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Brèves

L’actualité en bref

Les 250 personnes qui occupaient le parvis devant la mairie depuis sept jours ont été évacuées par les autorités sur ordre du préfet de police. Soixante-six personnes ont accepté d’être convoyées vers des centres régionaux d’accueil temporaire situés à Toulouse, Strasbourg, Marseille, Besançon, Rennes ou Bourges. La mairie de Paris s’est occupée de 34 autres, des femmes seules enceintes ou avec des enfants de moins de 3 ans. Mais une centaine d’enfants, de mineurs non accompagnés et de mères isolées sont retournés à la rue. Cette action, pour attirer l’attention sur le manque d’hébergements d’urgence, a donné lieu à un flot de haine raciste, anti-migrants et anti-pauvres sur les réseaux sociaux relayés par des médias tels CNews et le Journal du Dimanche ainsi que le Rassemblement National et ses alliés. Comme l’a constaté amer Nathan Lequeux, coordinateur de l’antenne parisienne de l’ONG Utopia 56, organisatrice de cette action : « Le 115 (le n° d’appel du logement d’urgence) ne répond plus. Les familles qui étaient avec nous l’appelaient tous les jours, elles tombaient directement sur une messagerie. La mairie de Paris ne nous a jamais aidés. À défaut de mettre à l’abri, elle pourrait au moins opposer un vrai rapport de force politique au préfet. Mais nous n’avons eu aucune réponse, que du mépris. La mairie n’a fait que communiquer sur Paris Plages. Pendant sept jours, nous étions derrière des terrains de volley de Paris Plages et la vie continuait. Le contraste était saisissant ». Comme quoi une municipalité de gauche peut afficher le même mépris à l’égard des plus défavorisés qu’une municipalité de droite.

Quatre policiers ont été mis en examen pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », suite au décès de Kyllian Samathi, un martiniquais de 30 ans, touché par douze tirs de pistolet à impulsion électrique, provoquant deux arrêts cardio-respiratoires. Deux autres de leurs collègues ont été placés sous le statut de témoins assistés. Les faits s’étaient déroulés à Montfermeil, en janvier 2024, lorsque 18 policiers étaient intervenus pour interpeller l’homme dans une épicerie alors qu’il se trouvait « dans un état d’excitation » et « d’agressivité » selon le procureur de Bobigny. La version policière évoque, comme d’habitude, la légitime défense. Mais des témoignages, recueillis par l’Agence France Presse, évoquent un passage à tabac systématique par les bien mal-nommées « forces de l’ordre » de la victime qui est décédée le lendemain à l’hôpital.

C’est Le Poulpe, un media normand d’investigation en ligne, qui l‘a révélé. Une partie de la population de cette agglomération a bu pendant des années une eau contaminée par des polluants éternels (PFAS) parmi les plus nocifs de cette famille de substances chimiques toxiques et persistantes. Si la préfecture de la Manche a interdit depuis le 6 août la consommation d’eau du robinet pour les personnes vulnérables (nourrissons, femmes enceintes, personnes immuno-déprimées) dans cette zone, Le Poulpe a découvert que les autorités étaient au courant de la présence de ces polluants depuis 2019 et n’avaient pas alerté la population. C’est ce qu’on appelle s’asseoir sur le principe de précaution.

La chaîne internationale de télévision qatarie Al-Jazeera a confirmé que quatre de ses journalistes et deux reporters indépendants avaient été tués dans un bombardement de l’armée israélienne visant leur tente plantée devant l’hôpital Al Shifa, à Gaza-ville. Avec sa morgue habituelle le porte-parole de l’armée d’occupation a justifié ce massacre en affirmant qu’ils étaient tous « affiliés au Hamas ». L’excuse habituelle pour tuer ceux qui continuent d’informer l’opinion sur ce qui passe dans ce territoire palestinien. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, au moins 242 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre.

