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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé son « retrait définitif » du parti macroniste Renaissance en critiquant l’attitude de son secrétaire général, Gabriel Attal, selon lui publiquement trop critique à l’égard du président de la République. En outre, il lui reproche d’être plus ou moins ouvertement candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle de 2027. Et c’est là où le bât blesse. Car, en avril dernier, Darmanin s’était lui-même publiquement épanché sur son désir de présenter sa candidature à cette élection. Il avait alors déclaré : « Est-ce que j’en ai envie ? Oui. Est-ce que j’ai le projet ? J’y travaille. » Bref cette rivalité est celle de deux crocodiles qui nagent dans le même marigot avec comme seule ambition de bouffer l’autre pour occuper toute la place.

Les retards et dysfonctionnements dans le renouvellement des cartes de séjour plongent de nombreux travailleurs étrangers dans la précarité. Selon Amnesty International, l’incapacité des préfectures à traiter les dossiers à temps permet des abus de la part de patrons peu scrupuleux, allant du non-paiement des salaires aux violences et discriminations. L’ONG estime que les dysfonctionnements de l’État lors du renouvellement des titres de séjour (avec des délais allant de deux mois à trois ans) exposent les travailleurs et travailleuses étrangers à des conditions de travail précaires et abusives. Et d’expliciter : « Les abus recensés comprennent le vol de salaire, des heures de travail prolongées, des conditions de travail dangereuses et de multiples cas de violences commises par les employeurs-euses, en particulier pour des motifs raciaux, y compris des violences physiques et le harcèlement sexuel. » Amnesty a recueilli de nombreux témoignages faisant état d’abus touchant des migrantes et migrants, originaires notamment du Mali, de Côte d’Ivoire, de Gambie, d’Angola, du Cameroun, de République démocratique du Congo, d’Inde ou encore du Sri Lanka. La plupart sont employés dans des secteurs comme le bâtiment, l’aide à domicile, le travail en Ehpad, le nettoyage, la restauration… Le renouvellement automatique des cartes de séjour doit être un droit, pas une loterie dépendant du bon vouloir de l’administration.

La Journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire se déroule aujourd’hui 6 novembre. À cette occasion, les ministères de la Justice et de l’Éducation nationale ont dévoilé que 10 130 signalements de cas de harcèlement scolaire ont été enregistrés entre 2022 et 2024. Quelques jours plus tôt, l’association e-Enfance révélait dans une étude que 37 % des jeunes interrogés déclarent avoir été victimes de harcèlement ou de cyber-harcèlement. Les victimes invoquent différents motifs : la jalousie ou l’envie (24 %), les différences physiques (20 %), les différences de tenues vestimentaires (16 %). Si 530 signalements ont été décomptés en 2022, ces derniers ont explosé les années suivantes, avec 3 500 cas en 2023, puis 6 100 en 2024. Les différences de classe – donc de moyens financiers – de couleur de peau, de religion, de genre et d’origine sociale amènent à des discriminations. L’école tend également à reproduire les rapports d’oppression et de mépris, insidieux ou violents, que les forts imposent aux faibles dans cette société. La situation a été aggravée en milieu scolaire ces dernières années par la suppression de plus de 1 000 postes d’assistants d’éducation par mesure d’économie. Car en dépit des déclarations officielles, la lutte contre le harcèlement scolaire n’est pas une priorité pour nos gouvernants.

Des étudiants de l’université de Hambourg (UHH) ont révélé le 23 octobre qu’un projet de recherche pour des capteurs thermiques de drones était financé par Thales. Alors que, depuis 1945, la plupart des universités allemandes interdisent par une « clause civile » le financement de projets de recherche par l’armée et des entreprises d’armement, pas besoin d’avoir le nez très fin pour se douter que Thalès ne se reconvertit pas dans la météorologie mais cherche à peu de frais à améliorer ses drones de combat… Du côté des institutions allemandes, ce n’est pas la première rupture de cette clause civile puisque, dans le sillage des budgets spéciaux pour l’armée, le géant ThyssenKrupp finançait un projet de recherche de l’université de Rostock et de l’université technique de Berlin pour le développement de sous-marins. La course au militarisme gagne du terrain et la séparation entre recherche « civile » et « militaire » devient de plus en plus poreuse, même en Allemagne.

