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Brèves

L’actualité en bref

Selon un bilan provisoire plus de 100 personnes sont mortes et plusieurs dizaines encore portées disparues à la suite de la crue éclair du fleuve Guadalupe dont le niveau est monté de plus de huit mètres en 45 minutes. Si les inondations de ce genre sont fréquentes dans cette région des États-Unis, les spécialistes mettent en liaison leur ampleur exceptionnelle avec le réchauffement climatique. La météo n’est pas une science exacte et il est toujours difficile de prévoir l’ampleur de ces phénomènes. Mais depuis son arrivée à la Maison-Blanche le climatosceptique Trump n’a fait qu’aggraver les choses. Il a en effet taillé à la hache dans les effectifs du Service météorologique national (National Weather Service) en licenciant plus de 600 météorologues, hydrologues et physiciens du climat mais aussi dans ceux du Centre de modélisation environnementale de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), spécialisé dans l’amélioration des prévisions difficiles. Cette fois, la NOOA avait cependant prévu la catastrophe et lancé une « alerte inondation », dont les autorités locales n’ont pas tenu compte, ni en évacuant la population menacée, ni même en la prévenant – faute de moyens selon le gouverneur. Dans l’avenir, les licenciements de fonctionnaires des services de météo par Trump risquent fort d’aggraver les choses, mais le président entend bien poursuivre sa politique catastrophique.

Le gouvernement de Varsovie a annoncé avoir installé 52 points de contrôle à la frontière avec l’Allemagne et 13 avec la Lituanie, qui seront effectifs du 7 juillet au 5 août mais pourront être prolongés après cette date. La décision prise par le gouvernement polonais « est destinée à endiguer le flux de l’immigration illégale ». Le Premier ministre, Donald Tusk, a accusé son voisin allemand d’envoyer vers la Pologne des migrants considérés comme indésirables sur son territoire. Depuis l’élection présidentielle du 1er juin, la chasse aux migrants est devenue un axe prioritaire de la politique polonaise. Ce qui ne peut étonner puisque l’exemple vient de la Commission européenne elle-même. Plus que jamais, il faut réclamer l’ouverture des frontières, le droit de circulation et de libre installation pour tous et toutes.

Le 5 novembre 2018, vers 9 heures du matin, deux immeubles situés aux numéros 63 et 65 de la rue d’Aubagne, un quartier populaire du centre de la cité phocéenne, s’écroulaient totalement alors qu’un troisième, au no 67, s’effondrait à 75 %. Dans ce drame, huit personnes perdaient la vie. Prés de huit ans après les faits, le tribunal a condamné trois copropriétaires à de la prison ferme sous bracelet électronique, quatre à du sursis et six autres prévenus ont été relaxés. Des peines jugées scandaleusement insuffisantes par les victimes et leurs familles. À un titre ou un autre les condamnés s’étaient opposés à la réalisation des travaux de ces immeubles en piteux état où s’entassaient des locataires vivant dans de véritables taudis. Quant à l’architecte-expert, qui avait visité les immeubles moins de trois semaines avant le drame en les déclarant parfaitement habitables, il a pris deux ans avec sursis. Le procès a levé le voile sur tout ce petit monde sordide d’affairistes qui louent parfois très cher des logements insalubres à des familles modestes.

Pour la seconde fois en quelques semaines, le président de la République a convoqué un conseil de défense restreint sur le supposé danger que représenteraient les Frères musulmans pour le pays. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait largement utilisé la première réunion sur ce thème, en mai dernier, pour donner libre cours à son délire anti-musulman. Pour mémoire les Frères musulmans, une confrérie née en 1928 en Égypte et qui porte le projet d’un islam politique conservateur, ont une influence négligeable au sein d’une communauté musulmane, ou supposée telle, estimée entre 5 et 6 millions de personnes dans ce pays. Ce qui n’empêche nullement Macron, Retailleau, Darmanin et consorts d’agiter régulièrement la « menace pour la cohésion nationale » qu’ils représenteraient. Une façon comme une autre d’alimenter l’islamophobie ambiante.

