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Brèves

L’actualité en bref

Plus de 1 000 personnes sont décédées entre juillet 2024 et la fin du mois dernier dans la bande de Gaza alors qu’elles attendaient leur évacuation médicale, a annoncé l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 1 092 patients sont précisément mentionnés sur le réseau social X par le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui estime cependant que ce chiffre est sans doute sous-estimé. Aujourd’hui, plus de 15 600 personnes nécessitent encore une évacuation sanitaire d’urgence, souvent bloquée par l’occupant israélien. Cela s’ajoute aux 70 000 Gazaouis assassinés, aux 170 000 blessés, et aux 377 00 disparus, dont la moitié sont des enfants. Tout à la fois un crime de guerre, un crime contre l’humanité et un génocide.

La galerie L’Esprit d’Escalier, située dans le 12e arrondissement de la capitale, a eu ses vitrines taguées par des slogans du style « Israël vaincra », agrémentés d’une étoile de David. Cette signature indique bien évidemment que les auteurs de ce méfait sont des partisans du génocidaire Netanyahou. Il faut dire qu’elle organise actuellement une exposition intitulée « Gaza Sumud, trois artistes en résistance » qui rassemble les œuvres de Sohail Salem, Mohammed Zaanoun et Romain Zeder. Dans un communiqué les responsables de la galerie expliquent : « Les dégradations, découvertes ce matin à l’ouverture de la galerie, visent clairement à perturber et à faire taire la voix des artistes que nous exposons. Elles attaquent non seulement un lieu physique, mais aussi l’esprit même de ce projet : rendre visible, par l’art, une réalité trop souvent occultée. En s’en prenant à notre espace, les auteurs de cet acte cherchent à étouffer le témoignage et la créativité. » Malgré ces actes de vandalisme l’exposition se poursuit jusqu’au 24 décembre.

Gaza Sumud : trois artistes en résistance. Galerie L’Esprit d’Escalier. 10 avenue de Corbera 75012. Tous les jours de 13 à 20 heures.

Des agents de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales ont mené des perquisitions aux domiciles de Rachida Dati, ministre de la Culture, ainsi qu’à son ministère et à la mairie du 7e arrondissement de Paris dont elle est maire. Elle est soupçonnée d’avoir perçu 299 000 euros d’honoraires de GDF Suez (devenu Engie) entre 2010 et 2011, alors qu’elle était députée européenne, sans en déclarer la provenance au Parlement européen. Dati est déjà impliquée dans une affaire similaire pour laquelle elle devra comparaître aux côtés de l’ancien tout-puissant patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Là on lui reproche de s’être fait grassement payer (900 000 euros) par le constructeur automobile pour une activité d’avocate qui n’a pas laissé de trace. Enfin la ministre de la Culture est aussi visée par une autre enquête du parquet de Paris pour avoir omis de déclarer 420 000 euros de bijoux dans ses déclarations de patrimoine. Là encore, elle a reçu le soutien de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice qui est toujours de tout cœur du côté des riches délinquants.

Libération a recensé des ouvrages négationnistes, antisémites, racistes et des pamphlets suprémacistes interdits en France… mais proposés à la vente sur Internet par les grandes enseignes culturelles et autres leaders du secteur comme la Fnac, Cultura et Amazon. Parmi ces ouvrages poubelles, on trouve pêle-mêle des textes du négationniste Robert Faurisson, du néonazi américain William Luther Price, le manifeste du tueur norvégien d’extrême droite Anders Behring Breivik, Les Protocoles des sages de Sion, un texte antisémite rédigé par le régime tsariste ou le pamphlet L’Ordre SS, éthique et idéologie, d’Edwige Thibault. Suite à ces révélations, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, va faire un signalement à la justice. Fort bien. Mais cela n’empêchera pas à l’avenir les sites en ligne de continuer à proposer tout ouvrage qui se vend et leur permet d’arrondir leur chiffre d’affaires. La liberté du commerce va rarement de pair avec des considérations éthiques.

