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Brèves

L’actualité en bref

Pendant ces vacances d’hiver, les enfants des centres aérés de Saint-Raphaël (Var) démarrent la journée par une « cérémonie patriotique » instaurée par la mairie de droite : deux enfants hissent le drapeau tricolore pendant que les autres se tiennent au garde-à-vous et chantent la Marseillaise. Aujourd’hui la levée du drapeau, demain les chants militaires et les ateliers de fabrication de cocardes ? Rien ne vaut un bon lavage de cerveau pour bourrer d’idioties nationalistes le crâne des enfants.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, une centaine d’étudiants en médecine, internes, hospitaliers ou professeurs s’engagent à « briser l’omerta » et à « réagir » face à une « culture sexiste, machiste et patriarcale », qui imprègne l’ensemble du milieu médical. Ils dénoncent notamment les fresques obscènes ornant les salles de garde des internes des hôpitaux « où figurent parfois des scènes de viols », aux « blagues ou remarques sexistes intimidantes et dégradantes vis-à-vis des collègues ou soignantes femmes ». Ce sexisme sévit aussi bien dans les amphithéâtres de l’université de médecine que dans les blocs opératoires ou les autres services hospitaliers. Selon une enquête menée en novembre dernier par le conseil national de l’Ordre des médecins auprès de plus de 21 000 soignants, une femme médecin interrogée sur deux (49 %) déclarait avoir elle-même été victime de violence sexiste ou sexuelle de la part d’un confrère et 65 % des médecins interrogés lors de cette enquête déclaraient avoir eu connaissance de violences de ce type. Les signataires rappellent aussi que « cette atmosphère sexiste et violente » est aussi délétère pour les patientes prises en charge à l’hôpital, « en particulier pour les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles ». Une évidence qu’il est plus que jamais nécessaire de rappeler.

Dimanche dernier, un commando d’une vingtaine d’assaillants cagoulés a attaqué le local de l’Association culturelle des travailleurs immigré de Turquie (ACTIT) alors que s’y déroulait une projection du film Z de Costa Gavras, organisée par le collectif antifasciste Young Struggle. Sur des vidéos prises par des militants de l’association, on voit notamment plusieurs hommes rouer de coups de pied un individu à terre. Les assaillants étaient également armés de tessons de bouteille. Deux hommes ont été blessés par ces nervis dont un jeune militant de la CGT qui a reçu un coup de couteau. Six des assaillants ont été arrêtés par la police et le parquet de Paris a confirmé l’ouverture d’une enquête pour tentative d’homicide volontaire. L’association Young Struggle France a appelé lundi soir à un rassemblement devant la gare de l’Est « pour riposter contre l’extrême droite ».

À 87 %, les journalistes de la rédaction de la chaîne publique Franceinfo TV ont voté le départ de leur directeur, Laurent Delpech. Ils lui reprochent d’avoir, le 5 février dernier, organisé un débat où les invités discutaient des mérites comparés du plan avancé par Trump de transformer la bande de Gaza en « Côte d’Azur », en déportant deux millions de Palestiniens. Face aux réactions houleuses suscitées par cette émission, la chaîne a reconnu « une faute grave » et a supprimé la séquence. Mais le directeur est toujours là. Rappelons que fin janvier la même chaîne avait suspendu un journaliste pour avoir mis à l’écran un bandeau « 200 otages palestiniens libérés » dans le cadre des échanges entre Israël et le Hamas. Deux poids, deux mesures…

Le groupe de travail « logement des jeunes » du Conseil national de l’habitat vient de rendre un rapport qui s’intéresse en particulier aux étudiants. Intitulé « Une urgence sociale », le texte indique notamment que, chaque année, 17 % des étudiants (on en compte trois millions environ) sont contraints d’arrêter leur formation faute d’hébergement abordable. Au total 70 % des étudiants se logent dans le privé, les établissements publics comme les Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) et d’autres structures comparables ne prenant en charge qu’un étudiant sur 44 à Paris et un sur 20 dans des villes comme Toulouse et Bordeaux. Les autres doivent se débrouiller comme ils peuvent.

