Les autorités viennent de détruire au bulldozer le camp de Tsoundzou 2, un bidonville abritant 650 personnes (principalement des demandeurs d’asile) situé à six kilomètres de Mamoudzou, le chef-lieu de l’île. La plupart se trouvent à la rue sans possibilité d’aller ailleurs. Pour justifier cet acte crapuleux, le préfet s’appuie sur la loi dite « pour la refondation de Mayotte » adoptée en juin dernier et qui permet les expulsions dans les 24 heures des habitants, sans aucune contrainte de relogement. Pour lutter vraiment contre les bidonvilles, il faudrait une politique ambitieuse de construction d’habitations salubres qui pourraient accueillir des dizaines de milliers de familles qui vivent dans des huttes faites de bric et de broc. Mais cela coûterait cher. L’État préfère utiliser la manière forte en visant, en priorité, les « étrangers », c’est à dire celles et ceux originaires des îles voisines ou de la côte africaine. Une démagogie xénophobe visant à détourner la colère des Mahorais vers leurs frères immigrés.