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Brèves

L’actualité en bref

Le parquet de la cité phocéenne a annoncé l’ouverture d’une enquête après la diffusion d’images sur les réseaux sociaux montrant une jeune femme violemment frappée par des policiers à l’issue de la journée de mobilisation et de manifestations du 18 septembre. Les images en question ont été tournées par l’AFP TV, le service vidéo de l’Agence France-Presse. L’enquête a été ouverte « pour violence ayant entraîné une incapacité de travail inférieure à huit jours, commise par une personne dépositaire de l’autorité publique en réunion ». On sait par avance (et par habitude) que les policiers vont déclarer que la vidéo est biaisée, que ce sont eux qui étaient sauvagement agressés par leur victime et qu’ils n’ont fait que se défendre. Et il y a de fortes chances que la justice fasse semblant de les croire.

La filiale française de Toray, groupe japonais premier fabricant mondial de fibre carbone, vient d’être condamnée à verser 3 000 euros à Timothée Esprit, un syndicaliste CGT qui travaille dans une de ses usines du bassin de Lacq. À deux reprises la direction a tenté de le licencier. La première fois en prenant prétexte du fait qu’il avait affiché sur son compte X personnel des messages de soutien à la cause palestinienne, la seconde en tentant d’obtenir des informations sur les visites qu’il avait effectuées à la prison de Lannemezan pour s’entretenir avec le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, libéré en juillet dernier. Par deux fois ses demandes de licenciement ont été rejetées par l’inspection du travail. Dans son jugement, le tribunal interdit à l’entreprise d’utiliser contre Esprit des éléments portant sur ses visites pénitentiaires. Mais le patron ne lâche pas le morceau et a saisi le ministère du Travail pour tenter de passer outre aux refus de licenciement.

Le Premier ministre désigné, Sébastien Lecornu, vient d’être épinglé par Mediapart qui a découvert que dans son CV, affiché notamment sur le site du ministère des Armées qu’il dirigeait récemment, Sébastien Lecornu affirmait être titulaire d’un master de droit public de l’université Paris-II-Assas. Un diplôme qu’il n’a jamais obtenu, n’étant allé que jusqu’à la maîtrise. Un petit mensonge. Finalement son CV a été modifié pour mentionner simplement « études de droit ». Pour quelqu’un qui a promis « des ruptures sur la forme et sur le fond », il n’a pas eu problème à rompre avec la vérité.

Jeudi dernier, en marge de la mobilisation du 18 septembre à Montpellier, des militants d’extrême droite ont agressé à plusieurs reprises des manifestantes et manifestants, dont des lycéens. Ils se font ainsi les défenseurs zélés de la politique du gouvernement, combattue par les centaines de milliers de personnes qui ont battu le pavé. Un rappel que l’extrême droite, malgré ses discours « anti-système », défend avec acharnement les intérêts des riches et des puissants. Le meilleur moyen de montrer à ces nervis qu’ils ne nous intimideront pas sera de se montrer plus nombreux et mieux organisés qu’eux !

À l’occasion de la journée de manifestations et de protestations du 18 septembre le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait fait déployer sur le terrain un nombre inédit de membres des forces de l’ordre : 80 000 policiers et gendarmes mobilisés, dont 6 000 rien qu’à Paris, appuyés par des drones, 26 engins blindés et 10 engins lanceurs d’eau. Au total il y a eu 140 interpellations dont 21 à Paris, 8 blessés légers parmi les forces de sécurité et quelques incidents localisés alors qu’un million de personnes étaient dans la rue. On est bien loin des prédictions apocalyptiques du ministre de l’Intérieur. Mais qu’importe. Retailleau poursuit sa politique de communication visant à faire de lui le meilleur rempart contre le « désordre » dans le pays et un bon candidat à la présidentielle de 2027. Et tout ça aux frais du contribuable.

Sally Rooney, 34 ans, écrivaine irlandaise de best-sellers, n’a pas pu se rendre à Londres où elle devait recevoir un prix littéraire dans le cadre des « Sky Art Awards » pour son dernier roman, Intermezzo. Les autorités britanniques lui ont fait savoir qu’elle serait arrêtée si elle mettait un pied sur le sol anglais. Son crime : soutenir ouvertement l’organisation Palestine Action, récemment interdite pour « terrorisme » par le gouvernement travailliste. Pire, elle a annoncé que les royalties qu’elle touche des adaptations par la BBC Television de deux de ses romans – Des gens normaux et Conversations entre amis – seraient reversées à la cause palestinienne. Suite à l’annulation de son voyage dans la capitale britannique elle a déclaré : « Je veux réaffirmer ma foi en la dignité et la beauté de toute vie humaine, ainsi que ma solidarité avec le peuple palestinien. »

Les États-Unis ont une nouvelle fois bloqué l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent à Gaza, ainsi qu’à la levée des restrictions sur l’aide humanitaire et à la libération des otages. La résolution a recueilli 14 voix pour et une contre (celle des États-Unis qui ont un droit de veto). C’est le sixième veto américain depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza. L’adoption de la résolution n’aurait pas changé grand-chose sur le terrain et n’aurait pas empêché Netanyahou de poursuivre son génocide. Mais c’est à nouveau une démonstration de la volonté de Washington de soutenir jusqu’au bout Israël qui a renforcé son rôle de pièce maitresse dans la stratégie de l’impérialisme américain au Moyen-Orient.

Le ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, qui poursuit par ailleurs son combat contre les vaccins, a déclaré avoir un plan pour améliorer l’état de santé des enfants américains, qui ont des taux de mortalité très supérieurs à la moyenne des autres pays développés. Dans le détail, le taux de mortalité moyen pour un Américain de un à dix-neuf ans est supérieur de 80 % à la moyenne des membres de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). En cause notamment : l’omniprésence de produits ultra-transformés, trop gras, trop sucrés et trop salés, dans le régime des enfants, produits qui sont un véritable fléau qui contribuent à l’explosion des cas de diabète, d’obésité ou encore d’hypertension artérielle. Sur ce point, le rapport donne des recommandations aux entreprises et en appelle à leur responsabilité… sans obliger à aucun moment l’industrie alimentaire à rendre ses produits plus sains et à cesser de commercialiser des aliments néfastes pour les enfants. Comme l’expliquent deux spécialistes américains de la question, Barry Popkins et Kelly Brownell : « L’administration américaine a de nouveau échoué à résister à la pression des lobbys » et « les industries alimentaires et agricoles ont finalement remporté la victoire ». La santé publique attendra…

Dans le dernier numéro du magazine de France 2, Complément d’enquête, consacré aux subventions aux entreprises, l’ancien président socialiste François Hollande était interrogé sur les 211 milliards d’aides qu’elles touchent de l’État. Il s’est énervé lorsque la journaliste lui a rappelé que c’est sous son quinquennat qu’avait été créé le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) qui entre 2013, date de sa création, et 2019, où il a été supprimé, avait couté environ 100 milliards d’euros. Ce dispositif avait été notamment critiqué car, comme beaucoup d’autres, il se caractérisait par l’absence de contrôle et de contrepartie demandés des entreprises. En juillet 2025, l’ancien chef d’État avait d’ailleurs séché une audition devant la commission d’enquête du Sénat qui portait justement sur les aides aux grandes entreprises. Sous la gauche comme sous la droite les grandes entreprises se gavent d’argent public.