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Brèves

L’actualité en bref

En arrivant à la tête de la mairie de Paris, en 2014, Anne Hidalgo avait fait de la transparence son cheval de bataille. Elle avait même fait rédiger et voter un code de déontologie des élus mettant en avant « l’intérêt public, la probité, l’impartialité, l’indépendance et l’exemplarité ». Mais cette année, pour la troisième fois depuis 2014, elle a refusé de rendre publics ses frais de déplacement, de restauration et de représentation. Cependant une partie de ses notes de frais a été révélée par l’association Transparence citoyenne et publiée par Mediapart. On apprend ainsi qu’entre 2020 et 2024 elle a dépensé pour 84 000 euros de vêtements, incluant des achats chez Dior (deux robes à 6 320 euros) et Burberry (un manteau à 3 067 euros). Quant à ses voyages, ils ont coûté 125 000 euros dont trois voyages à New-York et une escapade à Tahiti et en Nouvelle-Calédonie. Être « socialiste » n’empêche pas d’avoir le goût du luxe et des voyages !

Face à l’exigence de justice sociale et fiscale qui s’est exprimée dans la rue le 10 septembre et qui sera de nouveau à l’ordre du jour le 18 de ce mois, une des réponses de Sébastien Lecornu frise le ridicule. Il a annoncé la suppression des « avantages à vie » dont jouissent des membres du gouvernement, et plus particulièrement les Premiers ministres, une fois qu’ils ont quitté leur fonction. Personne ne va les plaindre de les voir privés d’avantages (voiture avec chauffeur, personnel de secrétariat, mise à disposition d’un bureau…) indus. Mais le coût desdits avantages ne représente qu’une goutte d’eau (4,5 millions d’euros par an) par rapport aux 211 milliards d’euros d’aides publiques versées chaque année aux entreprises et à « l’optimisation fiscale » pratiquée par les ultra-riches qui leur permet d’échapper partiellement ou totalement à l’impôt. Mais pas question pour Lecornu, comme pour ses prédécesseurs, de toucher à ces privilèges-là.

Alors qu’Israël a lancé la deuxième phase de son offensive terrestre contre Gaza City, avec deux nouvelles divisions en direction du centre de la ville ravagée, la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient de confirmer, après nombre d’autres organismes internationaux et d’ONG, le caractère génocidaire de la guerre menée contre la population gazaouie. La commission a également accusé des hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le président Isaac Herzog et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, d’avoir incité à commettre un génocide et de ne pas avoir pris de mesures pour l’empêcher. Il n’y a que Macron pour affirmer avec cynisme qu’il ne se prononce pas sur la question et qu’il laisse aux historiens le soin de trancher. Il attend sans doute qu’il n’y ait plus un seul Palestinien en vie pour parler de génocide.

Le président des États-Unis se trouve pour une visite de trois jours au Royaume-Uni. À cette occasion, la chaîne de télévision indépendante Channel 4 a programmé une émission intitulée « Donald Trump contre la Vérité ». Le directeur des programmes de la chaîne, Ian Katz, a expliqué à ce propos : « Donald Trump aime entrer dans l’Histoire, c’est donc exactement ce que fera Channel 4 : nous montrerons ce que nous considérons comme la plus longue série ininterrompue de mensonges, de désinformation et de déformations jamais diffusée à la télévision. » Déjà en 2023, la quatrième chaîne avait dénoncé dans une série intitulée « Partygate » les mensonges et les incohérences du Premier ministre conservateur d’alors, Boris Johnson, autour des fêtes organisées à sa résidence de Downing Street en pleine épidémie de Covid-19 et malgré les règles de confinement imposées au reste de la population. France Télévisions pourrait bien reprendre l’idée à son compte avec un magazine d’investigation du genre « Les 100 mensonges de… » où seraient invités tour à tour Macron, Bayrou, Retailleau, Darmanin, Le Pen, Lecornu, etc. On peut toujours rêver…

