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Brèves

L’actualité en bref

Encore une mesure discriminatoire contre les immigrés et leurs familles. Deux décrets d’application de la loi Darmanin, parus au Journal officiel, prévoient que ne pourront obtenir ou renouveler leur titre de séjour que les personnes ayant un niveau A2 de français, à l’oral, en lecture et en écriture. Ce niveau A2 correspond à celui d’un collégien de quatrième. Mais pour les travailleurs dont le français n’est pas la langue maternelle ce niveau est parfois difficile, voire impossible, à atteindre. Des centaines de milliers d’entre eux seront ainsi discriminés et, sans titre de séjour, deviendront des proies plus facilement exploitables pour les patrons. C’est d’ailleurs un des buts de l’opération.

Selon l’agence américaine Associated Press, 200 soldats israéliens ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils reconnaissent avoir été témoins de crimes de guerre et déclarent qu’ils refuseront désormais de servir à Gaza s’il n’y a pas un cessez-le-feu. Regroupés dans une structure appelée « Soldiers for the hostages » (Soldats pour les otages) ces militaires donnent des exemples de civils palestiniens abattus sans sommations, de maisons brûlées ou démolies alors qu’elles ne présentaient aucune menace, de résidences pillées et vandalisées. Ils appellent les autres soldats à les rejoindre. Un exemple symptomatique du malaise qui touche pour l’instant une partie certes minoritaire du contingent israélien mais qui pourrait s’étendre dans les semaines qui viennent. La voie à suivre…

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a rendu public le bilan des ventes d’armes tricolores en 2024. Et il ne tarit pas d’éloges parlant d’ « une performance exceptionnelle » et de « la deuxième meilleure année de notre histoire ». Avec un total de 18 milliards d’euros, les industriels de l’armement ont réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires plus de deux fois supérieur à celui de 2023. Cocorico ! Quant aux peuples contre lesquels on utilise ces armes, on ne leur a pas demandé de manifester leur enthousiasme et d’applaudir.

Alors que les inscriptions sur Parcoursup viennent d’ouvrir, Philippe Baptiste, le nouveau ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a promis de s’attaquer aux formations frauduleuses qui seraient des arnaques. Par exemple, des formations privées ayant des pratiques commerciales trompeuses, comme celles qui refusent de rembourser les frais d’inscription lorsqu’un candidat accepte finalement une autre proposition, ou les cursus qui préparent à des diplômes sans valeur, non reconnus par l’État. Mais il s’est voulu rassurant : il n’y en aurait en tout et pour tout qu’une quinzaine sur les 24 000 formations disponibles. Sauf que ce n’est pas la question de fond. Le vrai problème avec Parcoursup est que les algorithmes mis en œuvre pour sélectionner les candidats sont souvent discriminatoires et que des centaines de milliers d’étudiants se voient refuser toutes leurs demandes, restent sur le carreau ou optent pour des formations au rabais. Parcoursup est un instrument de discrimination qui sert à faire du tri social et qu’il est grand temps de supprimer.

Le Collectif Handicaps a fait un état des lieux pour les personnes en situation de handicap, vingt ans après le vote d’une loi, en février 2005, censée leur garantir l’égalité. Loin de tenir ses promesses d’inclusion et d’accessibilité, la loi demeure largement ignorée et inappliquée. Logements, éducation, services publics, emploi, dans tous ces domaines, leur accès aux droits fondamentaux est entravée, ce qui marginalise les 12 millions de personnes porteuses de handicap. Quelques exemples : sur les deux millions d’établissements recevant du public, seuls 900 000 sont conformes aux normes. Dans les transports, à peine plus de la moitié des stations ferrées sont accessibles en Île-de-France, et seulement un quart dans Paris intra-muros. Sur les lignes interurbaines, « 75 % des arrêts routiers restent à aménager ». En plus, une personne en situation de handicap sur deux peine à accéder à un logement. Enfin, aujourd’hui encore, la moitié des personnes handicapées vivent avec moins de 1 512 euros par mois, « soit 300 euros de moins que les personnes valides », et reste deux fois plus exposée au chômage que le reste de la population. La promesse de Macron, lors de sa campagne présidentielle de 2017, de faire de cette question une priorité a fait long feu.

Plusieurs dizaines de milliers de particuliers et au moins 1 500 communes ont vu leurs contrats d’assurance unilatéralement résiliés au motif que, du fait des catastrophes naturelles (incendies, vents violents, avalanches, inondations, etc.), il n’était plus rentable de les assurer. Parfois on leur proposait un nouveau contrat mais à des prix prohibitifs. C’est ainsi que Poitiers (Vienne) a vu son contrat passer de 163 000 à 540 000 euros par an et celui de Vesoul (Haute-Saône) a grimpé de 100 000 à 300 000 euros. Et si parfois les particuliers peuvent s’en tirer en jouant sur la concurrence entre de nombreux assureurs, c’est beaucoup plus difficile pour les communes qui ont en face d’elles deux mastodontes, la Société mutuelle d’assurance des collectivités locales, une filiale de la Maif et Groupama. Toutes deux sont assises sur des milliards d’euros de profit mais n’entendent pas écorner leurs bénéfices. Alors ils pressurent les assurés jusqu’à l’os ou les laissent le bec dans l’eau.

Selon une enquête du journaliste David Cronin, parue sur le site anglophone Electronic Intifada, la Banque européenne d’investissements (BEI), une institution officielle de l’Union européenne, a accordé des prêts totalisant près de 800 millions d’euros à l’État sioniste depuis le début de la guerre de Gaza en octobre 2023. Basée au Luxembourg, la BEI collabore étroitement avec la banque israélienne Leumi qui soutient depuis longtemps la construction et l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est. En violant une bonne douzaine de résolutions de l’ONU sur lesquelles l’Union européenne s’assied sans état d’âme.

Après l’Assemblée nationale, le Sénat a définitivement adopté la prolongation jusqu’à fin 2026 de la dérogation qui permet d’utiliser les tickets restaurant pour acheter des produits alimentaires à préparer, comme le riz, l’huile ou la farine et plus seulement de produits directement consommables comme des sandwiches ou des salades. C’est surtout les restaurateurs qui avaient bataillé pour restreindre l’utilisation des tickets restaurant. Une dérogation bien accueillie par les salariés, utilisateurs des tickets pour faire leurs courses, mais qui a été obtenue d’autant plus facilement qu’elle ne coûte rien ni à l’État, ni aux patrons.

Entre le 16 janvier et le 18 mars les agents de l’Insee vont se livrer au recensement de la population. À côté des questions habituelles portant sur l’état civil des personnes concernées, leur situation familiale et professionnelle, ou leur logement, en apparait cette année une nouvelle. Il va en effet pouvoir être demandé aux citoyens français de communiquer le pays de naissance de leurs parents. Officiellement le but de cette question (dont la réponse est facultative) est de « pouvoir mieux connaître la situation des personnes d’origine immigrée et notamment leur exposition aux discriminations qui peuvent se produire dans beaucoup de domaines de la vie sociale » a expliqué à France Inter Patrick Simon, directeur de recherche à l’Institut national d’études démographiques. Noble intention. Sauf que, dans une période de chasse aux migrants et aux familles d’immigrés, ce genre de renseignements pourra être utilisé pour accentuer les discriminations. C’est ce qu’a indiqué notamment la Ligue des droits de l’homme en déclarant : « Aucune politique publique ne justifie que l’origine immigrée de nos parents soit collectée dans notre bulletin individuel. Cette question présente beaucoup de dangers. » On ne lui fait pas dire.