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Brèves

L’actualité en bref

C’est Mediapart qui a levé le lièvre. Élu d’arrondissement à Marseille ainsi qu’au conseil métropolitain, et classé à l’extrême droite, Romain Brument enseigne l’histoire-géographie au collège Arthur-Rimbaud, dans le 15e arrondissement de la cité phocéenne. Outre ses fonctions d’enseignant, il est également chargé de sensibiliser les élèves à l’égalité entre les filles et les garçons. Dans ce domaine il a une expérience éclairante. En effet, le 25 avril dernier, il a été condamné par un tribunal… pour violences conjugales en présence d’un mineur. Avec lui l’égalité filles-garçons peut aller se rhabiller.

À l’occasion de sa visite à Londres, Macron a conclu un accord avec le Premier ministre britannique, Keir Starmer, aux termes duquel tous les migrants qui traversent la Manche sur des embarcations de fortune depuis les côtes françaises seront arrêtés, détenus et renvoyés en France. En échange de chaque retour, un migrant en situation régulière pourra venir s’installer en Grande-Bretagne, via un itinéraire contrôlé et légal. Un marché de dupes. Car il y a sans doute dix fois plus de migrants en situation irrégulière que de régularisables. Et ceux expulsés du Royaume-Uni, n’ayant que peu de chance d’être régularisés, n’auront pas d’autre choix que de tenter à nouveau l’aventure, avec tous les risques que cela comporte. Une façon d’accentuer les mesures de contrôle et de répression de la population migratoire. Un « deal » bien dégueulasse…

La principale organisation patronale, le Medef, a présenté une centaine de propositions visant à réduire les dépenses de santé dans le cadre du prochain budget de la Sécurité sociale 2026. En résumé, les propositions en question se résument à deux mesures phare : plus de contrôles des arrêts de travail et moins de droits pour les salariés. Et de préconiser notamment l’instauration d’un ou plusieurs jours de carence en cas d’arrêt maladie, non indemnisés par la Sécurité sociale, ni par l’employeur, réduire la prise en charge des dépenses en optique et audiologie, un meilleur contrôle des soins pour réduire les coûts, etc. Au total ces mesures permettraient, parait-il, d’économiser jusqu’à 600 millions d’euros, une somme largement financée… sur le dos des assurés. Merci patrons !

C’est le Canard enchaîné qui le révèle. Une institutrice de l’école Rosa-Parks, d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), épaulée par des parents d’élèves de la FCPE et des enseignants du collectif « Aucun enfant sans toit », risque d’être poursuivie en justice pour avoir ouvert pour une nuit les portes de l’établissement à une famille de trois enfants qui se trouvaient à la rue. Elle avait auparavant contacté le Samu social qui, débordé, n’avait aucune solution d’urgence à proposer. C’est à la même situation qu’avaient été confrontées l’hiver dernier deux enseignantes du collège Michelet, de Tours (Indre-et-Loire), qui avaient hébergé dans l’établissement plusieurs familles dans le cadre d’une action menée par un autre collectif, « Pas d’enfants à la rue ». Elles ont été convoquées par la procureure de la République et pourraient écoper d’un avertissement pénal probatoire pour avoir « troublé la tranquillité » de l’établissement et « y avoir pénétré ou s’être maintenues ». La professeure et l’institutrice ont annoncé qu’elles ne se rendraient pas aux convocations du tribunal, la solidarité étant un droit, pas un délit. Rappelons que l’on estime qu’actuellement environ 3 000 enfants dorment chaque nuit à la belle étoile, une augmentation de 42 % depuis 2023.

Adoptée cette semaine par l’Assemblée nationale, la loi Duplomb permet la réintroduction à titre dérogatoire de l’acétamipride, un pesticide potentiellement cancérigène d’après des études récentes. Ce qui fait dire à Francelyne Marano, vice-présidente de la Ligue contre le cancer et professeure de biologie cellulaire et de toxicologie : « Alors que notre pays n’a jamais autant parlé de prévention des cancers, qu’une proposition de loi instaurant un registre national vient d’être adoptée, ce texte va à l’encontre des principes de santé publique. Il affaiblit les protections existantes, fragilise les environnements favorables à la santé et envoi un signal incompréhensible. » Incompréhensible vraiment ? Pas tant que ça. Entre faire une fleur à l’agrobusiness, représenté notamment par la FNSEA, et protéger la santé publique, le gouvernement a vite fait son choix.

