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Brèves

L’actualité en bref

La banque suisse UBS (Union des banques suisses) a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à une amende de 75 000 euros, la peine maximale encourue, pour harcèlement moral par sa filiale française à l’encontre de deux lanceurs d’alerte qui avaient dénoncé le système d’évasion fiscale vers la Suisse organisé par l’établissement bancaire entre 2004 et 2012. UBS France avait déjà dû verser, en 2021, une amende de 1,8 milliard d’euros pour complicité de démarchage bancaire illégal. Ce qui n’empêche nullement ces banquiers d’avoir toujours pignon sur rue et de continuer à faire de juteuses affaires.

Le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, a promis de poursuivre les responsables de « l’effusion de sang de civils » qui a fait plus de 1 000 victimes parmi la population alaouite dans l’ouest du pays. On peut en douter. En effet, ce sont les membres de ses propres forces de sécurité – constituées de sunnites islamistes – qui ont pris prétexte d’attaques de combattants pro-Assad pour se livrer à des massacres de masse d’alaouites, une branche de l’islam chiite dont est issu le clan du dictateur déchu. Ils en ont aussi profité au passage pour massacrer quelques chrétiens. Il n’a fallu que quelques mois pour que la « tolérance » promise par Chareh en décembre dernier à l’égard des minorités ethniques et religieuses du pays (kurdes, druzes, chiites, chrétiens…) vole en éclats. Une dictature est tombée, une autre prend sa place.

Une semaine après avoir bloqué l’acheminement de l’aide humanitaire aux Gazaouis, l’occupant sioniste franchit une nouvelle étape en décidant de cesser de fournir l’électricité à la principale usine de dessalement d’eau du territoire située à Deir al Balah. Elle dessert plus de 600 000 personnes. L’usine de dessalement, en s’aidant de générateurs, ne va pouvoir traiter que 2 500 mètres cubes par jour contre 18 000 mètres cubes d’eau auparavant. Quant aux camions qui livrent des bouteilles d’eau aux habitants ils sont immobilisés, Israël bloquant l’entrée de carburant. Selon un rapport d’Human Rights Watch, cité par le média qatari Al Jazeera, Israël a déjà intentionnellement coupé la plupart des moyens d’accès à l’eau pour les Palestiniens, notamment en bloquant les pipelines et en détruisant les panneaux solaires utilisés pour tenter de faire fonctionner des pompes à eau et de petites unités de dessalement. La barbarie à l’état pur.

C’est un fait largement occulté de la Seconde Guerre mondiale. Dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, Tokyo fut frappé par un raid massif de l’armée américaine. 335 bombardiers B-29 participèrent à cette action et larguèrent en quelques heures, plus de 1 700 tonnes de bombes, dont une grande majorité d’engins incendiaires, sur la capitale japonaise, faisant environ 100 000 morts, dans leur immense majorité des civils. On apprit plus tard que le bombardement n’avait aucun objectif militaire, mais se donnait pour but de démoraliser la population japonaise. Il fut effacé de la mémoire collective par les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki cinq mois plus tard. Selon l’historien américain Kenneth P. Werrell, « le raid incendiaire de Tokyo est probablement l’un des raids aériens les plus meurtriers de tous les temps, surpassant Dresde, Hambourg et Nagasaki, d’une échelle comparable à Hiroshima, et certainement l’un des plus destructeurs ». La boucherie impérialiste dans toute son horreur.

Pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, plus de 50 000 personnes ont défilé à Paris, 4 000 à Nantes, plus de 6 000 à Marseille, entre 10 et 15 000 à Lyon… pour dénoncer les féminicides, les violences sexistes et sexuelles, défendre les droits menacés des personnes trans, exprimer leur colère légitime contre la montée de régimes réactionnaires et autoritaires en Europe et partout dans le monde. Des manifestants de tout âge dénonçaient la montée des extrêmes droites, les massacres en Palestine, les atteintes aux droits des femmes de l’Argentine de Milei à la Hongrie d’Orbán, des États-Unis de Trump à la France de Macron.

