Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Auchan, un des poids lourds de la grande distribution, va annoncer la suppression de plus de 2 000 emplois en métropole. L’enseigne appartient à la richissime famille Mulliez dont la fortune, estimée à 20 milliards d’euros, a été multipliée par quatre en 25 ans et qui est exilée fiscale en Belgique, ce qui lui permet de ne payer pratiquement pas d’impôts en France. Déjà, en 2020, le groupe avait annoncé la suppression de près de 1 500 postes, après un précédent plan de départs volontaires de plus de 500 postes la même année. Pourtant Auchan a réalisé un chiffre d’affaires de 33 milliards d’euros l’an dernier et versé à ses 800 actionnaires un milliard d’euros de dividendes. Le seul but de ces suppressions d’emplois est d’« améliorer » les performances financières du groupe sur le dos des salariés.

La maire écologiste de la ville, Léonore Moncond’huy, a réclamé au ministre de l’Intérieur, Bruneau Retailleau, de « rétablir la vérité » sur la fusillade qui a coûté la vie à un adolescent. Le ministre de l’Intérieur avait évoqué une rixe imaginaire qui aurait impliqué entre « 400 et 600 personnes ». Pour la maire ces propos « contribuent à nourrir les amalgames entre la jeunesse des quartiers dans leur ensemble et les trafiquants dans leur ensemble ». Ce qui est tout à fait juste. Mais c’est bien pourquoi Retailleau ne reviendra pas sur ses déclarations. Car en fustigeant les « narcoracailles » à la moindre occasion, en pointant du doigt les quartiers populaires et en évoquant périodiquement un risque de « mexicanisation » du pays, Retailleau fait de la communication alarmiste et mensongère pour justifier sa politique du tout-sécuritaire.

Dimanche dernier, le pont d’Iéna, qui enjambe la Seine, a été le théâtre d’une cérémonie rappelant celles des Jeux olympiques et paralympiques. Rien ne manquait : tapis rouge, podium et même hymne musical. C’est le collectif d’aide aux migrants Le Revers de la médaille, qui regroupe une centaine d’associations solidaires, qui décernait ses propres médailles aux organisateurs, à savoir : la médaille d’or du social washing (blanchiment social, c’est à dire faire semblant d’être social), la médaille d’argent du nettoyage social et celle de bronze du déni démocratique, cette dernière revenant à Macron « pour avoir cautionné une justice digne de l’état d’urgence avec des accents autoritaires » pour « nettoyer » la capitale. Et de rappeler qu’au moins « 260 lieux » de vie informels (campements, bidonvilles, squats…) ont été évacués en amont et pendant les Jeux et plus de 19 000 personnes expulsées d’Île-de-France entre avril 2023 et septembre 2024. Un événement sportif qualifié de « mortifère » par les associations dans sa forme actuelle.

À l’appel d’associations antillaises et kanak, plusieurs milliers de personnes issues de la diaspora ultramarine se sont rassemblées à Paris pour protester contre la vie chère en Outre-mer. « Monopole criminel », « Békés insatiables », « Rèspektém nou » (respectez-nous), pouvait-on lire sur des pancartes. « Non à la vie chère ! », « A yen pou yo ! » (on ne lâchera rien pour eux) scandait la foule, drapeaux martiniquais, guadeloupéens et kanak au vent. Dans une ambiance festive, malgré la colère palpable, les manifestants se sont rassemblés place Denfert-Rochereau, pour rallier le ministère des Outre-mer qu’ils n’ont pu atteindre, arrêtés par un cordon policier. Figure du mouvement contre la vie chère en Martinique, arrivé la veille à Paris, Rodrigue Petitot, à la tête du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens, participait lui aussi à la manifestation. Pour lui, il était « important de montrer à la diaspora qu’on voit le combat qu’ils sont en train de mener ici pour appuyer notre combat là-bas ».

Abou Daryaei, 30 ans, une étudiante iranienne, a été arrêtée à l’université islamique Azad de Téhéran et internée dans un hôpital psychiatrique. Interpellée pour un voile mal porté par les forces de sécurité, elle s’est ensuite déshabillée pour marcher en sous-vêtements en signe de protestation. La scène, filmée par ses camarades, est devenue virale sur les réseaux sociaux. Des médias iraniens précisent que la police des mœurs lui auraient ensuite déchiré son hijab « inapproprié » et ses vêtements. Elle aurait été blessée à la tête. En solidarité, un rassemblement de protestation est organisé mardi 5 novembre à 17 heures devant l’université de la Sorbonne, place du Panthéon.

