Il y a un peu plus de 30 ans, entre avril et juillet 1994, entre 800 000 et un million de personnes, principalement des Tutsis, étaient massacrées dans le pays par des milices hutues. Le prétexte était l’assassinat du président hutu, Juvénal Habyarimana, dont l’avion avait été abattu en vol… sans doute par un groupe de hutu d’extrême droite. Sa veuve vient d’obtenir un non-lieu de la justice française quant à sa responsabilité dans ce génocide. Pourtant un historien spécialiste de la question, Vincent Duclerc, a déclaré à France Inter : « Les documents d’archives que nous collectons montrent la très forte implication d’Agathe Habyarimana dans le génocide des Tutsis en étant, comme son frère, le cerveau du réseau zéro, c’est-à-dire l’état-major secret chargé de l’extermination des Tutsis. Son implication existe aussi dans le déclenchement du génocide. » Mais, dans cette affaire, Paris n’est pas neutre. Car les forces françaises, présentes sur place, n’ont rien fait pour empêcher le génocide. Plus tard, lorsque les milices hutues furent mises en difficulté par les forces tutsies, c’est sur ordre direct de François Mitterrand qu’Agathe Habyarimana et d’autres génocidaires furent exfiltrés de la capitale, Kigali. Un passé de complice des génocidaires que l’impérialisme français fait tout pour enterrer.