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Brèves

L’actualité en bref

L’armée israélienne a reconnu avoir armé un groupe composé de membres d’une tribu bédouine menée par un certain Yasser Abu Shabab pour s’opposer au Hamas. Ce gang, qui opère dans la région de Rafah, à la frontière avec l’Égypte, est impliqué dans des activités criminelles, dont le trafic de drogue, les enlèvements, les extorsions de fonds, les assassinats ainsi que… le pillage des camions d’aide humanitaire envoyés par l’ONU. C’est le député Avigdor Lieberman, ex-ministre de la Défense, qui avait révélé à la chaîne publique de télévision israélienne Kan que le gouvernement « donnait des armes à un groupe de criminels et de malfaiteurs ». Netanyahou a confirmé l’information en affirmant « qu’il ne voyait pas le problème ». Entre assassins on se comprend et on s’entraide.

Contrairement aux allégations de Macron et de Lecornu, son ministre des Armées, la France a livré et continue de livrer des composants militaires à Israël de façon continue et massive. Ce que révèle un rapport établi en commun par une demi-douzaine d’ONG (Stop Arming Israel France, Progressive International, Mouvement de la paix Île-de-France, AFPS, UJFP, Droit-Solidarité, Attac, BDS France). Il documente notamment la livraison, après octobre 2023 et le début de la guerre de Gaza, de plus de 15 millions d’articles dans la catégorie « bombes, grenades, torpilles, mines, missiles et autres munitions de guerre », ainsi que 1 868 articles dans la catégorie « pièces et accessoires de lance-roquettes, grenades, lance-flammes, artillerie, fusils militaires et fusils de chasse ». En outre, des livraisons de pièces d’avions de combat F-35, expédiées des États-Unis vers Israël, ont transité par l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle. Bref, la France est, à son échelle, complice du génocide de Gaza.

Alors que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, veut encore durcir les conditions de détention des personnes emprisonnées, l’Observatoire international des prisons rappelle qu’en moyenne un détenu se suicide tous les trois jours, soit 125 par an. C’est six fois plus que dans la population générale. La France demeure l’un des pays qui présentent le niveau de suicide en prison le plus élevé d’Europe. Et contrairement aux âneries de la droite et de l’extrême droite, les prisons ne sont pas des « hôtels quatre étoiles » mais des lieux où la vie est un enfer qui pousse certains à la mort.

Macron a demandé la libération immédiate et le retour dans leur pays des douze militants qui se trouvaient à bord du voilier Madleen, de la Freedom Flotilla Coalition, et qui voulaient briser le blocus de Gaza et dénoncer la situation tragique de la population palestinienne de l’enclave. Mais le locataire de l’Élysée s’est bien gardé de condamner l’arraisonnement du bâtiment par un commando israélien alors même qu’il se trouvait en haute mer. Ce qui constitue, au regard de la législation internationale, un acte de piraterie. De même l’arrestation des militants était complètement arbitraire et illégale. Qu’à cela ne tienne. Macron veut ménager l’État sioniste. Le blocus maritime de Gaza a été instauré… en 2006 et depuis lors, aucun président de la République, ni aucun Premier ministre, de droite comme de gauche, ne l’ont jamais condamné. Et pour cause. S’il dénonce parfois les « excès » de Jérusalem, Paris reste un ferme soutien d’Israël, principal atout de l’impérialisme occidental dans la région.

Plusieurs milliers de personnes ont pris la rue dans la capitale californienne pour protester contre l’envoi par Trump de 2 000 militaires de la garde nationale afin de mener à bien sa politique d’arrestation massive des migrants et leur expulsion du pays. Des manifestants s’en sont pris aux agents de l’ICE, la politique fédérale de l’immigration, connue pour sa brutalité et ses provocations. Il faut dire que des quartiers entiers de Los Angeles sont habités par des « latinos » dont les familles sont originaires du Mexique et d’autres pays d’Amérique latine. Et ils ne sont pas près de laisser sans réagir la police arrêter arbitrairement des passants dans la rue, voire entrer de force dans des entreprises ou des logements pour interpeller des « suspects ». Si ces réactions sont pour l’instant limitées, elles vont dans le bon sens pour contrer la politique raciste du voyou de la Maison-Blanche.

