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Brèves

L’actualité en bref

Pour boucler son futur budget 2026 le gouvernement a déjà proposé de supprimer deux jours fériés et de monétiser la cinquième semaine de vacances qui serait travaillée. Mais pas de raison de s’arrêter en si bon chemin dans les attaques anti-sociales. C’est cette fois la porte-parle du gouvernement, Sophie Primas, qui vient de se lâcher. Dans un entretien sur LCI elle s’est prononcée pour la suppression des 35 heures. Elle était interrogée sur les propos tenus un peu plus tôt par le député Renaissance Mathieu Lefèvre, selon lequel « il faudra mettre fin aux 35 heures dans ce pays et laisser la liberté aux entreprises de s’organiser, en lien évidemment avec leurs salariés ». Et la dame de qualifier les 35 heures de « boulet ». Bientôt, au nom de la liberté des entreprises d’agir à leur guise, le gouvernement va proposer la suppression du salaire minimum, des CDI, voire le retour au travail des enfants. Chez ces gens là le mot « liberté » a toujours un arrière goût d’esclavage salarié.

« Nous travaillons, en France, 100 heures de moins par habitant qu’en Allemagne », a expliqué la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, en s’appuyant sur une statistique de l’OCDE, pour justifier l’appel de Bayrou au pays pour travailler plus. En oubliant de dire que l’indicateur utilisé par l’OCDE pour le volume total d’heures travaillées par habitant est une moyenne qui inclut toute la population (enfants, retraités, chômeurs, etc.). Par contre si on ne prend en compte que les heures travaillées par personne en emploi on arrive à 1 494 heures par an en France contre 1 340 heures en Allemagne. De même les chiffres d’Eurostat sur les heures hebdomadaires effectives travaillées indique une moyenne de 35,8 heures en France contre 33,9 heures en Allemagne. En résumé on travaille plus longtemps ici qu’outre-Rhin. Ce qui prouve que l’on peut prouver n’importe quoi avec les statistiques. L’argumentation de Bayrou & Co. a du plomb dans l’aile.

Au moment même où les incendies ravagent de nombreuses régions françaises et que l’on manque cruellement de pompiers, Mediapart publie un reportage qui montre que tous les profils ne sont pas forcément les bienvenus dans les casernes. Il cite l’exemple de Mohamed El Mimouni qui est sapeur-pompier volontaire depuis vingt-cinq ans, une longue période durant laquelle il a du subir toutes sortes de discrimination. Il commence sa carrière en 1997 en Seine-et-Marne où, explique-t-il, « au départ, je me suis fait tout petit. Les agressions verbales racistes, je les laissais passer. » Il s’installe dix ans plus tard dans l’Orme où, pendant deux ans, le chef de centre ne donne pas de réponse à sa candidature. Et il affirme à ses hommes, dont quatre ont témoigné par la suite pour l’enquête interne du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) et lors de la procédure judiciaire : « Il n’y aura pas un Arabe dans ma caserne » Et ce n’est pas un cas isolé. Plusieurs plaintes et signalement ont mis en lumière un problème de racisme systémique au sein des pompiers à l’égard notamment de ceux d’origine maghrébine. Mais pas seulement. Lors d’une intervention à Lannion, dans les Côtes d’Armor un pompier d’origine camerounaise avait été victime d’injures et de menaces en raison de la couleur de sa peau. Et généralement la hiérarchie laisse faire laissant se développer un climat raciste nauséabond.

L’agence de l’ONU pour l’Enfance (UNICEF) publie des chiffres sur le nombre d’enfants victimes du conflit à Gaza. Si on sait que l’actionne l’armée israélienne a déjà entrainé la mort de plus de 60 000 Gazaouis, en majorité des civils, le bilan parmi les enfants est lui aussi tragique. Dix sept mille ont perdu la vie, quarante mille ont été blessés et une dizaine est amputée d’un ou deux membres chaque jour. En outre plusieurs dizaines de milliers sont orphelins d’un ou deux parents. 28 enfants sont tués en moyenne quotidiennement, soit l’équivalent d’une classe qui disparaît chaque jour depuis le début en conflit en octobre 2023. Et l’hécatombe provoquée par « l’armée la plus morale du monde », comme le dit sans honte Netanyahou, continue… 

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a annoncé qu’il suspendait pour une période de trois mois l’examen des demandes d’asile des migrants arrivant à bord de bateaux en provenance d’Afrique du Nord. Il a ajouté que tous les migrants entrés illégalement seraient arrêtés et détenus. Il a repris, au passage, le refrain cher à une bonne partie de l’extrême-droite européenne selon lequel les îles grecques feraient face à « une invasion migratoire ». En réalité, depuis le début de l’année, 7 300 migrants sont arrivés dans le pays par les îles de Gavdos et de la Crête. On est très loin d’une invasion. Mais cette mesure teintée de racisme est purement démagogique. Quant à l’Union européenne, elle n’a toujours pas réagi.