S’appuyant sur deux enquêtes de l’Ifop, réalisées d’abord en novembre 2023 puis entre août et septembre 2025, l’Observatoire des discriminations envers les musulmans de France met en lumière la prégnance des discours et des actes anti-musulmans. 75 % font le constat d’une montée de la haine envers les musulmans et 81 % estiment même que le phénomène est en augmentation par rapport à il y a une dizaine d’années. 64 % d’entre eux notent une restriction de leur liberté religieuse, comme de porter le voile ou de suivre des règles alimentaires. Ce chiffre bondit à 81 % chez les femmes musulmanes voilées contre 60 % chez les musulmanes non voilées. 51 % des personnes interrogées font même part de leur peur d’être agressées en raison de leur religion. Là encore, les femmes portant le voile sont surreprésentées : 66 % contre 53 % pour les non voilées. 23 % des musulmans interrogés ont déclaré avoir, au cours des cinq dernières années, fait l’objet de discrimination lors de leur recherche d’emploi, 18 % lors de la recherche d’un logement, 17 % lors d’un échange avec un agent travaillant dans une administration comme une mairie ou une préfecture, 17 % lors d’une visite à l’hôpital ou chez le médecin et 16 % lors d’un contrôle par les forces de l’ordre. Une étude qui reflète le racisme ambiant largement alimenté par la droite et l’extrême droite.

Des révélations faites par le quotidien Libération en avril dernier montraient que Rachida Dati avait dissimulé des bijoux d’une valeur comprise entre 400 000 et 600 000 euros dans sa déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Une enquête vient donc d’être ouverte par la Brigade financière et anti-corruption de la police judiciaire. Elle est également visée par une autre information judiciaire du parquet national financier pour corruption et trafic d’influence pour avoir reçu illégalement 900 000 euros de Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault-Nissan. Dati, qui rêve de conquérir la mairie de Paris l’an prochain, se présentera donc aux suffrages des Parisiennes et des Parisiens avec un impressionnant palmarès… judiciaire.

Alors que Macron devrait reconnaître l’État de Palestine le 22 septembre, le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a décidé de marquer le coup. Il appelle les mairies à hisser ce jour-là le drapeau palestinien sur leur fronton. Un geste symbolique qui ne doit pas faire oublier l’ardeur plus que timorée montrée par le PS jusqu’à présent pour participer aux mouvements de soutien au peuple palestinien. Sa position doit être surtout vue comme un soutien à la politique de Macron dans ce domaine. Mais même ce geste attire des critiques dans son propre camp. Notamment celle du député Jérôme Guedj, qui n’a jamais caché ses sympathies sionistes, qui préférerait que les mairies installent deux drapeaux, israélien et palestinien, côte à côte. Une façon de mettre sur le même plan oppresseurs et opprimés, bourreaux et victimes.

C’est loin d’être un tsunami mais c’est malgré tout inquiétant. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a réalisé une percée en triplant son score électoral par rapport à l’année précédente dans la province industrielle de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la plus peuplée du pays. Il a obtenu 16,5 % des voix contre 5,1 % en 2004. Il est encore très loin derrière les conservateurs de la CDU (33 %) et les sociaux-démocrates du SPD (22 %), qui gouvernent ensemble à Berlin, mais devance les Verts (13,5 %) qui ont perdu en un an près de la moitié de leur électorat. Cette poussée de l’AfD est à mettre en relation avec son succès obtenu l’an dernier en Thuringe où il est devenu la première force politique en obtenant 33 % des voix. Depuis sa création en 2013, ce parti a fait de la lutte contre l’immigration son cheval de bataille et depuis 2016 il ne cesse d’améliorer ses résultats face à des partis de gouvernement qui font de la surenchère anti-migrants soi-disant pour le contrer, mais qui en réalité le renforce.

Des manifestants pro-palestiniens ont envahi le parcours de la dernière étape de la Vuelta, le Tour d’Espagne cycliste, avant le passage des coureurs en plein centre-ville de Madrid, provoquant l’arrêt définitif de la course à 56 kilomètres de l’arrivée. Selon les autorités, plus de 100 000 personnes ont participé à cette manifestation. Depuis le début du tour, toutes les étapes ont été émaillées d’incidents entrainant des modifications de parcours, les manifestants protestant notamment contre la participation de l’équipe Israël-Premier Tech à la compétition. Cela se déroule dans un contexte où le soutien aux Palestiniens est extrêmement fort dans la population et où les manifestations se sont multipliées dans les principales villes du pays ces dernières semaines.