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Brèves

L’actualité en bref

Sur décision du gouvernement, la taxe de solidarité sur les billets d’avion, également connue sous le nom de taxe Chirac, va augmenter à partir du 1er mars 2025, visant à générer entre 800 et 850 millions d’euros de recettes. Mais sans attendre cette date certaines compagnies aériennes, comme Air France, ont augmenté le prix de leurs billets… une semaine à l’avance par anticipation. Elles ont donc commencé à faire payer à leurs clients une taxe qui passe de 2,63 à 7,40 euros par billet (+181 %) pour un vol en France et en Europe. Pour les vols hors Europe, elle grimpe en classe économique de 7,50 à 15 euros (+100 %) pour les destinations intermédiaires et à 40 euros pour les longues distances. Pour les compagnies aériennes, la faire payer par avance à leurs clients est tout bénéf.

Le président américain a annoncé que son pays commencerait dans deux semaines la vente pour « environ cinq millions de dollars » de titres de résidence permanente, baptisés « cartes dorées Trump ». Il a ajouté que cette « carte dorée » permettrait à ses titulaires d’accéder au « chemin vers la citoyenneté » à plus long terme. En fait, malgré la pub dont il est familier, Trump n’invente rien. Même dans les pays qui ferment leurs frontières aux migrants, les plus riches – quelles que soient leur couleur, leur religion, leur langue ou leur nationalité – sont toujours accueillis à bras ouverts. Les frontières c’est pour les pauvres…

Rima Hassan, élue LFI au Parlement européen, faisait partie d’une délégation européenne officielle devant se rendre dans les territoires palestiniens occupés pour témoigner de la situation sur place. Elle a été refoulée à l’aéroport de Tel-Aviv. Et partant, c’est l’ensemble de la délégation officielle qui a été empêchée de mener à bien sa mission. Le ministre israélien de l’Intérieur a justifié sa position en accusant Rima Hassan, qui est franco-palestinienne, d’agir « de manière régulière pour promouvoir le boycott contre Israël, en plus de ses nombreuses interventions publiques sur les réseaux sociaux et dans des interviews ». En résumé elle est surtout coupable de dénoncer au grand jour la situation d’oppression dans laquelle vit la population palestinienne.

Depuis le lancement de l’opération israélienne contre Gaza, plus de 1 155 membres du personnel médical gazaoui ont été tués et 360 soignants enlevés par les forces israéliennes, dont au moins trois ont été torturés à mort. Pour protester contre cette situation et demander la libération de tous les prisonniers, en particulier celle du Dr Hussam Abu Safiya, directeur de l’hôpital Kamal Adwan à Beit Lahia, dans le nord de Gaza, les « Blouses blanches pour Gaza » organisent un rassemblement aujourd’hui de 14 à 19 heures devant le ministère de la Santé, place Pierre-Laroque, dans le 7e arrondissement. Les manifestants, qui protestent contre le silence complice des autorités françaises dans ce domaine, demanderont à être reçus par le ministre.

L’UFC-Que Choisir vient de dénoncer la réforme du marché de l’électricité prévue à compter de 2026. Selon elle, cela va mécaniquement entraîner une « hausse massive » des tarifs de l’électricité. L’UFC estime que le mécanisme retenu par le gouvernement dans la loi de finances pour remplacer le système actuel, qui disparait le 31 décembre 2025, va conduire à « faire payer aux Français leur électricité au prix fort ». Et d’ajouter : « Cette réforme, négociée en catimini entre le gouvernement et EDF, va mécaniquement entraîner une hausse massive des tarifs de l’électricité, au détriment des consommateurs. » Pour l’association de défense des consommateurs, cela se traduirait pour les usagers par un alourdissement de la facture « en moyenne 19 % de plus, soit jusqu’à 250 euros supplémentaires par an pour un foyer moyen ». Une sacrée douloureuse. Le ministère des Finances s’est contenté de botter en touche en affirmant que ces chiffres étaient « biaisés » sans en avancer d’autres. Ce qui vaut quasiment confirmation.

