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Brèves

L’actualité en bref

Le groupe Hachette Livre, propriétaire depuis 2023 du milliardaire breton d’extrême droite et chrétien traditionaliste Vincent Bolloré, vient d’annoncer son acquisition de la marque Le Routard qui, outre le célèbre guide touristique, propose aussi des livres et des hors séries autour du voyage. Depuis sa création, plus de 55 millions d’exemplaires du Guide ont été vendus, avec une moyenne de 2,5 millions d’exemplaires par an. Il figure dans le top 20 des livres les plus vendus dans le monde. Ne doutons pas que Bolloré imposera sa marque sur les prochaines éditions de l’ouvrage qui risque de devenir « Le Guide du pélerin ».

Le FSU-Snuipp, premier syndicat d’enseignants en maternelle et élémentaire, a proposé de changer le nom des vacances de la Toussaint et de Noël lors du dernier Conseil supérieur de l’éducation. Il estime que les noms de ces vacances « n’ont pas leur place sur le calendrier de l’école républicaine ». À la place il proposait de rebaptiser ces deux périodes de congés scolaires en parlant de vacances « d’automne » et « de fin d’année ». À l’exemple de ce qui s’est fait en 1974 quand les vacances de Pâques sont devenues « de printemps ». Cette proposition a été votée à 44 voix contre 7 contre à la réunion, où étaient réunis syndicats d’enseignants et étudiants, représentants du personnel, d’élèves et de parents, pour plancher sur le calendrier de l’année scolaire 2026-2027. Ce qui a provoqué des réactions indignées à droite. La très réac Union nationale inter-universitaire (UNI), n’a pas tardé à lancer une pétition « pour la défense des racines chrétiennes dans les vacances scolaires » qui n’a pas fait un tabac. De son côté, la présidente de l’Association de parents de l’enseignement privé sous-contrat a estimé que « la Toussaint et Noël font partie de notre patrimoine national et laïc ». Mais pas l’Aïd musulman ou le Yom Kippour juif ? Finalement le ministère de l’Éducation nationale, qui ne veut pas se braquer la droite, a mis son veto. L’honneur est sauf. La France reste la fille aînée de l’Église. Amen…

L’arraisonnement de la flottille humanitaire Global Sumud, de ses 45 bateaux et de plus de 400 militants pro-palestiniens par la marine de guerre israélienne a provoqué une réaction faux cul d’Emmanuel Macron. Ce dernier a demandé aux autorités israéliennes de « respecter » le droit international concernant la flottille, alors même que son interception était un acte de piraterie caractérisé, une violation flagrante du droit de la mer. Mais de cela, Macron ne souffle mot pour ménager Netanyahou. De leur côté les avocats de 35 Français qui avaient embarqué à bord de la flottille ont annoncé vouloir porter plainte pour « détention arbitraire ». Dans le même temps ils ont dénoncé l’inaction des autorités françaises. Une inaction qui ressemble fort à une complicité.

Plusieurs agents ont été entendus par la police, dont quatre placés en garde à vue, pour l’agression d’une jeune femme de 19 ans en marge d’une manifestation des Gilets jaunes le 8 décembre 2018. Touchée par un tir de LBD, elle était tombée à terre et avait été violemment frappée par une quinzaine de policiers à coup de matraques et à coup de pieds. Les policiers, masqués et vêtus de noir, ne portaient ni matricule ni casque réglementaire. Elle avait eu le crâne fracturé et avait porté plainte. Et il aura fallu sept ans, et deux non-lieux, avant que certains de ses agresseurs soient mis en examen. Pour les couvrir, leur hiérarchie avait fait disparaître les enregistrements audio et vidéo de l’agression. Une pratique courante dans la bien mal nommée « police républicaine ».

Épinglée récemment dans la presse pour ses importantes dépenses en notes de frais (voyages, vêtements de luxe, restaurants, etc.) la maire de Paris, Anne Hidalgo, vient de riposter en rendant publiques les notes de frais des 20 maires de d’arrondissements, et notamment ceux de l’opposition. Et ce n’est pas triste. Ainsi, Libération, qui a eu accès à ces documents, cite parmi les justificatifs apportés par les élus : « Repas dans les grandes tables parisiennes, apéritifs au champagne, dépenses en chocolats, mais aussi caisses de champagne, menus enfant, bougies anti odeurs de tabac et livres. » Sans oublier des « sommes folles » dans l’achat de vêtements durant ces quatre années. En résumé, les maires, de droite comme de gauche, utilisent leurs indemnités d’élu pour des choses qui n’ont pas grand-chose à voir avec leurs mandats. Un vrai panier de crabes…