Le Parlement a adopté à l’unanimité une loi mémorielle pour réhabiliter les femmes condamnées pour avortement avant la loi Veil de 1975. Cette loi reconnaît la responsabilité de l’État dans les souffrances infligées à des milliers de femmes avant la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Plus de 11 660 personnes ont été condamnées entre 1870 et 1975 pour avoir pratiqué ou eu recours à une IVG. À la fin du 19e siècle, une femme ayant avorté, et toute personne l’ayant aidé, était passible de la peine de mort. Une pratique remise au goût du jour et en pratique par le régime de Pétain (1940-1944) avec l’appui enthousiaste de l’extrême droite et de l’Église catholique. Avant 1975, des dizaines de milliers de femmes avortaient chaque année dans la clandestinité souvent au risque de leur vie. Reconnaitre aujourd’hui leurs souffrances est un minimum mais qui vient bien tard. Et il y a encore beaucoup à faire pour que la société accepte la liberté sexuelle et reproductive de la femme comme un droit inaliénable.

Une commission d’enquête parlementaire, initiée par la droite et notamment par Laurent Wauquiez, avait été mise en place pour examiner les liens supposés entre des mouvements politiques et des réseaux islamistes. Elle visait en particulier la France insoumise. Mais, comme on pouvait s’y attendre, malgré des dizaines d’auditions et un battage médiatique d’ampleur, son rapport final n’apporte aucun élément nouveau et se contente d’empiler les lieux communs sur les « complaisances » et la « proximité » supposées de l’extrême gauche avec les islamistes. Sans rien démontrer de concret. En fait la montagne d’accusations en tout genre, relayées complaisamment par la presse Bolloré, a finalement accouché d’une souris. Rien d’étonnant. Car pour Wauquiez et ses amis, l’important était surtout d’alimenter au quotidien la campagne contre les musulmans qui est devenue la raison d’être des réacs de tout poil.

En septembre dernier, Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison dans le dossier du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Il a fait appel et doit être rejugé en mars prochain. Mais quelle que soit l’issue de l’audience, il ne sera pas tiré d’affaires pour autant. En effet, le parquet national financier demande un nouveau procès contre lui, son épouse Carla Bruni et la papesse de la presse « people », Mimi Marchand, pour « association de malfaiteurs » et « subornation de témoin ». On leur reproche d’avoir fait pression sur Ziad Takieddine, qui avait servi d’intermédiaire entre le clan Sarkozy et l’entourage du colonel Khadafi, pour qu’il change son témoignage et blanchisse l’ancien président. Sarkozy a d’ores et déjà gagné le titre de président de la République le plus condamné de l’histoire.

Après avoir bruyamment apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, lorsque ce dernier est entré à la prison de la Santé, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, récidive. Cette fois-ci il vient de témoigner toute sa sympathie sur X au président de la métropole européenne de Lille, Damien Castelain (divers droite), qui vient d’être condamné en appel à deux ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics. L’élu a été épinglé pour avoir financé sur les deniers publics des frais de spa, des achats de vêtements, des notes de restaurant, ou encore la location de chambres dans un hôtel de luxe à Paris pour assister à des matchs du Paris Saint-Germain au Parc des Princes. Ce qui n’empêche pas le garde des Sceaux de le considérer comme « un grand président ». Moralité : les politiciens véreux peuvent compter sur l’appui sans faille de Darmanin. Les coquins et les copains.

La chanteuse franco-congolaise Théodora n’a pas la langue dans sa poche. Elle s’était déjà fait connaître en affirmant que la France était un pays « raciste ». Sur la même ligne elle s’en prend cette fois à Jordan Bardella, le président du RN, qui, sans son autorisation, a utilisé pour accompagner une vidéo la musique d’un de ses titres, Melodrama. Elle lui écrit notamment : « Je ne peux pas comprendre que vous, qui me considérez jamais comme pleinement française, tiriez profit de mon travail pour défendre des positions que je combats et auxquelles je n’ai jamais voulu être associée. » Et de conclure : « Je ne partagerai jamais vos idées, vos valeurs, ni vos projets politiques néfastes, dangereux et profondément méprisants envers des personnes comme moi. » Bien envoyé !