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Brèves

L’actualité en bref

Le préfet de police de Paris a indiqué s’opposer à l’interdiction, réclamée par des élus et des associations, du concert du groupe de métal américain Disturbed qui doit se produire au Zénith. Le chanteur de ce groupe, David Draiman, avait fait parler de lui lors d’une visite, l’an dernier, sur une base militaire israélienne où il s’était fait filmer en train de dédicacer des bombes sur Gaza en écrivant en anglais : « Hamas va te faire foutre. » Pour le préfet, cette apologie du terrorisme ne constitue nullement un trouble à l’ordre public. Par contre, brandir un drapeau palestinien ou porter un keffieh peut vous valoir une arrestation et une interdiction de manifester. C’est ce qu’on appelle le « deux poids, deux mesures »…

Un peu partout dans le pays, des membres de milliers d’associations ont manifesté samedi 11 octobre pour dire : « Ça ne tient plus ! » Ils protestaient pour dénoncer la précarité des acteurs associatifs dans un contexte de réduction des subventions publiques. Sport, culture, musique, crèches, solidarité, services médico-sociaux, etc., les domaines d’intervention de ces associations sont très larges et elles suppléent souvent à la carence des pouvoirs publics. « Le temps que l’on consacre à rechercher des financements, c’est ça de moins pour les actions de terrain », regrette Morgane Raguenet-Pré, coordinatrice de la Fédération régionale de Nouvelle-Aquitaone des centres d’information sur les droits des femmes et des familles. « On est épuisés et dans l’incertitude totale », poursuit-elle. « Ce sont les personnes qu’on accompagne qui en paient le prix. » Car toutes les subventions qu’elles peuvent recevoir – des communes, des départements, des régions et de l’État – sont en baisse. Et la situation risque d’être encore pire l’an prochain. La seule façon de voir leurs crédits augmenter serait pour les associations de produire des canons, des chars d’assaut et des drones de combat…

Nouvel exploit de Jean-Noël Barrot, le ministre démissionnaire des Affaires étrangères.
Il a refusé de recevoir Pascal André, un médecin qui participait à la flottille humanitaire pour Gaza et qui avait été arrêté avec les autres militants pro-palestiniens par Israël. André souhaitait attirer l’attention du ministre sur le sort des humanitaires kidnappés par les Israéliens et qui ont subi mauvais traitements et humiliations en prison. Non seulement il n’a pas été reçu, mais lui et ses amis se sont heurtés à un barrage de policiers à leur arrivée au ministère. Tout un symbole. Rappelons que Paris n’a toujours pas protesté contre les actes de piraterie dans les eaux internationales commis à trois reprises par l’État sioniste et est resté indifférent au sort de celles et ceux qui avaient été arrêtés.

Le ministre de la Santé de Donald Trump, l’ignare Robert Kennedy Junior, poursuit ses déclarations fracassantes sans aucun fondement scientifique. La dernière en date : les enfants ayant subi une circoncision – pratique religieuse courante chez les musulmans et les juifs – auraient deux fois plus de risques d’être autistes que les autres. La raison avancée : on leur aurait administré du paracétamol ou leur mère aurait pris ce médicament pendant leur grossesse. Des propos jugés aberrants par les experts spécialistes de l’autisme qui ont demandé à l’intéresser de montrer les preuves de ce qu’il avançait. Réponse de Kennedy : « Je n’ en ai aucune mais j’en cherche. » Tout cela pourrait faire sourire si ce sinistre imbécile ne mettait pas en œuvre une politique qui a déjà fait d’énormes dégâts dans le système de santé publique du pays et dans la recherche médicale.

Le tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) vient de prononcer la liquidation judiciaire de la société Avec qui chapeaute une grosse centaine de structures, œuvrant principalement dans le secteur médico-social (aides à domicile, Ehpads, hôpitaux, centres de santé…) et employant au total 10 000 salariés. Le groupe, fondé par Bernard Bensaïd, était en redressement judiciaire depuis mars 2024 et accumulait des dettes importantes. Ce dernier est, de plus, mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt. Bensaïd, ex-dirigeant du groupe mais toujours son actionnaire majoritaire, prévoit « seulement » entre 800 et 1 000 licenciements. Pas de quoi rassurer les salariés qui risquent, encore une fois, d’être les victimes d’un patron voyou.

