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Brèves

L’actualité en bref

La Confédération paysanne, une organisation syndicale classée à gauche, appelait mardi 4 février à un rassemblement à Paris, devant le tribunal de grande instance, dans le 17e arrondissement, en solidarité avec deux de ses membres qui comparaissaient en justice. Ils faisaient partie d’un groupe de cinq militants violemment arrêtés par la police le 5 décembre dernier alors qu’ils prenaient part une manifestation pour dénoncer le traité de libre-échange entre les pays du Mercosur et ceux de l’Union européenne devant le Grand Palais. Ils avaient été placés en garde à vue pendant 48 heures, et deux ont été jugés pour violences en groupe et rébellion, alors même que la manifestation s’était déroulée dans le calme. Interrogée par l’Humanité à propos des mobilisations récentes d’autres syndicats agricoles, proches de la droite et de l’extrême droite, notamment la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs ou la Coordination rurale, Laurence Marandola, la porte-parole de la Confédération paysanne regrettait un « deux poids deux mesures ». « Quand il y a des dégradations sur des bâtiments publics, sur l’Inrae, sur des préfectures, sur l’Office national de la biodiversité, quand il y a des menaces sur des personnes, il ne se passe rien », précisait l’agricultrice ariégeoise. « Visiblement, on n’a pas les mêmes droits que d’autres syndicats », résumait-elle. Deux des manifestants ont porté plainte pour violences policières et, face à cette situation, la Défenseure des droits a été saisie.

C’est Libération qui révèle l’information. L’institut Iliade, un think tank d’extrême droite, a comme projet de créer un espace de ségrégation en plein cœur de la capitale. Le futur « Cercle Europa » est censé ouvrir en mai 2025 dans un local de 220 mètres carrés. Selon l’historien des idées Stéphane François, le cercle de réflexion à l’origine de ce projet porte « un discours qui veut défendre une civilisation d’un “génocide lent” qui se fait par le métissage et l’immigration vue comme une “colonisation inversée” ». Un repas de soutien au projet a réuni la fine fleur de la fachosphère. Un document d’Iliade qualifie le « Cercle Europa » de « lieu de rencontres pour les Européens ». Le texte ne dit pas explicitement qu’il vaut mieux que les Européens en question ne soient ni juifs, ni racisés mais cela va sans dire.

C’est du 4 au 11 février 1945 que les dirigeants de l’URSS (Staline), des États-Unis (Roosevelt) et du Royaume-Uni (Churchill) se réunirent à Yalta, en Crimée, pour se coordonner en vue de la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais surtout décider le sort des perdants (l’Allemagne et le Japon) et se partager le monde. Un peu plus tard, la France de De Gaulle se vit attribuer un strapontin. L’URSS obtint une bonne partie de l’Europe centrale et orientale, les États-Unis firent passer le Japon dans leur giron et le Royaume-Uni récupéra ses colonies en Asie (notamment l’Inde), occupées par le Japon, et noya dans le sang un mouvement populaire en Grèce qui s’opposait à sa mainmise. À peine la guerre terminée, un conflit larvé, appelée la guerre froide, opposa l’URSS à ses anciens alliés, provoquant des tensions un peu partout dans le monde. Et si les révolutions coloniales, les explosions populaires, puis l’implosion et la disparition de l’URSS en 1991 ont changé la donne, il n’empêche qu’aujourd’hui encore les grandes puissances impérialistes, tout en s’opposant dans nombre de domaines, prennent soin de réprimer tout soulèvement populaire qui se produit dans leur sphère d’influence. L’ordre impérialiste règne !

Lundi 3 février, après l’adoption du budget de l’État, François Bayrou a utilisé une seconde fois le 49.3 – qui permet de faire adopter un texte sans l’aval du Parlement – pour faire passer la première partie du budget de la Sécurité sociale. Il prenait d’autant moins de risque que le Parti socialiste avait fait voir par avance qu’il ne voterait pas la motion de censure déposée par la France insoumise. Une petite gué-guerre qui permet aux amis de Mélenchon de s’affirmer « radicaux » à bon compte et à ceux d’Olivier Faure de montrer patte blanche à Bayrou et à Macron. Un cirque parlementaire d’où il ne peut rien sortir de bon pour les travailleurs.

Le président américain vient d’annoncer une très forte augmentations des droits de douane de +25 % pour le Canada (suspendu un mois) et le Mexique, et de +10 % pour la Chine. Il a promis que des mesures similaires ne tarderaient pas à être prises à l’égard des pays de l’Union européenne (UE). Première conséquence : aux États-Unis, on a annoncé une très forte augmentation du coût des maisons individuelles, le bois pour les construire provenant principalement du Canada et le plâtre du Mexique. Et les exemples de ce type vont se multiplier, faisant supporter les conséquences de cette politique, qui avantage certains groupes capitalistes, aux classes populaires. Paris se veut en pointe au sein de l’UE pour riposter à des mesures semblables. Mais là encore le coût en sera payé par les plus pauvres. La classe ouvrière n’a rien à faire dans cette guerre commerciale entre pays capitalistes dont elle risque d’être, au final, la grande perdante.

