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Brèves

L’actualité en bref

Des militantes rejointes par des associations féministes, comme Noustoutes et la Fondation des femmes, appellent à des rassemblements de protestation samedi 14 septembre en soutien à Gisèle Pélicot, droguée par son mari avant de subir des viols commis par des inconnus, dont une cinquantaine, âgés de 30 à 74 ans, sont actuellement jugés par la cour criminelle du Vaucluse. Les faits ont eu lieu pendant dix ans au domicile du couple à Mazan, non loin d’Avignon. Les féministes entendent aussi dénoncer les propos scandaleux d’un des avocats de la défense, qui a déclaré à l’audience que ses clients n’avaient pas conscience de violer la victime, donc pas l’intention de nuire. Et de conclure : « Sans l’intention de le commettre, il n’y a pas viol. » L’une des instigatrices du rassemblement, Anna Toumazoff, a répliqué, dans un message posté sur X : « 91 % des viols surviennent dans l’entourage. Les victimes sont vos amies, vos femmes, vos sœurs, vos mères, vos grands-mères. Les auteurs sont vos amis, vos maris, vos frères, vos grands-pères. » Et de conclure : « Ne soyez pas comme ceux qui n’ont rien dit, choisissez votre camp, rejoignez-nous. » Bien dit…

Les jeunes de familles pauvres et à problème placés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE) souffrent de handicaps sociaux, scolaires et professionnels tout au long de leur jeunesse, voire de leur vie. C’est ce qu’indique une note de France Stratégie. 28 % de ces jeunes placés se tournent vers l’enseignement spécialisé contre 4 % pour l’ensemble des jeunes, soit sept fois plus. Ils connaissent des retards scolaires, en particulier pour la lecture, l’écriture et les mathématiques. Leur taux de redoublements à l’école primaire et au collège (40 %) est plus de deux fois supérieur à celui de l’ensemble des jeunes (16 %). Les jeunes de l’ASE sont aussi sept fois plus en situation de handicap que dans la population générale du même âge. Cette particularité s’explique par les difficultés familiales, notamment les situations de maltraitance qui les surexposent aux troubles psychiques et qui sont, en général, la cause du placement, mais aussi par un retard dans la prise en charge. En résumé ces jeunes, défavorisés dès le plus jeune âge, ne trouvent pas dans la société l’aide, le soutien, l’écoute et la considération dont ils auraient besoin pour surmonter leurs difficiles conditions de départ. Malheur aux pauvres !

Le tribunal d’Épinal (Vosges) a validé la procédure de « justice négociée » passée entre Nestlé et le parquet. La multinationale de l’alimentation était poursuivie pour des fraudes environnementales concernant l’exploitation illégale et les traitements interdits des eaux par la filiale française du groupe. Des fraudes qui se sont étendues entre 15 et 27 ans, selon les cas ; et qui lui ont rapporté au moins trois milliards d’euros. Au regard de ce chiffre, l’amende de deux millions d’euros qu’elle écope est des plus modestes puisqu’elle ne représente moins de 0,1 % des sommes encaissées illégalement. Avec les très riches en général, et les multinationales en particulier, la justice est plutôt bonne pomme.

Les centaines de milliards consacrés aux budgets militaires ne sont pas perdus pour tout le monde. Les principaux bénéficiaires en sont bien évidemment les fabricants d’armes. Mais tous ceux qui gravitent autour de cette industrie juteuse, intermédiaires et commanditaires, sont tentés de récupérer une partie de cette manne. C’est ainsi qu’on observe une valse des ministres et hauts fonctionnaires autour de Poutine et de Zelensky. Même si la corruption n’est parfois qu’un prétexte pour se débarrasser d’un contradicteur ou d’un rival, il est clair que certains s’en mettent plein les poches, tel le vice-ministre de la défense de Poutine, Pavel Popov, qui s’est offert 500 millions de roubles (environ 5 millions d’euros) de biens immobiliers. Mais les médias qui ironisent sur ces pratiques sont plus discrets sur la corruption qui règne en France. Ce sont ainsi huit hauts gradés tricolores, dont plusieurs généraux, qui sont poursuivis pour avoir touché des pots-de-vin sur des commandes militaires, en favorisant des entreprises pendant des années. Leur procès a commencé le 9 septembre. Les mêmes causes produisent les mêmes effets : la corruption est inséparable du capitalisme…

