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Brèves

L’actualité en bref

L’Institut d’études politiques a annoncé suspendre son partenariat avec l’université Reichman de Herzlya, près de Tel-Aviv, regrettant ses positions « profondément bellicistes et dénuées de toute perspective humaniste » au regard de « la guerre en cours à Gaza ». Aussitôt, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a regretté une « décision affligeante, qui me désole profondément ». Il a été rejoint par Patrick Hetzel, le ministre (LR) de l’Enseignement supérieur qui a déploré « cette décision adoptée à des fins de prise de position politique par le conseil d’administration ». L’un et l’autre sont mal placés pour donner des leçons dans ce domaine, eux qui sont membres d’un gouvernement qui s’est contenté, depuis le début de la guerre de Gaza, de protestations platoniques sans jamais rien entreprendre de concret contre le génocidaire Netanyahou et ses amis. C’est ça qui est vraiment déplorable et affligeant !

Les drames touchant les migrants qui tentent de rejoindre en bateau les côtes britanniques se poursuivent. Quatre nouveaux corps ont été retrouvés sur diverses plages du Pas-de-Calais, 61 autres personnes ont été secourues à temps. « Le chiffre qui nous saute aux yeux depuis quelques mois, c’est une personne qui décède tous les cinq jours » dans ces tentatives de traversée, a réagi l’un des coordinateurs de l’ONG d’aide aux migrants Utopia 56, Célestin Pichaud. Il a poursuivi : « La situation est plus que dramatique. Les secours en mer et sur terre sont dépassés par les événements » en dénonçant la « volonté désastreuse de continuer dans la voie de la répression ». On lui fait pas dire.

Suite à l’annonce de la suppression de près d’un tiers des postes (225 sur 750) dans l’usine de pompes à chaleur, les salariés ont reconduit la grève pour la quatrième journée consécutive jeudi 31 octobre. Les négociations sont infructueuses : la direction ne lâche que des miettes et propose des sommes dérisoires en compensation des licenciements. Évidemment, pas question de sauvegarder les emplois des salariés, alors que le groupe Vaillant, propriétaire de Saunier Duval, publie 3,8 milliards de chiffre d’affaires en 2023. La lutte continue.

Au Maroc, pendant trois jours, tous les médias ne passent qu’une chose en boucle : Macron est en visite à Rabat, avec sa délégation de dizaines de ministres et de chefs d’entreprise. Ils sont venus signer accords et contrats, notamment pour exploiter main dans la main, bourgeoisie française et bourgeoisie marocaine, les ressources du Sahara occidental, sur lequel Macron a dû changer de position pour se faire bien voir du roi et envisager des discussions. Par contre, la télé et la radio, toujours censurées par le gouvernement autocratique, ne dit jamais rien des conditions de vie des femmes dans les campagnes marocaines, des salaires trop bas, de l’inflation, ni des grèves du mois dernier dans le milieu hospitalier fortement réprimées dans la province de Zagora.

En visite officielle à Rabat, Emmanuel Macron a affirmé que la France et le Maroc avaient « noué un partenariat renforcé pour lutter contre l’immigration clandestine ». On sait parfaitement ce que cachent de tels accords, déjà passés par l’Union européenne avec des pays comme la Turquie et la Tunisie. On paye les pays en question pour qu’ils empêchent, par tous les moyens, les migrants de parvenir en Europe. Les malheureux – sans aucun droit – sont traqués, arrêtés, rackettés et souvent parqués dans des camps dans des conditions d’hygiène infâmes… lorsqu’on ne les laisse pas simplement crever dans le désert. Et il est probable qu’il en sera de même au Maroc. Les filières de passeurs ont encore de beaux jours devant elles.

SOS Éducation, une association d’extrême droite connue pour sa pudibonderie, et Juristes pour l’enfance, qui, elle, est proche de La Manif pour tous, viennent de demander au Premier ministre de faire retirer des bibliothèques des lycées le livre Le Club des enfants perdus de Rebecca Lighieri, et au ministre de la Justice de le faire interdire aux mineurs. En cause : quelques scènes de sexe explicites, mais surtout le fait que l’ouvrage a été sélectionné pour le prix Goncourt des lycéens. L’an dernier déjà, les mêmes avaient cloué au pilori un autre titre, Triste tigre, un roman sur l’inceste de Neige Sinno. Mais cela n’avait pas empêché l’ouvrage de remporter le prix !

Shanghai s’apprête à célébrer Halloween. Ce qui n’est pas du goût des autorités chinoises, inquiètes à la fois de l’origine occidentale de la fête et du fait que les déguisements pourraient devenir un moyen de se moquer du régime, ce qui avait été le cas en 2023. Le week-end dernier, un groupe de personnes costumées pour une soirée pré-Halloween a été interpellé par la police, puis les forces de l’ordre se sont déployées dans l’un des principaux quartiers du centre-ville pour calmer les ardeurs festives de celles et ceux qui préparaient cette fête. Sur place, les autorités ont exigé de chaque personne interpellée qu’elles présentent leur carte d’identité, signent un registre et laissent leur numéro de téléphone. Des vidéos montrant des résidents menottés accompagnés de policiers ont circulé sur les réseaux sociaux. Pas sûr que cela soit suffisant pour décourager des milliers de personnes de faire la fête. Mais le Parti communiste chinois ne perd pas une occasion de se ridiculiser.

La Fédération internationale des journalistes, le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, la Ligue des droits de l’homme, Solidaires, Reporters solidaires et le Comité de soutien Assange ont signé un communiqué commun qui répertorie au Moyen-Orient cent-quarante-trois journalistes tués, dont cent-trente Palestiniens à Gaza, quatre Israéliens, une Syrienne et huit Libanais – dont trois assassinés au sud du Liban le 25 octobre dernier. C’est l’armée israélienne qui est responsable de la mort de la quasi-totalité d’entre eux. Le texte affirme notamment que ces journalistes « ont en très grande majorité été délibérément ciblés, ce qui constitue des crimes de guerre ». Et d’ajouter : « Israël a en outre récemment stigmatisé six journalistes du nord de Gaza en les présentant comme des “terroristes”, une accusation sans preuve qui vise à faciliter l’acceptation de leur potentiel assassinat. » À l’occasion de la Journée internationale pour la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, les signataires appellent à un rassemblement samedi à 15 heures, place de la République, à Paris.

À deux semaines de la réunion de la COP29 sur les changements climatiques, qui doit se tenir à Bakou, cinq rapporteurs spéciaux des Nations unies et d’institutions régionales s’alarment des menaces qui pèsent sur les activistes écologistes à travers le monde. En particulier le pays hôte de la conférence – dont les hydrocarbures sont la richesse principale – mène depuis des années une répression féroce contre les défenseurs de l’environnement. Comme le rappelle les ONG Human Rights Watch et Freedom Now : « Les enquêtes sur les méfaits de l’industrie fossile en Azerbaïdjan, ou le plaidoyer en faveur d’une élimination progressive des énergies fossiles, sont interdits. » Mais cela ne semble pas gêner outre mesure les organisateurs de la conférence.