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Brèves

L’actualité en bref

L’Union européenne a dévoilé ses propositions pour accélérer les expulsions d’étrangers en situation irrégulière, en offrant en particulier un cadre légal à la création de centres pour migrants en dehors de ses frontières. Baptisés « hubs de retour », ces centres de rétention, ou plutôt de détention, permettraient aux 27 États membres d’y envoyer des personnes dont la demande d’asile aurait été rejetée et faisant face à une obligation de quitter le territoire. Et elles pourraient y croupir indéfiniment. La Commission affirme que tout cela se fera « dans le respect du droit international ». De l’enfumage. Car il y a bien longtemps que les droits des migrants sont foulés au pied et que ces derniers ne sont pas mieux considérés que des déchets dont on doit se débarrasser.

Depuis le 1er janvier, et pour des questions de préservation de l’environnement, les couverts et la vaisselle en plastique pour la restauration collective sont officiellement bannis des cantines scolaires et universitaires. Mais, face aux pressions de l’industrie pétrochimique, le gouvernement a annoncé un revirement. Désormais cette interdiction ne concernerait plus que les récipients susceptibles d’être chauffés. Une fleur aux industriels du plastique aux dépens de la santé publique. Une de plus…

Après Jean-Michel Aphatie, obligé de quitter RTL pour avoir dénoncé les crimes de l’armée française pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), c’est au tour de France Télévisions d’être prise dans la tourmente. Cette dernière a annoncé déprogrammer le documentaire Algérie, sections armes spéciales, initialement prévu sur France 5, le 16 mars, qui dénonçait l’usage des armes chimiques par la France contre le peuple algérien. Devant le tollé suscité par cette décision, la télévision publique s’est engagée à le re-programmer ultérieurement, sans préciser de date. À un moment où les relations entre Paris et Alger sont au plus bas, difficile de ne pas voir la patte du gouvernement dans cette censure.

La commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire, créée dans le sillage de l’affaire Bétharram, a indiqué vouloir entendre François Bayrou. Dans le même temps, Mediapart vient de publier de nouveaux documents accablants sur l’affaire. Ils montrent que, bien qu’informé des problèmes de maltraitance dont souffraient les élèves de cet établissement catholique, l’actuel Premier ministre a quand même engagé la collectivité qu’il présidait à l’époque, le département des Pyrénées-Atlantiques, à verser au moins un million de francs (soit plus de 230 000 euros actuels) de subventions publiques au profit de l’établissement entre 1995 et 1999. Difficile dans ces conditions de continuer d’affirmer qu’il n’était au courant de rien.

Dans une courte vidéo repérée par le quotidien La Montagne, on voit un policier donner un coup de poing au visage d’un homme, visiblement handicapé et en fauteuil roulant, alors qu’un second lui maintient les bras lorsqu’il tente de se protéger. Interrogée par les journalistes sur cet incident, la direction départementale de la police a refusé de s’exprimer. Les policiers impliqués seraient membres de la CRS 83 créée pour lutter… contre les violences urbaines. Face à ces images, la députée LFI du Puy-de-Dôme, Marianne Maximi, a dénoncé un « insupportable acte de violence policière » et signalé la vidéo à l’Inspection générale de la police nationale ainsi qu’au procureur de la République. Comme d’habitude, les flics impliqués nous expliqueront sans doute qu’ils étaient en état de légitime défense.

Mercredi 5 mars, 300 praticiens diplômés hors de l’Union européenne ont commencé une grève de la faim pour demander leur régularisation. Ces médecins exercent des fonctions importantes et font souvent tourner des services au sein des hôpitaux, mais ils sont payés au smic faute d’EVC, une équivalence des diplômes. Comme dans de nombreux secteurs, le patronat, ici l’État, profite de la main-d’œuvre bon marché qu’apportent les travailleurs étrangers tout en refusant de renouveler leurs titres de séjour. L’immigration ne dérange pas tant que ça les capitalistes quand elle leur fournit de la main-d’œuvre à bas prix.

… d’après le bulletin santé (Metz)

Les bus de Guéret, dans la Creuse, ont été à l’arrêt plusieurs jours la semaine dernière. Les responsables de la régie de transport se sont rendu compte qu’ils n’avaient plus d’assurance depuis le 1er janvier. 75 000 autres véhicules seraient dans ce cas à travers le pays, des bus, des cars, des camions, des voitures d’entreprises… Assurer des flottes ne serait pas assez rentable pour les gros assureurs traditionnels, ce qui laisse la place à des courtiers douteux. Ici en l’occurrence, une société nommée Pilliot, récidiviste dans l’arnaque, plaçait des polices d’assurance avec une fausse responsabilité civile. Une petite escroquerie dont les conséquences auraient pu être graves, et qui jette la lumière sur la rapacité ordinaire des profiteurs de sinistres.

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

Plus de quatre ans après la mort de Claude Jean-Pierre, 67 ans, décédé en novembre 2020, à la suite d’un contrôle routier en Guadeloupe, Mediapart publie les conclusions des expertises médicales, contredisant totalement la version des deux gendarmes mis en cause. Extrait de force de sa voiture, il a eu la nuque brisée et s’est effondré sur le bord de la route, victime d’une « tétraplégie immédiate ». Les deux gendarmes l’ont laissé en plein soleil, ne se préoccupant que de réaliser un test d’alcoolémie. Ils déplacent même brutalement son corps. Le retraité décédera 13 jours plus tard à l’hôpital. Un des gendarmes a ensuite déclaré lors de sa garde à vue être rompu aux « spécificités des contrôles outre-mer ». C’est bien le racisme et le sentiment de toute puissance de ces gendarmes qui a tué.

Mahmoud Khalil, figure emblématique des manifestations en soutien à Gaza à l’université Columbia à New York, a été interpellé par des agents fédéraux de l’immigration, une arrestation préalable à une possible expulsion du territoire américain. C’est du moins ce que souhaite ouvertement Trump. Des manifestations de soutien à l’étudiant, né en Syrie dans un camp de réfugiés palestiniens, ont eu lieu devant le siège de la police de l’immigration, à Manhattan, et plus de 1,3 million de signatures ont été recueillies sur une pétition pour réclamer sa libération.