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Brèves

L’actualité en bref

La Cour des comptes a publié un rapport sur les maladies professionnelles dans le pays. En 2023, année de référence, 85 000 cas de maladies professionnelles avaient été déclarées alors qu’elles concernaient en réalité au moins 126 000 personnes, soit une sous-estimation de près de 50 %. En effet, chaque fois que c’est possible, les patrons refusent de les prendre en charge en préférant faire payer la Sécurité sociale pour un coût annuel estimé pour la collectivité à 3 milliards d’euros par an (régime général et agricole compris). De plus, les victimes de ces accidents rencontrent nombre de difficultés administratives et autres pour être pleinement pris en charge. Encore une fois celles et ceux en bas de l’échelle sociale sont les plus mal lotis.

Deux ONG – le Bureau européen de l’environnent (EEB) et le Secrétariat international de la chimie (ChemSec) – ont présenté les résultats d’analyses de sang réalisées sur 19 dirigeants des États membres de l’Union européenne en juillet dernier lors d’une réunion organisée par le ministre de l’Environnement danois, Magnus Heunicke, avec ses collègues d’autres pays. Le résultat est sans appel : tous les participants étaient contaminés aux PFAS, dits aussi polluants éternels. Utilisés dans de nombreux objets (textiles, emballages alimentaires, ustensiles de cuisine, cosmétiques…) pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur, les PFAS peuvent avoir des effets délétères sur la santé : augmentation du taux de cholestérol, effets sur la fertilité et le développement du fœtus, etc. Bien mieux, plusieurs PFAS classés cancérogènes étaient présents dans leur sang. Et ils sont sans doute à l’image du reste de la population. Quant aux tentatives de la Commission européenne de limiter, voire d’interdire les PFAS, elles se heurtent à de puissants lobbys industriels qui jusqu’ici ont eu le dessus.

La militante féministe Ibtissame Lachgar, connue pour son engagement en faveur des libertés individuelles, a vu sa peine de deux ans et demi de prison pour blasphème confirmée par un tribunal de Rabat. Elle avait été arrêtée cet été après avoir publié sur les réseaux sociaux une photo d’elle vêtue d’un t-shirt où apparaissait la phrase «Allah is lesbian ». L’image était accompagnée d’un texte qualifiant l’islam, « comme toute idéologie religieuse », de « fasciste, phallocrate et misogyne ». Cette publication avait suscité de vives réactions sur Internet, dont des appels à son arrestation mais aussi des menaces de viol et de lapidation. La justice lui a refusé des peines alternatives à la prison bien qu’elle souffre d’un cancer. Qu’au 21e siècle on puisse encore condamner quelqu’un pour « blasphème » et « insulte à la religion » montre le degré d’obscurantisme de la monarchie chérifienne qui dirige le pays.

Le 7 octobre 2025 a lieu au tribunal de Bayonne (64) le procès de sept militantes et militants, accusés d’« avoir facilité l’entrée ou la circulation en France de personnes étrangères […] en bande organisée ». À l’occasion d’une course transfrontalière entre Irun et Bayonne, en mars 2024, les militants ont permis à 36 personnes exilées de passer en France. Ils ont ensuite revendiqué l’action sur les réseaux sociaux dans un communiqué signé par une vingtaine d’associations politiques et syndicales. Aujourd’hui, les militants risquent dix ans de prison et 250 000 euros d’amende. Alors que la politique répressive aux frontières fait des centaines de morts tous les ans, ce sont les militants qu’on traite comme des criminels pour avoir fait preuve d’entraide avec les personnes exilées. Rien qu’entre 2022 et 2023, huit personnes ont perdu la vie dans la Bidassoa, rivière qui sert de frontière au pays Basque, en tentant de rejoindre la France. Solidarité avec les militantes et militants accusés !

Plusieurs humoristes, essentiellement des États-Unis, ont été épinglés par leurs collègues pour avoir accepté de participer au premier festival d’humour qui s’est déroulé à Ryad, la capitale. Ils sont accusés de manquer d’éthique en se produisant dans un pays connu pour sa censure, son oppression des journalistes, des femmes, des personnes LGBT+ et ses exécutions capitales. L’acteur Marc Maron a déclaré sur scène : « Le type qui va les payer (le prince héritier Mohammed ben Salmane) est le même qui a payé quelqu’un pour découper en morceaux Jamal Khashoggi (journaliste américano-saoudien assassiné en 2018) et le mettre dans une putain de valise. Mais que cela ne vous empêche surtout pas de vous marrer, cela va être un bon moment. » Il faut dire que les participants ont été grassement payés pour leur présence supposée booster l’image « moderniste » de la monarchie wahabite. Les pétrodollars n’ont pas d’odeur.