À la suite du scandale pédophile au collège Notre-Dame de Bétharram, couvert de bout en bout par François Bayrou, Pierre Ouzoulias, le vice-président PCF du Sénat, a soulevé une question plus vaste : la quasi-impunité dont jouissent les établissements catholiques privés sous contrat qui sont financés à 80 % avec de l’argent public. Le contrôle de l’État sur leur pédagogie et leurs programmes est réduit au minimum et, de plus, ces établissements s’appuient sur un réseau serré d’élus locaux et régionaux, voire de députés, de sénateurs et de ministres, qui y scolarisent leurs enfants et volent à leur secours à la moindre alerte, prenant systématiquement leur défense. On l’a vu dans l’affaire du lycée-collège Stanislas à Paris et celle qui a aussi touché l’Immaculée Conception à Bordeaux. Comme l’écrit le sénateur : « Ces établissements profitent d’une impunité et d’une omerta qui protègent les auteurs de violences. Les affaires sont pléthores et les sanctions, rarissimes. » Grand temps de mettre fin à ce scandale et de créer un grand service public de l’Éducation laïque, gratuit et obligatoire et qui englobe tous les établissements, sans exception.

Le 14 février, Javier Milei, le président argentin, a fait la promotion d’une nouvelle cryptomonnaie qui devait, selon lui, « stimuler la croissance de l’économie argentine, en finançant les petites entreprises ». Le cours s’est envolé de plusieurs milliers de pourcents en quelques heures… avant de s’effondrer aussi sec : toute la mise de départ était aux mains de quelques initiés qui sont partis avec la caisse. Les milliers de personnes qui avaient suivi les bons conseils de Milei en sont pour 100 millions de dollars envolés. Une bonne vieille arnaque dans laquelle le libertarien professeur d’économie a sauté à pieds joints… aux frais des autres !

L’élue démocrate de New-York, Alexandria Ocasio-Cortez (dite AOC) a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour sensibiliser les « citoyens des États-Unis ou non » sur leurs droits face à la police américaine de l’immigration ICE (Immigration and Customs Enforcement) que Trump a déployée en force. Dans le cadre de cette campagne, baptisée « Connaissez vos droits », AOC a publié des « guides » pratiques sur Instagram et Twitter, largement repris dans tout le pays, et organisé une conférence sur Facebook pour apprendre à contrer les flics de l’ICE. Aussitôt Tom Homan, chargé par Trump d’expulser les migrants et surnommé « le tsar des frontières », a saisi le procureur adjoint des États-Unis pour « entrave à l’application de la loi » affirmant que par son initiative l’élue new-yorkaise cherche « à aider les sans-papiers à échapper aux arrestations ». Celle-ci est restée droite dans ses bottes en affirmant qu’elle ne faisait qu’appliquer la loi. Il en faudra bien sûr beaucoup plus pour empêcher Trump de mener ses politiques criminelles à l’égard des migrants, notamment des mobilisations de masse qui n’hésiteront pas sortir du cadre de la légalité, ce qu’AOC refuse de faire.

Le docteur Hussam Abu Safiya est un pédiatre qui dirigeait à Gaza l’hôpital Kama Adwan avant son arrestation en décembre dernier par les forces israéliennes après une opération visant l’établissement hospitalier. Il est actuellement détenu dans la prison d’Ofer, en Cisjordanie. Les autorités sionistes viennent de faire savoir qu’il avait été placé dans la catégorie des « combattants illégaux », une législation qui viole les conventions internationales sur les prisonniers de guerre et qui permet de le détenir en prison indéfiniment, sans procès et sans connaître les charges retenues contre lui. Son avocat, qui avait enfin pu le rencontrer cette semaine, a indiqué qu’il a été soumis à la torture et aux mauvais traitements dans les centres de détention israéliens. Ce qui n’étonnera plus personne.