L’ancien vice-président américain, Dick Cheney, est décédé le 3 novembre. Celui que ses collègues appelaient « Dark Vador » avait commencé sa carrière à Washington en 1968. Cet anti-communiste était un farouche représentant de l’impérialisme américain : c’est lui qui a supervisé la guerre du Golfe, puis la « guerre contre la terreur » après le 11 septembre, au nom de laquelle il déclencha la guerre d’Irak en 2003. Près d’un million d’Irakiens y ont trouvé la mort : eux, la presse américaine ne les pleure pas. Ici, certains, comme le journal Libération, expliquent qu’il aurait fait basculer les États-Unis du « côté obscur » et aurait lancé la machine qui mène à Trump. Mais l’impérialisme américain pille la planète et soumet les peuples depuis bien avant Cheney ou Trump. Dick Cheney n’a jamais rien renié ou regretté de ses actions. Dark Vador, le « vrai », lui au moins, s’était racheté à la fin de Star Wars.

Lors d’un discours prononcé à La Rochelle (Charente-Maritime), dans le cadre du vingtième anniversaire des Assises de l’économie de la mer, Macron n’a pu s’empêcher de s’en prendre à mots couverts aux quelques modestes amendements votés à l’Assemblée nationale qui prévoient une taxation ultra-minimale des bénéfices des entreprises étrangères et de ceux réalisés par les géants du numérique. Mais pour lui, c’est encore trop. Il a donc fustigé « ceux qui empêchent les champions d’aller conquérir les nouveaux marchés », les champions en question étant les grandes entreprises, notamment les multinationales. C’est la version macroniste de « touche pas à mon pote »… surtout si c’est un grand patron.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, en discussion à l’Assemblée nationale, va supprimer pour les familles sans enfant la prime de Noël, versée au moment des fêtes de fin d’année et destinée à 2,5 millions de personnes bénéficiaires du RSA, de l’allocation de solidarité spécifique (les chômeurs longue durée) ou de l’allocation équivalent retraite. Cette prime s’élève à 228 euros pour un couple sans enfant, et à 152 euros pour une personne seule. Pour justifier cette suppression, Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail et des Solidarités, a évoqué l’état des comptes de la Sécurité sociale en ajoutant au micro de France Inter : « Si on n’a pas le courage de s’attaquer à bras-le-corps à son équilibre, ça va déraper. » Sauf que le pseudo « courage » manifesté dans ce domaine par le gouvernement est toujours à sens unique : il s’agit d’abord et avant tout de faire les poches aux pauvres.

Le procès de la multinationale française Lafarge et de huit de ses anciens responsables s’est ouvert devant le tribunal correctionnel. Ils sont soupçonnés d’avoir payé, jusqu’en 2014, plusieurs millions d’euros à des groupes jihadistes, dont l’organisation État islamique, pour leur permettre de poursuivre leurs activités en Syrie en pleine guerre civile. La direction du groupe, avalé depuis lors par le suisse Holcim, s’est désolidarisée après coup de ses anciens cadres, les accusant de « violations du code de conduite des affaires de Lafarge ». Une déontologie un peu tardive. Rappelons qu’en octobre 2022, Lafarge SA avait plaidé coupable aux États-Unis d’avoir versé à l’État islamique et au groupe djihadiste Jabhat al-Nosra près de 6 millions de dollars (5,2 millions d’euros) et accepté de payer une sanction financière colossale de 778 millions de dollars (675 millions d’euros). Moralité : guerre ou pas guerre, les affaires sont les affaires.

Alors que des avions de chasse israéliens bombardaient la région de de Khan Younès, dans le sud du territoire palestinien, le ministère de la Santé local a indiqué avoir enregistré les décès de quatre Palestiniens supplémentaires ces dernières 24 heures. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre 2025, les attaques israéliennes ont fait au moins 240 morts et 607 blessés dans la population gazaouie. En fait l’occupant sioniste ignore le cessez-le-feu quand cela l’arrange et continue à tuer, majoritairement des civils. Le massacre se poursuit…