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Brèves

L’actualité en bref

Visée par une enquête pour corruption passive et trafic d’influence dans l’affaire Carlos Ghosn, la ministre de la Culture, Rachida Dati, s’en est prise violemment aux magistrats du pôle financier qui, en l’inculpant, feraient mal leur travail. En fait, victime innocente, elle serait l’objet d’une véritable persécution judiciaire. Et elle a reçu le soutien de Macron, de Darmanin, de Retailleau et d’autres membres du gouvernement. Ces gens-là, qui passent leur temps à s’en prendre au laxisme de la justice lorsqu’elle ne punit pas assez sévèrement les jeunes délinquants des banlieues, voire des manifestants pro-palestiniens et écologistes, s’offusquent lorsque l’une des leurs est prise les doigts dans le pot de confiture pour avoir empoché frauduleusement 900 000 euros. Une bande de faux culs !

L’université de Columbia, à New-York, l’une des plus prestigieuses du pays, a annoncé qu’elle avait sanctionné 80 étudiants pour avoir participé à des manifestations pro-palestiniennes en mai 2024. Ces sanctions incluent des suspensions allant de 1 à 3 ans, des révocations de diplômes, des expulsions définitives, ainsi que des mises à pied sous surveillance. La sévérité de ces sanctions a tout à voir avec la menace de Donald Trump de geler 400 millions de dollars de subventions à l’établissement s’il ne réagissait pas contre les campagnes critiquant la politique israélienne à Gaza. De son côté le comité de Columbia de soutien à la campagne de boycott d’Israël a fait savoir qu’il poursuivrait son combat.

L’archipel polynésien des Tuvalu est l’un des endroits du globe les plus menacés par la montée du niveau des océans et le réchauffement climatique. À tel point que la majorité des 10 000 habitants souhaitent quitter leurs îles avant qu’elles ne soient submergées. Conséquence : 82 % des 11 000 Tuvalais ont déjà demandé un visa pour s’installer en Australie, dans le cadre d’un traité entre les deux pays. Mais toutes les demandes ne pourront être satisfaites dans la mesure où le gouvernement de Canberra n’offre que 280 visas chaque année. Les autres iront tenter leur chance ailleurs. Mais ce qui leur arrive est le sort qui attend demain d’autres peuples si le dérèglement climatique se poursuit.

 

 

Alors que Bayrou a présenté pour 2026 un véritable budget de guerre contre les classes laborieuses (suppression de deux jours fériés, coupes dans les services publics, nouvelle réforme de l’assurance chômage, gel des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires, remise en cause de la 5e semaine de congés payés…), l’ensemble des syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires) a décidé une vigoureuse riposte commune sous forme… d’une pétition. Pas de quoi faire reculer le gouvernement. Si, parfois, une pétition peut être utile pour sensibiliser l’opinion, là les travailleurs et les travailleuses attendent que les fédérations syndicales organisent une véritable riposte sur le terrain, dans les entreprises et dans la rue, contre ce budget scélérat. On en est loin !

Alors que le gouvernement continue d’annoncer des coupes claires dans les budgets sociaux et s’en prend toujours plus au pouvoir d’achat des classes populaires, le récent rapport d’une commission sénatoriale dévoilant que l’État verse chaque année plus de 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises a jeté un froid. Car il serait facile de piocher dans cette manne pour trouver les 44 milliards d’euros qui manquent pour boucler le budget de l’an prochain. Comme il n’en est pas question Bayrou a envoyé en première ligne ses chevau-légers pour tenter de contrer l’information. En mai déjà le ministre du Budget, Éric Lombard, ne parlait « que » de 150 millions d’euros. Puis Clément Beaune, le Haut-commissaire au plan, nommé par l’actuel exécutif, vient de sortir une note d’analyse qui ramène le niveau de ces aides à 112 milliards d’euros. Cette note prend bien en compte les aides budgétaires, les aides fiscales, les aides financières, mais ne retient qu’une petite partie des exonérations de cotisations sociales (3,2 milliards sur les 73,8 milliards qu’elles représentent au total). De plus il propose d’abandonner le terme « aide » car , selon lui, « une “aide” n’est pas un “cadeau”, car si les pouvoirs publics en décident, c’est bien pour poursuivre des objectifs de politique publique ». Mais une politique publique ouvertement orientée pour satisfaire les besoin des grandes entreprises, pas celles de la population. Mais ce que soit 211, 150 ou 112 milliards cela reste de l’argent pris dans la poche du contribuable.

