Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Comme beaucoup d’autres établissements, l’hôpital de Saint-Malo souffre d’une grave pénurie de personnel et de lits. La pédiatrie fait partie des services touchés par cette situation. Dans le but de d’améliorer ce service, des musiciens ont organisé, après avoir pris contact avec le syndicat SUD, un concert dont les recettes seront versées à la direction de l’hôpital. Des affiches ont été placardées dans l’hôpital avec l’accord de la direction pour appeler les soignants à y participer. L’initiative est sans doute généreuse, mais, après la fermeture de la maternité de Dinan qui affecte inévitablement la pédiatrie, il est tout de même assez scandaleux que de tels palliatifs soient nécessaires pour limiter les dégâts. La santé est un droit. C’est à l’État de la financer.

… d’après le bulletin hôpital de Saint-Malo

En 2015, le CHR Bel-Air de Thionville vend au bailleur social Moselis trois de ses parcelles, d’une surface totale de 1,56 hectare, pour 450 000 euros. Elles devaient initialement permettre la construction d’un lotissement destiné à compenser la destruction de HLM dans un quartier de la ville. Toutefois, rien n’en a été fait ! Pour se constituer des fonds, Moselis a revendu tel quel le terrain à la société SAS Sainte-Anne pour 1,7 million d’euros, soit une plus-value de 1,3 million. L’acquéreur est par ailleurs gérant de multiples agences immobilières dans le département. À l’heure où les hôpitaux et les logements sociaux sont en difficulté, ils se retrouvent entre les mains avides de la spéculation foncière, avec l’aval complaisant des autorités municipales !

… d’après le bulletin secteur social (Metz)

Les SAE ont pour mission d’assurer un minimum vital aux enfants en situation de précarité. Mais les travailleurs sociaux ont été informés en février que cette aide ne serait plus versée que deux fois maximum dans l’année. Par ailleurs, les familles étrangères doivent justifier avec des documents récents de leurs démarches de régularisation… Ce qui est souvent impossible avec les délais de traitement de leurs demandes en préfecture, sans parler des recours juridiques. Patrick Weiten, le président du conseil départemental a refusé de répondre au syndicat CGT sur les critères d’attribution et le montant du SAE. Circulez, il n’y a rien à voir…

… d’après le bulletin secteur social (Metz)

Le 24 février, la mairie de Metz a distribué aux femmes un porte-clés équipé d’une alarme de 140 décibels pour faire fuir un agresseur en cas d’attaque. Un dispositif qui peut rassurer mais qui reste largement insuffisant face à l’ampleur des violences sexistes et sexuelles. Si 9 % des agressions ont lieu dans l’espace public, la grande majorité se déroule dans la sphère privée et sont souvent perpétrées par des proches. Il faudra bien plus qu’un porte-clés et un numéro vert pour enrayer ces violences qui sont le fruit du système capitaliste et patriarcal.

… d’après le bulletin secteur social (Metz)

Selon l’Observatoire national des violences faites aux femmes, les agressions sexuelles enregistrées par les forces de l’ordre ont augmenté de 86 % en près de dix ans dans les transports en commun. Les femmes restent les principales cibles de ces agressions (91 %) et la quasi-totalité des mis en cause (99 %) sont des hommes. S’appuyant sur une étude réalisée pour la RATP, l’Observatoire souligne que « seulement 7 % » des victimes franchissent la porte d’un commissariat ou d’une gendarmerie pour porter plainte. L’immense majorité des auteurs d’agression s’en tire donc sans être inquiétée. Seul point positif : en l’espace de dix ans la réaction des témoins a évolué avec une plus grande intervention. 23 % des victimes déclarent ainsi avoir été aidées par une tierce personne, contre 10 % en 2016. Une lente prise de conscience que la lutte contre ces comportements d’agression sexiste n’est pas seulement l’affaire des femmes mais celle de tous.

La banque suisse UBS (Union des banques suisses) a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 75 000 euros, la peine maximale encourue, pour harcèlement moral par sa filiale française à l’encontre de deux lanceurs d’alerte qui avaient dénoncé le système d’évasion fiscale vers la Suisse organisé par l’établissement bancaire entre 2004 et 2012. UBS France avait déjà dû verser, en 2021, une amende de 1,8 milliard d’euros pour complicité de démarchage bancaire illégal. Ce qui n’empêche nullement ces banquiers d’avoir toujours pignon sur rue et de continuer à faire de juteuses affaires.

Le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, a promis de poursuivre les responsables de « l’effusion de sang de civils » qui a fait plus de 1 000 victimes parmi la population alaouite dans l’ouest du pays. On peut en douter. En effet, ce sont les membres de ses propres forces de sécurité – constituées de sunnites islamistes – qui ont pris prétexte d’attaques de combattants pro-Assad pour se livrer à des massacres de masse d’alaouites, une branche de l’islam chiite dont est issu le clan du dictateur déchu. Ils en ont aussi profité au passage pour massacrer quelques chrétiens. Il n’a fallu que quelques mois pour que la « tolérance » promise par Chareh en décembre dernier à l’égard des minorités ethniques et religieuses du pays (kurdes, druzes, chiites, chrétiens…) vole en éclats. Une dictature est tombée, une autre prend sa place.

Une semaine après avoir bloqué l’acheminement de l’aide humanitaire aux Gazaouis, l’occupant sioniste franchit une nouvelle étape en décidant de cesser de fournir l’électricité à la principale usine de dessalement d’eau du territoire située à Deir al Balah. Elle dessert plus de 600 000 personnes. L’usine de dessalement, en s’aidant de générateurs, ne va pouvoir traiter que 2 500 mètres cubes par jour contre 18 000 mètres cubes d’eau auparavant. Quant aux camions qui livrent des bouteilles d’eau aux habitants ils sont immobilisés, Israël bloquant l’entrée de carburant. Selon un rapport d’Human Rights Watch, cité par le média qatari Al Jazeera, Israël a déjà intentionnellement coupé la plupart des moyens d’accès à l’eau pour les Palestiniens, notamment en bloquant les pipelines et en détruisant les panneaux solaires utilisés pour tenter de faire fonctionner des pompes à eau et de petites unités de dessalement. La barbarie à l’état pur.

C’est un fait largement occulté de la Seconde Guerre mondiale. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, Tokyo fut frappé par un raid massif de l’armée américaine. 335 bombardiers B-29 participèrent à cette action et larguèrent en quelques heures, plus de 1 700 tonnes de bombes, dont une grande majorité d’engins incendiaires, sur la capitale japonaise, faisant environ 100 000 morts, dans leur immense majorité des civils. On apprit plus tard que le bombardement n’avait aucun objectif militaire, mais se donnait pour but de démoraliser la population japonaise. Il fut effacé de la mémoire collective par les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki cinq mois plus tard. Selon l’historien américain Kenneth P. Werrell, « le raid incendiaire de Tokyo est probablement l’un des raids aériens les plus meurtriers de tous les temps, surpassant Dresde, Hambourg et Nagasaki, d’une échelle comparable à Hiroshima, et certainement l’un des plus destructeurs ». La boucherie impérialiste dans toute son horreur.