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Brèves

L’actualité en bref

Le 7 novembre était « La journée nationale contre le harcèlement scolaire », ce fléau qui fait de la vie de certains enfants scolarisés un enfer et qui a conduit même un petit nombre d’entre eux au suicide. Pour lutter contre le phénomène, le gouvernement avait décidé, fin 2023, d’ériger le problème en « priorité nationale » et de créer des « cours d’empathie » dans 1 200 établissements avant leur généralisation à la rentrée 2024 à l’ensemble des maternelles et du primaire. Il a publié alors un « kit pédagogique pour les séances d’empathie à l’école », document de 60 pages à l’attention du corps enseignant du premier degré. Le gouvernement affirme que les premiers résultats sont positifs, ce qui laisse sceptiques nombre d’enseignants. Pour Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du SNUipp-FSU, la généralisation de ces cours d’empathie à toutes les écoles n’est qu’une « énième opération de com’ » qui n’a pas eu d’effet particulier dans les classes. Pour elle, la priorité est ailleurs. Elle explique : « Pour empêcher le harcèlement à l’école, on a besoin de moyens, d’enseignants supplémentaires, d’infirmières, de psychologues scolaires, voire d’assistantes sociales, d’autres regards sur les élèves. Et ça, ça manque cruellement. » Réclamée par les syndicats, la baisse du nombre d’élèves par classe serait aussi un levier pour l’enrayer. Autant de mesures de bon sens dont le gouvernement ne veut pas entendre parler, ni surtout financer.

Le 5 novembre 2018, deux immeubles insalubres s’effondraient aux 63 et 65 rue d’Aubagne, au cœur de la ville, non loin du Vieux Port, faisant huit morts et jetant des dizaines de personnes à la rue. Seize prévenus sont au banc des accusés, dont plusieurs copropriétaires du 65 qui n’avaient pas fait réaliser les travaux nécessaires à la sécurité de l’immeuble ; leur syndic, resté sourd aux signalements des locataires ; et un expert, qui avait réalisé une expertise de l’immeuble en à peine une heure, sans même prendre le temps de visiter la cave, deux semaines avant le drame, expertise après laquelle les habitants avaient été autorisés, sauf pour un appartement, à rentrer chez eux. Mais aussi un élu, alors adjoint au maire, chargé de lutter contre « l’habitat dégradé et indigne », dont les services, totalement désorganisés, auraient géré les nombreux signalements « avec une légèreté qui interroge », selon les termes des magistrats instructeurs. À l’époque, bien au-delà de la rue d’Aubagne, l’onde de choc s’était propagée à toute la ville : plus de 3 000 personnes avaient été évacuées de leurs logements l’année qui a suivi, par précaution. Et cette affaire n’est que la partie visible de l’iceberg. Dans la cité phocéenne, on estime qu’au moins 100 000 personnes sont mal logées, victimes de la pauvreté, mais aussi de marchands de sommeil et de propriétaires véreux.

Dans ses recommandations qui viennent d’être rendues publiques sur la situation dans l’Hexagone, le Comité des droits de l’homme de l’ONU écrit qu’il « demeure préoccupé par le nombre de cas signalés d’usage excessif de la force, notamment lors des contrôles de la circulation routière, d’interpellations, d’évacuations forcées et des manifestations ». Il souligne la « nécessité de réviser le cadre juridique et les procédures opérationnelles régissant l’utilisation de la force par les forces de l’ordre, y compris l’utilisation d’armes à feu et d’armes intermédiaires affectant de manière disproportionnée les membres de certains groupes minoritaires, en particulier les personnes d’ascendance africaine et d’origine arabe, les peuples autochtones et les migrants ». Dans ses recommandations, il se dit « gravement préoccupé par le nombre de décès résultant de l’utilisation des armes à feu par les forces de l’ordre lors des contrôles de la circulation routière » mais aussi par « le manque apparent de sanctions appropriées et les cas d’impunité apparente ». Un diagnostic qui cerne assez bien la politique répressive menée depuis des années par Retailleau et ses prédécesseurs.

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure vient de publier des chiffres qui montrent que le nombre de victimes de « violences conjugales » enregistrées en 2023 – soit 271 000 – a augmenté de 10 % par rapport à 2022 et a doublé par rapport à 2016. 85 % des victimes sont des femmes et 86 % des mis en cause des hommes. Les deux tiers de ces violences (64 %) consistent en des violences physiques, 32 % des violences verbales ou psychologiques, dont du harcèlement moral (17 %), des menaces (12 %), des atteintes à la vie privée (1 %) ou des injures et diffamations (1 %). Quatre pour cent ont subi de violences sexuelles. Pour 2 % de celles qui ont fait face à du harcèlement moral, les faits ont mené au suicide ou à une tentative de suicide. Et encore ces chiffres sont largement sous-estimés. On estime en effet que seules 14 % des victimes ont ainsi porté plainte auprès des services de sécurité. Un point positif dans ce sombre tableau : un nombre grandissant de femmes franchissent le pas et portent plainte. Mais il en faudra bien plus pour extirper le fléau du machisme et du sexisme qui gangrène la société.