Rachida Dati, la ministre de la Culture du gouvernement Bayrou et candidate à la mairie de Paris l’an prochain, et l’homme d’affaires libanais Carlos Ghosn, ex-patron du groupe Renault Nissan, vont bien comparaître en justice pour corruption et trafic d’influence. C’est ce qu’ont confirmé des sources judiciaires auprès de l’Agence France Presse. Il s’agit de l’aboutissement d’une enquête lancée depuis 2019 par le Parquet national financier. Dati, à l’époque députée européenne, aurait profité de ses fonctions pour mener des actions de lobbying – contre rémunération – au profit du groupe automobile. Encore un exemple des liaisons douteuses entre le monde politique et celui de l’entreprise.

La pétition contre la loi Duplomb  dépasse désormais les 1,5 million de signatures. Cette initiative entend protester notamment contre la réintroduction, grâce à cette loi, d’un insecticide tueur d’abeilles et dangereux pour la santé humaine. Les défenseurs du texte législatif sont tous montés au créneau en affirmant que les signataires de la pétition étaient « mal informés », donc manipulés. Le premier à s’exprimer a été l’auteur de la loi, le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb, qui a déclaré au micro de Sud Radio : « On commence par la désinformation et la peur. Une fois qu’on a bien fait peur, on culpabilise les Français et une fois qu’on les a culpabilisés, on leur interdit. » Il a été suivi par la ministre pour l’Égalité hommes-femmes, Aurore Bergé, qui a affirmé : « Je pense qu’à force de désinformation massive, d’instrumentalisation massive, c’est assez légitime qu’il y ait beaucoup de Français inquiets et sans doute plus d’ailleurs que ceux qui ont signé la pétition peut-être. » Et le duo a été rejoint par Marine Le Pen qui a conclu :  « Nous refusons que la propagande des gauches puisse laisser imaginer à nos compatriotes que cette loi menace leur santé et notre environnement ». Et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit. La loi Duplomb a été votée en toute connaissance de cause pour complaire à l’agro-business et lever certaines contraintes sanitaires dans l’agriculture au détriment de la santé publique. Et ce qui inquiète les politiciens de droite et d’extrême droite c’est qu’un nombre grandissant de personnes – de mieux en mieux informées – prennent conscience des enjeux écologiques auxquels est confrontée la société. 

Avec le plein soutien de Benyamin Netanyahou, Trump a décidé que les États-Unis allaient se retirer de l’Unesco, l’organisation des Nations Unies pour la science, la culture et l’éducation, à la fin de l’année car, selon le locataire de la Maison Blanche, elle ferait preuve de parti pris contre Israël, notamment pour son action à Gaza, la destruction de centaines d’établissements scolaires, les assassinats ciblés d’enseignants et le massacre de dizaines de milliers d’élèves. Déjà en décembre 2018 Trump avait pris la même décision pour les mêmes raisons, décision annulée par la suite sous Joe Biden en juin 2023. Mais aujourd’hui la plupart des grandes organisations internationales, de nombreux pays, des centaines d’ONG diverses et des centaines de millions de personnes sont horrifiées, à travers le monde, par les massacres des Gazaouis par l’armée israélienne. Et le départ de Trump de l’Unesco ne changera rien à cette réalité. 

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a eu des mots très durs contre le budget 2026 concocté par François Bayrou. Après avoir rencontré la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, elle a déclaré, en parlant notamment de la réforme de l’assurance chômage voulue par l’exécutif, « ce serait un carnage total pour les demandeurs d’emploi ». Va-t-elle pour autant lancer un appel à la mobilisation pour contrer ce budget anti-ouvrier ? Faut pas rêver ! Car elle a ajouté aussitôt : « On a fait valoir nos arguments, rendez-vous fin août – début septembre, toutes les possibilités d’action sont sur la table, on décidera à la fin de l’été. ». Et les autres confédérations syndicales ne semblent guère plus empressées à préparer les luttes.