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Brèves

L’actualité en bref

Le service de presse du président a fait savoir que Donald Trump et son épouse Melania venaient de recevoir un rappel du vaccin contre le Covid-19 après s’être fait vacciner une première fois le 19 janvier dernier, en toute discrétion. Ce qui n’empêche pas l’agité de la Maison-Blanche de conseiller à ses supporters complotistes et anti-vax de lutter contre le Covid-19 en suivant une alimentation saine et en utilisant… de l’eau de Javel. Des recommandations chaleureusement soutenues par son ministre de la Santé, Robert Kennedy Junior, qui veut supprimer la vaccination obligatoire en la réservant à certaines catégories de la population. Mais si Trump est démagogue, il n’est pas stupide. Et il est, à l’évidence, plus soucieux de sa santé que de celle de ses partisans.

Après plusieurs jugements contradictoires, la Cour de cassation vient de finalement décider que les salariés en télétravail ne pouvaient pas être privés de tickets restaurant. Les juges ont donné raison à un directeur commercial qui avait saisi les prud’hommes contre son patron qui avait refusé de lui fournir des tickets-restaurant pendant deux ans, au seul prétexte qu’il pratiquait le télétravail. Débouté, il s’était pourvu en cassation. L’employeur a finalement été condamné à lui verser plus de 1 700 euros de compensation. Et les juges de statuer que le télétravail ne justifie pas que le droit de bénéficier de cet avantage soit supprimé. Seule ombre au tableau : un salarié en arrêt maladie ou se trouvant en situation de chômage partiel ne peut pas bénéficier de ce droit. Ces personnes auraient-elles moins besoin de se nourrir que les autres ?

Le tribunal administratif a suspendu l’exécution de l’arrêté ordonnant la fermeture de la mosquée phocéenne des Bleuets pour deux mois, qui avait été pris pour des positions de son imam jugées « radicales ». Cette fermeture temporaire, décidée par le préfet de région, Georges-Francois Leclerc, porte « atteinte à la liberté fondamentale du culte », a estimé le juge des référés. La veille, la cour administrative d’appel avait confirmé l’illégalité de la fermeture définitive du collège Avicenne, à Nice, décidée par le préfet des Alpes-Maritimes pour de prétendues irrégularités financières. Il n’y a aucune sympathie particulière à avoir ni pour les lieux de culte, ni pour les établissements d’enseignement religieux, quels qu’ils soient. Mais il faut noter que l’on a jamais vu un préfet décider la fermeture d’une église parce que son prêtre desservant fait des sermons intégristes ou d’une synagogue parce que le rabbin exhorte ses fidèles à soutenir la guerre d’Israël contre Gaza. De même, ces derniers mois, nombre d’établissements catholiques ont été touchés par des scandales financiers, sexuels, sexistes ou autres. Aucun n’a été contraint de fermer ses portes. Seules les institutions musulmanes semblent être dans l’œil du cyclone. Ce dont ne peuvent que se réjouir Retailleau, Le Pen et les autres.

Le préfet de police de Paris a indiqué s’opposer à l’interdiction, réclamée par des élus et des associations, du concert du groupe de métal américain Disturbed qui doit se produire au Zénith. Le chanteur de ce groupe, David Draiman, avait fait parler de lui lors d’une visite, l’an dernier, sur une base militaire israélienne où il s’était fait filmer en train de dédicacer des bombes sur Gaza en écrivant en anglais : « Hamas va te faire foutre. » Pour le préfet, cette apologie du terrorisme ne constitue nullement un trouble à l’ordre public. Par contre, brandir un drapeau palestinien ou porter un keffieh peut vous valoir une arrestation et une interdiction de manifester. C’est ce qu’on appelle le « deux poids, deux mesures »…

