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Brèves

L’actualité en bref

Après deux ans d’enquête, le parquet de Paris a requis un procès contre un policier qui, au volant de son véhicule, avait volontairement heurté un scooter sur lequel se trouvaient trois jeunes de 13,14 et 17 ans qui avaient été grièvement blessés. Les faits s’étaient déroulés le 13 avril 2023 dans le 20e arrondissement. Les jeunes fuyaient une voiture de police qui les poursuivait après un refus d’obtempérer. Cerise sur le gâteau le policier en question avait ensuite falsifié le compte-rendu de l’accident. En théorie il risque jusqu’à dix ans de prison. En pratique les juges sont généralement bonne pomme avec les flics qui agressent des jeunes de milieu populaire.

Olivier Sarrabeyrouse, le maire communiste de la ville, organisait vendredi dernier pour le cinquième été consécutif la projection d’un film en plein air « pour celles et ceux qui n’ont pas la chance de partir en vacances, et en particulier les enfants ». Et, par voie de consultation publique, il avait laissé au public le choix du film. C’est finalement la comédie américaine « Barbie », sortie à l‘été 2023, qui avait été retenue. Mais le tout a été annulé après que des agents municipaux, qui installaient le matériel de projection, aient été agressés par un groupe de jeunes affirmant qu’ils allaient empêcher le visionnage et tout démolir. Les agents ont essayé de discuter mais c’est devenu très tendu. De plus le maire a fait l’objet de menace sur les réseaux sociaux. Pourquoi tant de haine ? Parce que ce film, qui tourne en dérision le patriarcat, est dans le viseur de musulmans fondamentalistes. Lors de sa sortie, il avait été interdit de diffusion dans plusieurs pays dont le Koweït, l’Algérie et le Liban. Le Koweït avait dénoncé une « atteinte à la morale publique » et précisé que « tout film qui contrevient aux valeurs et traditions de notre société » devait être interdit. Le Liban l’a quant à lui interdit en raison de « la promotion de l’homosexualité ». Et ces méthodes obscurantistes ont, dans l’hexagone, de chauds partisans. Ceux-ci ne se limitent d’ailleurs pas aux intégristes musulmans, car l’Église catholique s’est, elle aussi, opposée plus d’une fois à la diffusion de films qui ne lui convenaient pas.

Il aura fallu attendre 65 ans après l’indépendance de ce pays africain pour que Paris reconnaisse officiellement que la France avait mené une guerre contre les mouvements insurrectionnels au cours de laquelle « les autorités coloniales et l’armée française ont exercé des violences répressives de nature multiple ». Macron a envoyé une lettre en ce sens à son homologie gabonais. Les crimes du colonialisme français dans ses anciennes colonies sont innombrables, depuis Madagascar au Vietnam, en passant par l’Algérie ou Haïti. Mais il ne les reconnait qu’au compte-gouttes. Ce qu’il appelle sans doute le devoir de mémoire qui flanche.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et des représentants de divers pays européens – dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni en tête – se sont réunis à Berlin pour s’entretenir en visio-conférence avec Donald Trump. Le but de l’opération : tenter de peser sur les discussions sur la guerre d’Ukraine qui auront lieu, vendredi, en Alaska, entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine. Mais il s’agit d’un exercice purement rhétorique et d’une opération de communication. Car, au cours des derniers mois, Trump a montré que la seule chose qu’il était prêt à défendre face à son compère Poutine était les intérêts de l’impérialisme américain en Ukraine et ailleurs. Et tant pis pour ses concurrents de seconde zone qui, de toute façon, se plieront à la loi du plus fort. Bienvenue dans le monde des requins capitalistes. 

Découverte en 2023 dans le désert d’Agadez, dans le nord du pays, une météorite martienne de 25 kg, la plus grosse jamais découverte, a été vendue pour 5 millions de dollars (4,3 millions d’euros) par la célèbre maison d’enchères Sotheby’ s à New York. Niamey, qui la revendique, dénonce un trafic illicite et rappelle que le pays possède une loi protégeant ses biens culturels parmi lesquels les « spécimens rares » de minéralogie. Mais de cela les trafiquants de tout poil s’en moquent. Il y a des décennies que les richesses culturelles et patrimoniales des pays du Tiers Monde sont spoliées par les pays capitalistes développés. Pillage pur et simple à l’époque coloniale, vols par des réseaux de spécialistes ensuite. Et le fait de réclamer que ces objets dérobés retournent dans leurs pays d’origine est une revendication on ne peut plus légitime.