Le site d’investigation en ligne Blast a obtenu la preuve que des agents immobiliers israéliens proposent, à Paris, des biens construits au cœur des territoires palestiniens dans les colonies juives. Ces ventes se font par l’intermédiaire d’un « salon de vente dédié aux Juifs en France qui envisagent de venir vivre en Israël », dénommé Icube et organisé par l’agence de marketing Garkan de Tel Aviv. Il a lieu chaque année et s’est tenu en mars et novembre derniers dans les très chics « Salons Hoche » dans le 8e arrondissement de la capitale. Des journalistes de Blast se sont fait passer pour des acheteurs potentiels pour finalement se voir offrir un des 900 appartements en construction dans un projet immobilier baptisé Kedem, et situé dans la colonie Avnei Hefetz, en plein cœur de la Cisjordanie. Malgré les condamnations récurrentes par les autorités françaises des projets de colonisation des territoires palestiniens et des velléités d’expulsion de leur population, ni la préfecture de police de Paris, ni le ministère des Affaires étrangères n’ont réagi à ces ventes. Ou plutôt, la préfecture s’est contentée de mettre en place un périmètre de sécurité… pour assurer la bonne tenue de l’événement. Un résumé de la politique hypocrite des gouvernants dans la région.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, était en Italie pour visiter, dans un quartier périphérique de Rome, la prison de Rebbibia. Cet établissement pénitentiaire a la particularité d’héberger une cinquantaine de détenus soumis à l’article 41 bis du code pénitentiaire italien, connu sous les termes de « carcere duro » (« prison dure »). Ce régime carcéral s’applique de manière dérogatoire, sur décision du ministère de la Justice, à des prisonniers poursuivis ou condamnés pour des crimes graves, en lien avec la mafia dans la très grande majorité des cas. Darmanin veut, parait-il, s’en inspirer pour regrouper les cent plus gros narco-trafiquants de l’Hexagone dans un établissement de haute sécurité d’ici la fin du mois de juillet. Sauf qu’avec ou sans la prison de Rebbibia les mafias locales (sicilienne, calabraise, napolitaine, sarde, etc.) ne cessent de prospérer, s’immiscent dans les interstices de la société capitaliste et dans le monde politique. Elles réaliseraient, selon certaines estimations, un chiffre d’affaires annuel qui dépasserait les 90 milliards d’euros. Car enfermer les criminels, même les pires, n’empêche pas le crime de prospérer. Darmanin a du pain sur la planche.

La 52e édition du festival de la bande dessinée vient de se terminer. L’occasion de rappeler que l’an dernier une ancienne responsable de la communication avait saisi les prud’hommes après avoir été licenciée pour faute grave. Son crime : avoir dénoncé le viol sous influence chimique dont elle avait été victime lors d’une soirée en marge de la manifestation. Ce qui, pour la direction de la manifestation, constituait un « comportement incompatible avec l’image de l’entreprise ». Quant à sa responsable des ressources humaines, elle lui avait conseillé, plutôt que de contacter la gendarmerie ou d’aller voir un médecin… de prendre la pilule du lendemain. Ce n’est là qu’un des nombreux scandales qui touchent la société 9e Art+, organisatrice de l’évènement et qui ont conduit le ministère de la Culture à intervenir alors que plusieurs participants, dont les éditions Dargaud, évoquent ouvertement la possibilité de boycotter l’an prochain une manifestation devenue sulfureuse.

Le ministère de l’Éducation nationale a informé les établissements scolaires que la part collective dédiée au Pass Culture — et qui permet aux enseignants d’organiser des activités culturelles (théâtre, sortie, cinéma..) pour leurs élèves — était rabotée et gelée à 50 millions d’euros entre janvier et juin, auxquels s’ajouteront 22 millions pour le reste de l’année, soit un total de 72 millions contre 94 millions d’euros en 2024. Le secrétaire général du SDPDEN-Unsa a dénoncé « un hold up » tandis que la CGT Éducation soulignait le fait que « les actions qui n’ont pas été validées ce 31 janvier ne pourront plus être financées sur la part collective ! Les équipes ont été totalement prises au dépourvu et mises devant le fait accompli ». De son côté la Fédération nationale des conseils de parents d’élèves a dénoncé « une décision unilatérale, subite et incompréhensible (…) qui méprise l’engagement sans faille des enseignants à organiser ces sorties pédagogiques ». Un nouveau mauvais coup porté à l’éducation.