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Brèves

L’actualité en bref

Le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé suspendre à titre conservatoire le directeur général du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) en raison de « comportements inappropriés » envers des membres féminins du personnel. En fait ce prédateur sexuel aurait fait au moins quatre victimes parmi ses collaboratrices bordelaises mais aussi trois autres à Grenoble où il était en poste précédemment. Une femme avait alerté la direction des ressources humaines en 2023 qui avait reçu « au moins cinq ou six signalements similaires ». Mais cela avait simplement débouché sur un simple « recadrage » du directeur pour lui dire « d’arrêter les invitations nocturnes ». Autant dire que le monsieur ne s’est pas senti vraiment dissuadé par l’administration pour poursuivre ses méfaits.

Awdah Muhammad Hathalee, un militant bien connu pour sa lutte contre l’occupation israélienne, a été abattu par un colon israélien d’une balle dans la poitrine alors qu’il se trouvait devant le centre communautaire de son village d’Umm al-Khair, près d’Hébron. Il avait participé au documentaire No Other Land (2024), consacré à la lutte des Palestiniens dans la région de Masafer Yatta, en Cisjordanie occupée. Il montre notamment la lutte contre les expulsions forcées, les démolitions de maisons, et la violence des colons israéliens. Tourné entre 2019 et 2023 le documentaire avait été présenté en première mondiale lors du 74e Festival international du film de Berlin en février 2024, où il a remporté plusieurs prix, dont le Prix du public Panorama et le Prix du documentaire Berlinale. En 2025, il a également reçu à Hollywood l’Oscar du meilleur documentaire. Si la mort de Hathalee a reçu une certaine publicité du fait de la personnalité de la victime, rappelons que depuis le 7 octobre 2023 au moins 962 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des colons ou des soldats dans un relatif anonymat.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé que l’Allemagne allait organiser avec la Jordanie un « pont aérien de biens humanitaires vers Gaza », ajoutant que la France et le Royaume-Uni étaient disposés à rejoindre cette initiative. Des largages qui, comme le soulignent les ONG et les agences de l’ONU, sont non seulement largement insuffisants pour répondre au drame humanitaire que vivent les Gazaouis mais, de plus, peuvent blesser, voire tuer, des civils lorsqu’ils touchent terre. Tout cela pour camoufler le fait que par leur inaction notoire les dirigeants européens cautionnent la politique de l’État sioniste tout en se donnant bonne conscience en faisant semblant de faire quelque chose.

Les accord tarifaires signés entre Trump et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prévoient entre autres l’instauration de droits de douane de 15 % sur les exportations européennes aux États-Unis mais aussi l’engagement de l’Union européenne de faire des achats pour 750 milliards de dollars (643 milliards d’euros) dans le domaine de l’énergie et de matériel militaire américain mais aussi 600 milliards (517 milliards d’euros) d’investissement supplémentaires aux États-Unis. Un mois après le sommet de l’OTAN, qui avait déjà vu Washington imposer ses vues ses alliés, ces nouveaux accords montrent ce qu’on savait depuis longtemps : l’Europe des 27 est un nain politique où chacun joue sa partition pour défendre ses patrons nationaux. Mais, au delà de leurs divergences d’intérêts, ces derniers sous tous bien décidés à faire payer aux travailleurs le prix fort de cette guerre commerciale. À eux de se mobiliser pour les en empêcher.

