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Brèves

L’actualité en bref

La 30e conférence de l’ONU sur le climat (COP 30) a débuté le 10 juin à Belém, au Brésil, et se poursuivra pendant deux semaines. À cette occasion, le président Luiz Inácio Lula da Silva a affirmé que les milliards dépensés pour les guerres seraient bien mieux investis dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il a déclaré, en étant longuement applaudi et repris par les commentateurs : « Si les hommes qui font la guerre étaient ici, ils se rendraient compte qu’il est beaucoup moins cher d’investir dans la lutte contre le réchauffement que dans les conflits armés. » Sauf qu’il a tout faux. « Les hommes qui font la guerre » savent parfaitement que l’on gagne beaucoup plus d’argent en investissant dans l’armement et les énergies polluantes qu’en défendant l’environnement. Et le sort de la planète, ils s’en moquent.

Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et principal opposant au président Recep Tayyip Erdoğan, est emprisonné depuis mars pour corruption. Mais comme cela ne semble pas suffire au dictateur d’Ankara, İmamoğlu est désormais poursuivi pour 142 infractions supplémentaires qui, bout à bout, pourraient lui valoir… 2 430 ans de prison. Le leader du Parti républicain du peuple, première force d’opposition du pays, nie toutes les charges pesant contre lui. Mais qu’importe si personne ne croit ces accusations bidon. Erdoğan continue de faire le ménage pour se débarrasser de toute opposition. Et ses alliés de l’Otan laissent faire.

Interviewé dans « C dans l’air », Bruno Le Maire est revenu sur le dérapage des finances publiques, admettant s’être « planté », dans la gestion des comptes publics de 2024, année où les recettes fiscales ont été inférieures aux prévisions. En passant, il s’en est pris à Emmanuel Macron, affirmant lui avoir envoyé en avril 2024 une lettre officielle, mais tenue secrète, dans laquelle il mettait en garde contre le dérapage budgétaire. Mais le président, à la veille des élections européennes, n’en avait tenu aucun compte. Aujourd’hui Le Maire, qui a pourtant été ministre des Finances pendant sept ans, fait en partie porter à Macron la responsabilité du déficit actuel et la dette du pays. De leur côté, les macronistes accusent les administrations centrales de défaillances techniques, les Insoumis mettent en cause l’échec de la politique de l’offre du locataire de l’Élysée et le Rassemblement national dénonce un « maquillage ». Mais personne ne souligne le fait que ce déficit est dû, d’abord et avant tout, aux cadeaux somptueux faits chaque année aux entreprises. Et ça ne risque pas de s’arrêter.

Dans le cadre de l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale, l’Assemblée nationale a approuvé la limitation de la durée des arrêts de travail. En première lecture, les députés ont décidé de fixer une durée maximum d’un mois pour une première prescription et de deux mois pour un renouvellement. Les médecins pourront toutefois déroger au plafond prévu « au regard de la situation du patient » et en le justifiant sur leur prescription. Le gouvernement avait initialement souhaité fixer cette limite par décret à 15 jours pour un premier arrêt de travail prescrit par un médecin de ville et 30 jours à l’hôpital. La gauche, opposée à une telle mesure, a proposé un compromis qui a été finalement adopté. Il n’empêche que le texte voté constitue malgré tout un recul pour les patients et créé une logique de suspicion à l’égard des soignants et des assurés. C’est un nouveau compromis pourri dont les députés socialistes sont coutumiers.

Aux grands maux, les petits remèdes : le gouvernement de coalition droite-socialistes au pouvoir en Allemagne envisage de verser dix euros par mois aux jeunes de 6 ans à 18 ans, pour les sensibiliser au « réflexe de l’épargne » en vue de leur retraite. Enseigner aux enfants sortis du berceau que cela serait plus utile qu’un système collectif, du génie ! Tout à fait révélateur des classes dirigeantes : tout pour sa pomme.

Gabriel Attal, qui rêve d’être un jour président, voit loin : il propose que l’État donne à tout nouveau né 1 000 euros. Pas pour qu’il les gaspille en joujoux, le vilain. Pour les confier à sa banque. Le capitalisme au biberon, quelle bonne éducation ! Avec près de 800 000 naissances par an, ce sera déjà 800 millions pour les banques. Et bien davantage puisqu’au fil des ans, papa, maman, tata, tonton et grands-parents pourront grossir le magot. Dans 70 ans (ou plus, si l’âge de la retraite continue à évoluer), le vieux bébé pourra y toucher, par petites mensualités (du moins ce qu’il en restera avec l’inflation !) réparties sur les mois qu’il lui reste à vivre. De quoi se payer une canne ? Même pas sûr.

Nicolas Sarkozy n’aura passé au total qu’une vingtaine de jours dans sa cellule de la prison de la Santé avant d’être libéré et placé sous contrôle judiciaire par la cour d’appel de Paris. Pour quelqu’un condamné à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs » dans l’affaire du financement libyen, il s’en tire bien. Macron et son ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avaient multiplié les signes et les déclarations en sa faveur. Bien mieux, lors de l’audience, le représentant du ministère public, censé donner le point de vue de l’État, ne s’était pas opposé à cette libération. Autant dire qu’il avait donné son feu vert. Pour une fois, on n’a pas entendu les Retailleau, Le Pen et autre Ciotti reprendre leur ritournelle habituelle contre le laxisme de la justice. Là, c’est plutôt touche pas à mon pote ou les copains d’abord.

On rend hommage, un peu partout dans le pays aux victimes (130 morts et 413 blessés) des attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis. Mais un aspect de l’affaire que l’on met rarement en avant est que, sous couvert de l’état d’urgence décrété à l’époque par François Hollande et qui n’a pris fin que deux ans plus tard, les autorités ont commencé à restreindre les libertés individuelles, un mouvement qui continue aujourd’hui. Les assignations à résidence se sont multipliées sous tous les prétextes, la dissolution des associations facilitée, de nombreux sites Internet fermés, des perquisitions tous azimuts mises en œuvre et des manifestations interdites. Pour ne rien dire de l’utilisation des drones par la police ou du recours à la vidéosurveillance algorithmique. Et cela toujours au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais, la plupart du temps, ce ne sont pas les terroristes qui sont visés, mais les militantes et militants politiques et syndicaux, celles et ceux qui manifestent, soutiennent les Palestiniens, défendent l’écologie, etc. Les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence, supposées être ponctuelles à l’origine, sont devenues pérennes.

Le décompte est symbolique, mais interpelle. Les femmes travaillent « gratuitement » depuis onze heures trente-et-une minutes lundi 10 novembre et jusqu’à la fin de l’année, en raison des inégalités salariales persistantes, selon la lettre d’information féministe Les Glorieuses. Ses rédactrices ont calculé cette heure et cette date à l’aide de statistiques sur les écarts de salaires entre les hommes et les femmes. À temps de travail identique, les femmes gagnent en moyenne 14,2 % de moins que les hommes, selon les dernières données disponibles de l’Institut national de la statistique (Insee). Rebecca Amsellem, la fondatrice de cette publication, souligne que, depuis 2016, l’écart salarial entre femmes et hommes s’est réduit de 15,1 à 14,2 %, soit de 0,9 point. Et de noter avec ironie : « À ce rythme-là, on atteindra l’égalité en 2167 », soit dans 142 ans. La lutte pour l’égalité salariale femmes-hommes est plus que jamais d’actualité.