Lors d’un débat sur Cuba à l’Assemblée générale des Nations unies, 187 pays se sont exprimés en faveur d’une levée du blocus américain sur Cuba. Seuls deux pays ont voté contre : les États-Unis et… Israël, une façon pour Netanyahou de renvoyer l’ascenseur à Biden. Ce blocus, qui dure depuis 62 ans, est le plus long de l’histoire contemporaine. Il tend à punir l’île d’avoir quitté le giron de l’impérialisme américain, après la prise de pouvoir de Fidel Castro en 1959, puis d’avoir nationalisé les entreprises nord-américaines qui s’y trouvaient. Mais c’est aussi une guerre économique, financière et commerciale qui vise, en priorité, les 11 millions de Cubains et aggrave leurs difficultés quotidiennes. Une mesure infâme que l’on doit dénoncer.

Les conservateurs ont élu à leur tête Kemi Badenoch, une ingénieure de 44 ans, qui a promis un retour « au vrai conservatisme » et un virage à droite de sa formation. Farouchement « anti-woke », elle a accusé son parti de s’être montré trop « libéral » dans le passé sur les questions sociétales, comme celle de genre. De plus, elle a affirmé que « toutes les cultures ne se valent pas » pour défendre sa volonté de réduire drastiquement l’immigration. Durant la dernière conférence du Parti conservateur, cette mère de trois enfants avait choqué en suggérant que l’indemnité de congé maternité était « excessive » ou encore en estimant que 10 % des fonctionnaires étaient tellement mauvais qu’ils « devraient se trouver en prison ». Enfin, elle s’est aussi dite « sceptique » sur l’objectif de neutralité carbone que s’est fixé le Royaume-Uni. Une dernière précision : cette dame, réac et fière de l’être, est noire, née en Grande-Bretagne de parents immigrés du Nigeria, pays où elle a grandi. Preuve que la couleur de la peau, pas plus que l’habit, ne fait la moinesse.

Lahore, la seconde ville du pays, vient de battre un record dont elle se serait bien passée : celui de la pollution atmosphérique. Cette dernière a atteint ce samedi un niveau plus de 40 fois supérieur à celui jugé acceptable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’indice de la qualité de l’air a atteint un pic à 1 067, avant de redescendre ensuite autour de 300. Or l’air est considéré comme « mauvais » à partir de 180, selon cet indice de l’OMS, et « dangereux » au-delà de 300. Comme chaque année, la ville est prise dans un « smog », un mélange de brouillard et d’émissions polluantes favorisé par les émanations des carburants de mauvaise qualité utilisés pour alimenter les véhicules et les usines, les fumées provenant des brûlis agricoles saisonniers et le refroidissement hivernal qui retient au niveau du sol les diverses émissions. Mais c’est la première fois qu’un tel niveau a été atteint. Selon l’OMS, une exposition prolongée au « smog » peut provoquer accidents vasculaires cérébraux, maladies cardiaques, cancers du poumon et maladies respiratoires. Les autorités ont appelé les habitants à rester chez eux et à porter des masques à l’extérieur. Des mesures de bon sens, mais qui semblent bien dérisoires par rapport au danger encouru.

La conférence COP16 de l’ONU sur la biodiversité s’est achevée dans la ville colombienne de Cali en ne parvenant pas à obtenir un accord sur le financement de la feuille de route pour stopper la destruction de la nature d’ici 2030. Nombre de délégués sont d’ailleurs repartis avant la fin des débats. Cet échec était prévisible dans la mesure où les principales nations de la planète, directement responsables de la pollution, ne sont pas prêtes à imposer des contraintes quelconques à leurs industriels qui nuiraient au business. Mais, attention, le sommet est malgré tout parvenu à un accord qualifié un peu vite « d’historique » : laisser un strapontin aux peuples autochtones dans les futures négociations et leur reconnaitre leur rôle de « gardiens de la nature ». Cela ne mange pas de pain.