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Brèves

L’actualité en bref

La Cour des comptes vient de cibler à nouveau le réacteur nucléaire (EPR) de Flamanville, dans la Manche, géré par EDF et censé contribuer à la production d’électricité du pays. Son coût est désormais estimé à 23,7 milliards d’euros, soit plus de 20 milliards de mieux que le coût initial prévu à l’origine. Elle s’interroge aussi sur le programme des EPR2, une version simplifiée de l’EPR et de taille plus petite. Macron en a promis six pour l’après 2035 et huit autres en option. Là encore la Cour émet des doutes sur leur utilité et leur coût, chiffré à 67 milliards d’euros en 2023 pour les trois premiers, soit 30 % de mieux que l’estimation de l’année précédente. Et, cerise sur le gâteau, selon la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité, 2 392 communes, regroupant plus de 16 millions d’habitants, ont l’eau du robinet polluée par une substance radioactive, le tritium, rejeté dans les rivières par les centrales nucléaires. Centrales dont le nombre va être multiplié. Bonne nouvelle pour les industriels impliqués dans le programme mais mauvaise nouvelle pour la santé.

Depuis plus de dix ans l’association anti-raciste « Mémoires et Partages » – qui a notamment fait connaître le passé négrier de ports tels que Bordeaux, Bayonne et La Rochelle – tente de convaincre la municipalité de Biarritz de débaptiser le quartier de « La Négresse », où se trouve la gare SNCF. Jusqu’ici sans succès. L’affaire vient d’être examinée par la cour d’appel administrative de Bordeaux et le jugement sera rendu fin février. Les membres de l’association soulignent le caractère discriminatoire, sexiste et raciste de ce nom alors que la municipalité invoque l’histoire et la tradition. Le nom du quartier viendrait, à l’origine, d’une femme de couleur qui y tenait une taverne à l’époque napoléonienne. En décembre 2023 le tribunal administratif avait débouté l’association estimant que « le conseil municipal de Biarritz a donné ce nom, en 1861, dans une perspective mémorielle, en hommage à la personne considérée et à l’histoire locale qui l’accompagne ». Une « perspective mémorielle » qui perpétue surtout les clichés hérités du colonialisme et de la traite des Noirs. Drôle d’hommage à la personne considérée…

La direction générale de la Santé a annoncé qu’elle prévoyait de ne plus rembourser les tests de dépistage rapide du Covid-19 réalisés en pharmacie, une fois passées les épidémies hivernales. « Les pharmaciens pourront continuer à réaliser des tests rapides d’orientation diagnostique Covid en officine, tout comme fournir des autotests, à la demande des patients, mais ces derniers ne seront plus pris en charge par l’Assurance maladie », indique cette entité qui dépend du ministère de la Santé. Un nouveau déremboursement de médicaments malgré les promesses de Bayrou de les supprimer.

Le bureau des affaires humanitaires de l’ONU estime qu’au cours de l’année 2025 près de 19,5 millions de Yéménites (sur une population estimée à 34 millions de personnes) auront besoin d’une aide humanitaire pour survivre. Joyce Msuya, une des responsables du bureau, alerte sur le fait que « près de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de retards de croissance graves en raison de la malnutrition ». Depuis une dizaine d’années, le pays est en proie à une guerre civile opposant les Houthis, soutenus par l’Iran, à des forces pro-occidentales armées et encadrées par l’Arabie saoudite avec le soutien ouvert des États-Unis, des autres puissances occidentales et… d’Israël. Encore une sale guerre dans laquelle l’impérialisme est partie prenante.

Le tribunal administratif de Paris a estimé qu’Éric Dupond-Moretti, alors qu’il était ministre de la Justice, avait « commis une faute engageant sa responsabilité en mettant en cause publiquement deux magistrats du parquet national financier en 2020 ». Ces magistrats avaient eu à ses yeux le tort de lui chercher des poux dans la tête alors qu’il était avocat. Il s’était plus tard vengé en mettant publiquement en cause leur probité et leur éthique professionnelle. Le tribunal a donc accordé des dommages et intérêts aux deux intéressés, 15 000 euros à Ulrika Delaunay-Weiss et 12 000 euros à Patrice Amar. Mais, comme lorsqu’il avait proféré ses inepties Dupont-Moretti était ministre en exercice, c’est l’État, c’est-à-dire au final le contribuable, qui acquittera ces amendes à sa place. Il n’y a plus de justice…

Interdit d’exercer la médecine pour une période de deux ans, à compter du 1er février 2025, pour avoir bidonné les résultats des effets de l’hydroxychloroquine, son pseudo-médicament miracle contre le Covid-19, le professeur et infectiologue marseillais Didier Raoult vient d’annoncer qu’il se reconvertissait… dans les produits de beauté. La société qu’il a fondée, « Magnifiscience », affirme réaliser « une rencontre unique entre la recherche scientifique et la cosmétologie » pour « offrir des soins révolutionnaires à la peau ». Si ses produits ont autant d’effet contre l’acné, les rides ou le vieillissement de l’épiderme que l’hydroxychloroquine contre le Covid-19, à la place de ses futurs clients et clientes, on se méfierait.

Les « polluants éternels » (PFAS) sont des substances chimiques utilisées pour fabriquer les poêles, les cosmétiques, ou encore les vêtements. Elles ont les particularités d’être anti-adhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur. Revers de la médaille : elles sont quasiment indestructibles et s’accumulent de façon croissante dans la nature et dans le corps humain pouvant provoquer une diminution de la réponse immunitaire à la vaccination, des cas de cancer, de diabète ou d’obésité, ou encore une perturbation du fonctionnement du foie. Mais les interdire risquerait d’écorner les bénéfices des industriels. Quant à dépolluer, cela coûterait environ 100 millions d’euros par an pendant vingt ans, c’est-à-dire la moitié du budget européen. Alors l’Union européenne laisse faire. Et, comme toujours, les capitalistes polluent, la population trinque.

Encore une mesure discriminatoire contre les immigrés et leurs familles. Deux décrets d’application de la loi Darmanin, parus au Journal officiel, prévoient que ne pourront obtenir ou renouveler leur titre de séjour que les personnes ayant un niveau A2 de français, à l’oral, en lecture et en écriture. Ce niveau A2 correspond à celui d’un collégien de quatrième. Mais pour les travailleurs dont le français n’est pas la langue maternelle ce niveau est parfois difficile, voire impossible, à atteindre. Des centaines de milliers d’entre eux seront ainsi discriminés et, sans titre de séjour, deviendront des proies plus facilement exploitables pour les patrons. C’est d’ailleurs un des buts de l’opération.

Selon l’agence américaine Associated Press, 200 soldats israéliens ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils reconnaissent avoir été témoins de crimes de guerre et déclarent qu’ils refuseront désormais de servir à Gaza s’il n’y a pas un cessez-le-feu. Regroupés dans une structure appelée « Soldiers for the hostages » (Soldats pour les otages) ces militaires donnent des exemples de civils palestiniens abattus sans sommations, de maisons brûlées ou démolies alors qu’elles ne présentaient aucune menace, de résidences pillées et vandalisées. Ils appellent les autres soldats à les rejoindre. Un exemple symptomatique du malaise qui touche pour l’instant une partie certes minoritaire du contingent israélien mais qui pourrait s’étendre dans les semaines qui viennent. La voie à suivre…