Pour réaliser le plan d’économie qu’il s’est fixé l’an prochain le gouvernement envisagerait, selon son entourage, d’instaurer « une année blanche ». En résumé il s’agirait de maintenir les dépenses au niveau de celle de l’année précédente, sans tenir compte de l’inflation. Selon Mathieu Plane, un expert à l’Observatoire français des conjonctures économiques interrogé par le quotidien Sud Ouest, pourraient être ainsi touchés les prestations sociales (RSA, allocations familiales, minimum vieillesse, APL, etc.), le barème de l’impôt sur le revenu, les dotations aux collectivités, les revalorisations des actes médicaux, etc. Et de conclure : « Pour ceux qui ont des niveaux très bas une baisse de 1 ou 2 % c’est très contraignant, alors que ceux qui ont un niveau plus élevé peuvent l’amortir. Les plus modestes seraient les plus impactés. » On ne lui fait pas dire.

Trois associations de défense de l’environnement (France Nature environnement, Générations futures, Association citoyenne et laïque des consommateurs), ont porté plainte contre Tefal, filiale du groupe SEB et géant français des ustensiles de cuisine, pour pratiques commerciales trompeuses. En cause : une campagne publicitaire en 2024 affirmant que ses produits étaient « reconnus comme sûrs » par les autorités. Or, pour la fabrication de ses poêles Tefal utilise le PTFE, un polluant dit éternel (PFAS) alors que plusieurs études scientifiques ont mis en évidence les effets nocifs des microparticules de ce produit sur la santé. L’Assemblée nationale avait adopté, en avril 2024, une proposition de loi écologiste visant à restreindre la fabrication et la vente de produits contenant des PFAS. Mais les ustensiles de cuisine en avaient été exclus suite à une opération de lobbying des fabricants conduite par… Tefal. Le texte définitif, promulgué en février dernier, conserve cette exception. Entre préserver la santé ou aider le business, les pouvoirs publics ont choisi.

Alors que le milliardaire Sylvan Adams présente l’équipe cycliste qu’il sponsorise, « Israel-Premier Tech », comme ambassadrice de l’État d’Israël, des soutiens de la Palestine manifestent sur différentes étapes du Tour de France. Mercredi 9 juillet, c’était le contre-la-montre à Caen. Quelques dizaines de personnes agitaient des drapeaux palestiniens et distribuaient des tracts pour expliquer leur action. Selon la préfecture, « à un moment donné, un cap a été franchi ». Lequel ? Chez les manifestants, mystère… Chez les CRS, en revanche, des vidéos l’attestent : ils ont entouré une poignée de manifestants qui tenaient la banderole « Halte au massacre à Gaza », l’ont déchirée, ont jeté à terre quelques camarades, en privilégiant apparemment les plus âgés. Comme le dit une formule bien connue : quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites…

Alors que plusieurs départements du sud du pays, en particulier les régions de Narbonne et de Marseille, ont fait face à d’énormes incendies, le gouvernement, par la voix du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a insisté sur l’importance de débroussailler les alentours des habitations pour lutter contre les feux. Un conseil judicieux qui, s’il était suivi par les particuliers, retarderait probablement la propagation des flammes. Mais cela ne serait pas suffisant pour les maîtriser rapidement, malgré le courage et l’abnégation des pompiers. Car ces derniers manquent cruellement de moyens de lutte efficaces. À Marseille, par exemple, ils n’ont pu engager que deux canadairs, des avions de 25 ans d’âge. En 2022, Emmanuel Macron avait annoncé l’achat de quatre nouveaux canadairs d’ici à 2027 ainsi que le remplacement des douze appareils déjà présents dans la flotte française. Mais l’an dernier, prétextant des contraintes budgétaires, le gouvernement Attal avait annulé ces commandes. Ces jours-ci, de passage à Marseille, le président de la République a remis le couvert en promettant de nouveaux appareils d’ici la fin du quinquennat. Sauf si Bayrou annule le tout au nom de la rigueur budgétaire. S’il ne s’agissait pas de bombardiers d’eau mais de bombardiers tout court, il est certain que les crédits n’auraient pas été supprimés.