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Brèves

L’actualité en bref

La décision de l’Insee d’introduire, dans le recensement qui est en cours, une question facultative sur le pays de naissance des parents des personnes recensées, a soulevé une levée de boucliers chez les syndicats, des associations et nombre de militants de gauche. Tous estiment, à juste raison, qu’elle présente des dangers dans le domaine de la stigmatisation des « étrangers ». Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, lui, s’y est déclaré favorable à une condition : que cela ne mène pas, à terme, à une politique de discrimination positive en faveur des minorités ethniques, comme on l’a vu parfois aux États-Unis ces dernières années. Il a été rejoint sur ce point par Marine Le Pen. Pour résumer leur position : d’accord avec les statistiques ethniques mais seulement… si elles servent à discriminer les migrants et leurs enfants. C’est leur conception de l’égalité républicaine dont ils nous rebattent les oreilles.

C’est le 20 janvier que les 10 000 salariés, dont 8000 enseignants, de l’Éducation nationale ont fait leur rentrée scolaire dans l’archipel en attendant celle des 117 000 élèves prévue la semaine prochaine. Une rentrée dans une situation catastrophique trois semaines après le passage du cyclone Chido, nombre d’écoles étant détruites ou endommagées. À l’Assemblée nationale, en commission des lois, la rapporteure, Estelle Youssouffa, a rendu en partie responsable de la situation des « barbares en culottes courtes… bien souvent étrangers en situation irrégulière », c’est-à-dire les enfants de migrants. La dame en question, qui reprend les discours racistes et xénophobes de la droite et de l’extrême droite françaises, est la députée Liot (Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires) de la première circonscription de Mayotte. Une façon de flatter les préjugés d’une partie de la population en proie à la misère et au désespoir.

Emmanuel Macron s’est rendu à Cesson-Sévigné, près de Rennes (Ille-et-Vilaine), pour une cérémonie de vœux aux forces armées dans l’enceinte du Commandement de l’appui numérique et cyber, un organisme crée l’an dernier pour garantir une supposée « supériorité opérationnelle des forces terrestres ». À cette occasion, il a défendu la loi de programmation militaire pour 2024-2030 qui prévoit de mettre sur la table un budget de 413 milliards d’euros. Et il a redit fièrement ce qu’il avait déjà déclaré lors de la réunion des ambassadeurs début janvier : « Au terme de la loi de programmation militaire, nous aurons doublé notre budget militaire en dix ans. Quel autre pays peut en dire autant ? » Quant aux budgets de la Santé et de l’Éducation nationale, aucune chance qu’ils connaissent une progression aussi spectaculaire. Priorité aux marchands de canons.

Fin décembre, la sauteuse à ski Selina Freitag dénonçait les différences de récompenses offertes aux vainqueurs entre hommes et femmes dans le ski de haut niveau : 3 200 euros pour les hommes, mais gel douche, shampoing et serviettes pour les femmes… Énième symptôme d’une société qui charrie inégalités et oppressions, notamment dans le sport, et qu’il nous tarde de mettre à la poubelle !

Trump vient de remplacer Biden : l’impérialisme américain a une nouvelle équipe à la tête de son gouvernement, composée de milliardaires et de réactionnaires de tout poil issus de l’extrême droite. Au programme : coupes claires dans les services publics, poursuite de la remise en cause de l’IVG, attaques racistes redoublées contre les migrants. Au niveau international, cette fine équipe ne réclame rien de moins que l’annexion du canal de Panama, du Groenland et du Canada ! Trump a prétendu pendant sa campagne qu’il arrêterait la guerre d’Ukraine en 24 heures, mais ce délai est passé à plusieurs semaines, puis à plusieurs mois. Quant au massacre de Gaza, malgré la trêve imposée à Netanyahou, il est sûr que son soutien à l’État d’Israël, qui a toujours été la politique de l’impérialisme américain, ne faiblira pas. Au-delà des effets d’annonce et de la démagogie, il s’agit d’affirmer la soif de puissance du chef de file de l’impérialisme occidental et l’avidité sans limite de ses capitalistes. Mais « puissance » n’est pas synonyme de « toute puissance ». Les travailleurs et travailleuses américains ont déjà mené de grandes grèves ces dernières années. Ils pourraient bien continuer sur leur lancée, bousculer les plans du grand patronat et les empêcher de nuire.

Chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles révélations sur les viols, attouchements et autres agressions sexuelles commis par l’abbé Pierre. Un comportement connu depuis longtemps par la hiérarchie catholique, qui l’a passé sciemment sous silence. C’est pourquoi la déclaration d’Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, selon laquelle « il faut aller jusqu’au bout de la vérité » est particulièrement hypocrite. Il a fallu que le scandale éclate pour que l’Église catholique fasse mine de le découvrir. Ce qui ne l’empêche nullement, dans le même temps, de mettre un voile pudique sur les crimes sexuels, notamment pédophiles, qui continuent de se produire dans ses rangs.

L’ONG « Foodwatch » (Veille alimentaire) qui veille sur le contenu de nos assiettes, a enquêté sur plus de 400 produits alimentaires vendus par les cinq principales chaînes de grandes surfaces (Auchan, Carrefour, Super U, Leclerc et Intermarché) qui contrôlent 80 % du marché. Et les produits « premier prix », c’est-à-dire les moins chers et ceux achetés en priorité par les familles les plus modestes, sont ceux qui contiennent le plus de sucre, que ce soit les petits pois, les biscottes, les pizzas, les cordons bleus, voire la mayonnaise. Ces produits trop sucrés ont un impact direct sur la santé. Le nombre de diabétiques a bondi de 160 % en dix ans et les cas d’obésité ont quadruplé chez les 18-24 ans. On estime à 19 milliards d’euros l’argent public investi depuis 2021 pour lutter contre les effets de cette malbouffe. Ce qui n’empêche pas de dormir la grande distribution qui continue dans ses promotions de privilégier ces produits qui lui rapportent gros.

Le gouvernement pioche à nouveau dans la poche des plus modestes. Dernière mesure en date : la décision du ministère de l’Économie de faire baisser, au 1er février prochain, les taux du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire, de 3 à 2,4 %, ainsi que du Livret d’épargne populaire (LEP), de 4 à 3,5 %. Ces baisses permettront à l’État d’utiliser cet argent en versant des intérêts moindres. Bien souvent ces livrets – qui concernent 57 millions de personnes – contiennent les économies des familles modestes. Par cette mesure ce sont elles qui vont trinquer alors que les actionnaires des entreprises continuent de se gaver.

On vient de célébrer le cinquantième anniversaire de la loi Veil qui, promulguée le 17 janvier 1975, dépénalisait l’avortement. En un demi-siècle bien des choses ont évolué et le recours à la pilule abortive a pris le pas sur les avortements chirurgicaux. Depuis 1975, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse est resté stable, s’établissant à environ 250 000 par an. Pour qu’il baisse, il faudrait mettre l’accent sur l’éducation et l’information sexuelles, améliorer l’accès à la contraception et surtout donner un coup de pouce à des organismes comme le planning familial, victimes de restrictions budgétaires. En outre il existe de grandes disparités dans l’accès à l’IVG selon les départements, certains centres ayant dû fermer faute de personnel et d’autres aux effectifs insuffisants. Beaucoup de luttes restent donc à mener pour que ce droit soit accessible à toutes les femmes.