Le 9 septembre, le tribunal judiciaire de Paris a condamné le laboratoire Sanofi à verser 285 000 euros d’indemnités à une mère de famille, Marine Martin, victime d’un médicament anti-épileptique, la Denakine. Ce médicament, pris pendant la grossesse, a provoqué des malformations et des troubles neuro-développentaux chez des milliers d’enfants. Selon les estimations de l’Assurance maladie, ce sont de 16 000 à 30 400 enfants qui en auraient été victimes. Ce médicament était commercialisé depuis 1967 et a continué à l’être alors que sa dangerosité était déjà établie. Il aura fallu 12 ans pour que Marine Martin et son association, qui compte 4000 membres, obtiennent cette condamnation. Sanofi a en effet mené une véritable guérilla juridique, multipliant les procédures, pour tenter d’y échapper. Le labo a notamment tenté de jouer sur une prescription au bout de 10 ans, que n’a pas retenue le tribunal. Sanofi avait essayé aussi de négocier directement des indemnités avec les victimes en échange de leur silence, mais seule une partie avait accepté. Ces indemnités ne rendront pas leur santé à des enfants devenus adultes, dont certains ne peuvent se déplacer seuls. C’est tout de même une victoire que le cynisme criminel des patrons de Sanofi, condamnés notamment pour « tromperie aggravée » soit ainsi clairement établi.

Le Pen vient d’embaucher un nouveau directeur de cabinet : Ambroise de Rancourt, énarque et ex-fonctionnaire du ministère des Armées. La particularité de ce personnage, c’est qu’il fut jusqu’en 2017 membre de LFI. À cette époque, il dénonçait encore « les fachos du Front national » (sic). En revanche, il était déjà un souverainiste acharné et, dans une lettre de rupture adressée à Mélenchon, de Rancourt lui reproche d’avoir abandonné, selon lui, son orientation populiste et souverainiste, et fait une place aux indigénistes. Si ce monsieur fait fort comme opportuniste et carriériste, il est à remarquer qu’il est resté constant sur le nationalisme et le souverainisme, poisons mortels pour les travailleurs.

Selon une enquête de la Fage (Fédération des associations générales étudiantes), près de 20 % des étudiants et étudiantes ne mangent pas à leur faim et doivent sauter plusieurs repas par semaine. Les files d’attente s’allongent devant les centres de distribution de nourriture. Il ressort aussi de cette enquête que 72 % des restaurants universitaires n’ouvrent pas le soir et 85 % sont fermés le week-end. Cette situation honteuse contribue à creuser le fossé social entre les jeunes de familles aisées et les autres. Car les plus pauvres doivent multiplier les petits boulots, au détriment du temps passé pour leurs études. Le stress et parfois les maladies engendrées par les privations diminuent aussi leurs chances de réussite. L’égalité des chances n’est qu’un mythe dans la société capitaliste.

C’est la doctrine du directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) : les arrêts de travail coûtent trop cher. Car il faut réduire le déficit de l’État pour le ramener à moins de 3 % du PIB a dit Bruno Le Maire. La Cnam répercute la consigne : les dépenses pour arrêts maladie augmentent chaque année c’est intolérable ! Avec des dépenses pour accident du travail qui tiennent le pompon de la hausse, plus de 50 % en dix ans : ils ne pourraient faire un peu attention ces travailleurs ? Alors la guerre va être déclarée à tous ceux qui « multiplient les arrêts maladie de courte durée » : deux arrêts en six mois déjà ça deviendra suspect et motif de rappel à l’ordre. Et des médecins payés par l’Assurance maladie seront chargés de « trouver des solutions pour reprendre le travail » à tous ceux qui ont des arrêts de longue maladie. Guerre aussi aux médecins jugés trop laxistes qui conseillent le repos quand vous êtes malades et vont être plus strictement contrôlés. Car les 17 milliards de dépenses pour les arrêts maladie, voilà qui pourrait faire partie de ces niches de dépenses publiques dans lesquelles aller piocher. Et dégrader toujours un peu plus les conditions d’existence des couches populaires.

Une organisation de villageois ivoiriens a demandé au producteur belge de caoutchouc et huile de palme Siat un dédommagement d’un milliard de francs CFA (1,52 million d’euros) pour « de multiples atteintes à leurs droits », dont l’accaparement de terres. Une « demande d’indemnisations » a été déposée au siège du groupe Siat, à Zaventem en Belgique, par des représentants de plusieurs ONG internationales, dont la branche belge de Fian, une association internationale de lutte contre la faim et pour le droit à l’alimentation. Cette demande émane d’habitants de la zone de Prikro, dans le centre-est du pays, qui accusent la Siat « d’accaparement de terres, de déforestation, d’atteinte à leur sécurité alimentaire, et d’autres violations de droits humains », et estiment que le groupe est aussi « complice d’une répression ». Entre 2011 et 2014, cette société a négocié avec le gouvernement ivoirien la cession de quelque 5 000 hectares de terres dans cette zone pour y cultiver de l’hévéa, suscitant l’opposition d’une partie de la population. En 2015, une manifestation contre la présence de l’entreprise avait été dispersée par la police et avait débouché sur l’arrestation et la détention arbitraire de plus de 70 personnes, la mort de deux personnes et laissé des dizaines de blessés. Quant aux promesses de la Siat d’aider la population locale, elles n’ont jamais été tenues. Un exemple de la spoliation des populations par des multinationales qui les privent de leurs terres vivrières pour développer l’agrobusiness.