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Brèves

L’actualité en bref

S’appuyant sur deux enquêtes de l’Ifop, réalisées d’abord en novembre 2023 puis entre août et septembre 2025, l’Observatoire des discriminations envers les musulmans de France met en lumière la prégnance des discours et des actes anti-musulmans. 75 % font le constat d’une montée de la haine envers les musulmans et 81 % estiment même que le phénomène est en augmentation par rapport à il y a une dizaine d’années. 64 % d’entre eux notent une restriction de leur liberté religieuse, comme de porter le voile ou de suivre des règles alimentaires. Ce chiffre bondit à 81 % chez les femmes musulmanes voilées contre 60 % chez les musulmanes non voilées. 51 % des personnes interrogées font même part de leur peur d’être agressées en raison de leur religion. Là encore, les femmes portant le voile sont surreprésentées : 66 % contre 53 % pour les non voilées. 23 % des musulmans interrogés ont déclaré avoir, au cours des cinq dernières années, fait l’objet de discrimination lors de leur recherche d’emploi, 18 % lors de la recherche d’un logement, 17 % lors d’un échange avec un agent travaillant dans une administration comme une mairie ou une préfecture, 17 % lors d’une visite à l’hôpital ou chez le médecin et 16 % lors d’un contrôle par les forces de l’ordre. Une étude qui reflète le racisme ambiant largement alimenté par la droite et l’extrême droite.

Des révélations faites par le quotidien Libération en avril dernier montraient que Rachida Dati avait dissimulé des bijoux d’une valeur comprise entre 400 000 et 600 000 euros dans sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Une enquête vient donc d’être ouverte par la Brigade financière et anti-corruption de la police judiciaire. Elle est également visée par une autre information judiciaire du parquet national financier pour corruption et trafic d’influence pour avoir reçu illégalement 900 000 euros de Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault-Nissan. Dati, qui rêve de conquérir la mairie de Paris l’an prochain, se présentera donc aux suffrages des Parisiennes et des Parisiens avec un impressionnant palmarès… judiciaire.

Alors que Macron devrait reconnaître l’État de Palestine le 22 septembre, le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a décidé de marquer le coup. Il appelle les mairies à hisser ce jour-là le drapeau palestinien sur leur fronton. Un geste symbolique qui ne doit pas faire oublier l’ardeur plus que timorée montrée par le PS jusqu’à présent pour participer aux mouvements de soutien au peuple palestinien. Sa position doit être surtout vue comme un soutien à la politique de Macron dans ce domaine. Mais même ce geste attire des critiques dans son propre camp. Notamment celle du député Jérôme Guedj, qui n’a jamais caché ses sympathies sionistes, qui préférerait que les mairies installent deux drapeaux, israélien et palestinien, côte à côte. Une façon de mettre sur le même plan oppresseurs et opprimés, bourreaux et victimes.

C’est loin d’être un tsunami mais c’est malgré tout inquiétant. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a réalisé une percée en triplant son score électoral par rapport à l’année précédente dans la province industrielle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la plus peuplée du pays. Il a obtenu 16,5 % des voix contre 5,1 % en 2004. Il est encore très loin derrière les conservateurs de la CDU (33 %) et les sociaux-démocrates du SPD (22 %), qui gouvernent ensemble à Berlin, mais devance les Verts (13,5 %) qui ont perdu en un an près de la moitié de leur électorat. Cette poussée de l’AfD est à mettre en relation avec son succès obtenu l’an dernier en Thuringe où il est devenu la première force politique en obtenant 33 % des voix. Depuis sa création en 2013, ce parti a fait de la lutte contre l’immigration son cheval de bataille et depuis 2016 il ne cesse d’améliorer ses résultats face à des partis de gouvernement qui font de la surenchère anti-migrants soi-disant pour le contrer, mais qui en réalité le renforce.

Des manifestants pro-palestiniens ont envahi le parcours de la dernière étape de la Vuelta, le Tour d’Espagne cycliste, avant le passage des coureurs en plein centre-ville de Madrid, provoquant l’arrêt définitif de la course à 56 kilomètres de l’arrivée. Selon les autorités, plus de 100 000 personnes ont participé à cette manifestation. Depuis le début du tour, toutes les étapes ont été émaillées d’incidents entrainant des modifications de parcours, les manifestants protestant notamment contre la participation de l’équipe Israël-Premier Tech à la compétition. Cela se déroule dans un contexte où le soutien aux Palestiniens est extrêmement fort dans la population et où les manifestations se sont multipliées dans les principales villes du pays ces dernières semaines.

