Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Thales Alenia Space était assigné au tribunal le 15 septembre dernier par la CGT, pour « mise en danger de la santé des salariés ». Depuis la suppression de 600 emplois à Toulouse et Cannes, les conditions de travail se sont dégradées : heures supplémentaires non payées, défaut de formation, d’encadrement… Beaucoup sont épuisés ou craquent. Il y a moins d’un an, des salariés se sont mis en grève à de nombreuses reprises pour les salaires et des embauches. C’est la voie à suivre à Thalès et ailleurs.

L’émission Complément d’enquête de jeudi dernier sur France 2, a révélé que Michelin avait utilisé une partie des aides publiques du CICE pour acheter des machines neuves destinées à son usine de La Roche-sur-Yon… fermée quelques mois plus tard. Ces machines n’auraient jamais été mises en service et ont été transférées vers des sites étrangers, ce que la direction de Michelin conteste en partie. Avec 1,9 milliard d’euros de bénéfices réalisés l’an dernier, le groupe continue pourtant de profiter massivement d’argent public, tout en supprimant des centaines d’emplois (613 à la Roche-sur-Yon) et en licenciant les ouvriers qui ont bâti sa richesse. Il est grand temps d’en finir avec le pouvoir de cette grande bourgeoisie : reprenons le fruit de notre travail et faisons payer les patrons !

Lecornu fait mine d’avoir entendu la colère exprimée dans la rue et par la grève le 10 et le 18 septembre. Il a annoncé la suppression des « avantages à vie » des ministres. Montant : 4,5 millions d’euros par an.
Les aides publiques versées chaque année aux entreprises se montent à 211 milliards au bas mot. « L’optimisation fiscale » des ultra-riches c’est autour de 100 milliards. Lecornu sacrifie les pièces jaunes pour les politiciens afin de préserver la fortune de leurs maîtres.

Charlie Kirk, le militant d’extrême droite américain assassiné le 10 septembre dernier, était un nostalgique de l’époque de l’esclavage des Noirs, un ennemi du droit à l’avortement (« Holocauste de notre époque [à] éradiquer totalement »), on en passe et des pires. Mais en ce moment, quiconque rappelle cela aux États-Unis est accusé d’être un quasi terroriste et peut perdre son travail, même s’il est une star de la télé comme l’humoriste Jimmy Kimmel. Heureusement, tous les Américains ne se laissent pas effrayer. Certains ont lancé un boycott de la chaîne qui l’a viré (ABC) et sa maison-mère Disney.

Le multi-milliardaire Bernard Arnault n’aime pas l’idée qu’on puisse taxer, même juste un peu, son magot. Selon lui, l’économiste Gabriel Zucman, qui propose un modeste prélèvement de 2 % par an sur les patrimoines des 1 800 plus riches du pays, est carrément un « militant d’extrême gauche ». La vérité, c’est que Zucman inspire surtout le PS. Et qu’on est des millions à rêver de reprendre à Arnault 100 % de sa fortune.

L’armateur milliardaire franco-libanais Rodolphe Saadé, propriétaire du groupe de presse CMA Médias (qui comprend le site en ligne Brut, la chaîne Chérie 25, rebaptisée RMC Life, La Provence, Corse-Matin, La Tribune et le groupe RMC BFM) avait affirmé le 17 septembre dernier devant les membres de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale : « Je ne m’immisce pas dans la ligne éditoriale de [mes] journaux. » Un gros mensonge. Il vient en effet de donner consigne à la rédaction de l’hebdomadaire économique La Tribune de ne plus utiliser le terme « ultrariche » dans ses colonnes. Il s’est sans doute senti visé. Si les journalistes de La Tribune sont en quête de synonymes on peut leur suggérer : très fortuné, nanti, richard, billionnaire, multi-milliardaire, multi-millionnaire mais aussi nabab, sangsue, affameur, profiteur, exploiteur… Ils n’ont que l’embarras du choix.

Promis par Emmanuel Macron dès 2017, le service national universel (SNU) était supposé donner aux jeunes âgés de 15 à 17 ans un avant-goût de l’armée, avec des journées qui débutaient par la « levée des couleurs » (drapeau et hymne national), alors que le port de l’uniforme était de rigueur. Il voulait à terme instaurer un « service national » obligatoire d’une durée d’un mois pour les jeunes âgés de 18 à 21 ans, encadré par les armées et la gendarmerie nationale. Mais devant le peu de succès rencontré par cette initiative auprès de la jeunesse (35 700 jeunes inscrits pour 66 000 places en 2025) et son coût (entre 80 et 100 millions d’euros par an), Lecornu a décidé d’y mettre fin au 1er janvier 2026. Mais Macron a d’ores et déjà promis qu’il voulait « donner à la jeunesse un nouveau cadre pour servir, selon d’autres modalités, au sein de nos armées ». Bref le SNU disparait mais l’objectif de faire marcher au pas la jeunesse demeure. À bas l’armée !

Le parquet de la cité phocéenne a annoncé l’ouverture d’une enquête après la diffusion d’images sur les réseaux sociaux montrant une jeune femme violemment frappée par des policiers à l’issue de la journée de mobilisation et de manifestations du 18 septembre. Les images en question ont été tournées par l’AFP TV, le service vidéo de l’Agence France-Presse. L’enquête a été ouverte « pour violence ayant entraîné une incapacité de travail inférieure à huit jours, commise par une personne dépositaire de l’autorité publique en réunion ». On sait par avance (et par habitude) que les policiers vont déclarer que la vidéo est biaisée, que ce sont eux qui étaient sauvagement agressés par leur victime et qu’ils n’ont fait que se défendre. Et il y a de fortes chances que la justice fasse semblant de les croire.

La filiale française de Toray, groupe japonais premier fabricant mondial de fibre carbone, vient d’être condamnée à verser 3 000 euros à Timothée Esprit, un syndicaliste CGT qui travaille dans une de ses usines du bassin de Lacq. À deux reprises la direction a tenté de le licencier. La première fois en prenant prétexte du fait qu’il avait affiché sur son compte X personnel des messages de soutien à la cause palestinienne, la seconde en tentant d’obtenir des informations sur les visites qu’il avait effectuées à la prison de Lannemezan pour s’entretenir avec le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, libéré en juillet dernier. Par deux fois ses demandes de licenciement ont été rejetées par l’inspection du travail. Dans son jugement, le tribunal interdit à l’entreprise d’utiliser contre Esprit des éléments portant sur ses visites pénitentiaires. Mais le patron ne lâche pas le morceau et a saisi le ministère du Travail pour tenter de passer outre aux refus de licenciement.