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Brèves

L’actualité en bref

Emmanuel Macron, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le chancelier allemand Friedrich Merz réuniront aujourd’hui en visioconférence les pays de la « coalition des volontaires » alliés de Kiev (l’Union européenne, l’OTAN, et des pays non-européens comme le Canada) afin de préparer, paraît-il, les prochaines étapes des discussions de paix. Ces concertations auront lieu à la veille d’un déplacement de Volodymyr Zelensky à Washington et dans la foulée du sommet en Alaska entre les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine. Mais ces discussions ne peuvent masquer le fait que Trump et Poutine discutent entre eux du sort de l’Ukraine et que, face à eux, Zelensky pèse peu et la « coalition des volontaires » encore moins. Dans la jungle capitaliste la seule loi qui vaille, c’est celle du plus fort. 

Olivier Sarrabeyrouse, le maire communiste de la commune, s’en est pris violemment au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, à la droite et à l’extrême droite pour la « récupération politicienne » et « la haine raciste islamophobe » dont ils ont fait preuve suite à l’annulation d’une projection en plein air du film « Barbie ». Cette séance avait dû être déprogrammée suite aux menaces proférées par un groupe de jeunes qu’il avait accusés « d’obscurantisme et de fondamentalisme » et condamné leur argument « totalement fallacieux » selon lequel ce film prônait l’homosexualité et portait atteinte à l’image de la femme. Mais il avait tenu à préciser qu’en aucun cas il ne visait l‘ensemble des musulmans. Et de constater : « Les réseaux sociaux de la ville et les miens sont inondés de messages insultants, racistes et tout spécialement islamophobes. Ce ne sont pas les propos du ministre de l’Intérieur du jour qui vont éteindre cette flamme de haine raciste, distillée sans aucune limite dont je suis la cible tout autant que ma population », mettant en cause directement Bruno Retailleau. Ce dernier avait dénoncé des « pressions d’une minorité violente qui veut “hallaliser” l’espace public ». En fait tout est bon pour le locataire de la place Beauvau pour attiser la haine des Arabes et des musulmans.

Un ou des crétins antisémites ont abattu à la tronçonneuse un olivier planté en 2011, cinq ans après la mort d’Ilan Halimi, un jeune de 23 ans, séquestré et torturé par ses ravisseurs qui espéraient obtenir une rançon parce qu’il était juif alors qu’il s’agissait d’un simple salarié d’une boutique de téléphonie. Détenu pendant 24 jours, découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures, le jeune homme était mort pendant son transfert à l’hôpital en février 2006. L’olivier se trouvait à côté d’une stèle lui rendant hommage et qui n’a pas été endommagée. Le maire a déclaré qu’un nouvel arbre serait replanté. Le chef de ses ravisseurs, surnommés « le gang des barbares », Youssouf Fofana, fut arrêté plus tard en Côte d’Ivoire, extradé en France, puis condamné à la réclusion à perpétuité. Plusieurs autres membres ont été jugés et condamnés à des peines allant de 8 à 22 ans de prison. Ce crime antisémite eut, à l’époque, un profond retentissement dans l’opinion.

Comme c’était prévisible les 185 pays réunis pour tenter de rédiger un traité international pour lutter contre la pollution plastique s’est terminé par un fiasco. Pourtant la situation est dramatique. 430 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année et 15 tonnes de déchets sont rejetées chaque minute dans l’océan. Mais pour les États pétroliers du Golfe et d’ailleurs, comme l’Iran et la Russie, cette production est une mine d’or et pas question de la diminuer, et encore moins de l’arrêter. Ils veulent bien discuter de la question du recyclage des déchets mais rien de plus. Les affaires sont les affaires. Mais il est indécent de voir Macron ou sa ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, se dire « déçus » ou « en colère » à propos de cet échec alors que les mêmes détricotent chez nous la (modeste) législation écologiste pour faire plaisir aux industriels ou à l’agro-business. Et la promulgation récente de la loi Duplomb par le locataire de l’Élysée est le dernier exemple en date de cette politique.

La rencontre entre Trump et Poutine n’a abouti ni à un cessez-le-feu en Ukraine, encore moins à la paix. Mais derrière le flou de leurs déclarations à la presse à l’issue de cette réunion, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les deux compères sont prêts à s’entendre sur le dos des Ukrainiens. La Russie garderait les 20 % du territoire ukrainien qu’elle occupe en plus de la Crimée et les États-Unis pourraient exploiter sans entrave une partie des richesses minières, industrielles et agricoles du pays. Comme l’a estimé Trump sur la chaine de télévision Fox News, un accord pour mettre fin à la guerre « dépendait vraiment du président » ukrainien. C’est à dire de la capacité de Volodymyr Zelensky d’accepter ce marchandage de brigands tout en faisant avaler la pilule amère à son peuple. Quant aux puissances européennes elles font, comme d’habitude, de la figuration.