Albert Corrieri, un homme de 102 ans, a décidé d’attaquer en justice l’État pour obtenir réparation de ses deux années de travail forcé passées en Allemagne entre mars 1943 et avril 1945 dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO), institué par le gouvernement de Vichy pour répondre aux exigences allemandes de main-d’œuvre. 600 000 travailleurs furent expédiés outre-Rhin dans ce cadre. Corrieri demande donc symboliquement une somme 43 200 euros (soit dix euros de l’heure) au titre de sa rémunération pour la période de travail forcé pendant laquelle il fut chargé de remplir des wagons de charbon. Dans sa plaidoirie, son avocat, Me Michel Pautot, a rappelé que son client avait été « déporté par la volonté du régime de Vichy et réduit en esclavage ». Il a souligné que « selon toutes les lois et conventions, nationales et internationales, la déportation comme la réduction en esclavage sont des crimes contre l’humanité et sont donc imprescriptibles par nature ». Le ministère public continue d’affirmer malgré tout que les faits sont prescrits. Il avait fallu attendre le 16 juillet 1995 pour que Jacques Chirac, alors président de la République, reconnaisse la responsabilité de la France de Vichy dans la déportation des Juifs… avec 50 ans de retard. Mais pour le STO on attendra encore un peu…

Laila Soueif, 68 ans, mère du militant égyptien des droits de l’homme, Alaa Abdel Fattah, a été hospitalisée à Londres après quasiment 150 jours de grève de la faim entamée afin d’obtenir la libération de son fils, emprisonné au Caire. Depuis le début de sa grève, en septembre, elle n’a ingéré que du café, du thé et des sachets de réhydratation et a perdu près de 30 kilos. Alaa Abdel Fattah, blogueur très connu dans son pays et opposant politique au président Sissi, a été arrêté en septembre 2019 après avoir partagé un texte sur la torture dans les geôles égyptiennes. Il a été condamné à cinq ans de prison pour « diffusion de fausses informations » en 2021. L’ONG Reporters sans frontières s’est dite « profondément préoccupée » par l’ hospitalisation de Laila Soueif. Jusqu’à présent les autorités égyptiennes ont opposé une fin de non-recevoir à toutes les demandes exigeant la libération de Fattah.

Dans le cadre de sa mission de sabrer les dépenses publiques, Elon Musk a exigé des fonctionnaires fédéraux de justifier leur activité récente sous peine de perdre leur travail. Mais le Pentagone, le Département d’État et d’autres d’agences du gouvernement, dont le FBI, leur ont demandé d’ignorer cette requête. Ils ont conseillé à leurs équipes de ne pas répondre au courriel des services de Musk. Or les responsables de ces agences sont des fidèles de Trump qui les a nommés à leurs fonctions mais qui défendent leur pré-carré face aux ambitions de Musk. Seul point positif dans cette guerre des chefs : cela devrait freiner les licenciements massifs de fonctionnaires dont des milliers, en contrat précaire, ont déjà perdu leur emploi alors que, selon les journaux américains, 75 000 autres ont choisi de démissionner volontairement en échange d’une paie maintenue jusqu’à fin septembre. De son côté l’AFGE (American Federation of Government Employees), qui représente 800 000 salariés fédéraux, a promis de contester devant les tribunaux toute fin de contrat « illégale ». Mais pas sûr que cela soit suffisant pour arrêter l’hémorragie. La seule façon pour les salariés de l’État de conserver leur poste serait de se battre, notamment par la grève.

Nouvelle escalade israélienne dans le territoire palestinien occupé. Pour la première fois depuis 20 ans et la deuxième Intifada de 2005, l’État sioniste a fait entrer ses chars à Jénine qui ont été accueillis par une pluie de pierres. Dans le même temps, Israël a annoncé avoir expulsé, avec interdiction de rentrer chez eux, des dizaines de milliers de Palestiniens de trois camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie occupée. Ces camps sont depuis investis par l’armée. Quant à leurs habitants, ils n’ont nulle part où aller. La déshumanisation continue, en Cisjordanie comme à Gaza.