Le gouvernement britannique vient d’annoncer que la police va avoir davantage de pouvoir pour imposer « des restrictions à certaines manifestations ». Mais attention, pas à toutes. Sont spécifiquement visées, les rassemblements pro-palestiniens qui susciteraient « des craintes importantes » au sein de la communauté juive. Une façon d’assimiler le soutien à la Palestine à un acte antisémite. Venant d’un gouvernement qui n’a jamais dénoncé le massacre des Gazaouis par l’armée israélienne, cela ne peut pas vraiment surprendre.

L’Union régionale HLM Nouvelle-Aquitaine a publié une enquête sur le logement social dans cette région. Et le constat est alarmant. Entre 2021 et 2024 le nombre de demandeurs est passé de 150 000 à 185 000, soit une hausse de 24 %. Le temps d’attente pour l’attribution d’un logement est désormais de 15 mois en moyenne. Les raisons : le ralentissement de la production de logements, la flambée des loyers et des prix du parc privé, le vieillissement de la population. Résultat : moins d’offres, moins de rotation des locataires, plus de publics en recherche de logements « abordables ». 19 % des demandes en logement social sont motivées par la recherche d’un appartement moins cher et 72 % des personnes en recherche sont des primo-demandeurs. La moitié sont des personnes seules : étudiant, jeune actif, divorcé sans enfants, retraité. Point commun entre ces catégories : leur faible pouvoir d’achat. Moralité : un toit est un droit… sauf pour les précaires, et pas seulement en Nouvelle-Aquitaine.

Mamadou Garanké Diallo, Guinéen de 21 ans, a trouvé la mort, fauché par un camion près de Dunkerque (Nord). Il ne s’agit pas seulement d’un simple fait divers tragique, mais aussi d’une conséquence directe de la politique anti-migrants du gouvernement. Arrivé ici à l’âge de 15 ans, il avait été embauché comme apprenti boucher à Darnétal, près de Rouen, en Seine-Maritime. Il s’était très bien intégré et s’était vu proposer un CDI. Cependant, en 2023, il avait reçu une première obligation de quitter le territoire français (OQTF), puis une seconde en mai dernier. Mais suite à une pétition, à l’intervention de son employeur, de son comité de soutien, du maire de Rouen et de plusieurs députés auprès du préfet, il avait obtenu une carte d’identité consulaire. Cependant, après avoir été arrêté lors d’un contrôle au faciès, la police a réactivité l’OQTF, confisqué sa carte d’identité et interdit à son employeur de l’embaucher en CDI. Tout cela mis bout à bout a poussé le jeune Guinéen à quitter Rouen et à tenter de gagner l’Angleterre. Il est mort en chemin. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, maire PS de Rouen, cette « tragédie absolue » est à imputer au ministère de l’Intérieur et à Bruno Retailleau, dont la « politique attire la mort ». Pour une fois on est d’accord avec lui.

Le 6 octobre, à l’occasion de la Journée nationale des aidants, Philippe Bergerot, le président de la Ligue contre le cancer a appelé à des décisions immédiates et concrètes pour soutenir celles et ceux « sur qui tout notre système de santé repose ». On compte dans le pays plus de cinq millions d’aidants – ou plutôt d’aidantes, car les femmes sont l’immense majorité des personnes concernées – qui s’occupent bénévolement de malades incurables, souvent atteints du cancer. Chaque jour, ces personnes prennent des rendez-vous, accompagnent aux consultations, attendent des heures à l’hôpital, gèrent les démarches administratives, les ordonnances, surveillent les effets secondaires. Elles préparent les repas, aident à manger, à s’habiller, voire à se coucher. Mais elles se sentent souvent isolées, livrées à elles-mêmes et abandonnées des pouvoirs publics. L’Observatoire sociétal du cancer constate « une dépression pour un aidant sur deux, des pensées suicidaires pour un aidant sur cinq ». Face à cette situation dramatique, Bergerot propose de faire du soutien aux aidantes et aidants une « grande cause nationale ». Cela ne changera pas grand chose. Car, sous Macron, on a pratiquement une « grande cause nationale » chaque année (lutte contre les violences faites aux femmes, égalité femmes-hommes, alliance pour la lecture, mentorat des jeunes, promotion de l’activité physique et sportive, santé mentale etc.) ce qui, dans la pratique, n’a eu aucun effet. Les « aidantes et aidants » font partie des oubliés d’une société qui méprise toutes celles et tous ceux qui sont à ses yeux « improductifs ».