Encore un triste exploit du ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Il s’est rendu dans la prison de Ganot où est détenu à l’isolement depuis 2002 le leader palestinien Marwan Barghouti. Entouré de gardiens, il est entré dans la cellule de Barghouti et s’est fait filmer en train de le menacer et de lui affirmer qu’Israël éliminera tous ses adversaires. Il a ensuite posté la vidéo sur les réseaux sociaux. La famille de Barghouti a déclaré à la chaîne satellitaires Al Jazeera qu’elle était choquée par son état physique, notant des signes d’épuisement extrême, de torture et de faim. De plus, elle dit craindre qu’il soit exécuté dans sa cellule. Ce qui avec Ben-Gvir et sa clique n’est pas à écarter.

La librairie Violette and Co, située dans le 11e arrondissement, est connue comme institution lesbienne, féministe et LGBT. Elle vient de voir sa devanture taguée et aspergée d’acide le tout accompagné d’une vague de cyber-harcèlement et d’intimidation. Raison de ces attaques : une exposition de livres sur la Palestine, notamment un ouvrage de coloriages pour enfants. Les première attaques avaient commencé il y a un mois après la décision des libraires de mettre en avant des « livres sur l’extrême droite, le racisme, le colonialisme, la Palestine, et des romans d’auteur-ices queers et féministes arabes ». La librairie met aussi en cause les médias d’extrême droite appartenant au milliardaire Vincent Bolloré, « CNews, le Journal Du Dimanche, Europe 1 », leur reprochant d’« alimenter le harcèlement » en « relayant de fausses informations ». Les responsables de Violette and Co ont décidé de porter plainte tout en ajoutant qu’elles n’avaient pas l’intention d’annuler cette exposition. 

L’Unef tire la sonnette d’alarme sur l’impact négatif qu’aura « l’année blanche » budgétaire décrétée pour l’an prochain par François Bayrou sur le coût de la vie étudiante. « Les étudiants vont encore être (…) les plus touchés par cette année blanche », affirme Hania Hamidi, sa secrétaire générale, en faisant notamment référence au gel des prestations dont bénéficient les étudiants, comme les aides personnalisées au logement (APL) ou les bourses d’étude. Pour l’année 2024-2025 le syndicat étudiant note une augmentation de 4,12 % du coût de la vie pour les étudiants avec un total de charges de 1 226 euros par mois. Une augmentation qui s’explique par une hausse des loyers, du coût des transports, mais également des frais obligatoires pour s’inscrire à l’université. C’est presque deux fois plus que la hausse constatée l’année précédente (+ 2,25 %). Il va donc en résulter une aggravation de la précarité des étudiants. Autant de raisons pour eux de rejoindre le combat contre Bayrou et son budget.

À l’appel de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine de nombreuses pharmacies risquent d’être fermées ce samedi afin de dénoncer la baisse, entérinée par un décret publié le 4 août dernier, des remises commerciales que les laboratoires peuvent leur accorder sur les médicaments génériques. Cette baisse permettait aux pharmaciens de conserver leurs marges sans augmenter le prix des génériques vendus aux particuliers. Désormais ce ne sera plus le cas. L’adoption d’un décret publié le 4 août dernier limite cette pratique. Il s’inscrit dans le cadre du plan du gouvernement pour réaliser 1,7 milliard d’euros d’économies sur les dépenses de santé en 2025, dont 500 millions visant le médicament. Alors bien sûr les 20 000 pharmaciens ne sont pas les plus mal lotis parmi les indépendants bien que leur nombre aient diminué de près de 2 000 en 10 ans et que l’on voit désormais apparaître des déserts pharmaceutiques. Mais en s’en prenant hier aux médecins, accusés de prescrire des arrêts de travail de complaisance, et aujourd’hui aux pharmaciens, Bayrou amuse le monde pour détourner l’attention des vrais responsables de l’explosion des dépenses de santé : les trusts pharmaceutiques et les gros conglomérats de cliniques et d’hôpitaux privés. Mais pas question pour ce gouvernement des riches de les faire passer à la caisse.