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Brèves

L’actualité en bref

Alors que des émeutes racistes viennent d’ensanglanter l’Irlande du Nord, le gouvernement travailliste a profité de la présentation du budget pour faire des gestes de bonne volonté à l’intention de la droite, mais aussi de l’extrême droite. La ministre des Finances, Rachel Reeve, a ainsi annoncé une augmentation conséquente de budget des différentes agences chargées de la lutte contre l’immigration ainsi que la suppression des subventions accordées aux centres d’accueil des demandeurs d’asile. Une politique qui ne peut qu’alimenter la xénophobie.

Au cours des dernières 24 heures, une centaine de migrants, qui avaient pris la mer depuis des plages du Nord, ont été secourus alors que leurs embarcations étaient en difficulté par gros temps. Malgré tout, selon le décompte des autorités britanniques, 919 migrants sont parvenus à traverser le bras de mer sur quatorze embarcations. Depuis le début de l’année, au moins 14 personnes sont mortes lors de cette traversée. Mais ces drames n’empêchent pas la Commission européenne d’avoir proposé, le mois dernier, un durcissement de la législation visant les demandeurs d’asile et la Grande-Bretagne de renforcer sa police des frontières.

Lors du sommet mondial sur les océans de l’ONU Macron a, comme son habitue, joué les vedettes. Faisant mine de défier Trump il a affirmé que « les abysses, le Groenland, l’Antarctique et la haute mer ne sont pas à vendre ». Il s’est félicité que l’accord sur la protection de la haute mer, adopté en 2003 mais toujours pas ratifié, entrerait bientôt en application. Quant à son ambition de protéger 30 % des océans d’ici 2030, elle fait doucement rigoler les ONG spécialisées qui soulignent que seulement 4 % des eaux métropolitaines françaises sont actuellement sous protection. Enfin les sujets qui fâchent – comme l’exploitation des énergies fossiles off-shore ou la levée des fonds pour aider les pays pauvres à protéger leur espace maritime – n’ont pas été abordés. Bref, rien n’est réglé mais Macron est satisfait. On respire… contrairement aux océans.

Le président de la République a annoncé qu’il annulait la conférence, prévue à l’ONU du 17 au 20 juin et coorganisée avec l’Arabie saoudite, qui devait aboutir à la reconnaissance de l’État de Palestine par Paris. Raison invoquée : la récente attaque d’Israël contre l’Iran qui modifierait le contexte politique. Piètre excuse. D’abord cette annulation était dans les tuyaux plusieurs jours avant même l’agression israélienne contre Téhéran. Ensuite, ces dernières semaines, Macron a temporisé sur la reconnaissance de l’État de Palestine, y mettant désormais de multiples conditions. Pourtant une telle reconnaissance n’aurait rien de révolutionnaire. 149 pays au monde l’ont déjà fait dont, récemment, l’Espagne, l’Irlande et la Norvège. Mais pour ce faire il faut être prêt à braver la colère d’Israël mais aussi la désapprobation des États-Unis. Un pas que le locataire de l’Élysée (comme ses prédécesseurs de droite et de gauche d’ailleurs) n’est pas prêt à franchir. Les Palestiniens attendront.

Non content d’apporter son soutien à Netanyahou dans sa nouvelle agression militaire contre l’Iran, Macron a envoyé une nouvelle fois ses flics tabasser des manifestants en solidarité avec la Palestine. Alors que la grande manifestation du samedi 14 juin s’ébranlait place de la République, les CRS ont chargé à coups de bouclier et de matraques celles et ceux qui se trouvaient encore sur la place. Déjà, des violences policières avaient eu lieu lors des rassemblements place de la République en soutien à la « flottille de la liberté ». En effet, Macron craint une chose : c’est que la mobilisation contre son soutien au gouvernement d’extrême droite de Netanyahou et sa guerre génocidaire s’approfondisse.

Sans surprise, certains départements utilisent les 15 à 20 heures d’activités contre le versement du RSA comme un moyen de remplacer des postes qui devraient être occupés par des titulaires. C’est ce qu’a annoncé le département de l’Yonne en affirmant avoir « une centaine d’offres au sein de la collectivité » (musées, collèges, routes). Des « contacts » dans le même but ont été pris avec Leclerc ! Ce travail, gratuit, sera effectué dans le cadre du dispositif de l’immersion professionnelle qui permet à un employeur de (théoriquement) faire découvrir un métier à des chômeurs. On en est loin !

La cour d’appel de Paris a confirmé la libération du président du Front de libération nationale kanak et socialiste, Christian Tein, et de trois autres militants kanak, détenus en métropole depuis un an, dans la foulée des révoltes qui avaient embrasé l’archipel en mai 2024. Mais ce n’est qu’une demi-victoire. En effet le leader indépendantiste reste placé sous contrôle judiciaire, est interdit de retourner en Kanaky, doit résider chez sa compagne en Alsace et ne peut contacter d’autres personnes mises en cause dans cette affaire. Autant d’entraves intolérables à sa liberté. Car Tein et ses camarades ne sont pas des malfaiteurs mais des militants qui se battent pour une cause juste, celle de la reconnaissance des droits du peuple kanak à disposer de lui-même.

Après les frappes aériennes massives lancées par l’armée israélienne sur l’Iran, tour à tour le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot puis Macron lui-même, ont réaffirmé « le droit d’Israël à se défendre, à se protéger, à assurer sa propre sécurité » alors même que l’État sioniste n’était pas attaqué et que c’était lui l’agresseur. Mais cela ne peut étonner. Car, au-delà des phrases lénifiantes sur « la solution à deux États », ou « l’appel à toutes les parties à la retenue et à éviter toute escalade susceptible de compromettre la stabilité régionale », Paris soutient les opérations militaires israéliennes à Gaza, au Liban, en Syrie, en Iran, voire au Yémen et s’aligne dans les faits sur Washington, comme la plupart des pays de l’Union européenne. En laissant carte blanche au génocidaire Netanyahou.

Quatre jours après la tentative de viol d’une jeune fille par deux adolescents de 14 ans, qui seraient d’origine roumaine, les violences racistes continuent. Parties de Ballymena, elles ont gagné d’autres villes comme Portadown, au sud-ouest de Belfast, à Harryville, où des habitants ont affiché des panneaux sur leur domicile affirmant « Des gens du coin vivent ici », pour de distinguer des « étrangers », à Coleraine et à Larne. Plusieurs maisons abritant des migrants ou des familles d’origine étrangère ont été attaquées et incendiées. Certains foyers de jeunes travailleurs ont été évacués et leurs résidents transférés dans des lieux plus sûrs. Les émeutes xénophobes sont alimentées ouvertement par des groupes d’extrême droite. De son côté le collectif « Unis contre le racisme » a appelé à un rassemblement aujourd’hui devant l’hôtel de ville de Belfast avec comme mot d’ordre : « Halte à la violence, halte à la haine ».