Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le Conseil de l’Assurance maladie, sorte de parlement de l’institution, a rendu un avis défavorable au doublement des franchises médicales (reste à charge) que veut instaurer Bayrou et qui conduirait à ce que les assurés sociaux paient de leurs poches quatre euros au lieu de deux pour une consultation médicale, deux euros par boite de médicaments, etc. et jusqu’à 200 euros par an au maximum contre 100 actuellement. Au total, ce sont de 700 à 800 millions d’euros que le locataire de Matignon veut piquer dans nos poches. Mais les avis du Conseil de l’Assurance maladie n’étant que consultatifs, Bayrou a décidé de passer outre et de publier le décret. Au sein du Conseil les représentants des syndicats de salariés se sont opposés à cette la mesure, soutenus par les représentants d’institutions comme la Mutualité française ou l’Union nationale des associations familiales, alors que sans surprise les organisations patronales, à l’exception de celle des artisans qui est abstenue, ont voté pour. C’est le contraire qui aurait été étonnant.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) est vent debout contre Retailleau. En cause : le nouveau schéma national des violences urbaines, dévoilé et diffusé en douce par les services du ministère de l’Intérieur. Il doit permettre de clarifier les réponses policières « à toutes les situations de violences urbaines, jusqu’aux émeutes insurrectionnelles, caractérisées par une très haute intensité ». Un paragraphe du texte est consacré aux journalistes. Il explique que « la prise en compte du statut des journalistes telle que consacrée par le schéma national du maintien de l’ordre, ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines ». En clair, dans des telles situations, les professionnels des médias qui couvrent un évènement violent peuvent être matraqués et embarqués comme n’importe quel manifestant. Ce qui était déjà parfois le cas mais qui devient la règle. Bonjour la liberté de la presse !

Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’Alliance climatique et sociale, qui regroupe les ONG Greenpeace, Oxfam, les syndicats CGT Éducation et Snes-FSU, réclame un plan de rénovation des établissements scolaires de cinq milliards d’euros par an pendant dix ans. Froid glacial en hiver, fournaise en été, pluie qui goutte du plafond… 20 à 30 % des bâtiments scolaires sont « vétustes » et « inadaptés » aux événements climatiques extrêmes comme les orages violents qui ont perturbé la rentrée, ou les canicules de cet été qui ont vu fermer 2 000 établissements début juillet, note le texte. Il demande aussi la création d’un observatoire du bâti scolaire pour dresser un constat « établissement par établissement », et un protocole « clair et à la hauteur » à appliquer lors de canicules ou autres événements climatiques. Le gouvernement avait lancé en 2023 un plan de rénovation énergétique du bâti scolaire, « EduRenov », qui devait permettre de financer deux milliards d’euros de travaux d’ici 2027 dans 10 000 établissements. En fait seuls 3 000 établissements ont été rénovés en deux ans – sur plus de 58 000 au total – et pour des travaux qui sont parfois très partiels. Ce qui est notoirement insuffisant. Comme disait le vieux slogan toujours d’actualité : « De l’argent pour l’école, pas pour les monopoles ».

Un homme de 31 ans a été interpellé et mis en examen pour « meurtre sur conjoint » après que sa campagne a été retrouvée inconsciente au domicile conjugal à Billère, dans la banlieue de Pau. Admise à l’hôpital pour blessures à la tête, elle est décédée deux jours plus tard. Le suspect présente des antécédents judiciaires pour violences conjugales et violences aggravées. Depuis le début de l’année 2025 une soixantaine de féminicides par conjoint ou ex-conjoint ont été dénombrés, soit un tous les quatre jours en moyenne.