Alors que ces derniers jours gares, aéroports et autoroutes ont connu l’affluence habituelle des grands départs en vacances, il est bon de rappeler que 40 % des familles restent chez elles chaque année, faute de moyens financiers pour changer d’air. Transport, hébergement, activités : les vacances coûtent cher et toute une partie des ménages n’ont pas de moyens suffisants pour partir. Le taux de départ en vacances est de 42 % chez les plus modestes (au revenu mensuel inférieur à 1 285 euros mensuels) et montent à 76 % chez les plus aisés (revenu de plus de 2 755 euros). Il dépend aussi du milieu social : 78 % des cadres supérieurs partent en congé, contre 47 % des ouvriers et des employés. Quant aux allocataires du RSA, ils sont 70 % à vivre reclus chez eux. Pour les familles modestes, la possibilité de faire partir les enfants en colonie de vacances s’éloigne toujours un peu plus : en effet, faute de soutien effectif de l’État, ces dernières sont de plus en plus chères et les séjours durent de moins en moins longtemps. Résultat : 4,8 millions d’enfants pauvres passeront les vacances d’été à jouer dans la rue, les squares ou les espaces verts des cités ou les yeux rivés à leur écran. Là encore les différences de classe ne sont pas un vain mot.

C’est touchant ! La direction du magasin de Vénissieux (Rhône) du géant suédois de l’ameublement Ikea a proposé à Jean-Pierre, un SDF d’une soixantaine d’année installé devant l’enseigne depuis un an, un contrat de travail… sans manquer d’en informer le quotidien régional, Le Progrès, ainsi que France 3 et d’autres médias locaux. Tant de générosité laisse sans voix. Rappelons que le groupe suédois, qui possède 473 magasins à travers le monde dont 41 en France employant 12 000 personnes, a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 47,6 milliards d’euros. L’embauche de Jean-Pierre ne va donc pas trop écorner son budget et est largement couverte par les retombées médiatiques de l’affaire. Par contre Ikea oublie de prévenir la presse lorsqu’il est condamné pour avoir licencié un délégué syndical, deux salariés grévistes et un handicapé.

Les députés ont approuvé la création d’un « contrat de valorisation de l’expérience » (CVE), une mesure censée faciliter l’embauche des plus de 60 ans et qui sera en vigueur à titre expérimental pendant les cinq prochaines années. Ce projet – s’appuyant sur un texte déjà adopté au Sénat – est censé faciliter l’embauche des demandeurs d’emploi d’au moins 60 ans, voire dès 57 ans en cas d’accord de branche. Mais cette mesure, loin d’être un « CDI senior », comme elle est présentée, est dans les faits un CDD. Car le salarié en CVE, dès qu’il aura atteint l’âge de 64 ans et cotisé suffisamment de trimestres, pourra être licencié, son employeur se voyant alors dispensé de payer la contribution patronale spécifique de 30 % due sur le montant de la mise à la retraite. Une nouvelle arnaque en faveur des patrons.

Un rapport de travail remis à Bayrou par l’Inspection général des finances préconise pour le budget de l’an prochain de raboter les réductions fiscales, en général assez modestes, dont bénéficient ceux et celles qui contribuent au financement des associations. Aussitôt plusieurs associations, dont les Restos du Coeur, ont fait part de leur grande inquiétude dans un contexte où, à tous les niveaux, les subventions publiques se rétrécissent comme peau de chagrin. Comme le souligne Delphine Rouilleault, présidente du collectif Alerte, qui regroupe 37 associations de lutte contre la pauvreté, « des pans entiers du secteur associatif sont déjà dans une situation très fragile » et s’en prendre aux donateurs risquent de les mettre en plus grande difficulté. De plus, du fait de la crise, de nombreuses associations alertent régulièrement sur la baisse des dons aux associations venant de particuliers qui ont du mal à joindre les deux bouts. Mais de cela Bayrou n’en a cure. Il veut faire des économies à tout prix… mais sans toucher aux très riches, aux grandes entreprises ou à l’armement.

Le Canard Enchaîné a consacré un article à la plate-forme de télé-consultation Qare qui emploie pas moins de 2 000 médecins, la plupart étant salariés. Qare, propriété d’un fonds d’investissement britannique, encaisse les tarifs des consultations puis leur reverse un salaire fixe et une part variable en fonction de leurs performances. Les autres sont des médecins libéraux qui acquittent une cotisation de 75 euros par mois pour être référencés sur la plate-forme et lui reversent ensuite 20 % de leurs émoluments, payés par les patients ou la Sécurité sociale. À tous ces praticiens Qare impose des cadences de dingues. La durée moyenne d’une consultation ne doit pas excéder 5,7 minutes et chaque médecin doit effectuer au moins 5,25 télé-consultations par heure, travail administratif compris. Et, jusqu’à présent, l’Ordre des Médecins et la Caisse d’assurances maladie observent, sans réagir, ces pratiques qui sont à la médecine ce que les Mc’Do sont à la gastronomie.