Un peu partout dans le pays, des membres de milliers d’associations ont manifesté samedi 11 octobre pour dire : « Ça ne tient plus ! » Ils protestaient pour dénoncer la précarité des acteurs associatifs dans un contexte de réduction des subventions publiques. Sport, culture, musique, crèches, solidarité, services médico-sociaux, etc., les domaines d’intervention de ces associations sont très larges et elles suppléent souvent à la carence des pouvoirs publics. « Le temps que l’on consacre à rechercher des financements, c’est ça de moins pour les actions de terrain », regrette Morgane Raguenet-Pré, coordinatrice de la Fédération régionale de Nouvelle-Aquitaone des centres d’information sur les droits des femmes et des familles. « On est épuisés et dans l’incertitude totale », poursuit-elle. « Ce sont les personnes qu’on accompagne qui en paient le prix. » Car toutes les subventions qu’elles peuvent recevoir – des communes, des départements, des régions et de l’État – sont en baisse. Et la situation risque d’être encore pire l’an prochain. La seule façon de voir leurs crédits augmenter serait pour les associations de produire des canons, des chars d’assaut et des drones de combat…

Nouvel exploit de Jean-Noël Barrot, le ministre démissionnaire des Affaires étrangères.
Il a refusé de recevoir Pascal André, un médecin qui participait à la flottille humanitaire pour Gaza et qui avait été arrêté avec les autres militants pro-palestiniens par Israël. André souhaitait attirer l’attention du ministre sur le sort des humanitaires kidnappés par les Israéliens et qui ont subi mauvais traitements et humiliations en prison. Non seulement il n’a pas été reçu, mais lui et ses amis se sont heurtés à un barrage de policiers à leur arrivée au ministère. Tout un symbole. Rappelons que Paris n’a toujours pas protesté contre les actes de piraterie dans les eaux internationales commis à trois reprises par l’État sioniste et est resté indifférent au sort de celles et ceux qui avaient été arrêtés.

Le ministre de la Santé de Donald Trump, l’ignare Robert Kennedy Junior, poursuit ses déclarations fracassantes sans aucun fondement scientifique. La dernière en date : les enfants ayant subi une circoncision – pratique religieuse courante chez les musulmans et les juifs – auraient deux fois plus de risques d’être autistes que les autres. La raison avancée : on leur aurait administré du paracétamol ou leur mère aurait pris ce médicament pendant leur grossesse. Des propos jugés aberrants par les experts spécialistes de l’autisme qui ont demandé à l’intéresser de montrer les preuves de ce qu’il avançait. Réponse de Kennedy : « Je n’ en ai aucune mais j’en cherche. » Tout cela pourrait faire sourire si ce sinistre imbécile ne mettait pas en œuvre une politique qui a déjà fait d’énormes dégâts dans le système de santé publique du pays et dans la recherche médicale.

Le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) vient de prononcer la liquidation judiciaire de la société Avec qui chapeaute une grosse centaine de structures, œuvrant principalement dans le secteur médico-social (aides à domicile, Ehpads, hôpitaux, centres de santé…) et employant au total 10 000 salariés. Le groupe, fondé par Bernard Bensaïd, était en redressement judiciaire depuis mars 2024 et accumulait des dettes importantes. Ce dernier est, de plus, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt. Bensaïd, ex-dirigeant du groupe mais toujours son actionnaire majoritaire, prévoit « seulement » entre 800 et 1 000 licenciements. Pas de quoi rassurer les salariés qui risquent, encore une fois, d’être les victimes d’un patron voyou.

Le 25 novembre 2017, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Macron décrétait l’égalité entre les femmes et les hommes, prétendue « grande cause nationale » de ses quinquennats. Depuis le président et ses ministres ont brassé beaucoup de vent sans rien changer à la situation. Les femmes gagnent toujours en moyenne 25 % de moins que les hommes, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex, et 86 % des femmes déclarent être confrontées à des attitudes ou décisions sexistes sur leur lieu de travail. C’est le moment que choisit le gouvernement pour encore réduire la voilure dans ce domaine. Austérité oblige, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui dépend du Premier ministre, va voir supprimer deux de ses cinq chargées de mission qui seront remplacées par des stagiaires ou des « apprentis ». C’est surtout la commission « violences faites aux femmes » qui va morfler. En outre, le rapport annuel sur l’état du sexisme en France risque de passer à l’as l’an prochain. Qu’en serait-il s’il ne s’agissait pas d’une « grande cause nationale » !