 

À peine les mesures d’avril 2025 entrées en vigueur que le gouvernement ressort la rengaine des « économies » à faire sur le dos des chômeurs (actuels et à venir, au regard des 400 plans de licenciements recensés !). La « lettre de cadrage » envoyée le 9 août fixe un objectif de 2 a 2,5 milliards de coupe budgétaire dans un premier temps, puis 4 milliards d’ici 2030… Ce qui semble se dessiner, c’est un passage de 6 à 8 mois de travail nécessaire pour ouvrir des droits dans une période de référence raccourcie de 24 à 20 mois. La riposte est en route : la CFDT est « énervée » et la CGT dénonce un « saccage »…

Le 11 août, au tribunal de commerce de Strasbourg, le couperet est tombé, Novasco (ex Ascometal) est placé en redressement judiciaire, un an après avoir été repris par le fonds d’investissement d’armement Greybull dont nous parlions dans une suite d’articles. Seul le site de Hagondange reste sans lettres d’intention ni repreneur, laissant les travailleurs voir la fermeture de l’usine arriver. Cette catastrophe depuis longtemps annoncée a laissé l’État de marbre, n’ayant que faire des préoccupations des travailleurs pourtant en grève avec blocages comme nous en parlions ici. Ils ont d’ores et déjà annoncé se mobiliser le 4 septembre devant l’usine. Les investisseurs de Greybull sont partis avec la jolie bagatelle de 75 millions d’euros d’aides de l’État. De l’argent jeté aux cochons, ou plutôt ici aux vautours.

Les 250 personnes qui occupaient le parvis devant la mairie depuis sept jours ont été évacuées par les autorités sur ordre du préfet de police. Soixante-six personnes ont accepté d’être convoyées vers des centres régionaux d’accueil temporaire situés à Toulouse, Strasbourg, Marseille, Besançon, Rennes ou Bourges. La mairie de Paris s’est occupée de 34 autres, des femmes seules enceintes ou avec des enfants de moins de 3 ans. Mais une centaine d’enfants, de mineurs non accompagnés et de mères isolées sont retournés à la rue. Cette action, pour attirer l’attention sur le manque d’hébergements d’urgence, a donné lieu à un flot de haine raciste, anti-migrants et anti-pauvres sur les réseaux sociaux relayés par des médias tels CNews et le Journal du Dimanche ainsi que le Rassemblement National et ses alliés. Comme l’a constaté amer Nathan Lequeux, coordinateur de l’antenne parisienne de l’ONG Utopia 56, organisatrice de cette action : « Le 115 (le n° d’appel du logement d’urgence) ne répond plus. Les familles qui étaient avec nous l’appelaient tous les jours, elles tombaient directement sur une messagerie. La mairie de Paris ne nous a jamais aidés. À défaut de mettre à l’abri, elle pourrait au moins opposer un vrai rapport de force politique au préfet. Mais nous n’avons eu aucune réponse, que du mépris. La mairie n’a fait que communiquer sur Paris Plages. Pendant sept jours, nous étions derrière des terrains de volley de Paris Plages et la vie continuait. Le contraste était saisissant ». Comme quoi une municipalité de gauche peut afficher le même mépris à l’égard des plus défavorisés qu’une municipalité de droite.

Quatre policiers ont été mis en examen pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », suite au décès de Kyllian Samathi, un martiniquais de 30 ans, touché par douze tirs de pistolet à impulsion électrique, provoquant deux arrêts cardio-respiratoires. Deux autres de leurs collègues ont été placés sous le statut de témoins assistés. Les faits s’étaient déroulés à Montfermeil, en janvier 2024, lorsque 18 policiers étaient intervenus pour interpeller l’homme dans une épicerie alors qu’il se trouvait « dans un état d’excitation » et « d’agressivité » selon le procureur de Bobigny. La version policière évoque, comme d’habitude, la légitime défense. Mais des témoignages, recueillis par l’Agence France Presse, évoquent un passage à tabac systématique par les bien mal-nommées « forces de l’ordre » de la victime qui est décédée le lendemain à l’hôpital.