Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Friedrich Merz, le chef de la droite allemande et probable futur chancelier après la victoire de son parti aux législatives, a assuré que Netanyahou « pourrait se rendre » en Allemagne sans être inquiété, malgré le mandat d’arrêt lancé contre lui par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le Premier ministre israélien l’a aussitôt chaleureusement remercié. Après le hongrois Viktor Orbán l’an dernier, puis Emmanuel Macron et l’italienne Giorgia Meloni à sa suite, Merz rejoint les dirigeants européens qui s’assoient sur le droit international quand ça les arrange. Exactement comme Trump et Poutine…

Gérard Larcher, le président du Sénat, en visite au Maroc, doit se rendre aujourd’hui à Laâyoune, capitale du Sahara occidental, pour y « refléter la nouvelle position de la France selon laquelle le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ». Une visite, après celle de Rachida Dati, qui est vue avec quelque raison comme une provocation par Alger et le Front Polisario qui lutte depuis un demi-siècle pour l’indépendance de ce territoire, ex-colonie espagnole annexée par le Maroc. Ce déplacement s’inscrit dans la campagne contre l’Algérie – et plus généralement contre les Algériens – lancée depuis des mois par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui accuse ce pays « d’humilier la France ». Les vieux réflexes coloniaux ont la vie dure.

Alors que s’ouvrait à Vannes (Morbihan) le procès de Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien, accusé de violences sexuelles sur près de 300 enfants dans une douzaine d’hôpitaux, une banderole proclamant « Médecins agresseurs, violeurs : Ordre des médecins complice » était déployée en fin de matinée devant le tribunal. Dans le même temps, des manifestants se réunissaient à Paris devant le siège de l’Ordre national des médecins pour protester notamment contre le fait qu’il se soit porté partie civile dans ce procès alors qu’informé depuis au moins 2006 il avait laissé faire. Ce qui fait dire à Marie Kayser, représentante du Syndicat de médecine générale : « Pour nous, au minimum, il faut que l’Ordre des médecins n’ait plus de fonction juridictionnelle […] et on pense [qu’il] est nuisible et qu’il doit être dissous ; c’est une revendication qu’on porte depuis une trentaine d’années. » L’Ordre des médecins fut un des opposants les plus farouches à la légalisation de l’IVG et qu’à l’époque où l’avortement était interdit il poursuivait les médecins qui aidaient les femmes à y recourir et n’hésitait pas à leur interdire d’exercer. Sa disparition serait une bonne chose.

STMicroelectronics a récemment annoncé la signature d’un contrat avec TotalEnergies pour la fourniture de 1,5 TWh sur une période de 15 ans produits par des fermes solaires installées en France. Cela représente davantage d’énergie que ce que consomme annuellement une ville comme Grenoble. ST et Total prétendent que ce contrat « démontre notre capacité à fournir sur le long terme des solutions d’électricité bas-carbone. » Comme si le développement de nouvelles sources d’énergies compensait l’exploitation illimitée des ressources naturelles. Depuis 1980 c’est l’inverse qui s’est produit avec un doublement de la consommation mondiale d’énergie et un maintien du poids écrasant des sources fossiles. Loin de devenir « bas-carbone », Total poursuit au contraire l’exploitation pétrolière, comme en Ouganda où cette entreprise prévoit le forage de 400 nouveaux puits. C’est la conséquence d’une production sous contrôle des capitalistes, avec pour seul objectif la recherche maximale de profits. Il nous revient d’imposer d’autres choix, dictés par l’objectif de satisfaire les besoins de la société.

… d’après le bulletin STMicro Grenoble

Mercredi 5 février, un accord a été signé entre STMicro et l’université Grenoble-Alpes. Il fixe notamment l’objectif de « permettre à ST de tenir une position privilégiée dans le développement de la microélectronique ». Quelques jours plus tard, Macron annonçait 109 milliards d’euros d’investissements dans l’IA, essentiellement dans la construction de data centers. Flairant le filon, un des directeurs de ST s’est empressé d’annoncer que la nouvelle puce fabriquée à Crolles devait permettre à ST « de devenir un fournisseur clé de plaquettes photonique sur silicium et BiCMOS pour le marché des data centers et des clusters d’IA ». La moindre des choses, avec ces perspectives mirifiques, serait de renoncer aux 3000 suppressions de postes annoncés fin janvier.

… d’après le bulletin STMicro Grenoble

En France, la liberté de recourir à l’avortement est inscrite depuis un an dans la Constitution. Mais, faute d’un nombre suffisant de centres de santé le pratiquant, il est en fait de plus en plus difficile d’y accéder. Si les violences sexuelles sont enfin dénoncées, dans le milieu du cinéma notamment, les féminicides sont néanmoins toujours aussi nombreux. Les femmes sont toujours moins bien payées, moins considérées, reléguées au rôle de mères. Dans le monde, les femmes voient leurs droits attaqués, notamment par des gouvernements d’extrême droite, comme aux États-Unis avec Trump.

Samedi 8 mars, prenons la rue pour exprimer notre refus de ces violences et discriminations sexistes. Nous avons, toutes et tous, tout à gagner à un monde où chacun sera considéré de la même façon, quel que soit son sexe et son genre !

Depuis le 9 janvier, les salariés de Thalès se battent pour obtenir de réelles augmentations de salaire et contre les suppressions de postes. Malgré un milliard de bénéfices sur le premier semestre 2024, la direction propose entre zéro et deux pour cent d’augmentation et poursuit sa politique de suppression de près de 1000 postes chez Thalès Alenia Space à Toulouse et Cannes. La mobilisation concerne tous les sites. Les débrayages lors des « jeudis noirs » regroupent souvent plusieurs centaines de salariés sur les piquets de grève et dans les assemblées générales. La direction aimerait un retour au calme, mais les travailleurs en lutte sont bien décidés à se calmer uniquement quand ils auront obtenu satisfaction.

Le Parlement sud-coréen examine une loi spéciale sur les semi-conducteurs. Après une aide financière aux géants du secteur de 17,5 milliards de dollars l’année dernière, cette loi prévoit, entre autres, de nouveaux avantages fiscaux et la possibilité de s’exonérer de la limite de 52 heures de travail par semaine. La mesure est soutenue par la droite qui défendait une semaine de 69 heures lors de sa campagne de 2022. Le président Yoon Suk-yeol déclarait même que les travailleurs « devraient pouvoir travailler 120 heures ». Une forte mobilisation avait entraîné sa suspension après sa tentative d’instaurer la loi martiale en décembre 2024. Cette destitution n’a pas pour autant empêché l’offensive anti-sociale de se poursuivre.

Au moins cinq travailleurs de Chronopost en lutte depuis plus de trois ans pour leur régularisation ont reçu des obligations de quitter le territoire (OQTF). Les syndicats dénoncent « un nouvel épisode de répression de la part de l’État ». À juste titre, tant le gouvernement multiplie les déclarations racistes, tant il multiplie les décrets et projets de lois xénophobes. Mais maintenir des travailleurs dans ces situations précaires et chercher à les diviser selon leurs origines permet surtout à leurs patrons de les exploiter dans les pires conditions de travail et de salaire.