Le 25 novembre 2017, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Macron décrétait l’égalité entre les femmes et les hommes, prétendue « grande cause nationale » de ses quinquennats. Depuis le président et ses ministres ont brassé beaucoup de vent sans rien changer à la situation. Les femmes gagnent toujours en moyenne 25 % de moins que les hommes, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ex, et 86 % des femmes déclarent être confrontées à des attitudes ou décisions sexistes sur leur lieu de travail. C’est le moment que choisit le gouvernement pour encore réduire la voilure dans ce domaine. Austérité oblige, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, qui dépend du Premier ministre, va voir supprimer deux de ses cinq chargées de mission qui seront remplacées par des stagiaires ou des « apprentis ». C’est surtout la commission « violences faites aux femmes » qui va morfler. En outre, le rapport annuel sur l’état du sexisme en France risque de passer à l’as l’an prochain. Qu’en serait-il s’il ne s’agissait pas d’une « grande cause nationale » !

Nicolas Sarkozy est convoqué le 13 octobre au parquet national financier pour connaître les modalités de son incarcération imminente après sa condamnation à cinq ans de prison ferme dans le cadre de l’enquête sur le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Pour rester fidèle jusqu’au bout à sa réputation « bling bling », il a organisé un pot de départ dans le très chic manoir des Pavillons des Étangs du bois de Boulogne, dans le 16e arrondissement de Paris. Parmi les invités présents à cette sauterie, on notait la présence du secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin, bras droit du président de la République. Il n’était évidemment pas là par hasard mais pour souligner le plus ou moins discret soutien de Macron à Sarkozy, qu’il avait d’ailleurs appelé au téléphone après sa condamnation. En son temps, le dirigeant du PCF, Jacques Duclos, critiquait la tendance à créer une élite privilégiée, composée de proches du pouvoir (les copains) et de ceux qui profitent de leur position pour des intérêts personnels (les coquins). Sarkozy réalise le tour de force d’être les deux à la fois. Et soyons sûrs qu’à la fin des agapes les participants lui ont souhaité une bonne santé mais aussi un bon séjour à la Santé.

Une bande de crétins a profané la tombe de l’ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, au carré juif du cimetière de Bagneux (Hauts-de-Seine), au moment où son cercueil entrait au Panthéon. Que cette nouvelle « panthéonisation » puisse provoquer un sentiment de ras-le-bol est tout a fait légitime. Depuis des années Macron multiplie ce genre de cérémonies (Simone Veil, Maurice Genevoix, Joséphine Baker, les Manouchian et on nous annonce Marc Bloch pour l’an prochain) pour, à chaque fois, se mettre en avant et se faire de la pub avec décorum rétro, profusion de drapeaux tricolores et gueules de circonstance, ce qui devient insupportable. Il n’est pas question d’idéaliser Badinter. On oublie un peu vite aujourd’hui qu’avant d’être ministre de la Justice de Mitterrand puis sénateur, il fut un avocat « paillettes » spécialisé dans la défense des célébrités (Charlie Chaplin, Brigitte Bardot, Coco Channel, le baron Empain, Jimmy Connors, l’héritière d’Opel, etc.) et pas dans celle du chômeur, de la veuve et de l’orphelin. Mais ce qui va changer sa vie est son échec à sauver de l’échafaud Roger Bontemps, guillotiné à la prison de la Santé en novembre 1972. À partir de ce moment, il consacra sa vie à l’abolition de la peine de mort qu’il obtiendra finalement neuf ans plus tard, une fois devenu ministre de Mitterrand. On lui doit, également parmi d’autres combats, la dépénalisation de l’homosexualité. Et cela mérite, sinon une admiration béate pour ce serviteur toujours fidèle de la bourgeoisie, du moins un certain respect.

Un gardien de la paix, qui était en poste à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise, a été condamné à huit mois de prison avec sursis pour violences aggravées sur un adolescent de 14 ans. L’incident s’était produit le 19 mars 2020 à Villeurbanne lors d’une intervention policière suite à un rodéo de scooter. L’adolescent, d’origine maghrébine, avait été frappé au visage avec une bombe lacrymogène, ce qui lui avait cassé une dent. Dans un premier temps, suite à une enquête bâclée, « la police des polices » avait écarté toute responsabilité du policier. La famille de l’adolescent avait alors porté plainte à deux reprises, chaque fois classée sans suite avant que la partie civile ne riposte par une citation directe. Malgré la légèreté de cette condamnation l’avocat du flic tabasseur a fait appel, en espérant décrocher un acquittement. Comme dirait Sarkozy, encore un exemple d’une justice trop répressive à l’égard des honnêtes gens.