C’est le quotidien américain The New York Times qui a levé le lièvre. Depuis plusieurs mois, un nouveau concept de travail chamboule le secteur de la haute technologique de la Silicon Valley, en Californie. Il est désigné par trois chiffres « 996 » qui signifie travailler de 9 heures du matin à 9 heures sur soir six jours par semaine, soit 72 heures hebdomadaires. Ce rythme de travail a été popularisé dans les années 2010 par des entreprises chinoises comme Alibaba, Huawei et ByteDance. Ce qui a entraîné plusieurs décès de salariés et l’interdiction par la Cour populaire suprême chinoise de cette pratique… qui pourtant se poursuit et gagne les États-Unis. Comme l’explique Adrian Kinnersley, un entrepreneur, à Wired, un média spécialisé dans les nouvelles technologies : « Nous avons plusieurs clients pour qui l’une des conditions pour sélectionner des candidats avant un entretien est de savoir s’ils sont prêts à travailler en 996. » Les patrons de plusieurs start-ups interviewés par ce même média ont également confirmé qu’une partie de leurs employés travaillaient désormais à ce rythme, qui est d’ailleurs mentionné dans certaines offres d’emploi. Certains rêvent maintenant d’exporter ce concept de surexploitation en Europe. Mais là, ce n’est pas gagné. Comme l’explique Harry Stebbings, un investisseur en capital-risque travaillant au Royaume-Uni : « Les gens en Europe ont l’air choqués quand on leur demande de travailler le week-end. » Tout comme ils sont révoltés quand on veut leur sucrer des jours fériés. Tous des fainéants on vous dit !

Jane Fonda a relancé le Comité pour le Premier Amendement, un mouvement de protestation pour la liberté d’expression initialement fondé par son père, Henry Fonda, pendant la guerre froide. Le comité original avait été créé en 1947 par l’acteur en réponse aux mesures répressives du gouvernement américain pendant l’ère de Joseph McCarthy. Ce sénateur est resté dans l’histoire pour avoir organisé une véritable chasse aux sorcières contre celles et ceux qui, notamment à Hollywood, professaient des idées de gauche. Ce qu’on a appelé le maccarthysme. Parmi les membres fondateurs du comité figuraient des célébrités de l’époque comme Judy Garland, Humphrey Bogart et Frank Sinatra. Le nouveau comité vise à protéger la liberté d’expression face à ce que ses initiateurs perçoivent comme une menace actuelle contre le premier amendement de la Constitution américaine, adopté en 1791, qui protège la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté de la presse, le droit de pétition et le droit de réunion. Jane Fonda, qui a reçu le soutien de plusieurs centaines de personnalités du monde du spectacle et des médias, a souligné que cette initiative n’est pas un simple geste symbolique, mais le début d’une lutte soutenue.

Le 1er octobre, le tribunal de première instance de Nabeul, en Tunisie, a prononcé une condamnation à mort contre Saber Chouane. Son crime ? Le journaliste sur un compte suivi par très peu de personnes a critiqué le président Kaïs Saïed sur Facebook avec un pseudonyme satirique « Kaïs Ettais » (Kaïs l’infortuné). Les chefs d’accusation vont de « acte obscène contre le président », à « tentative d’agression visant à modifier l’appareil de l’État ». Cette nouvelle a choqué la population, à raison. Aucun condamné n’a été exécuté depuis 1991, mais Saïed, qui emprisonne et condamne à tour de bras, sort désormais la peine capitale pour un post Facebook. On imagine déjà la prochaine étape : la pendaison pour un like suspect ? La révolution trahie n’a jamais eu aussi mauvaise mine.

Les bateaux de la flottille de la liberté (Global Sumud), chargés d’aide humanitaire et qui tentaient de briser le blocus maritime de la bande de Gaza, ont été interceptés par la marine israélienne au large des côtes égyptiennes et gazaouies, dans les eaux internationales. Encore une fois Israël viole en toute impunité toutes les législations et conventions internationales. L’exemple à suivre vient d’Italie où les syndicats ont appelé à une grève générale pour protester contre cet acte de piraterie. Des manifestations de protestation ont eu lieu le jour même dans d’autres pays du monde, comme en Espagne à Madrid, Barcelone, Séville, Valence et autres villes. Ces démonstrations de soutien au peuple palestinien doivent continuer et s’amplifier.