Plus de 30 000 participants, 51 chefs d’État et de gouvernement, des ONG environnementales et scientifiques en nombre : la troisième conférence des Nations unies sur les océans s’est ouverte lundi à Nice, dans les Alpes-Maritimes. De la pollution plastique à la sur-pêche en passant par la pêche illégale, de nombreuses questions seront abordées. Mais ce qui sera au centre des débats, c’est le protection de la « haute mer », les eaux internationales qui représentent 61 % des océans. Dans cette optique a été adopté en 2023 un nouveau traité international. Problème : s’il a été signé par 115 pays, seuls 29 l’ont finalement ratifié. Il en faudrait au moins 60 pour qu’il soit mis en œuvre. On est loin du compte. De plus, Trump, dont le pays est représenté par deux simples « observateurs », a fait savoir qu’il avait bien l’intention de mener à bien l’extraction de minerais dans les eaux internationales sans tenir compte des traités existants. Et il faudra plus que quelques parlottes pour l’arrêter.

Selon les informations recueillies par Franceinfo, le groupe Renault va s’implanter en Ukraine pour produire des drones. Ce qui a été confirmé par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu. La production devrait se faire à proximité du front, en partenariat avec une PME française spécialisée dans la défense, et viserait principalement à servir l’armée ukrainienne, tout en bénéficiant également à l’armée française. Le fait qu’un des fleurons de l’industrie automobile se lance dans la production d’armes est symptomatique de la militarisation croissante de l’économie et qui ne peut conduire qu’à des catastrophes.

C’est la suspension de MaPrimeRenov’, censée faciliter la mise aux normes énergétiques des logements anciens, qui a mis le feu aux poudres. Macron a exprimé publiquement son mécontentement face à sa suspension prévue ce mois-ci. Plus largement il a déploré le récent détricotage de mesures écologistes par le gouvernement et le Parlement, notamment, outre la fin de MaPrimRénov’, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), la réintroduction d’un insecticide néonicotinoïde et le recul sur l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN). À croire que ce n’est pas lui qui a désigné Bayrou pour former et diriger le gouvernement avec l’appui du centre et de la droite. Mais ce dernier, faute de majorité et par peur d’être censuré, fait des fleurs à la droite en s’attaquant à l’écologie, ce qui ne lui coûte pas un rond. Cela lui permet de survivre mais nuit à l’image « verte » que voudrait se donner le locataire de l’Élysée. Finalement MaPrimRénov’ serait rétablie fin septembre, mais on ne touchera pas aux autres mesures anti-écolo. Encore une fois l’écoblanchiment présidentiel fait un flop.

Dans son rapport annuel, à paraître le 12 juin, le Conseil d’orientation des retraites (COR) propose une nouvelle hausse de l’âge de départ. Et d’expliquer « qu’il serait nécessaire de porter cet âge à 64,3 ans en 2030, 65,9 ans en 2045 et 66,5 ans en 2070 ». En expliquant que cela serait, parait-il, bon pour l’emploi, pour le PIB et pour l’enrichissement du pays. Pas un mot sur le sort de celles et ceux qui, après plusieurs décennies passées à s’épuiser au travail, aspirent à se reposer. Et ce n’est pas étonnant. Le COR est supposé être une instance « indépendante » mais est rattachée… au Premier ministre. Quant à son président, Gilbert Cette, c’est un économiste libéral qui a inspiré les volets économiques… des programmes présidentiels d’Emmanuel Macron. Fort à parier que ses suggestions sont directement inspirées par le gouvernement et le patronat.