Après avoir occupé le plateau du Golan en 1967 avant de l’annexer en 1981, l’État sioniste va-t-il s’emparer de nouveaux territoires syriens ? On peut se poser la question. Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, Israël a multiplié les incursions au-delà de la zone démilitarisée dans le Golan et a construit plusieurs avant-postes militaires dans le sud de la Syrie. Un pas supplémentaire dans cette voie a été effectué par un groupe de colons israéliens qui a traversé la frontière syrienne pour poser symboliquement la première pierre d’une nouvelle colonie. Ils ont été rapidement rapatriés par l’armée israélienne mais aucun n’a été ni arrêté, ni inquiété. On assiste là à un scénario habituel de la politique sioniste qui consiste pour des colons à établir une colonie, déclarée dans un premier temps illégale par les autorités… avant d’être régularisée quelques mois plus tard. Amos Azaria, le porte-parole de ces colons, qui s’intitulent « Les Pionniers de Bachan », du nom biblique d’une vaste région comprise entre le sud de la Syrie et l’est de la Jordanie, affirme que cette région doit être annexée immédiatement par Israël. Et cette revendication rencontre une oreille complaisante au sein du cabinet israélien. Après la Cisjordanie et Gaza l’appétit colonialiste de l’État hébreu est insatiable.

Un ancien soldat britannique comparait anonymement devant un tribunal de Belfast accusé de deux meurtres et cinq tentatives de meurtre lors du « Bloody Sunday » (Dimanche sanglant), épisode du conflit nord-irlandais qui s’était déroulé le 30 janvier 1972 à Derry. Ce jour-là des parachutistes britanniques avaient ouvert le feu sur une manifestation pacifique de militants catholiques, faisant treize morts. Il a fallu attendre 2010 pour que soit officiellement reconnue l’innocence des victimes, atteintes pour certaines dans le dos ou même à terre, agitant un mouchoir blanc. Depuis la fin du conflit nord-irlandais en 1998, seul un ancien soldat britannique a été condamné début 2023 à une peine de trois ans avec sursis pour avoir tué un homme à un check-point en 1988. La même année, le gouvernement conservateur faisait voter une loi baptisée « Héritage et réconciliation » qui a mis fin à la plupart des poursuites pénales pour les crimes commis pendant cette période, notamment par les militaires britanniques. Le procès actuel est donc exceptionnel. Quant aux combattants de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), qui combattait les Britanniques, ils furent souvent tués, arrêtés voire torturés et certains, comme Bobby Sands, moururent en prison. Et Londres ne leur a jamais rendu justice. Mais, sauf surprise, l’ex-soldat ne risque pas grand-chose.

Patrick Martin, le président du Medef, menace d’une « grande mobilisation patronale » si Lecornu décide d’augmenter les impôts des entreprises en 2026. Et il revendique : il faut « desserrer le frein à main pour relancer l’investissement ». Les freins sont pourtant lâchés à fond ! Une enquête journalistique (Le Grand Détournement, publié tout récemment) estime à 270 milliards les exonérations de charges et autres subventions dont bénéficie le patronat, chaque année. Quant au taux d’imposition sur les entreprises, il a diminué de moitié en 40 ans. Les patrons pleurent la bouche pleine : c’est à ça qu’on les reconnaît.

Depuis des mois, la jeunesse népalaise dénonçait sur les réseaux sociaux le chômage, la misère et la corruption qui poussent chaque année des milliers d’entre eux à émigrer. Après la coupure des réseaux imposée par le Premier ministre Oli, une manifestation réprimée dans le sang – 51 morts – a conduit les protestataires à incendier le Parlement, à chasser les dirigeants corrompus de leurs résidences et à obliger le gouvernement à démissionner. Le replâtrage en cours avec une Première ministre qui ne changera rien à la misère n’a vraiment pas de quoi calmer la colère. La révolte contre cette société d’oppression et d’exploitation ne connaît pas de frontières !