Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Des chiffres récents, avancés d’abord par une commission sénatoriale puis par des économistes indépendants, situent les aides publiques aux entreprises à des niveaux compris entre 210 et 270 milliards d’euros chaque année. Mais cela ne date pas d’hier. En effet, selon les données de l’Institut de recherches économiques et sociales et de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, depuis 1979 environ 1 250 milliards d’euros ont été versés en intérêts aux créanciers du pays (banques et fonds spéculatifs) et 2 686 milliards ont été distribués aux entreprises. Soit au total près de 4 000 milliards d’euros. De quoi expliquer la dette publique actuelle de 3 346 milliards. Pendant cette période, les entreprises ont bénéficié d’aides directes, de niches fiscales, de baisses de cotisations, d’allègements et de crédit d’impôts non seulement sous les gouvernements de droite mais aussi lorsque les « socialistes » Mitterrand et Hollande étaient à l’Élysée. Présidents et gouvernements de droite et de gauche passent, le grand capital reste et prospère…

Rachida Dati, la ministre démissionnaire de la Culture, est satisfaite. En effet on vient d’apprendre que les dates de son procès en correctionnelle ont été fixées du 16 au 28 septembre 2026 soit bien après les élections municipales du printemps prochain où elle compte se présenter dans l’espoir de conquérir la mairie de Paris. Reste à savoir si les Parisiennes et Parisiens porteront leurs suffrages sur une dame inculpée pour abus de confiance pour avoir perçu 900 000 euros illégalement de Renault-Nissan sans avoir réellement travaillé et qui, de plus, a omis de déclarer 420 000 euros de bijoux de luxe à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Avec elle, la réputation de la capitale, déjà entachée d’affaires plus ou moins louches sous Anne Hidalgo, ne risque pas de s’améliorer.

Jo-Anne Deborah Byron, plus connue sous son pseudonyme d’Assata Shakur, vient de mourir à La Havane à 78 ans. Elle était devenue au cours des années une figure emblématique du mouvement des droits civiques et de la lutte contre le racisme systémique aux États-Unis. Dans sa jeunesse, elle avait rejoint le Black Panther Party puis la Ligue de libération noire, une organisation clandestine prônant la résistance armée contre le racisme et la violence d’État. En 1973, à l’issue d’une fusillade opposant, dans le New Jersey, des militants noirs à la police et qui avait fait deux morts (dont un policier), elle avait été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité. Évadée de prison en 1979, elle avait obtenu l’asile politique dans l’île des Caraïbes. Sa mort a suscité une vague d’émotion et de témoignages sur les réseaux sociaux, honorant son combat contre le racisme et pour l’égalité.

La liaison de nuit Paris-Berlin qui passe par Strasbourg devrait fermer d’ici décembre, faute de subventions de l’État, car elle est légèrement déficitaire. Pourtant bien fréquentée, notamment grâce à des billets abordables, la SNCF et l’État ne l’estiment pas prioritaire et préfèrent miser sur la ligne TGV, plus rentable mais clairement moins accessible pour les petits portefeuilles. Le message est clair : les pauvres, restez chez vous !

… d’après le bulletin SNCF Strasbourg

Mieux que la première classe, la SNCF lancera la classe Optimum en janvier 2026 pour les « professionnels à la recherche d’une expérience de haute qualité ». Comme si les usagers modestes étaient à la recherche d’un service dégradé et adoraient s’entasser dans les sièges trop étroits des Ouigo. Il faudra compter environ 200 euros le billet pour une prestation incluant une offre de restauration « bistronomique » « de produits de saison » servis dans de la porcelaine. La SNCF, aux petits soins des riches, ne voit que le profit, alors que les usagers manquent de tout, avec des billets déjà bien trop chers.

… d’après le bulletin SNCF Strasbourg

Le 21 septembre, quand des trombes d’eau se sont abattues sur le région, nous nous sommes retrouvés avec trois à quatre centimètres d’eau dans les urgences de l’hôpital de Saint-Malo. Au point qu’il a fallu évacuer une quarantaine de patients par le Samu vers Rennes, Cancale et Dinan. Ce n’est pourtant pas la première fois que des plafonds fuient et il semble que ce soit difficilement réparable. La construction d’un nouvel hôpital serait donc une excellente chose si le projet adopté n’entraînait pas une réduction du nombre de lits et des difficultés supplémentaires pour les patients privés d’un hôpital de proximité en raison du regroupement des établissements de Saint-Malo, Dinan et Cancale. Mais, même ce projet qui traîne depuis plus de quatre ans semble désormais compromis. Pourtant, son budget a été réduit de 445 millions d’euros à 350, ce qui suppose des économies sur les locaux, le matériel et le personnel. À l’image des coupes budgétaires que Macron veut infliger aux services publics pour continuer à subventionner grassement les plus grandes entreprises et doubler le budget de l’armée.

… d’après le bulletin du centre hospitalier de Saint-Malo

La Cnam a découvert que des fraudeurs se trouvent chez les professionnels de santé qui surfacturent leurs actes. Les assurés vont-ils pouvoir souffler ? Certainement pas ! Ils vont recevoir un courriel tous les dix jours pour les inviter à vérifier que leur médecin n’a pas fraudé. Quand on sait que beaucoup sont déjà angoissés face aux sollicitations de France Travail et de la CAF cette campagne de harcèlement ne risque pas d’améliorer leur bien-être psychologique ! On nous affirme que cette démarche vise à responsabiliser les patients quant au coût de la santé, qu’en est-il de la responsabilisation des fraudeurs ? Plutôt que d’augmenter ses effectifs, la Cnam préfère faire travailler les assurés bénévolement en leur imposant ce travail de contrôle. Il n’y a pas de petites économies !

Deux Somaliennes sont mortes lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche au sud de Boulogne-sur-Mer, à hauteur des plages de Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais). Le drame s’est produit alors qu’une centaine de migrants tentaient de prendre la mer sur une embarcation de fortune qui n’a pas pu démarrer, a dérivé et a pris l’eau. D’où la panique à bord. Une soixantaine de personnes ont été prises en charge par la protection civile. D’autre part le corps d’un autre migrant a été découvert dans un canal à Gravelines (Nord). Cela porte à au moins 26 le nombre de morts lors de ces tentatives de traversées clandestines de la frontière franco-britannique depuis le début de l’année. Selon des associations d’entraide, plus de 500 migrants ont péri dans la Manche depuis 1999. Mais malgré le renforcement régulier des moyens français et britanniques pour empêcher ces traversées, ces départs ne faiblissent pas, bien au contraire : plus de 32 000 personnes sont parvenues à rejoindre les côtes britanniques depuis le début de l’année. Un nombre record. Londres et Paris continuent, par démagogie et sous la pression de l’extrême droite, de durcir la législation anti-migrants qui ne freine pas les traversées mais les rend toujours plus périlleuses et augmente le nombre de victimes. Solidarité avec les migrants, ouverture des frontières !

Après le Medef, c’est au tour de l’Association française des entreprises privées, qui regroupe
les 117 plus grosses sociétés du pays, de s’élever contre toute taxation supplémentaire des entreprises et de vanter « la contribution économique et sociale » du patronat à la vie du pays. Et de souligner que ses membres, qui emploient 2,1 millions de salariés en France, versent 85,1 milliards d’euros de prélèvements obligatoires et réalisent 50 % de la recherche privée française. Mais pas question de rappeler que lesdites entreprises empochent chaque année pour plus de 210 milliards de subventions publiques. Sans doute par pudeur…