Une perle, révélée par Le Canard enchaîné, dans une annexe au projet de budget pour 2025, intitulée « Rapport économique, social et financier ». Les spécialistes de Bercy proposent une explication sur la morosité ambiante et la consommation en berne en écrivant : « Le choc de l’inflation ressentie serait prolongé par rapport à celui du choc d’inflation mesuré, ce qui expliquerait que la consommation reste peu dynamique, malgré la hausse du pouvoir d’achat mesuré. » En langage courant, cela signifie que les prix baissent, que le niveau de vie augmente, mais que le bon peuple est trop ignare pour s’en rendre compte. Il y a des coups de pied, ressentis ou mesurés, aux postérieurs de ces experts qui se perdent.

Le ministre de l’Économie, Antoine Armand, et son collègue de l’Industrie, Marc Ferracci, viennent de demander à la Commission européenne d’abandonner les amendes pour les constructeurs automobiles qui ne respecteraient pas les plafonds de CO2 fixés pour 2025. Le règlement européen en vigueur impose en effet une diminution des émissions de voitures neuves de 15 % l’année prochaine par rapport à 2021. Le texte, voté en 2019, fixe pour chaque année à venir de nouveaux paliers de plus en plus contraignants, jusqu’à l’interdiction des ventes de modèles à essence en 2035. Mais des constructeurs automobiles, Renault en tête, font pression pour détricoter une législation jugée trop contraignante. C’est presque un cas d’école. Les politiques adoptent une modeste législation anti-pollution qu’ils abandonnent ensuite sous la pression des industriels. C’est l’écologie à la mode capitaliste !

Selon une enquête de l’Observatoire des multinationales, publiée dans le média indépendant Basta !, des filiales de groupes français aux États-Unis, comme le géant de la pharmacie Sanofi ou Pernod-Ricard, ainsi que des filiales d’entreprises à capitaux publics comme Airbus, EDF, Engie et Thales, ont contribué financièrement à la campagne pour la présidentielle américaine. Elles ont arrosé les deux camps, mais, le plus souvent, les Républicains. Des donations ont aussi été faites au niveau des élections locales pour le Sénat et la Chambre des représentants. Quelques exemples parmi beaucoup d’autres : Engie a financé Jeff Duncan (Caroline du Sud), opposé au droit à l’avortement, hostile à la lutte contre les discriminations à l’école ou aux mesures pour limiter le réchauffement climatique. De son côté Orano (ex-Areva) a aidé le Républicain Chuck Fleischmann (Tennessee), qui a, lui aussi, voté contre l’approbation du résultat des élections de 2020. Quant à Pernod-Ricard, 78 % de ses financements ont abouti dans les caisses de Trump. On sait au moins où passe une partie de l’argent public que ces entreprises empochent de la part de l’État.

La cloche qui se trouvait durant l’été au Stade de France pour les Jeux olympiques et paralympiques sera installée jeudi à Notre-Dame de Paris, ont indiqué les responsables de la cathédrale dans un communiqué. Elle accompagnera deux autres nouvelles cloches qui seront accueillies sur le parvis par le mitré Olivier Ribadeau Dumas, recteur du lieu, et par Tony Estanguet, le président du Comité d’organisation de Paris 2024. On justifie ces bondieuseries par le fait que l’Église catholique a accompagné les Jeux olympiques et paralympiques avec une initiative intitulée « Holy Games », (Saints Jeux) comprenant notamment une messe d’ouverture à l’église de La Madeleine, un événement interreligieux sur le parvis de Notre-Dame de Paris, ainsi que diverses manifestations. De plus, Macron s’apprête à prêcher dans la cathédrale le 7 décembre prochain, pour la réouverture officielle de l’édifice, flanqué de l’archevêque de Paris et face à 160 chefs d’État et de gouvernement. À cette occasion va-t-on entendre les protestations indignées des ministres de l’Intérieur, des Sports et de la Culture, au nom de la défense de la laïcité ? On peut toujours attendre.

Le projet de budget induit la suppression de 500 postes à France Travail alors que les effectifs sont déjà insuffisants et que le chômage est en train de croitre. Dans certaines agences, les travailleurs en CDD représentent jusqu’à un tiers des salariés, sont formés par leurs collègues… et n’obtiennent jamais de CDI. Quant aux salaires, une partie des agents a, en tout et pour tout, connu une augmentation de 5,5 % depuis… 2018. « La coupe est pleine » aux dires de beaucoup. Les agents d’Île-de-France, précédant leurs collègues de l’ensemble du pays, se mettront en grève le 12 novembre. Rendez-vous à 14 heures devant la direction générale, 1 av. du Docteur-Gley, Paris 20e.