Une « cérémonie historique » a eu lieu à Dakar pour marquer le départ de l’armée française du pays après une présence permanente de soixante-cinq ans. Depuis 2022, la glorieuse armée tricolore a dû quitter le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Tchad et le Gabon. Une preuve de l’affaiblissement de l’ancienne puissance coloniale en Afrique où elle ne possède plus désormais que la base militaire de Djibouti. Au cours des années la plupart des dirigeants africains ont été confrontés à une hostilité croissante et justifiée de leurs opinions publiques qui ont exigé le départ des troupes françaises. Ils s’y sont pliés, parfois par opportunisme, tout en défendant un « partenariat rénové » avec Paris. Car ce retrait ne signifie pas pour autant la fin de la mainmise de l’impérialisme français sur une bonne partie des richesses africaines. Les troupes sont parties mais la Françafrique est toujours là.

Après être resté près de 41 ans incarcéré, le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, va sortir le 25 juillet prochain de la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) où il se trouve actuellement. Il sera ensuite expulsé pour regagner son Liban natal. Aujourd’hui âgé de 74 ans, Abdallah est incarcéré en France depuis 1984. Il était libérable depuis 25 ans mais avait vu sa dizaine de demandes de remise en liberté rejetées, sous pression notamment du gouvernement américain. Il avait été condamné en 1987 pour complicité dans les assassinats de deux diplomates, un américain et un israélien, ce qu’il avait toujours nié. Au cours de sa captivité celui qui était devenu le plus vieux prisonnier politique d’Europe a toujours affirmé son soutien à la cause palestinienne.

En juillet 2023, à Marseille, dans le cadre des manifestations pour protester contre le meurtre de Nahel par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine), quatre policiers s’en prenaient à un jeune homme de 22 ans, Hedi, le rouant de coups et lui tirant un projectile de LBD dans la tête, entrainant des blessures gravissimes nécessitant une amputation partielle du crâne. Dans le volet pénal de l’affaire, les quatre principaux agents ont été mis en examen pour « violences volontaires aggravées » (avec arme, en réunion et par personne dépositaire de l’autorité publique) et, placés sous contrôle judiciaire. Mais un rapport de l’IGPN, la police des polices, datant du 13 février dernier et révélé par Mediapart, demandait à ce que les quatre hommes, et leur cheffe qui les avait couverts, soient traduits devant un conseil de discipline pour « usage disproportionnée » de la force alors qu’Hedi « ne représentait aucune menace ». Le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas donné suite aux conclusions de l’IGPN. Aucun des agents n’est, à ce jour, passé en conseil de discipline et tous ont conservé l’intégralité de leurs salaires. Retailleau veille sur eux !

L’entreprise européenne MBDA (Matra, BAe Dynamics, Aérospatiale, et Alenia), le plus important constructeur de missiles d’Europe, dont le siège social est au Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine, expédie des milliers de composants de bombes vers Israël, à travers une de ses filiales basée en Alabama, aux États-Unis. Ce que révèle une enquête menée par le quotidien britannique The Guardian et les médias en ligne Disclose (France) et Follow the money (Pays Bas). L’usine américaine de MBDA produit les ailes de la GBU-39, une bombe téléguidée confectionnée par Boeing. Les revenus tirés de cet accord commercial par la société américaine MBDA Incorporated transitent par MBDA UK, basée dans le Hertfordshire, en Angleterre, qui reverse ensuite les bénéfices au siège social du groupe, près de Paris. L’année dernière l’entreprise a ainsi distribué près de 350 millions de livres sterling (près de 405 millions d’euros) de dividendes à ses trois actionnaires : Airbus (France), BAE Systems (Royaume Uni) et Leonardo (Italie). Mais Paris, Londres et Rome continuent d’affirmer, la main sur le cœur, qu’ils ne livrent pas d’armes à l’État sioniste.