Un petit air de printemps politique… qui donne envie de continuer de se mobiliser, toutes et tous ensemble, contre ce monde d’oppression et d’exploitation !

Un homme a escaladé samedi la célèbre tour Élisabeth de Londres (plus connue sous le nom de Big Ben), en brandissant un drapeau palestinien et un keffieh. Alors qu’il avait été repéré par la police dès le matin, il se trouvait toujours en place en début d’après-midi. Big Ben surplombant le Palais de Westminster, où siège le Parlement britannique, le quartier a été bouclé provoquant d’importants embouteillages. L’homme, dont l’exploit s’est répandu sur les réseaux sociaux, a déclaré qu’il entendait non seulement soutenir le peuple palestinien mais aussi protester contre les arrestations brutales dont font l’objet celles et ceux qui participent pacifiquement à des actions de solidarité. Il a notamment mentionné le cas des « 18 de Filton », des activistes du groupe Action Palestine, incarcérés et en détention provisoire dans l’attente de leur procès pour s’être introduits en août dernier dans les locaux de la société Elbit System à Filton, près de Bristol, affirmant qu’elle fournissait des armes à Israël… avec l’approbation bien sûr du gouvernement britannique.

À l’occasion de la Journée internationale du droit des femmes, Le HuffPost a eu l’idée de rechercher quand était apparu le mot « féministe » dans notre vocabulaire. Il semble qu’il ait été utilisé pour la première fois en 1872 sous la plume d’Alexandre Dumas fils. Il l’emploie comme une insulte pour stigmatiser les hommes qui soutiennent le mouvement des suffragettes qui luttait pour que les femmes aient le droit de vote. Selon l’écrivain, très misogyne, les hommes en question ne pouvaient être que « féminisés ». Bref, pas de vrais « mecs » ! Dix ans plus tard, la journaliste Hubertine Auclert est la première à réemployer le terme « féministe » dans ses articles. Mais, cette fois-ci, il définit celles et ceux qui luttent pour améliorer la place des femmes dans la société. Et, en quelques années, les termes « féminisme » et « féministe » s’exportent pour être repris partout dans le monde. Aujourd’hui ils dérangent encore les machistes et sexistes de tout poil, et parfois même leur font peur. Ce qui est une bonne chose.

Dans un rapport publié à l’occasion de la 109e édition de la Journée internationale des droits des femmes, l’ONG Oxfam pointe « le retard pris par la France » dans pratiquement tous les domaines des droits des femmes. Et de rappeler qu’Emmanuel Macron avait érigé l’égalité femmes-hommes au rang de « grande cause nationale » de son quinquennat, le 25 novembre 2017 au palais de l’Élysée. Une promesse qu’il avait réitérée en 2022 au début de son second mandat. Et depuis : rien. Comme l’avait noté en janvier dernier la Cour des comptes, la politique macroniste en ce domaine peinait à produire des « effets probants ». Ou, dit moins diplomatiquement, elle n’avait eu pratiquement aucun effet. Mais c’est un domaine, comme beaucoup d’autres, où les promesses de Macron ne trompent plus grand nombre.

La cour d’appel a condamné l’entreprise Toray, spécialiste de la fibre carbone dont l’usine se trouve à Abidos, non loin de Pau, à réintégrer Timothée Esprit, un militant cégétiste, membre de la direction fédérale de la CGT chimie, auquel elle reprochait son engagement en faveur du peuple palestinien. Il avait été licencié en mai 2024 pour avoir partagé sur sa page Facebook une photo de soutien à la Palestine sur laquelle on pouvait voir des hommes armés. La cour a ordonné sa réintégration, soulignant que l’entreprise avait violé les protections légales dont bénéficient les représentants du personnel n’ayant pas obtenu l’autorisation préalable de l’inspection du travail pour procéder à son licenciement. Une petite victoire contre les pressions de toutes sortes auxquelles sont soumis nombre de militants syndicaux qui soutiennent les Gazaouis.