Le procureur du roi a annoncé l’ouverture d’une enquête et le placement en garde à vue de la militante féministe Ibtissame Lachgar à la suite de la diffusion d’une photo la représentant  contenant « des expressions offensantes envers Dieu » et d’un « texte comportant une offense à la religion islamique ». Sur la photo en question la jeune femme portait un t-shirt affirmant en anglais « Dieu est gay » accompagné d’un texte qualifiant l’islam « comme toute idéologie religieuse » de « fasciste, phallocrate et misogyne ». Elle était victime depuis lors de cyber-harcèlement et avait reçu « des milliers de menaces de viol, de mort, d’appels au lynchage et à la lapidation ». Elle risque plusieurs années de prison. 

Dans une lettre envoyée aux partenaires sociaux, et publiée par le quotidien économique Les Échos, Bayrou a tenu à préciser que pendant les deux jours de congés travaillés qu’il propose, « les salariés mensualisés et les agents publics ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail », cela pour le cas où un patron aurait eu l’idée saugrenue de verser une modeste prime pour adoucir la pilule. De cela pas question. Par contre le choix des deux jours concernés peut encore être « discuté ». Les salariés pourront donc éventuellement décider s’ils veulent être mangés tout cru où à la broche. À moins qu’ils ne décident de s’en prendre au cuisinier.

Le ministre des outre-mers, Manuel Valls, va se rendre en Nouvelle-Calédonie et tenter de sauver l’accord de Bougival, signé en juillet dernier entre indépendantistes kanaks et caldoches loyalistes, partisans de la Métropole. Un accord qui bat sérieusement de l’aile alors que le Front de libération nationale Kanak socialiste (FLNKS), qui s’est réuni ce week-end en congrès, doit officialiser aujourd’hui son refus. Son président, Christian Tein, a appelé à un rejet « clair et sans ambiguïté » du texte. Et Valls a beau parler d’un « accord historique » le texte en question, fortement cosmétique, ne reconnait ni l’existence du peuple kanak, ni son droit plein et entier à l’autodétermination. Pas étonnant qu’il soit rejeté par la majorité des Kanak.

Médiapart a rendu publics certains éléments d’un rapport remis à la justice en janvier par les enquêteurs de l’Office français de la bio-diversité et des gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement. D’où il ressort de ces investigations que Nestlé Waters non seulement traite illégalement les eaux minérales en bouteille de ses marques Hépar et Contrex, qui n’ont de minérales que le nom et contiennent des micro-plastiques en pagaille, mais de plus est responsable d’une grave pollution des sols et des eaux dans les Vosges. La multinationale est poursuivie depuis 2021 pour avoir maintenu en l’état quatre sites de décharge sauvage de déchets sur les communes vosgiennes de Contrexéville, Crainvilliers, Saint-Ouen-les-Pareys et They-sous-Montfort. L’ensemble représente un volume de près de 474 000 m³, l’équivalent de 126 piscines olympiques. On y trouve essentiellement des bouteilles en plastique ou en verre, mais aussi d’autres types de déchets dangereux comme des plaques d’amiante. Des décharges qui existent… depuis les années 1960 et que Nestlé n’a jamais cherché à faire disparaître. Comme quoi une multinationale peut à peu près tout se permettre.

Encore une sortie bien réactionnaire d’un membre de l’administration Trump. Pete Hegseth, le secrétaire d’État à la Défense, a partagé sur les réseaux sociaux une interview du pasteur ultra-conservateur Doug Wilson. Ce dernier a co-fondé la Communion des Églises évangéliques réformées, un mouvement qui prône la supériorité des hommes sur les femmes et appelle à la soumission de ces dernières. Il a déclaré : « « Je suis partisan de la suppression du 19e amendement de la Constitution [qui donne le droit de vote aux femmes], car je pense que le système actuel n’est pas bon pour les humains ». Pour tout commentaire officiel le porte-parole du Pentagone, Sean Parnelle, a déclaré que Pete Hegseth « est un fier membre d’une église évangélique réformée …. et apprécie beaucoup de nombreux écrits et enseignements de Monsieur Wilson ». Connard, rétrograde et fier de l’être…