Marine Le Pen est vent debout contre l’accord conclu entre les États-Unis et l’Union européenne. Mais attention : son indignation est sélective. Si elle dénonce une « capitulation en rase campagne » et « un fiasco moral » de la part de la Commission européenne, elle n’a pas un mot pour critiquer l’attitude de Trump. Et pour cause. Car depuis le retour de celui à la Maison Blanche il est ouvertement courtisé par l’extrême droite. En février dernier, le président du RN Jordan Bardella s’était rendu à Washington pour un grand raout ultra-conservateur, alors que Louis Aliot, maire RN de Perpignan était présent lors de l’investiture de Donald Trump en janvier ainsi qu’Éric Zemmour. Alors pour la fachosphère pas question de s’en prendre à l’idole tout en défendant, en paroles, les intérêts des patrons et des agriculteurs bien de chez nous. Un grand écart difficile…

Xavier Janet était jusqu’à présent directeur des affaires publiques de la FNSEA, l’organisation représentant les intérêts de l’agro-business dans le monde agricole. Il vient d’être nommé sans coup férir directeur de cabinet de Sophie Primas, la porte-parole du gouvernement. Il fait dire que les deux se connaissaient déjà. Il avait été son collaborateur parlementaire au Sénat entre 2011 et 2021. Une preuve de plus des liens qui unissent, depuis toujours, milieux patronaux, classe politique et gouvernements.

Deux organisations israéliennes de défense des droits humains, B’Tselem et Physicians for Humans Rights Israel (Médecins pour les droits humains Israël) viennent d’affirmer que l’État sioniste commettait un « génocide » contre les Gazaouis, à l’issue de deux enquêtes menées sur plusieurs mois. B’Tselem affirme dans son enquête : «  L’examen de la politique israélienne dans la bande de Gaza et de ses conséquences horribles ainsi que les déclarations de hauts responsables politiques et militaires israéliens sur les objectifs de l’attaque, nous amènent à la conclusion sans équivoque qu’Israël mène une action coordonnée visant à détruire intentionnellement la société palestinienne dans la bande de Gaza ». L’ONG médicale s’est concentrée quant à elle sur le « démantèlement délibéré et systématique du système de santé de Gaza » et conclut que les opérations « répondent aux critères de génocide tels que définis dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, dont Israël est signataire ». Il y a fort à parier que les deux ONG ne vont pas tarder d’être accusées « d’antisémitisme » par Netanyahou et ses soutiens. 

La Cour suprême russe a interdit le « mouvement sataniste international » qui, selon plusieurs médias indépendants et organisations non-gouvernementale, n’a jamais existé. Ce qui n’a pas empêché Kyrill, le patriarche orthodoxe de Moscou, d’applaudir cette décision. Un geste qui sert la propagande de Poutine qui cherche à s’ériger en champion des valeurs chrétiennes conservatrices face à l’Occident. Une décision qui fait écho à l’interdiction, en 2023, d’un groupe « LGBTQ+ international » lui aussi parfaitement inconnu. Ces décisions kafkaïennes pourraient faire sourire si elles n’étaient pas utilisées contre des opposants accusés d’avoir des liens avec ces mouvements imaginaires et envoyés en prison.

Un groupe d’une quarantaine d’adolescents revenant d’une colonie de vacances en Espagne se sont faits débarquer d’un avion par la police sur l’aéroport de Valence à la demande du commandant de bord. Selon le pilote, l’équipage et la compagnie Vueling, ces jeunes auraient eu un comportement, non seulement gênant pour les autres passagers, mais dangereux en refusant d’éteindre leurs portables et en jouant avec des équipements de sécurité. Il n’en a pas fallu davantage à toute une partie des médias et à des politiciens pour accuser le commandant et son équipage d’antisémitisme, car cette colonie appartient à une organisation communautaire juive. Le gouvernement français à même demandé des explications au gouvernement espagnol ! Ce n’est pourtant pas la première fois que des passagers turbulents sont débarqués d’un avion. Des supporters niçois avaient par exemple été contraints de quitter un avion en 2017. L’acteur Depardieu lui-même avait été invité à descendre en raison de son comportement grossier.

Il y a suffisamment de véritables actes antisémites et racistes à dénoncer sans transformer une mesure de sécurité relativement banale en affaire d’État. L’instrumentalisation de ce genre d’incident risque au contraire de contribuer à développer l’antisémitisme.