Sur plusieurs étapes de la Vuelta, des drapeaux palestiniens ont flotté et des banderoles ont exigé l’arrêt du massacre à Gaza. Les manifestants ont pointé du doigt l’équipe cycliste Israel-Premier Tech, véritable outil de propagande du régime israélien, financée par un milliardaire sioniste et intégrée dans la machine de « sportwashing » qui tente de repeindre en rose les crimes d’occupation et d’apartheid de l’État d’Israël. Une hypocrisie d’autant plus flagrante que l’Union cycliste internationale (UCI) a exclu toutes les équipes russes après l’invasion de l’Ukraine, mais continue d’ouvrir grand la porte à une équipe qui sert directement d’ambassadrice au colonialisme israélien. Loin de l’image aseptisée que cherchent à vendre les organisateurs, le peloton a traversé une contestation populaire qui rappelle que la Palestine est une lutte internationale. Dans les rues comme sur les routes, un message clair : tant qu’Israël bombarde, nous ne fermerons pas les yeux.

C’est une rengaine que nous ressassent ad nauseum Macron, Bayrou, le ministre de l’Économie, Éric Lombard et les grands patrons. Il ne serait pas possible de taxer les plus riches car cela les ferait fuir et cet exil fiscal appauvrirait durablement le pays. Eh bien tout cela est du pipeau. Ce ne sont pas seulement d’affreux gauchistes qui l’affirment mais le Conseil d’analyse économique, un organisme officiel rattaché… à Matignon. Il vient de publier une étude qui affirme qu’une hausse d’imposition sur les revenus du capital des 1 % les plus riches n’entrainerait qu’une augmentation comprise entre 0,02 et 0,23 % des exils fiscaux des hauts patrimoines, soit entre 90 et 900 foyers sur trois à quatre cent mille concernés. On est loin d’une hémorragie mortelle. Mais pour nos gouvernants, tout est bon pour épargner les plus riches et faire payer les pauvres.

La Commission européenne s’est engagée à examiner une pétition exigeant que toutes les femmes du Vieux Continent aiment accès à des avortements « sûrs ». Cette pétition est une « initiative citoyenne », un dispositif qui contraint l’exécutif européen à se saisir d’un dossier s’il a recueilli en soutien plus d’un million de signatures provenant de citoyennes et de citoyens d’au moins sept États membres de l’Union. Dans des pays comme la Hongrie ou la Pologne, faire reconnaitre le droit à l’IVG est un combat semé d’embûches. En Pologne par exemple, qui applique une législation des plus restrictives en la matière, seules 896 IVG ont été pratiquées l’an dernier alors que le pays compte plus de 38 millions d’habitants contre 245 000 pour 68 millions d’habitants en France.

Le tribunal judiciaire de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, examine l’affaire qui oppose Timothée Esprit à son patron Toray-CFE, premier producteur mondial de la fibre carbone. Ce dernier tente, depuis des mois, de licencier Esprit, un dirigeant local de la CGT qui travaillait sur un des sites de l’entreprise situé à Abidos près de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques. En mars dernier la cour d’appel avait annulé un premier licenciement du syndicaliste coupable, aux yeux de son patron, d’avoir posté sur son compte personnel Facebook, une photo du Front populaire de libération de la Palestine. Cette fois la direction lui reproche d’avoir rendu visite à plusieurs reprises au militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah alors qu’il était incarcéré à la prison de Lannemezan. L’inspection du travail a refusé ce nouveau licenciement. Toray-CFE a donc saisi le ministère du Travail pour obtenir gain de cause en accusant Esprit de s’acoquiner avec des « terroristes ». Plusieurs manifestations et débrayages de solidarité ont été organisés ces dernières semaines, notamment par la CGT et des collectifs de soutien à la Palestine.

C’est Le Canard enchaîné qui a levé le lièvre. L’université d’été du Medef, rebaptisée
« Rencontre des entrepreneurs de France 2025 », qui s’est tenue fin août au stade Roland-Garros à Paris, a été financée pour plus de 250 000 euros par de l’argent public. Une quinzaine de ministères, d’établissements publics et de régions ont sorti leurs carnets de chèques pour sponsoriser l’évènement. Ils sont désignés sur les plaquettes publicitaires du Medef comme « partenaires ». Parmi ces derniers le ministère du Travail, la Caisse des dépôts, l’Association pour l’emploi des cadres, la Banque publique d’investissement, France Travail, l’Urssaf, etc. Entre le grand patronat et la haute fonction publique tout baigne…