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Brèves

L’actualité en bref

Philippe Tabarot, le nouveau ministre des Transports, connu pour avoir fait voter au Sénat une loi limitant le droit de grève à la SNCF, refait parler de lui. Cette fois, pour lutter contre l’insécurité dans les gares, il veut créer un « délit d’interdiction d’entrée en gare » pour les délinquants potentiels avant même qu’ils aient commis un délit. Mais comment les reconnaître ? Il ne le précise pas mais il ne faut pas être grand clerc pour supposer que les personnes visées seraient, en priorité, les sans-domicile fixe, les jeunes des banlieues, les blacks et les beurs et que les arrestations pour « délit de sale gueule » se multiplieraient en violation évidente des droits élémentaires des intéressés. Mais, dans ce domaine, avec un gouvernement comportant Retailleau à l’Intérieur et Darmanin à la Justice rien ne peut plus étonner.

À partir d’aujourd’hui, le vaccin contre les méningocoques – toutes souches confondues – devra être administré à tous les nourrissons de manière obligatoire pour les protéger contre la méningite, une malade grave dont on observe une hausse des cas. En 2023, 560 cas d’infections invasives à méningocoques ont été déclarés, soit une hausse de 72 % par rapport à 2022. Entre janvier et novembre 2024, plus de 500 cas ont déjà été enregistrés, en légère hausse par rapport à la même période de 2023. « Cela fait de 2024 l’année avec le nombre le plus élevé des cas depuis 20 ans », souligne l’infectiologue Muhamed-Kheir Taha, spécialiste du sujet à l’Institut Pasteur. L’augmentation notable des cas de méningites bactériennes résulte d’une combinaison de facteurs parmi lesquels un effet rebond post-Covid, la circulation accrue de souches virulentes et une couverture vaccinale insuffisante. Et l’agitation antivax qui s’est considérablement développée ces dernières années sur les réseaux sociaux – en France et ailleurs – n’est pas pour rien dans les progrès de cette maladie. Une propagande mortifère qu’il faut combattre.

Fin novembre le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail, toutes catégories confondues, s’est établi à 5,487 millions selon la direction des statistiques du ministère du Travail. Il est probable que la situation va s’aggraver. Car d’une part le nombre de plans sociaux annoncés par les entreprises a explosé et, d’autre part, la loi « Plein-emploi » décidée par le gouvernement Élisabeth Borne en 2023 – et qui entre en vigueur ce mois-ci – prévoit d’inscrire automatiquement à France Travail les 1,8 million d’allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) et les 200 000 jeunes suivis par les missions sociales. Autant dire que le taux de chômage de 7,6 % prévu à la mi-2025 par l’Insee risque probablement d’être largement dépassé. Il est donc plus jamais d’actualité de mettre en avant l’interdiction des licenciements, la répartition du travail entre toutes et tous et de lutter contre la réforme de l’assurance-chômage qui aggrave la situation des précaires et des seniors demandeurs d’emploi.

Alors que les nouveaux maîtres de Damas multiplient les propos rassurants à l’égard des minorités et promettent des élections… pour dans quatre ans (le temps parait-il de rédiger une nouvelle Constitution), la seule femme du gouvernement de transition a lancé un pavé dans la mare de ces belles promesses en jetant un froid. Interrogée par la chaîne de télévision turque TRT, Aïcha al-Debs, présidente du tout nouveau « Bureau des affaires de la femme », a d’abord affirmé que les femmes « étaient toutes égales » avant de les appeler « ne pas outrepasser les priorités de leur nature créée par Dieu », à savoir « leur rôle éducatif au sein de la famille ». Quant aux organisations féministes « elles seraient les bienvenues » si leur action « soutenait le modèle que nous allons construire ». Et d’ajouter : « Je ne vais pas ouvrir le passage à quiconque n’est pas d’accord avec ma pensée. » Preuve que les femmes ne pourront attendre du nouveau pouvoir que les droits qu’elles sauront lui arracher.

Au lendemain de Noël, Alexandre Allegret-Pilot, député ciottiste du Gard, allié du Rassemblement national, a proposé à ses abonnés sur le réseau social X de partager avec eux une « carte du quotient intellectuel » (QI) du monde entier. Le planisphère en question classe les pays du monde selon le QI supposé de leur population. Et la preuve est sans appel : les pays industriels sont naturellement supérieurs aux pays en voie de développement et l’homme européen est plus intelligent que l’homme africain. CQFD. Sauf que… la carte en question, si elle fait les choux gras des milieux d’extrême droite, ne repose sur aucune donnée scientifique et a été dénoncée, dès sa parution, par tous les spécialistes. Son auteur s’est d’ailleurs vu retirer, en 2018, son titre de professeur émérite de psychologie de l’université d’Ulster (Irlande) pour ses bidonnages. De quoi se poser des questions sur le QI de ceux qui utilisent cette carte pour justifier leurs préjugés racistes.

Virginie Delormel, ancienne responsable de Marseille-Habitat, vient d’être condamnée à une amende de 1 000 euros par la Cour des comptes. En 2022, elle avait signé un avenant à son propre contrat de travail pour s’octroyer une auto-augmentation, sans avertir le conseil d’administration. En outre on lui reprochait des travaux réalisés en retard dans un bâtiment en péril. Elle avait été alors licenciée par la municipalité, l’actionnaire principal de la société d’économie mixte, spécialisée dans le traitement du logement indigne. Et dans la cité phocéenne, question logements indignes, il y a du boulot, comme l’a montré l’effondrement de plusieurs immeubles de la rue d’Aubagne en 2018. Finalement, elle s’en tire plutôt bien et a retrouvé un emploi dans un poste équivalent à Châteauroux (Indre), dans la Société du centre pour l’aménagement, le logement et l’immobilier social… en prenant cependant la précaution de reprendre son nom de jeune fille. Avec de tels calibres, le logement social a du mouron à se faire.

Au moins trois migrants ont péri noyés dimanche dernier en tentant de rejoindre les côtes britanniques. Il semble qu’une bousculade se soit produite au moment de monter dans l’embarcation et que trois personnes sont tombées dans l’eau, au large de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Le bateau a poursuivi sa route vers l’Angleterre et les trois corps ont été repêchés par la Marine nationale. Cela porte à 76 – un record depuis 2018 – le nombre de migrants décédés cette année en effectuant cette traversée. Les noyades continuent dans l’indifférence totale des autorités françaises et britanniques.

Lors de sa visite éclair dans l’archipel, François Bayrou a dévoilé son plan de reconstruction, baptisé « Mayotte Debout », et qui devrait s’étendre sur deux ans. On peut fortement douter d’un tel optimiste surtout qu’une des mesures phares mises en avant est que « l’État et les pouvoirs publics locaux s’accordent pour interdire et empêcher la reconstruction des bidonvilles ». Sauf que personne n’a jamais autorisé la construction des bidonvilles, qui sont nés de la situation catastrophique dans laquelle vit une bonne partie de la population mahoraise. Supprimez la misère et vous supprimerez ipso facto les bidonvilles. Mais c’est là une mesure qui n’est pas au programme du maire de Pau.

L’image a fait le tour des réseaux sociaux. Alors que deux enseignants témoignent de l’abandon auquel est livrée la population de Mayotte, plus de 15 jours après le passage du cyclone Chido, la ministre de l’Éducation leur tourne le dos et continue son chemin. Auparavant, elle avait tenté de rejeter la faute sur la population en prétendant que les distributions « existent, mais peut-être que les gens ne sont pas bien informés ». Une morgue et un mépris qui est bien celui de la bourgeoisie, totalement incarnés par madame 49.3.