilé lundi l’histoire de Majdouline B., une soignante de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, révoquée en octobre pour avoir porté… un calot chirurgical. Absurde ? Oui.

Insupportable surtout, car ce sont des dizaines d’employées de la Pitié et d’autres hôpitaux qui se font pousser vers la sortie parce qu’elles portent un « couvre-chef » (bonnet, calot, bandeau, charlotte). Elles sont ciblées par les directions au prétexte de la laïcité, ce qui est complètement bidon : une charlotte n’a jamais influencé personne ! Sans compter que leur laïcité est à sens unique : l’État verse chaque année 14 milliards d’euros à l’enseignement catholique. Et le nouveau téléphérique du Val-de-Marne a été « béni » par un prêtre à son inauguration !

Alors cette chasse aux couvre-chefs, c’est une attaque contre nous tous et toutes. Les directions des hôpitaux n’ont pas à sanctionner de façon complètement arbitraire. Et certainement pas à faire fuir des soignantes à l’heure où la santé manque déjà cruellement de bras. Le problème est de soigner les patients et de le faire tous ensemble : un hôpital devrait être géré en fonction de cet objectif.

Pour soutenir Majdouline, qui conteste sa révocation devant la justice, rassemblement mardi 23 décembre à 9 heures devant le tribunal administratif de Paris.